Elle ramasse des poignées de cheveux dans sa douche à Annecy : trois shampooings plus tard, la bonde se bouche toujours chaque matin

Elle ramasse des poignées de cheveux dans sa douche à Annecy : trois shampooings plus tard, la bonde se bouche toujours chaque matin

Il est sept heures moins le quart, l'eau chaude tambourine sur le carrelage, et la vapeur efface déjà le miroir. Claire, 41 ans, se penche pour ramasser ce qui s'est accroché à la grille de la bonde. Une poignée de cheveux châtains, enroulée comme une petite pelote mouillée. Dehors, sur Annecy, le jour d'octobre tarde à se lever au-dessus du lac.

Il monte des pneus M+S achetés en promotion avant les Vosges : au col, les gendarmes lui expliquent qu'ils ne comptent plus depuis 2024

Il monte des pneus M+S achetés en promotion avant les Vosges : au col, les gendarmes lui expliquent qu’ils ne comptent plus depuis 2024

Il était sept heures vingt, un samedi de janvier, et le chauffage de la Clio soufflait encore de l'air tiède. Sur la route qui grimpe vers le col, les sapins portaient une fine couche de givre. Julien tapotait le volant au rythme de la radio quand il a vu, dans le virage, deux gilets jaunes et un bâton lumineux levé vers lui.

Elle achète une friteuse sans huile soldée à moins 40 % à Clermont-Ferrand : trois semaines plus tôt, le même prix s'affichait déjà en ligne

Elle achète une friteuse sans huile soldée à moins 40 % à Clermont-Ferrand : trois semaines plus tôt, le même prix s’affichait déjà en ligne

Samedi, onze heures passées, le parking de la zone commerciale de Clermont-Ferrand bourdonnait de chariots et de portières claquées. À l'intérieur, sous les néons, Nadia s'est arrêtée net devant une pyramide de cartons noirs. Une étiquette rouge, énorme, barrait un prix de 149 euros pour en afficher 89. Elle a posé la main sur le carton, encore froid du camion de livraison.

Il remplace ses vieilles fenêtres par du double vitrage près de Lille : dès les premiers froids, l'eau coule chaque matin sur les vitres neuves

Il remplace ses vieilles fenêtres par du double vitrage près de Lille : dès les premiers froids, l’eau coule chaque matin sur les vitres neuves

Il est six heures et quart, et la cuisine sent encore le café de la veille. Didier allume la lampe au-dessus de l'évier, tire le rideau d'un geste machinal et s'arrête net. Sur la fenêtre neuve, posée il y a trois semaines, des gouttes descendent lentement le long du vitrage. Au pied du cadre blanc, une petite flaque brille sur le rebord.

Il installe un poêle à bois d'occasion dans son salon près de Limoges : à la première fumée, l'assureur réclame deux certificats de ramonage

Il installe un poêle à bois d’occasion dans son salon près de Limoges : à la première fumée, l’assureur réclame deux certificats de ramonage

Le bois craquait doucement derrière la vitre, et Thierry tenait encore le tisonnier quand l'odeur l'a saisi. Il était un peu plus de vingt et une heures, ce dimanche de novembre, dans sa longère de Couzeix, au nord de Limoges. Une fumée grise glissait sous le plafond du salon, lente, épaisse, et le détecteur du couloir s'est mis à hurler.

Elle garde intact le studio de sa mère près de Saint-Étienne : en novembre, un avis de taxe d'habitation arrive à son nom

Elle garde intact le studio de sa mère près de Saint-Étienne : en novembre, un avis de taxe d’habitation arrive à son nom

Le radiateur cliquetait doucement sous la fenêtre, et l'odeur de lavande flottait encore dans le placard de l'entrée. Ce samedi de novembre, vers dix heures, Nadine avait ouvert les volets du studio de sa mère, à Firminy, comme chaque mois. Sur le paillasson, entre deux prospectus, une enveloppe à fenêtre des finances publiques attendait, adressée à son nom à elle.

Il mange chaque midi devant son écran pour quitter le bureau plus tôt : à 16 heures, il relit trois fois le même mail

Il mange chaque midi devant son écran pour quitter le bureau plus tôt : à 16 heures, il relit trois fois le même mail

Il est 12 h 40 dans un open space de Grand-Quevilly, près de Rouen. Julien déchire l'emballage d'un sandwich poulet-crudités sans quitter son tableur des yeux. Les miettes tombent entre les touches, le ventilateur de l'ordinateur ronronne, quelqu'un rit près de la machine à café. Lui ne lève pas la tête : chaque minute avalée ici, c'est une minute de plus avec ses filles ce soir.

Il pose une clôture neuve autour de son terrain près de Dijon : un mois plus tard, la mairie lui réclame une déclaration préalable

Il pose une clôture neuve autour de son terrain près de Dijon : un mois plus tard, la mairie lui réclame une déclaration préalable

Le marteau-piqueur s'est tu vers onze heures, et le silence est retombé sur le lotissement de Chenôve. Gérard, 58 ans, a reposé la tarière contre la brouette, essuyé ses mains sur son pantalon de travail. Devant lui, quarante trous alignés au cordeau. Il a souri, fier comme on l'est d'un chantier qu'on mène seul, sans se douter qu'une lettre allait tout changer.

Il attend l'heure gagnée du 25 octobre pour dormir enfin à Nancy : une semaine plus tard, il ouvre les yeux à 5 heures

Il attend l’heure gagnée du 25 octobre pour dormir enfin à Nancy : une semaine plus tard, il ouvre les yeux à 5 heures

Il est cinq heures moins dix, rue des Carmes, à Nancy. Julien fixe le plafond, les yeux grands ouverts, pendant que le radiateur cliquette doucement sous la fenêtre. Dehors, un tramway vide glisse sur ses rails mouillés. Il avait pourtant tout prévu : l'heure gagnée du 25 octobre devait lui offrir enfin le sommeil qu'il attendait depuis la rentrée.

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin comme son père : le garde champêtre arrive avec un carnet et parle de 750 euros

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin comme son père : le garde champêtre arrive avec un carnet et parle de 750 euros

Le râteau grinçait sur les pavés de l'allée, et l'odeur du feu montait déjà au-dessus de la haie de thuyas. Il était dix heures, un samedi d'octobre, près de Vesoul. Gérard, 67 ans, poussait du pied une branche humide vers le cœur du tas fumant. Derrière lui, le portillon a claqué, et une voix calme a demandé s'il savait ce qu'il faisait.

À 71 ans, elle paie chaque mois le jeune voisin qui tond sa pelouse : son avis d'impôt de septembre n'affiche aucun crédit d'impôt

À 71 ans, elle paie chaque mois le jeune voisin qui tond sa pelouse : son avis d’impôt de septembre n’affiche aucun crédit d’impôt

Il était un peu plus de huit heures, un mardi de septembre, et la tondeuse du voisin ronronnait déjà derrière la haie de thuyas. Monique, 71 ans, avait posé l'enveloppe des impôts à côté de son bol de café, sur la toile cirée à fleurs. Elle l'ouvrit avec un couteau à beurre, chercha la ligne qu'elle attendait, puis relut la page entière.

À 60 ans, Martine ouvre son relevé de carrière sur la table de la cuisine : quinze années à la maison affichent des trimestres validés

À 60 ans, Martine ouvre son relevé de carrière sur la table de la cuisine : quinze années à la maison affichent des trimestres validés

Le dimanche soir, vers vingt et une heures, la cuisine de Martine sent encore la soupe de poireaux. L'imprimante du salon crache une page tiède, puis une deuxième, dans un grincement de vieux moteur. Martine, 60 ans, pose les feuilles à plat sur la toile cirée, chausse ses lunettes et suit les colonnes du doigt. Elle s'arrête sur 1991 et fronce les sourcils.

Elle remplace son flacon par un pain solide pour moins jeter à Lorient : trois semaines plus tard, ses cheveux collent dès le lendemain matin

Elle remplace son flacon par un pain solide pour moins jeter à Lorient : trois semaines plus tard, ses cheveux collent dès le lendemain matin

Sept heures dix, rue de Merville, à Lorient. L'eau de la douche tambourine contre le carrelage blanc, la buée efface déjà le miroir. Camille tourne entre ses doigts un petit galet beige qui sent la lavande et l'huile d'olive. Sur l'étagère, le dernier flacon en plastique est vide, rincé, prêt pour le bac jaune. Elle sourit : ce sera le dernier.

Il achète près de Rodez une Clio d'occasion affichant 62 000 km : à la première révision, le garagiste lui annonce 800 euros de courroie

Il achète près de Rodez une Clio d’occasion affichant 62 000 km : à la première révision, le garagiste lui annonce 800 euros de courroie

Il était presque sept heures, un mardi de mars, et le brouillard collait encore aux prés autour de Rodez. Julien a tourné la clé, le moteur de la Clio a toussé une fois, puis s'est mis à ronronner. Sur le tableau de bord, le compteur affichait 62 418 kilomètres. Il a souri, comme chaque matin depuis trois semaines, avant de prendre la route.

Il remplace toutes les ampoules de sa maison près d'Angers : le soir, son salon ressemble à la salle d'attente d'un cabinet médical

Il remplace toutes les ampoules de sa maison près d’Angers : le soir, son salon ressemble à la salle d’attente d’un cabinet médical

Il était presque vingt et une heures, un mardi de novembre, dans la petite maison de Bernard aux Ponts-de-Cé. Dehors, la pluie tapait contre la baie vitrée. Il a appuyé sur l'interrupteur du salon, entendu le petit clic habituel, puis il est resté immobile sur le seuil. Le canapé, les rideaux, le visage de sa femme : tout avait pris une couleur de néon d'hôpital.

Il taille lui-même le cerisier du voisin près de Colmar : trois semaines plus tard, une lettre recommandée arrive avec le mot poursuites

Il taille lui-même le cerisier du voisin près de Colmar : trois semaines plus tard, une lettre recommandée arrive avec le mot poursuites

Il était sept heures, un samedi de juin, et la rosée collait encore aux bottes de Gérard. Dans le jardin de Wintzenheim, à quelques kilomètres de Colmar, l'échelle grinçait contre la clôture. Le sécateur claquait, sec, régulier. Au-dessus de lui, les branches du cerisier voisin ployaient sous les fruits, et les premières cerises tombaient déjà sur sa terrasse en laissant des taches sombres.

Elle coupe toutes les notifications de son téléphone pour retrouver son calme à Nancy : dix jours plus tard, elle le déverrouille encore plus souvent

Elle coupe toutes les notifications de son téléphone pour retrouver son calme à Nancy : dix jours plus tard, elle le déverrouille encore plus souvent

Sur la table de la cuisine, rue des Dominicains, le téléphone était posé écran contre le bois, à côté du bol de café encore fumant. Il était sept heures vingt, la radio murmurait la météo, et Claire tendait déjà la main vers l'appareil sans l'avoir décidé. Aucun bruit, aucune vibration ne l'avait appelée. Elle l'a retourné quand même, a regardé l'écran vide, puis l'a reposé, perplexe.

Elle laisse sa citadine trois semaines sur un parking de gare : au retour, une batterie de deux ans refuse de lancer le moteur

Elle laisse sa citadine trois semaines sur un parking de gare : au retour, une batterie de deux ans refuse de lancer le moteur

Il était un peu plus de dix-huit heures, ce jeudi de mars, quand Monique a posé sa valise contre la roue arrière. Le parking de la gare de Vierzon sentait le gasoil froid et la pluie récente. Elle a appuyé sur la télécommande, n'a entendu aucun bip, a ouvert la portière à la main. Puis elle a tourné la clé, et rien n'est venu.

À 71 ans, Yvonne décroche à Brest pour une isolation à prix cassé : l'appel qu'elle a reçu était lui-même interdit depuis l'été

À 71 ans, Yvonne décroche à Brest pour une isolation à prix cassé : l’appel qu’elle a reçu était lui-même interdit depuis l’été

Mardi, dix heures et quart, la pluie fine de Brest frappait la véranda par rafales. Yvonne venait de poser sa tasse de café sur la toile cirée quand le téléphone fixe a sonné, ce vieux sifflement aigu qui la fait toujours sursauter. Au bout du fil, une voix jeune, très polie, lui parlait déjà de ses combles et de sa facture de chauffage.

Elle fait réparer son lave-linge de huit ans à Montpellier : le technicien retire 50 euros de la facture sans qu'elle ait rien demandé

Elle fait réparer son lave-linge de huit ans à Montpellier : le technicien retire 50 euros de la facture sans qu’elle ait rien demandé

Le tambour s'était arrêté net un mardi soir, vers vingt et une heures, au milieu d'un cycle de draps. Dans la petite buanderie de son appartement du quartier des Beaux-Arts, à Montpellier, Nadia avait entendu un claquement sec, puis plus rien. Elle avait ouvert le hublot, plongé la main dans l'eau tiède et grise. Une odeur de lessive et de caoutchouc chaud flottait dans la pièce.

Elle sort d'un balayage chez une nouvelle coiffeuse à Toulon : à la caisse, la note affiche 40 euros de plus que la vitrine

Elle sort d’un balayage chez une nouvelle coiffeuse à Toulon : à la caisse, la note affiche 40 euros de plus que la vitrine

Il était presque midi, ce samedi, et le sèche-cheveux venait enfin de se taire. Nadia regardait ses mèches couleur miel dans le grand miroir, la nuque encore tiède, le peignoir glissé sur l'épaule. Dans la rue du Mourillon, un scooter passait en pétaradant. À la caisse, la jeune coiffeuse tapait sur la tablette avec un sourire, puis tournait l'écran vers elle : 125 euros.

Elle découvre une auréole brune au plafond de sa cuisine à Nantes : le voisin du dessus lui dit d'appeler son propre assureur

Elle découvre une auréole brune au plafond de sa cuisine à Nantes : le voisin du dessus lui dit d’appeler son propre assureur

Il était sept heures dix, la bouilloire commençait à siffler dans la petite cuisine de la rue Mondésir, à Nantes. Claire, 47 ans, a levé les yeux en attrapant sa tasse. Au-dessus de l'évier, une auréole brune dessinait une carte inconnue sur la peinture blanche. Une goutte s'est détachée, lentement, et a claqué sur l'inox avec un bruit minuscule.