Il fixe une caméra sur sa façade pour protéger sa voiture : en novembre, la voisine d'en face dépose plainte à la gendarmerie

Il fixe une caméra sur sa façade pour protéger sa voiture : en novembre, la voisine d’en face dépose plainte à la gendarmerie

Il était sept heures moins le quart, et la perceuse de Thierry grinçait contre le crépi ocre de sa façade. En bas, dans la rue étroite de ce village près de Perpignan, sa vieille Peugeot 308 attendait sous un ciel encore gris. Il a serré la dernière vis, tourné le petit boîtier blanc vers le trottoir, puis il a souri. Enfin, il allait dormir tranquille.

Il bâche son camping-car au fond du jardin près de Vannes : en avril, les coussins sont tachés et l'intérieur sent la cave

Il bâche son camping-car au fond du jardin près de Vannes : en avril, les coussins sont tachés et l’intérieur sent la cave

Le cadenas a grincé, puis la porte de la cellule s'est ouverte sur une odeur de cave mouillée. Il était dix heures, un matin d'avril, et la lumière rasante de Vannes entrait à peine sous la bâche relevée. Patrick, 64 ans, est resté sur la marche, la main sur le chambranle froid. Sur la banquette, les coussins bleus portaient des taches grises.

Elle scie les branches du chêne voisin au-dessus de sa terrasse près de Niort : quinze jours plus tard, une lettre recommandée l'attend

Elle scie les branches du chêne voisin au-dessus de sa terrasse près de Niort : quinze jours plus tard, une lettre recommandée l’attend

Il était un peu plus de neuf heures, un samedi de juin, et la scie égoïne crissait dans l'écorce. Sylvie, perchée sur le troisième barreau de l'escabeau, sentait la sciure lui piquer les avant-bras. Sous ses pieds, la terrasse de dalles beiges, couverte comme chaque été de glands et de feuilles collantes. La première branche du chêne voisin a craqué, puis s'est abattue sur le gravier.

Elle met de l'huile sur ses longueurs avant le lisseur chaque matin : en décembre, ses pointes se mettent à crépiter sous la plaque brûlante

Elle met de l’huile sur ses longueurs avant le lisseur chaque matin : en décembre, ses pointes se mettent à crépiter sous la plaque brûlante

Il est sept heures dix, la fenêtre de la salle de bains donne sur une rue de Nancy encore noire. Le lisseur clignote sur le rebord du lavabo, la buée s'efface lentement du miroir. Camille verse trois gouttes d'huile dans sa paume, les frotte, les passe sur ses longueurs. Puis elle referme la plaque sur une mèche, et quelque chose crépite.

Elle lance le programme éco de son lave-vaisselle neuf un mardi soir : trois heures cinquante plus tard, la machine tourne toujours dans la cuisine

Elle lance le programme éco de son lave-vaisselle neuf un mardi soir : trois heures cinquante plus tard, la machine tourne toujours dans la cuisine

Il était vingt et une heures passées, dans la cuisine de Sylvie, sur les hauteurs de Saint-Chamond. La lune éclairait le carrelage, la porte du lave-vaisselle neuf s'était refermée avec un petit clic satisfaisant. Elle a appuyé sur la touche marquée d'une feuille verte, entendu l'eau couler dans les tuyaux, puis éteint la lumière. Sur l'écran, un chiffre s'affichait : 3 h 50.

Elle s'endort chaque soir devant le film près d'Annecy : une fois au lit à minuit, elle fixe le plafond jusqu'à deux heures

Elle s’endort chaque soir devant le film près d’Annecy : une fois au lit à minuit, elle fixe le plafond jusqu’à deux heures

Il est vingt et une heures dix, à Sévrier, au bord du lac d'Annecy. Le générique du film vient de finir, le plaid glisse sur les genoux de Nadine, et la tête bascule doucement contre l'oreille du fauteuil. Dans la cuisine, le lave-vaisselle ronronne. Jean-Luc baisse le son sans un mot. Il sait qu'elle dormira jusqu'à la fin du film.

Il fait changer son pare-brise fissuré près de Metz en une heure : huit jours plus tard, sa voiture pile seule sur l'A31 vide

Il fait changer son pare-brise fissuré près de Metz en une heure : huit jours plus tard, sa voiture pile seule sur l’A31 vide

Le gravillon a claqué un mardi matin, quelque part entre Thionville et Metz, avec un bruit sec de bille contre une vitre. Julien, 44 ans, a d'abord cru à rien. Le soir, sous le néon du garage, un petit impact étoilé brillait côté passager. Trois jours plus tard, avec le gel de la nuit, une fissure fine courait déjà jusqu'au milieu du pare-brise.

Elle cueille des fraises tout l'été en Vendée pour payer ses études : à l'automne, l'impôt de ses parents grimpe de 640 euros d'un coup

Elle cueille des fraises tout l’été en Vendée pour payer ses études : à l’automne, l’impôt de ses parents grimpe de 640 euros d’un coup

Il était un peu plus de sept heures, ce mardi de septembre, et la bouilloire sifflait dans la cuisine de la maison de Trélazé. Pascal, 52 ans, a ouvert l'enveloppe des impôts debout, la tasse encore vide à la main. Il a lu le montant deux fois, puis il a appelé sa femme depuis le pied de l'escalier, sans hausser la voix.

Il attrape une perceuse-visseuse à 59 euros dans un magasin près d'Amiens : à la maison, la boîte ne contient ni batterie ni chargeur

Il attrape une perceuse-visseuse à 59 euros dans un magasin près d’Amiens : à la maison, la boîte ne contient ni batterie ni chargeur

Le parking du magasin de bricolage, à la sortie d'Amiens, sentait le goudron mouillé ce samedi-là, vers dix heures. Les portes automatiques soufflaient de l'air tiède à chaque passage de chariot. Thierry, 54 ans, avançait sans liste, les mains dans les poches de sa parka. Devant lui, sous une affiche jaune, une pile de boîtes vertes attendait, avec un prix rond qui accrochait l'œil.

Elle purge tous ses radiateurs un samedi d'octobre près de Reims : le lendemain, l'étage reste glacé et la chaudière clignote en rouge

Elle purge tous ses radiateurs un samedi d’octobre près de Reims : le lendemain, l’étage reste glacé et la chaudière clignote en rouge

Samedi, dix heures, une petite pluie fine tapait contre la baie vitrée de la maison de Tinqueux, à deux pas de Reims. Nathalie, 54 ans, avait étalé de vieux torchons sous le radiateur du salon. La petite clé carrée tournait entre ses doigts, et un sifflement d'air s'échappait du purgeur, suivi d'un filet d'eau tiède qui coulait dans le bol.

Il roule trois hivers dans le Jura avec ses pneus M+S : un matin de décembre, un gendarme lui montre un symbole absent de ses flancs

Il roule trois hivers dans le Jura avec ses pneus M+S : un matin de décembre, un gendarme lui montre un symbole absent de ses flancs

Il était sept heures dix, et le ciel du Haut-Jura hésitait encore entre le gris et le noir. Sur le parking de la boulangerie de Septmoncel, Thierry grattait son pare-brise avec une vieille carte de fidélité, le moteur tournant au ralenti. La neige craquait sous ses chaussures. Dans dix minutes, il serait sur la route des Rousses, comme chaque matin depuis trois hivers.

Elle rapporte sa bouilloire en panne au bout de quatorze mois : au comptoir du magasin, on lui tend le numéro du fabricant

Elle rapporte sa bouilloire en panne au bout de quatorze mois : au comptoir du magasin, on lui tend le numéro du fabricant

Il était six heures quarante, et la cuisine sentait encore le pain grillé de la veille. Nadine, 58 ans, a appuyé sur le bouton de la bouilloire, comme chaque matin depuis plus d'un an. Le petit voyant bleu s'est allumé une seconde, puis plus rien. Pas de ronronnement, pas de bulles, seulement le tic-tac de l'horloge au-dessus de l'évier.

Il savoure sa retraite sans réveil près de La Rochelle : en février, il se couche à trois heures et confond le mardi avec le jeudi

Il savoure sa retraite sans réveil près de La Rochelle : en février, il se couche à trois heures et confond le mardi avec le jeudi

La cafetière gargouillait dans la cuisine silencieuse, et l'horloge du four affichait 11 h 40. Gérard, en robe de chambre, regardait la pluie fine tomber sur le jardin de Lagord, à deux pas de La Rochelle. Il venait de se lever, encore lourd, la tête pleine de coton. Sur la table, le journal datait de la veille, ou peut-être de l'avant-veille.

Elle teint ses cheveux blonds en châtain avec une boîte du supermarché : en mars, sa coiffeuse lui annonce trois séances pour revenir

Elle teint ses cheveux blonds en châtain avec une boîte du supermarché : en mars, sa coiffeuse lui annonce trois séances pour revenir

Le radiateur de la salle de bains cliquetait, la buée couvrait encore le miroir, et dehors la pluie de novembre tombait sur les toits de Seynod. Il était vingt heures passées. Claire, 38 ans, enfilait les gants en plastique trop grands fournis dans la boîte, le tube de crème posé sur le rebord du lavabo. Sur l'emballage, une femme souriait, les cheveux d'un châtain chocolat très brillant.

Elle offre 3 000 euros à son petit-fils pour ses 18 ans près de Tours : chez le notaire, on lui parle d'une déclaration oubliée depuis deux ans

Elle offre 3 000 euros à son petit-fils pour ses 18 ans près de Tours : chez le notaire, on lui parle d’une déclaration oubliée depuis deux ans

Le chèque était resté trois jours sur le buffet de la salle à manger, coincé sous le pot de confiture de coings. Un dimanche de mars, vers midi, Monique l'a glissé dans une carte décorée d'une moto, a léché l'enveloppe et l'a posée près de l'assiette de Théo. Dehors, la pluie fine tombait sur les vignes de Vouvray. Personne, ce jour-là, ne pensait au fisc.