Il ressort le fusil de son père après une nuit d'émeutes dans sa rue : trois semaines plus tard, la silhouette dans la cour change tout

Il ressort le fusil de son père après une nuit d’émeutes dans sa rue : trois semaines plus tard, la silhouette dans la cour change tout

Il était deux heures du matin et l'odeur de plastique brûlé entrait encore par la fenêtre entrouverte. Thierry, en tee-shirt, regardait la lueur orange au bout de la rue, là où la voiture du voisin finissait de fondre. Au loin, une sirène montait puis s'éloignait. Il a posé la main sur le rebord froid et s'est dit, pour la première fois, que personne ne viendrait.

Elle quitte Rennes pour Montpellier avec son shampooing et ses habitudes : en octobre, ses cheveux refusent le peigne et perdent tout leur éclat

Elle quitte Rennes pour Montpellier avec son shampooing et ses habitudes : en octobre, ses cheveux refusent le peigne et perdent tout leur éclat

Il est sept heures dix, la salle de bains sent encore le carton déballé et la peinture fraîche. Claire tire sur son peigne, qui s'arrête net à mi-longueur avec un petit craquement sec. Dans le miroir, ses cheveux châtains ressemblent à de la paille sous la lumière blanche. Dehors, sur le boulevard montpelliérain, un scooter démarre, et elle pense, pour la première fois, que quelque chose ne va pas.

Elle laisse sa voiture neuve trois semaines devant chez sa fille à La Rochelle : au retour, plus un seul voyant ne s'allume au tableau de bord

Elle laisse sa voiture neuve trois semaines devant chez sa fille à La Rochelle : au retour, plus un seul voyant ne s’allume au tableau de bord

Le portail grinçait sous le vent de l'Atlantique, et Françoise tenait son sac de voyage contre sa hanche. Il était un peu plus de dix heures, ce jeudi de novembre, dans une rue calme de Lafond, à La Rochelle. Elle a appuyé sur la clé, une fois, deux fois. Rien. Pas un clignotant, pas un déclic. La petite voiture grise restait muette sous les feuilles mortes.

Il ramasse chaque octobre les noix tombées du voisin dans sa pelouse : un samedi matin, le voisin frappe à sa porte pour réclamer sa récolte

Il ramasse chaque octobre les noix tombées du voisin dans sa pelouse : un samedi matin, le voisin frappe à sa porte pour réclamer sa récolte

Le seau en zinc tintait à chaque noix qu'il laissait tomber dedans. Il était huit heures, un samedi d'octobre, et l'herbe de la pelouse gardait encore le froid de la nuit. Gérard, 67 ans, avançait courbé, les doigts noircis par le brou. De l'autre côté du grillage, une porte-fenêtre a claqué, puis des pas ont crissé sur le gravier.

Elle étend chaque lessive dans son salon à Metz depuis six ans : en novembre, les angles du plafond grisent et ses vitres ruissellent

Elle étend chaque lessive dans son salon à Metz depuis six ans : en novembre, les angles du plafond grisent et ses vitres ruissellent

Il est sept heures moins le quart, et le radiateur du salon cliquette en se réchauffant. Claire passe la main sur la vitre, et ses doigts reviennent mouillés, comme si elle avait touché un verre sorti du frigo. Sur l'étendoir, les tee-shirts de la veille pendent encore, lourds et froids. Dehors, sur Metz, la nuit de novembre ne s'est pas levée.

Elle garde ses petits-enfants chaque week-end près de Toulouse : le lundi matin, leur mère ne parvient plus à les sortir du lit

Elle garde ses petits-enfants chaque week-end près de Toulouse : le lundi matin, leur mère ne parvient plus à les sortir du lit

Il est vingt-deux heures quarante, un samedi de novembre, dans la cuisine de Monique à Plaisance-du-Touch. La pâte à crêpes repose sous un torchon, la poêle grésille encore, et les rires de Lucas et Inès couvrent le bruit du lave-vaisselle. Sur le buffet, l'horloge en bois tourne sans que personne ne la regarde. Ici, le week-end, on ne compte pas les heures.

Elle rapporte un manteau à 189 euros le lendemain de l'achat : la vendeuse de la boutique lilloise refuse de lui rendre son argent

Elle rapporte un manteau à 189 euros le lendemain de l’achat : la vendeuse de la boutique lilloise refuse de lui rendre son argent

Lundi, dix heures moins cinq, rue de Béthune à Lille. Le rideau métallique de la boutique remonte avec un grincement, et Claire serre contre elle un grand sac en papier kraft. Dedans, un manteau camel plié avec soin, l'étiquette encore attachée par son petit fil plastique. Le ticket de caisse est glissé dans sa poche, comme une preuve qu'elle n'a pas besoin de montrer.

Il lance sa machine à 23 heures depuis dix ans près d'Orléans : sa facture d'octobre grimpe, ses heures creuses tombent désormais l'après-midi

Il lance sa machine à 23 heures depuis dix ans près d’Orléans : sa facture d’octobre grimpe, ses heures creuses tombent désormais l’après-midi

Il est 22 h 58 dans la buanderie de Saint-Jean-de-Braye, près d'Orléans. Didier, 58 ans, tourne le bouton du lave-linge sur coton 40 degrés, appuie sur départ, entend l'eau qui arrive dans le tambour avec un gargouillis familier. Le carrelage est froid sous ses chaussons. Dans le couloir, le petit écran vert du compteur Linky clignote sans que personne ne le regarde.

Veuve à 52 ans près de Pau, elle réclame la réversion de son mari : l'Agirc-Arrco lui répond qu'il faudra attendre encore trois ans

Veuve à 52 ans près de Pau, elle réclame la réversion de son mari : l’Agirc-Arrco lui répond qu’il faudra attendre encore trois ans

Le facteur est passé vers dix heures, et la boîte aux lettres a grincé comme chaque matin dans la rue des Tilleuls, à Lescar. Sylvie, 52 ans, a posé l'enveloppe blanche sur la toile cirée, à côté du bol de café encore tiède. Le logo de l'Agirc-Arrco était imprimé dans le coin. Elle l'a ouverte debout, sans retirer son manteau.

Il quitte Lyon pour Chambéry en juillet avec sa vieille 308 : en octobre, un gendarme lui tend une amende de 135 euros

Il quitte Lyon pour Chambéry en juillet avec sa vieille 308 : en octobre, un gendarme lui tend une amende de 135 euros

Il était sept heures vingt, un mardi d'octobre, et la brume traînait encore au-dessus de la route qui longe le lac du Bourget. Julien tenait son café tiède d'une main, le volant de l'autre. Devant lui, un gilet jaune agitait un bâton lumineux. Il a ralenti, mis son clignotant, et senti une petite crispation dans le ventre, sans savoir pourquoi.

Il monte sur son échelle chaque novembre pour vider ses gouttières : le conciliateur de Tours lui répond que le chêne du voisin n'a rien fait de mal

Il monte sur son échelle chaque novembre pour vider ses gouttières : le conciliateur de Tours lui répond que le chêne du voisin n’a rien fait de mal

Il était sept heures et demie, un samedi de novembre, et la pluie tambourinait sur le toit de la véranda. Dans le jardin de Saint-Avertin, Gérard, 67 ans, regardait l'eau déborder de la gouttière en un rideau irrégulier. Il a posé sa tasse, enfilé ses bottes, sorti l'échelle du garage. Au-dessus de lui, le grand chêne du voisin perdait encore ses dernières feuilles brunes.

Il signe le bon du livreur sans ouvrir le carton près de Chartres : le soir, la porte de son lave-vaisselle neuf est enfoncée

Il signe le bon du livreur sans ouvrir le carton près de Chartres : le soir, la porte de son lave-vaisselle neuf est enfoncée

Le camion blanc s'est garé en marche arrière devant le portail, moteur ronronnant dans le froid de neuf heures. Thierry, 58 ans, a ouvert la porte du garage en enfilant sa veste d'une main. Le livreur tenait déjà sa tablette tendue, le stylo en plastique pendu à un fil. Le carton semblait parfait, à peine éraflé sur un coin, et le diable grinçait sur le gravier.

Elle conduit ses enfants à l'école chaque matin en diesel : trois semaines plus tard, un voyant orange et un moteur qui refuse d'accélérer

Elle conduit ses enfants à l’école chaque matin en diesel : trois semaines plus tard, un voyant orange et un moteur qui refuse d’accélérer

Il était huit heures moins le quart, rue du Tondu, et la pluie fine collait aux vitres de la voiture. Claire, 38 ans, venait de démarrer, les deux enfants chamaillaient à l'arrière pour une gourde. Au premier feu, un petit pictogramme orange s'est allumé sur le tableau de bord. Puis, en accélérant vers l'école, elle a senti la voiture s'essouffler, comme retenue par une main invisible.

Il ferme le radiateur de la chambre d'amis pour alléger sa facture : en janvier, des taches noires couvrent le mur derrière l'armoire

Il ferme le radiateur de la chambre d’amis pour alléger sa facture : en janvier, des taches noires couvrent le mur derrière l’armoire

Un matin de janvier, vers huit heures, Thierry pousse l'armoire de la chambre d'amis pour récupérer une valise. Le meuble racle le parquet avec un bruit sourd, et une odeur de cave lui monte au visage. Sur le mur, derrière, une large tache noire s'étale du plinthe jusqu'à hauteur d'épaule. Il reste immobile, la valise à la main, le souffle un peu court.

Elle répond toujours la première aux messages du groupe familial : un an plus tard, ses frères ne lui écrivent plus qu'à elle

Elle répond toujours la première aux messages du groupe familial : un an plus tard, ses frères ne lui écrivent plus qu’à elle

Il est 7 h 12, la bouilloire siffle dans la petite cuisine du quartier de l'Île Verte, à Grenoble. Claire, 44 ans, attrape son téléphone d'une main en versant l'eau de l'autre. Sur l'écran, une notification du groupe « Famille Morel » : sa mère demande qui vient pour la Toussaint. Claire pose la tasse, tape trois lignes. Comme toujours, elle est la première.

Il entend un fracas sur le toit de sa maison près de Caen : son assureur refuse la garantie tempête pour des rafales jugées trop faibles

Il entend un fracas sur le toit de sa maison près de Caen : son assureur refuse la garantie tempête pour des rafales jugées trop faibles

Il était un peu plus de trois heures du matin quand le volet de la cuisine a claqué une deuxième fois. Gérard s'est redressé dans le lit, l'oreille tendue vers le plafond. Au-dessus, quelque chose glissait, raclait, puis tombait dans le jardin avec un bruit sec de vaisselle cassée. Martine dormait encore, la main posée sur la couette.

Il range son camping-car sous une bâche près de Besançon fin octobre : au printemps, le chauffe-eau est fendu et la pompe reste muette

Il range son camping-car sous une bâche près de Besançon fin octobre : au printemps, le chauffe-eau est fendu et la pompe reste muette

Le dernier samedi d'octobre, vers quatre heures, la lumière baissait déjà sur le pré derrière la grange. Gérard tirait sur la bâche grise, les sangles claquaient contre la carrosserie blanche du camping-car. Une odeur de feuilles mouillées montait du sol. Il a tapoté le capot comme on flatte un cheval, puis il a refermé le portail en pensant au printemps.

Elle lisse ses cheveux à 230 °C chaque matin avant le bureau : à Noël, ses pointes cassent et blanchissent malgré un masque par semaine

Elle lisse ses cheveux à 230 °C chaque matin avant le bureau : à Noël, ses pointes cassent et blanchissent malgré un masque par semaine

Sept heures dix, rue Duguesclin, à Lyon. Dans la salle de bains encore embuée, le lisseur émet son petit bip aigu : 230 °C, affiche l'écran bleu. Camille, 34 ans, saisit une première mèche, la pince, tire lentement. Un léger grésillement monte, une odeur tiède de cheveu chaud flotte vers le miroir, et elle sourit à son reflet comme chaque matin.

À 54 ans, Sylvie achète le grand paquet de café pour économiser : chez elle, l'étiquette du petit format raconte une autre histoire

À 54 ans, Sylvie achète le grand paquet de café pour économiser : chez elle, l’étiquette du petit format raconte une autre histoire

Il était un peu plus de dix-huit heures, ce mardi, dans le supermarché de la zone commerciale de Vannes. Les néons bourdonnaient au-dessus du rayon café, un chariot grinçait plus loin vers les surgelés. Sylvie, 54 ans, a soupesé le gros paquet d'un kilo, l'a calé contre sa hanche, puis l'a posé dans son caddie avec la satisfaction tranquille d'avoir fait le bon choix.