Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Elle remplace ses flacons par un shampooing solide dans son appartement de Montreuil : trois semaines plus tard, ses cheveux restent collants au toucher

Elle remplace ses flacons par un shampooing solide dans son appartement de Montreuil : trois semaines plus tard, ses cheveux restent collants au toucher

Le ballon d'eau chaude ronronnait derrière la porte de la salle de bains, à Montreuil, un mardi à sept heures moins le quart. Camille, 34 ans, a passé la main dans ses cheveux encore humides et s'est arrêtée net. Sous ses doigts, les mèches accrochaient, lourdes, presque cireuses. Elle venait pourtant de les laver, deux fois, avec ce petit pain vert qui sentait le romarin.

Elle signe pour des panneaux solaires dans sa cuisine près d'Agen : dix jours plus tard, l'argent du crédit est déjà parti chez l'installateur

Elle signe pour des panneaux solaires dans sa cuisine près d’Agen : dix jours plus tard, l’argent du crédit est déjà parti chez l’installateur

La pendule de la cuisine marquait seize heures dix quand la sonnette a retenti, deux coups brefs. Monique a posé son torchon sur le dossier de la chaise, a jeté un œil par la fenêtre. Sur le gravier de la cour, une petite voiture blanche, un homme en polo bleu marine, une tablette sous le bras. Le chien aboyait déjà derrière la porte.

Ils chargent vélos, eau et conserves pour un hiver au Portugal : près de Bayonne, le gendarme les fait monter sur la bascule

Ils chargent vélos, eau et conserves pour un hiver au Portugal : près de Bayonne, le gendarme les fait monter sur la bascule

Il était sept heures et demie, la cour de la maison sentait encore la pluie de la nuit. Gérard serrait la dernière sangle du porte-vélos, celle qui grince toujours quand on tire dessus. Dans la cuisine, Martine rangeait les bocaux de confiture dans un carton, un par un, enveloppés dans du papier journal. Le camping-car attendait, tuyau d'arrosage encore branché au réservoir.

Il envoie la facture du couvreur au voisin dont le platane bouche ses gouttières : la réponse arrive trois semaines plus tard, en recommandé

Il envoie la facture du couvreur au voisin dont le platane bouche ses gouttières : la réponse arrive trois semaines plus tard, en recommandé

Il était sept heures et demie, un samedi de novembre, et la pluie tambourinait sur l'auvent de la terrasse. Gérard, 67 ans, tenait sa tasse de café à deux mains quand il a entendu le bruit familier : un glouglou étranglé, puis l'eau qui débordait de la gouttière et s'écrasait en nappe sur les dalles, juste devant la porte-fenêtre.

Elle calfeutre toutes ses fenêtres contre le froid de Besançon : en janvier, des taches noires grimpent derrière les rideaux du salon

Elle calfeutre toutes ses fenêtres contre le froid de Besançon : en janvier, des taches noires grimpent derrière les rideaux du salon

Le radiateur cliquetait sous la fenêtre, et dehors la bise poussait le givre contre les vitres de la rue de Belfort. Il était sept heures, un matin de novembre à Besançon. Martine, 58 ans, tenait un rouleau de mousse adhésive entre les dents et pressait du pouce le joint neuf contre le cadre. Pour la première fois depuis des années, elle ne sentait plus le courant d'air froid sur ses poignets.

Elle répond à ses mails le soir pour s'offrir des matins calmes : un mois plus tard, ses collègues lui écrivent à 22 heures

Elle répond à ses mails le soir pour s’offrir des matins calmes : un mois plus tard, ses collègues lui écrivent à 22 heures

La vaisselle séchait sur l'égouttoir, le lave-linge entamait son essorage dans la salle de bains. Il était vingt et une heures trente, rue de la Hache, à Nancy. Claire, 38 ans, avait posé son ordinateur portable sur la table de la cuisine, entre une tasse de verveine et le cahier de dictée de sa fille. Elle ouvrait sa messagerie, juste pour regarder.

Il ramone sa cheminée au hérisson un samedi d'octobre près de Limoges : en décembre, son assureur lui réclame un papier qu'il n'a pas

Il ramone sa cheminée au hérisson un samedi d’octobre près de Limoges : en décembre, son assureur lui réclame un papier qu’il n’a pas

Le hérisson racla la paroi du conduit avec un bruit sec, comme une brosse sur une vieille casserole. Il était dix heures, un samedi d'octobre, près de Limoges, et la suie tombait en pluie noire dans le sac posé au fond de l'âtre. Gérard, à genoux sur le carrelage, comptait les cannes vissées une à une. Il faisait ça chaque automne, depuis douze ans.

Il envoie 400 euros par mois à sa mère près de Saint-Étienne : deux ans plus tard, un collègue lui parle d'une case oubliée

Il envoie 400 euros par mois à sa mère près de Saint-Étienne : deux ans plus tard, un collègue lui parle d’une case oubliée

Le premier du mois, à 7 h 10, Stéphane sort son téléphone dans la cuisine encore sombre. Le radiateur claque, la bouilloire siffle doucement. Il ouvre l'application de sa banque, sélectionne le nom de sa mère, tape 400, valide. Le petit bruit de confirmation retentit, comme chaque mois depuis deux ans. Il range le téléphone, avale son café, et n'y pense plus jusqu'au mois suivant.

Elle garde son ancien compte ouvert près de Toulon, au cas où : deux ans plus tard, la banque lui réclame un découvert qu'elle n'a jamais creusé

Elle garde son ancien compte ouvert près de Toulon, au cas où : deux ans plus tard, la banque lui réclame un découvert qu’elle n’a jamais creusé

Le facteur passait vers onze heures, et ce mardi-là le portail de la petite maison de La Crau a grincé plus fort que d'habitude. Sylvie, 58 ans, a ramassé le courrier entre deux arrosages de tomates. Une publicité, une facture d'eau, et une enveloppe blanche au logo qu'elle ne voyait plus depuis longtemps. Elle l'a ouverte debout, le tuyau encore à la main.

Elle remplace les ampoules du lustre de son salon près de Montauban : le soir venu, la lumière clignote et grésille dès qu'elle tourne le bouton

Elle remplace les ampoules du lustre de son salon près de Montauban : le soir venu, la lumière clignote et grésille dès qu’elle tourne le bouton

Il était un peu plus de vingt et une heures, et la pluie tapait doucement sur la baie vitrée. Martine a tourné la molette du variateur, comme chaque soir, pour adoucir la lumière avant le film. Au plafond, le lustre a hésité, puis s'est mis à palpiter. Un petit bruit sec, presque un crépitement d'insecte, est descendu des six ampoules neuves.

Il ferme sa maison de campagne près de Guéret pour l'hiver : trois semaines plus tard, l'assureur divise son indemnité par deux

Il ferme sa maison de campagne près de Guéret pour l’hiver : trois semaines plus tard, l’assureur divise son indemnité par deux

Dehors, le givre collait aux vitres de la voiture, et le thermomètre du tableau de bord affichait moins neuf. Il était sept heures, un samedi de janvier, sur la petite route qui grimpe vers le hameau. Bernard a coupé le moteur, entendu le craquement du gravier gelé sous ses semelles. Puis un autre bruit, plus fin, plus inquiétant : un filet d'eau qui coulait quelque part.

Ils traversent Florence en camping-car un matin de septembre : cinq mois plus tard, une enveloppe italienne attend dans leur boîte aux lettres

Ils traversent Florence en camping-car un matin de septembre : cinq mois plus tard, une enveloppe italienne attend dans leur boîte aux lettres

Il était un peu plus de neuf heures, ce mardi de septembre, et le camping-car avançait au pas sur les pavés. Gérard tenait le volant à deux mains, Martine lisait les noms des rues à voix haute. Derrière eux, la vaisselle tintait dans le placard mal fermé. Au-dessus d'un portique de pierre, un petit boîtier gris clignotait, et personne ne l'a regardé.

Elle sort de son salon lyonnais avec un balayage platine en novembre : deux séances de piscine plus tard, ses mèches tirent sur le vert

Elle sort de son salon lyonnais avec un balayage platine en novembre : deux séances de piscine plus tard, ses mèches tirent sur le vert

Il était dix-huit heures passées, la vitrine du salon de la Croix-Rousse renvoyait la lumière orange des lampadaires. Claire, 41 ans, a passé la main dans ses cheveux encore tièdes du séchoir, et la coiffeuse a tourné le miroir pour lui montrer la nuque. Dehors, le vent de novembre faisait claquer une bâche de chantier. Le platine brillait, presque blanc, exactement comme elle l'avait imaginé.

Il débite son chêne à la tronçonneuse un dimanche près de Périgueux : le mardi, un courrier de la mairie l'attend dans la boîte aux lettres

Il débite son chêne à la tronçonneuse un dimanche près de Périgueux : le mardi, un courrier de la mairie l’attend dans la boîte aux lettres

Le moteur a toussé deux fois avant de partir, un hurlement aigu qui a fait s'envoler les pies du noyer. Il était un peu plus de quinze heures, ce dimanche d'octobre, et l'odeur d'essence mêlée à la sciure flottait déjà au fond du jardin. Gérard, 58 ans, avait ses lunettes de protection, son casque antibruit, et trois stères de chêne à débiter avant l'hiver.

Il dit oui à chaque collègue qui frappe à son bureau de Lille : à l'entretien annuel, sa responsable lui parle de ses dossiers en retard

Il dit oui à chaque collègue qui frappe à son bureau de Lille : à l’entretien annuel, sa responsable lui parle de ses dossiers en retard

Il était 8 h 40 et la machine à café du troisième étage crachotait comme chaque matin, dans ce bâtiment de verre près de la gare Lille-Europe. Thomas posait son gobelet sur le bureau quand Karim s'est penché par-dessus la cloison. Tu aurais deux minutes pour mon tableau croisé ? Thomas a souri, il a dit oui, comme toujours, sans même regarder l'heure.