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Elle avait intégré Libération en 1978, à une époque où aucune journaliste ne se présentait ouvertement comme trans en France. Hélène Hazera s'est éteinte lundi 5 octobre au matin, à 74 ans.
L’essentiel en 3 points
- Hélène Hazera, journaliste, femme de radio, actrice et militante trans, est morte lundi 5 octobre à l'âge de 74 ans.
- Entrée à Libération en 1978, elle y a été chroniqueuse télé puis critique musicale jusqu'en 1999, avant d'animer « Chanson Boum » sur France Culture.
- Les associations Acceptess-T et OUTrans saluent une militante proche des personnes les plus précaires et dotée d'une vision très moderne.
Une disparition annoncée par une amie de trente ans
La nouvelle a été transmise à l'AFP par la réalisatrice Judith Abitbol, amie proche d'Hélène Hazera. Elle lui avait consacré un documentaire en 2025, intitulé « Hélène Trésore Transnationale ».
Pour décrire celle qu'elle connaissait depuis trente ans, elle a choisi une formule forte. Selon elle, c'est « la dernière situationniste de France qui s'en va ».
Ce mot renvoie à un courant de pensée critique né dans la seconde moitié du vingtième siècle. Il dit surtout l'esprit libre et contestataire que ses proches lui reconnaissaient.
Hélène Hazera avait plusieurs vies : journaliste, militante, voix de la radio et actrice de cinéma. Sa disparition touche donc des milieux très différents, de la presse aux associations.
Pour son amie Judith Abitbol, c'est la dernière situationniste de France qui disparaît avec elle.
De Gazolines à Libération, un parcours pionnier
Hélène Hazera est née en 1952, dans une famille de résistants. Ce contexte familial accompagne une jeunesse marquée par l'engagement et la remise en cause des normes.
Dans les années 1970, elle devient le visage du groupuscule Gazolines. Ce collectif s'inscrivait dans le sillage du Front homosexuel d'action révolutionnaire, plus connu sous le sigle FHAR.
Elle entre ensuite au quotidien Libération en 1978. Elle y devient la première journaliste ouvertement trans de France, un statut inédit pour l'époque.
- Naissance en 1952, dans une famille de résistants.
- Années 1970 : visage du groupuscule Gazolines, proche du FHAR.
- 1978 : entrée à Libération, première journaliste ouvertement trans de France.
- Militante à Act Up-Paris, où elle crée la commission trans.
- 2002 à 2017 : animatrice de « Chanson Boum » sur France Culture.
- Actrice dans « Sauve qui peut (la vie) » de Jean-Luc Godard.
| Période | Activité | Lieu ou média |
|---|---|---|
| Années 1970 | Visage du groupuscule Gazolines | Mouvance du FHAR |
| 1978 à 1999 | Chroniqueuse télé puis critique musicale | Libération |
| Non précisée | Création de la commission trans | Act Up-Paris |
| 2002 à 2017 | Animatrice de « Chanson Boum » | France Culture |
| Années 1970 et 1980 | Actrice, dont un film de Godard | Cinéma |
Chroniqueuse télé puis critique musicale
Au journal, elle commence comme chroniqueuse télé. Elle évolue ensuite vers la critique musicale, un domaine qui correspond à ses goûts profonds.
Elle reste à Libération jusqu'en 1999, soit plus de vingt ans de présence. Une longévité qui montre qu'elle a été reconnue d'abord pour son travail et sa plume.
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Un engagement constant auprès des plus fragiles
Séropositive, Hélène Hazera rejoint l'association de lutte contre le sida Act Up-Paris. Elle y met sur pied la commission trans, consacrée aux personnes transgenres.
Les associations qui ont milité à ses côtés insistent sur cette fidélité. Elle restait attentive aux personnes séropositives et aux travailleuses du sexe, souvent laissées de côté.
Les associations trans saluent sa mémoire
Giovanna Rincon, directrice de l'association Acceptess-T, s'est dite « extrêmement triste ». Elle parle d'une perte très importante pour la communauté transgenre.
Anaïs Perrin-Prevelle, directrice de l'association OUTrans, souligne sa vision « ultramoderne ». Elle estime qu'Hélène Hazera a montré que les personnes trans peuvent exister socialement au-delà de leur seule identité.
Ces deux hommages se rejoignent sur un point. Ils décrivent une femme qui ne se contentait pas de parler des précaires, mais restait à leurs côtés.
Selon OUTrans, elle a prouvé que les personnes trans peuvent exister socialement bien au-delà de leur identité.
La radio, la chanson et le cinéma de Godard
Hélène Hazera aimait la poésie et la chanson française. Cette passion l'a menée à France Culture, où elle a animé l'émission « Chanson Boum » de 2002 à 2017.
Pendant quinze ans, sa voix a accompagné les auditeurs autour du répertoire français. Un prolongement naturel de son travail de critique musicale à Libération.
Elle a aussi fait plusieurs apparitions au cinéma dans les années 1970 et 1980. Elle joue notamment dans « Sauve qui peut (la vie) » de Jean-Luc Godard.
Dans ce film, elle interprète l'amie et colocataire du personnage joué par Isabelle Huppert. Un rôle qui ajoute une facette artistique à un parcours déjà très riche.
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Questions fréquentes
Qui était Hélène Hazera ?
Hélène Hazera était journaliste, femme de radio, actrice et militante transgenre. Elle est considérée comme la première journaliste ouvertement trans de France.
De quoi est morte Hélène Hazera ?
La source ne précise pas la cause de son décès. Elle indique seulement qu'elle s'est éteinte lundi 5 octobre au matin, à 74 ans.
Quel âge avait Hélène Hazera ?
Née en 1952, Hélène Hazera avait 74 ans au moment de sa mort. L'information a été confirmée à l'AFP par son amie Judith Abitbol.
Hélène Hazera a-t-elle travaillé à Libération ?
Oui, elle a intégré Libération en 1978. Elle y a été chroniqueuse télé puis critique musicale jusqu'en 1999.
Quelle émission Hélène Hazera animait-elle sur France Culture ?
Elle animait l'émission « Chanson Boum », consacrée à la chanson française. Elle l'a présentée de 2002 à 2017.
Dans quel film de Godard a joué Hélène Hazera ?
Elle a joué dans « Sauve qui peut (la vie) » de Jean-Luc Godard. Elle y incarne l'amie et colocataire du personnage d'Isabelle Huppert.
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