Près de 60 % des œufs analysés en France contiennent des PFAS : un toxicologue propose de renouveler les sols contaminés autour des élevages

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Plus d'un œuf sur deux prélevés à travers la France contient des polluants éternels, selon une enquête de Radio France. Un toxicologue de l'Université Paris Cité propose une piste concrète : changer la terre là où elle est contaminée.

L’essentiel en 3 points

  • Près de 60 % des œufs analysés par le réseau ICI et la cellule investigation de Radio France contiennent des PFAS, et un quart dépassent les normes.
  • Le toxicologue Xavier Coumoul propose de tester les sols et de les renouveler dans les zones à risque, en accompagnant éleveurs et agriculteurs.
  • Pour les particuliers, il conseille de varier son alimentation et de ne pas consommer les œufs qui dépassent les normes.

Ce que révèle l'enquête sur les œufs contaminés

Le réseau ICI et la cellule investigation de Radio France ont mené une vaste enquête sur la présence de polluants éternels dans les œufs. Les prélèvements ont été réalisés un peu partout en France.

Les échantillons venaient à la fois de particuliers, qui élèvent quelques poules dans leur jardin, et de professionnels. Tous ont été analysés pour détecter la présence de PFAS.

Le résultat est net : près de 60 % des œufs contiennent ces substances. Et un quart d'entre eux dépassent les normes de qualité, ce qui les rend impropres à la consommation.

Les PFAS sont surnommés polluants éternels car ils persistent durablement dans l'environnement. Une fois dans le sol, ils peuvent se retrouver dans ce que picorent les poules, puis dans leurs œufs.

Pour le toxicologue Xavier Coumoul, la réponse la plus durable passe par le sol : le tester, puis le renouveler s'il est contaminé.

D'où vient la contamination selon les territoires

L'enquête montre que l'origine des PFAS varie fortement d'une région à l'autre. Il n'existe pas une seule source, mais plusieurs types de sites en cause.

Parmi les origines identifiées figurent la vallée de la chimie au sud de Lyon, les épandages de boues industrielles, les stations d'épuration et les rejets des incinérateurs de déchets.

Sur franceinfo, Xavier Coumoul, professeur de biochimie et toxicologie à l'Université Paris Cité, résume les zones à surveiller. Selon lui, les sites à risques sont ceux qui produisent ou utilisent des PFAS, ainsi que les sites d'incinération et d'épandage des boues.

  • Varier son alimentation pour ne pas dépendre d'une seule source d'œufs.
  • Ne pas consommer les œufs dont la teneur en PFAS dépasse les normes.
  • Éviter d'en manger un par jour si les niveaux sont proches des normes.
  • Se renseigner si l'on vit près d'un site chimique, d'un incinérateur ou d'une zone d'épandage de boues.
  • Demander conseil à un médecin en cas d'inquiétude pour sa santé ou celle de ses enfants.
Source de contamination citée Type de site Piste évoquée
Vallée de la chimie, sud de Lyon Production et utilisation de PFAS Tests des sols et remédiation
Épandages de boues industrielles Terres agricoles Accompagnement des agriculteurs
Stations d'épuration Traitement des eaux Surveillance des sols voisins
Rejets des incinérateurs de déchets Sites d'incinération Dosages et information des habitants

Pourquoi le sol joue un rôle central

Les poules élevées en plein air passent leurs journées à gratter et picorer la terre. Si cette terre contient des PFAS, la contamination passe facilement dans leur alimentation.

C'est pour cette raison que le scientifique place le sol au cœur de sa réponse. Traiter la source paraît plus durable que surveiller seulement les œufs.

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Renouveler les sols : la proposition du toxicologue

Interrogé le mardi 6 octobre sur franceinfo, Xavier Coumoul a formulé une proposition directe. Selon lui, il faut renouveler les sols lorsqu'ils sont contaminés aux PFAS.

Dans les zones concernées, il appelle à accompagner les éleveurs et les agriculteurs. Le minimum, à ses yeux, serait de tester les sols pour connaître leur niveau de contamination.

Il évoque aussi la remédiation, c'est-à-dire remplacer la terre et faire en sorte qu'elle ne soit plus contaminée. Une démarche lourde, mais qui s'attaque directement au problème.

Informer les habitants des zones les plus touchées

Sur ICI Berry, Pascal Vaudin, maître de conférence en biologie à l'université de Tours, défend une approche complémentaire. Il souhaite doser plusieurs échantillons dans les zones où les niveaux relevés sont très élevés.

Il plaide aussi pour informer la population. L'objectif serait d'inviter les habitants concernés à consommer moins d'œufs issus de leurs propres poules.

Un œuf qui dépasse les normes ne se mange pas, et un œuf proche des normes ne se consomme pas tous les jours.

Ce que les particuliers peuvent faire au quotidien

Pour les personnes qui élèvent des poules chez elles, Xavier Coumoul donne des repères simples. Le premier consiste à varier son alimentation plutôt que de dépendre d'un seul produit.

Il est clair sur les œufs les plus chargés : s'ils dépassent les normes, on ne les consomme pas. S'ils sont proches des normes, il recommande de ne pas en manger un chaque jour.

Le toxicologue rappelle enfin les principaux risques associés aux PFAS dans l'alimentation. Il cite le retard de croissance chez les enfants à la naissance, le dysfonctionnement du système immunitaire, des cancers et des changements métaboliques.

En cas de doute sur sa situation personnelle ou celle de ses proches, le plus sûr reste d'en parler à un médecin. Les autorités locales peuvent aussi renseigner sur l'état des sols d'un secteur.

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Questions fréquentes

Combien d'œufs contiennent des PFAS en France ?

Selon l'enquête du réseau ICI et de la cellule investigation de Radio France, près de 60 % des œufs analysés contiennent des polluants éternels. Un quart dépassent les normes de qualité.

Les œufs de mes poules peuvent-ils être contaminés aux PFAS ?

Oui, l'enquête a porté aussi sur des œufs de particuliers. Le risque dépend surtout de la contamination du sol où les poules picorent.

Quelles zones sont les plus à risque pour les PFAS ?

Xavier Coumoul cite les sites de production et d'utilisation des PFAS, ainsi que les sites d'incinération et d'épandage des boues. La vallée de la chimie au sud de Lyon est mentionnée par l'enquête.

Peut-on manger un œuf contaminé aux PFAS ?

Selon Xavier Coumoul, un œuf qui dépasse les normes ne doit pas être consommé. S'il est proche des normes, mieux vaut ne pas en manger un par jour.

Quels sont les risques des PFAS pour la santé ?

Le toxicologue évoque un retard de croissance chez les enfants à la naissance, un dysfonctionnement immunitaire, des cancers et des changements métaboliques. Pour toute question personnelle, il faut consulter un médecin.

Comment décontaminer un sol pollué aux PFAS ?

Xavier Coumoul propose de tester les sols puis de pratiquer la remédiation, c'est-à-dire renouveler la terre contaminée. Il appelle à accompagner les éleveurs et agriculteurs dans cette démarche.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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