Elle se couche une heure plus tôt avant l’heure d’hiver à Dijon : le dimanche matin, elle est réveillée dès 5 heures

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Dans la chambre, le radiateur cliquetait doucement et le réveil affichait 5 h 02 en chiffres verts. Claire avait les yeux grands ouverts, le corps parfaitement réveillé, comme un jour de semaine. Dehors, la rue de Dijon était noire et muette, à peine troublée par un camion de livraison. Elle s'était pourtant couchée tôt, exprès, pour bien vivre ce dimanche 25 octobre.

Une vie réglée dans un appartement tranquille de Dijon

Claire a 47 ans et elle est comptable dans un cabinet du centre-ville, près de la place Darcy. Elle vit depuis douze ans dans un appartement du quartier Montchapet, au troisième étage, avec Bruno, professeur de technologie dans un collège. Leurs journées suivent un rythme presque immuable, que leurs amis trouvent rassurant ou un peu ennuyeux. Le réveil sonne à 6 h 30, le café coule à 6 h 40, et Claire part à vélo vers 7 h 45. Le soir, elle lit un roman et éteint la lumière vers 23 heures.

Ce rythme, elle y tient comme à un vieux manteau. Elle a mis des années à le trouver, après une période difficile où elle dormait mal et se réveillait épuisée. Depuis, elle connaît son corps et pense savoir le ménager. Le week-end, elle s'autorise une demi-heure de plus, jamais davantage, parce qu'elle a remarqué que les grasses matinées la laissaient vaseuse. Bruno, lui, dort partout et n'importe quand, ce qui l'agace un peu. Il se moque gentiment de ses rituels, de sa tisane et de son masque de nuit.

Chaque fin d'octobre, le passage à l'heure d'hiver revient comme une petite épreuve dans leur calendrier. Dans la nuit du samedi au dimanche, à 3 heures, les horloges reculent pour afficher 2 heures. Sur le papier, on gagne une heure de sommeil, et la plupart des gens s'en réjouissent. Claire, elle, s'en méfie depuis toujours. Elle se souvient de dimanches cotonneux, de lundis où elle bâillait devant ses tableurs. Cette année, elle s'est promis de faire les choses sérieusement, avec méthode, comme elle prépare une clôture de comptes.

Le samedi soir, elle décide de prendre de l'avance

Le samedi 24 octobre, en fin d'après-midi, Claire range les courses et annonce son plan à Bruno. Elle compte se coucher à 22 heures au lieu de 23 heures, pour arriver reposée au changement d'heure. Son raisonnement lui paraît imparable : une heure d'avance sur le sommeil, plus l'heure offerte par la montre, cela fait un vrai matelas. Elle imagine déjà un dimanche lumineux, une balade au lac Kir, un déjeuner chez sa sœur sans traîner la fatigue. Bruno hausse les épaules et dit qu'elle fera comme elle veut.

Elle prépare sa soirée avec soin, comme une répétition générale. Dîner léger à 19 heures, une soupe de potiron et un morceau de comté, puis la vaisselle rapidement expédiée. À 21 heures, elle baisse les lumières du salon, coupe son téléphone et passe en mode lecture. Elle se sent fière de son organisation, un peu comme quand on part en vacances avec la valise bouclée la veille. Soyons honnêtes, on connaît tous ce petit plaisir d'avoir pensé à tout avant les autres. À 21 h 55, elle se brosse les dents.

Elle s'endort plus vite qu'elle ne l'aurait cru, vers 22 h 20, bercée par le bruit lointain de la télévision. Bruno regarde un match de rugby et la rejoint bien plus tard, à pas feutrés. Il pense à régler la vieille horloge de la cuisine avant de se coucher, celle qui ne se met pas à jour toute seule. Le téléphone de Claire, lui, changera d'heure automatiquement pendant la nuit. Tout est en place. Elle a même posé un verre d'eau sur la table de nuit, comme une promesse de sommeil réparateur.

« Je me suis couchée tôt exprès pour dormir plus, et je me retrouve debout à 5 heures, c'est quand même un comble. »

Un réveil trop net, bien avant le jour

Quand elle ouvre les yeux, il fait nuit noire et le silence est total dans l'immeuble. Elle pense d'abord à un bruit, à la chaudière, à une voiture qui démarre dans la rue. Elle tend l'oreille, mais rien ne bouge. Le réveil indique 5 h 02. Elle se retourne, cale l'oreiller sous sa joue et ferme les paupières avec application. Rien à faire. Son esprit est clair, presque vif, comme après une nuit complète. Elle sent même cette petite faim du matin qui arrive d'habitude avec le café.

Elle reste allongée une bonne demi-heure, à compter les respirations de Bruno qui ronfle doucement à côté d'elle. Elle se dit que c'est un hasard, un rêve qui l'a tirée du sommeil, rien de plus. Elle repense au fromage du dîner, à la tisane peut-être trop forte, au radiateur réglé trop haut. À 5 h 40, elle abandonne et se lève sans allumer, pour ne pas réveiller son mari. Dans la cuisine, la vieille horloge affiche la même heure que son téléphone. Le changement a bien eu lieu.

Elle se fait un café et s'assoit près de la fenêtre, enveloppée dans un plaid. La rue est encore éclairée par les réverbères, et seul un joggeur passe en frontale. Elle ne se sent pas fatiguée, mais il y a quelque chose d'étrange, un décalage diffus. Elle se dit à voix basse, pour elle seule : c'est quand même un comble, je me couche tôt pour dormir plus et je dors moins. Elle met ça sur le compte de l'excitation, et décide de ne plus y penser. Elle a tort.

La journée se traîne et la soirée tourne mal

Vers 11 heures, chez sa sœur Nathalie à Chenôve, Claire commence à bâiller au-dessus de l'apéritif. Elle a l'impression que l'après-midi est déjà là, alors que le rôti n'est même pas sorti du four. À table, elle se sent lourde, impatiente, et regarde sa montre plus souvent qu'elle ne voudrait. Nathalie la taquine sur sa mine fatiguée. Claire raconte son réveil à 5 heures, et tout le monde rit un peu. Son beau-frère, Olivier, assure qu'il a dormi comme un bébé grâce à l'heure gagnée.

Le soir, de retour à Montchapet, la situation se complique encore. Dès 20 h 30, elle tombe de sommeil devant la télévision, les paupières lourdes comme du plomb. Elle résiste, persuadée qu'il faut tenir jusqu'à son heure habituelle pour se recaler. Puis elle change d'avis et se dit qu'il vaut mieux récupérer, qu'elle a manqué de sommeil. À 21 heures, elle est au lit. Bruno la regarde partir avec un sourire perplexe. Il lui demande si elle veut vraiment recommencer la même chose que la veille.

La nuit du dimanche au lundi ressemble à la précédente, en pire. Elle se réveille à 4 h 30, puis somnole par morceaux jusqu'à la sonnerie. Au bureau, le lundi, elle peine à se concentrer sur les déclarations d'un client. Elle cherche sur internet, lit des forums contradictoires, s'énerve contre des conseils qui se contredisent. Elle appelle sa mère, qui lui suggère une infusion de tilleul. Elle envoie un message à une collègue, qui lui répond que ça passera tout seul. Rien ne la rassure vraiment, et elle se sent un peu ridicule.

« Tu as fait exactement l'inverse de ce qu'il fallait, mais avec les meilleures intentions du monde, ça au moins c'est sûr. »

Ce que son cousin lui explique au téléphone

Le mardi soir, elle appelle son cousin Julien, infirmier de nuit à l'hôpital de Besançon depuis quinze ans. Lui jongle avec les horaires décalés et s'est beaucoup renseigné pour tenir le coup. Elle lui raconte tout, le coucher avancé, le réveil à 5 heures, les nuits hachées. Il l'écoute sans l'interrompre, puis il rit franchement au bout du fil. Il lui dit qu'elle a fait exactement l'inverse de ce qu'il fallait faire, avec les meilleures intentions du monde. Claire ne comprend pas tout de suite.

Julien lui explique ce qu'il a fini par comprendre à force de nuits de garde. À l'heure d'hiver, la montre recule d'une heure, mais son horloge interne, elle, ne recule pas. Quand le réveil affiche 5 heures, son corps vit encore à 6 heures, presque son heure habituelle de réveil. En se couchant à 22 heures, elle a en plus avancé son sommeil d'une heure. Pour son organisme, c'était comme se coucher à 21 heures. Elle a ajouté une avance à une autre avance, au lieu de compenser quoi que ce soit.

Claire reste silencieuse un moment, son thé refroidit dans la tasse. Tout devient soudain limpide, et un peu vexant. Julien ajoute ce qui marche pour lui : retarder un peu le coucher, par petits pas, et chercher la lumière en fin de journée. Il lui dit, avec son accent franc-comtois : moi, je fais l'inverse de ton idée, je recule de vingt minutes chaque soir et je sors marcher avant le dîner. Il précise que c'est ce qui fonctionne pour lui, pas une règle gravée dans le marbre.

Quelques soirs de lumière pour remettre les aiguilles

Dès le mercredi, Claire change de méthode et s'y tient avec la même rigueur qu'avant. Elle sort du cabinet à 17 h 30 et rentre par le jardin Darcy, en prenant le chemin le plus long. Le soir, elle garde les lampes du salon allumées plus longtemps et repousse son coucher à 23 h 20, puis 23 h 40. Elle se réveille encore un peu tôt, mais l'écart se resserre chaque matin. Le samedi suivant, elle ouvre les yeux à 6 h 50, détendue. Elle dit à Bruno : j'ai payé cher ma bonne idée.

Ce petit épisode ne lui a coûté qu'une semaine de fatigue, quelques cafés en trop et une pointe d'orgueil. Mais elle y repense souvent, parce que le piège était si logique en apparence. Elle en a parlé à ses collègues, et deux d'entre elles avaient fait exactement pareil. L'une se levait à 5 heures depuis dix jours sans comprendre pourquoi. Claire a sorti son agenda et noté, pour le printemps prochain, de réfléchir dans l'autre sens. Elle sait maintenant que son corps ne lit pas l'heure sur le four.

Bruno, lui, continue de dormir partout et de se moquer de ses rituels, mais il a changé de ton. Il dit qu'il a appris quelque chose, ce qui chez lui vaut une médaille. Claire, elle, garde de cette semaine une leçon simple, qu'elle répète à qui veut l'entendre. Quand la montre recule, le corps a une heure d'avance, et ce n'est pas le moment de lui en offrir une deuxième. Elle a même collé un post-it sur le frigo, avec quatre ou cinq rappels pour l'an prochain.

« Pour ton corps, il était 6 heures, pas 5 heures, il n'a rien vu du changement de la montre. »

  • Ne pas avancer son coucher la veille du passage à l'heure d'hiver.
  • Retarder son coucher de quinze à vingt minutes par soir pendant quelques jours.
  • Sortir à la lumière en fin de journée, même pour une courte marche.
  • Garder un éclairage plutôt vif à la maison en début de soirée.
  • Éviter de se coucher très tôt le dimanche soir pour « récupérer ».
  • Vérifier les horloges qui ne changent pas seules, comme celle du four.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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