Il passe le contrôle technique de sa Mégane un vendredi à Rouen : le lendemain matin, sa voiture n’a plus le droit de quitter le parking

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Il est huit heures et quart, ce vendredi d'octobre, sur la zone d'activités du Grand-Quevilly, à la sortie de Rouen. Karim coupe le moteur de sa Mégane devant le centre de contrôle, un gobelet de café tiède calé entre les cuisses. Sous le pont élévateur, une clé tinte contre le métal. Il a posé sa matinée, il pense en avoir pour quarante minutes.

Un vendredi matin posé pour en finir avec une corvée

Karim a quarante-sept ans et il est technicien de maintenance dans une usine de la rive gauche. Sa Mégane grise, un diesel de 2011, affiche un peu plus de deux cent mille kilomètres au compteur. Il l'a achetée d'occasion il y a six ans, à un voisin qui partait vivre en Bretagne. Depuis, elle l'emmène chaque jour au travail, et un dimanche sur deux chez sa mère, à Yvetot. Elle n'a jamais vraiment flanché, à part une batterie un hiver.

Le contrôle technique, il le passe tous les deux ans sans y penser beaucoup. Il prend rendez-vous en ligne, il choisit le créneau qui l'arrange, et il repart avec un papier. La dernière fois, on lui avait signalé des pneus un peu usés, rien de grave. Cette fois encore, il a choisi le vendredi matin parce que c'est le jour où son équipe tourne au ralenti. Son chef lui a dit de prendre la matinée, de revenir après le déjeuner.

Dans la petite salle d'attente, il y a une machine à café, un présentoir de dépliants et un homme âgé qui lit le journal. Karim regarde par la vitre sa voiture monter lentement sur le pont. Le contrôleur, un garçon d'une trentaine d'années en combinaison bleue, passe la lampe sous le châssis. Il prend son temps, ce qui est plutôt bon signe, se dit Karim. Il envoie un message à sa femme, Sonia, pour dire que tout se passe bien.

Le choix du vendredi, si pratique sur le papier

Soyons honnêtes, choisir le vendredi pour ce genre de rendez-vous, on connaît tous ça. On se dit que la semaine est presque finie, que l'on aura le week-end pour digérer une éventuelle mauvaise nouvelle. Karim avait même imaginé un plan. Si quelque chose clochait, il déposerait la voiture chez son garagiste habituel, à Petit-Quevilly, et il la récupérerait dans la foulée. Le garagiste, Didier, le connaît bien et l'a toujours dépanné rapidement, parfois le jour même.

Le raisonnement tenait la route, en apparence. Une petite réparation, un contre-rendez-vous, un autre tampon, et l'histoire serait réglée. Karim n'avait jamais eu de contre-visite, mais il savait que cela existait. Dans sa tête, une contre-visite, c'était un délai de deux mois pour réparer, et on roulait en attendant. Un collègue lui en avait parlé l'an dernier, pour un feu arrière défectueux. Il avait continué à aller au travail pendant des semaines avant de régler le problème tranquillement.

Ce matin-là, il ne s'inquiète donc de rien. Il a même prévu d'aller chez sa mère le samedi, parce qu'elle doit déplacer une armoire et qu'elle n'a personne pour l'aider. La Mégane a la banquette rabattable, il compte y glisser deux cartons de vieux livres à ramener. Sonia doit garder la petite voiture pour emmener leur fils au foot. Tout le week-end repose sur cette voiture grise qui, pour l'instant, se balance doucement à un mètre cinquante du sol.

« Je pensais en avoir pour quarante minutes et repartir avec un papier, comme d'habitude. »

Une ligne en rouge que personne ne prend le temps d'expliquer

Au bout d'une demi-heure, le contrôleur l'appelle au comptoir. Il tourne vers lui l'écran de l'ordinateur et pointe une ligne du doigt. Il y a une fuite sur un flexible de frein avant, côté passager, et une trace d'humidité sur l'étrier. Il parle aussi des plaquettes, presque au bout, et d'un essuie-glace fendu. Karim hoche la tête, il comprend vaguement que les freins posent problème. Il pense surtout à la facture, et au temps qu'il va falloir y passer.

Le procès-verbal sort de l'imprimante encore chaud. En haut, une mention que Karim lit sans s'y arrêter : défavorable pour défaillance critique. Le contrôleur ajoute une phrase, rapidement, pendant qu'il encaisse le paiement par carte. Vous pouvez rouler aujourd'hui pour aller chez votre garagiste, mais pas au-delà. Karim entend aujourd'hui, il retient garagiste. Derrière lui, une dame attend déjà avec ses clés, et le contrôleur lui fait signe d'avancer. La conversation s'arrête là, sans que personne n'insiste.

Sur le parking, Karim plie le papier en quatre et le glisse dans la boîte à gants. Il démarre doucement, il freine avec prudence au premier rond-point, la pédale lui semble normale. Il appelle Didier en roulant, avec le kit mains libres. Je suis débordé, lui répond le garagiste, j'ai trois voitures sur les ponts et une boîte de vitesses à refaire. Je peux te prendre lundi matin à la première heure. Karim trouve que ce n'est pas si mal, et il raccroche soulagé.

Le samedi matin, un doute devant la porte du parking

Le vendredi soir, Karim range la Mégane sur sa place, au sous-sol de leur immeuble, près de la gare de Rouen. Il ne pense plus aux freins. Le samedi, vers neuf heures, il descend avec les cartons de livres et il ouvre le coffre. C'est Sonia qui le rattrape dans l'escalier, son téléphone à la main. Elle a déplié le procès-verbal la veille au soir, en cherchant le ticket de parking, et quelque chose l'a intriguée. Elle lui demande ce que veut dire critique.

Karim répond qu'il a deux mois pour réparer, comme son collègue avec son feu arrière. Sonia n'en est pas sûre. Elle a tapé la mention sur internet pendant qu'il dormait, et elle n'a pas trouvé la même chose. Il appelle le centre de contrôle, mais le samedi, une messagerie annonce des horaires réduits et personne ne décroche. Il tente Didier, qui travaille parfois le samedi matin, et tombe aussi sur un répondeur. Les cartons restent par terre, à côté du pare-chocs.

Il essaie alors son beau-frère, Mehdi, qui a travaillé quelques années dans un garage du côté d'Elbeuf. Mehdi ne prend pas de gants au téléphone. Critique, c'est pas pareil que majeur, Karim, avec ça tu n'as que la journée. Karim proteste, il dit que le contrôleur lui a parlé de son garagiste, pas d'un délai aussi court. Mehdi répète qu'il faut relire le papier, en bas, dans les petites lignes. Karim remonte à l'appartement, s'assoit à la table de la cuisine et relit tout.

« J'ai entendu aujourd'hui, j'ai retenu garagiste, et je suis reparti tranquille avec mon frein qui fuyait. »

Ce que disait vraiment la petite ligne sous le tampon

Sous la mention défavorable, une phrase est imprimée en caractères plus fins. Elle indique que le véhicule n'est autorisé à circuler que jusqu'à minuit le jour du contrôle. Passé ce délai, il ne doit plus rouler, sauf à être transporté sur un plateau ou remorqué jusqu'au garage. Karim relit la phrase trois fois, à voix haute. Le contrôle a eu lieu vendredi, il est samedi. Depuis minuit, sa Mégane n'a plus le droit de bouger, même pour faire dix kilomètres.

La confusion venait d'un mot. Son collègue avait eu une défaillance majeure, celle qui laisse deux mois pour réparer en continuant de rouler. Lui a une défaillance critique, la plus sérieuse, celle qui touche directement la sécurité, comme un frein qui fuit. Les deux mois existent aussi dans son cas, mais ils servent seulement à faire la réparation et à repasser la contre-visite. Ils ne donnent aucun droit de circuler pendant ce temps. C'est minuit qui compte, et minuit est déjà passé.

Mehdi le rappelle une heure plus tard pour savoir où il en est. Tu vois, ce n'était pas le prix de la réparation, le piège, c'était le vendredi. Karim mesure soudain ce qu'il a failli faire. Il allait prendre l'autoroute vers Yvetot avec un flexible qui perd son liquide, chargé de cartons. Il pense à la pédale qui lui semblait normale. Il pense aussi à son assurance, à ce qu'elle dirait en cas d'accrochage avec un procès-verbal pareil dans la boîte à gants.

Un week-end sans voiture et ce qu'il vérifie désormais

Le samedi, Karim prend le train pour Yvetot, l'armoire de sa mère attendra deux semaines. Les cartons de livres restent dans le coffre. Le dimanche soir, il appelle le numéro d'assistance inscrit sur sa carte verte et explique la situation. On lui propose un remorquage pour le lundi matin, jusqu'au garage de Didier, pris en charge par son contrat. Il n'aura que la franchise à payer, une trentaine d'euros, dit-il, ce qui reste bien moins cher qu'un accident ou une amende.

Le lundi, un camion plateau vient chercher la Mégane au sous-sol. Didier change le flexible, les plaquettes et l'essuie-glace dans la journée, pour un peu moins de trois cents euros. La contre-visite a lieu le jeudi suivant, au même centre, et le contrôleur ne relève plus rien. Karim, cette fois, pose des questions. Il apprend qu'un frein qui fuit, une direction qui prend du jeu ou un pneu très abîmé peuvent valoir cette fameuse mention critique, et qu'on ne choisit pas.

Aujourd'hui, il conseille à ses collègues de ne plus passer le contrôle un vendredi. Je prends le mardi matin, dit-il, comme ça si ça casse, le garage a toute la semaine devant lui. Il a gardé le procès-verbal, plié dans un tiroir, avec la petite ligne soulignée au stylo. Sonia en rit encore un peu, mais elle a pris rendez-vous pour sa propre voiture un lundi. Avant le prochain contrôle, Karim a dressé une courte liste, qu'il garde affichée sur le frigo.

« Critique, c'est pas pareil que majeur, Karim, avec ça tu n'as que la journée. »

  • Prendre rendez-vous au contrôle technique en début de semaine plutôt qu'un vendredi.
  • Prévenir son garagiste avant le contrôle pour savoir s'il pourrait intervenir le jour même.
  • Lire en entier le procès-verbal et repérer la mention majeure ou critique.
  • En cas de défaillance critique, la voiture ne circule que jusqu'à minuit le jour du contrôle.
  • Réparation et contre-visite doivent ensuite être faites dans les deux mois.
  • Vérifier son contrat d'assistance pour un remorquage si le garage ne peut pas réparer à temps.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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