Après neuf ans chez Dior, Maria Grazia Chiuri revient chez Fendi et veut d’abord réinventer les mots du luxe

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Elle parle de corps, d'atelier et de savoir-faire plutôt que de marché ou de produit. De retour chez Fendi, Maria Grazia Chiuri explique pourquoi le mot luxe mérite, selon elle, d'être entièrement reformulé.

L’essentiel en 3 points

  • Après neuf ans à la direction artistique de Dior, Maria Grazia Chiuri est de retour chez Fendi.
  • Pour elle, une marque fabrique des objets quand la mode, elle, doit ouvrir des horizons.
  • Elle dirige aussi le Teatro della Cometa, à Rome, racheté en 2020, qui nourrit sa réflexion.

Le luxe, un mot qu'elle propose de reformuler avant de le redéfinir

Interrogée sur le luxe, Maria Grazia Chiuri ne parle ni de prix ni de rareté. Elle répond que la première chose à réinventer, c'est peut-être le langage.

Sa formule est simple. Plutôt que de redéfinir le luxe, il faudrait selon elle réinventer les termes avec lesquels on le décrit. Le vocabulaire commande la manière de voir.

Dans sa bouche, les mots qui reviennent sont corps, langage, imaginaire, atelier et savoir-faire. On y entend davantage l'artisanat que l'industrie du désir.

Sa conception tient en quelques oppositions. Non pas l'ostentation mais la complexité, non pas l'image mais la connaissance, non pas la possession mais la capacité à créer du sens.

Une marque produit des objets, la mode, elle, doit ouvrir des horizons et faire naître une émotion

Une marque fabrique des objets, la mode ouvre des horizons

La créatrice constate une confusion fréquente entre deux termes, marque et mode. Une marque produit des objets, dit-elle, quand la mode a pour rôle d'ouvrir des horizons.

Derrière une robe devraient coexister la qualité, le savoir-faire artisanal et la créativité. Mais le plus important reste, à ses yeux, sa capacité à susciter une émotion.

Autrement dit, la valeur d'un vêtement ne se lit pas sur l'étiquette. Elle se joue dans la relation intime et imaginative nouée avec la personne qui le porte.

  • Neuf années passées à la direction artistique de Dior, avec des défilés consacrés au féminisme, au corps et à la mémoire.
  • Un retour chez Fendi, la maison où elle a débuté aux côtés des sœurs Fendi.
  • Le Teatro della Cometa, à Rome, racheté en 2020 et développé en parallèle.
  • Un défilé haute couture Fendi automne-hiver 2026-27 présenté à Rome.
  • Trois créatrices citées en exemple : Miuccia Prada, Phoebe Philo et Chitose Abe.
  • Une conviction : la mode se lit aussi dans la façon dont les gens s'approprient les vêtements.
Étape Lieu Ce qu'elle en retient
Débuts dans la mode italienne Italie Un espace de liberté et d'expérimentation aux côtés des sœurs Fendi et de Valentino Garavani
Neuf ans de direction artistique chez Dior Maison Dior Des défilés centrés sur le corps, la mémoire et la responsabilité culturelle
Rachat du Teatro della Cometa en 2020 Rome Un dialogue avec d'autres langages artistiques qui régénère sa pensée
Retour chez Fendi Fendi La haute couture vue comme un lieu de transmission du savoir
Défilé haute couture automne-hiver 2026-27 Rome Des robes qui semblent naître des corps plutôt que s'imposer à eux

Rome, les imprimés indiens et l'envie d'ailleurs des années 1970

Née et élevée à Rome, elle a été formée autant par le classicisme de la ville que par les imprimés indiens découverts dans les années 1970.

À cette époque, elle ne pouvait pas voyager. Ces tissus représentaient l'une des rares ouvertures sur d'autres univers, une fenêtre posée sur un monde hors de portée.

De là vient sa définition. La mode n'est pas seulement une façon de s'habiller, c'est un outil qui permet d'élargir le regard que l'on porte sur le monde.

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La haute couture se joue d'abord dans l'atelier

À l'heure de l'intelligence artificielle, Maria Grazia Chiuri ne présente pas la haute couture comme une affaire d'exclusivité. Elle y voit un lieu de transmission du savoir.

La haute couture, rappelle-t-elle, se passe avant tout dans l'atelier. Un espace où la patience, l'apprentissage et le geste manuel restent, selon elle, irremplaçables.

Cette conviction se retrouve dans son approche du corps. Pour elle, la seule façon de porter une robe consiste à essayer de vraiment l'habiter.

Le défilé haute couture Fendi automne-hiver 2026-27, présenté à Rome, illustrait cette recherche. Les robes semblaient naître des corps plutôt que de s'imposer à eux.

Un théâtre romain racheté en 2020 pour se confronter à d'autres langages

Elle a racheté le Teatro della Cometa, à Rome, en 2020, et en développe l'activité en parallèle de son travail chez Fendi. Ce n'est pas une opération de communication.

Le dialogue avec des artistes, metteurs en scène, musiciens et intellectuels n'a pas changé sa façon de dessiner un vêtement. Il a en revanche enrichi sa réflexion.

Ce type de collaboration l'aide à mieux se comprendre, explique-t-elle. La confrontation avec des langages différents sert surtout à remettre en question son propre regard.

La haute couture ne commence pas sur le podium mais dans l'atelier, là où le geste manuel se transmet

Des débuts chez Fendi au statut revendiqué d'outsider

Elle a commencé aux côtés des sœurs Fendi, de Valentino Garavani et de Giancarlo Giammetti, dans la génération des fondateurs de la mode italienne.

Cette époque offrait, selon elle, davantage de possibilités d'expérimenter. La mode était alors un vrai espace de liberté et d'imagination, se souvient-elle.

Devenue une industrie mondiale très structurée, la mode risque aujourd'hui de perdre cette énergie initiale. Défendre sa dimension créative revient, pour elle, à défendre sa capacité à se réinventer.

Elle assure n'avoir jamais considéré le genre comme une limite, tout en reconnaissant la persistance de stéréotypes visant les créatrices. Elle cite Miuccia Prada, Phoebe Philo et Chitose Abe comme exemples de langages autonomes.

Certaines critiques qui lui sont adressées viendraient, dit-elle, du fait qu'elle ne correspond pas au cliché de la styliste. Elle continue de se sentir comme une outsider, une position qui lui a apporté de la liberté.

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Questions fréquentes

Qui est Maria Grazia Chiuri ?

C'est une créatrice de mode née et élevée à Rome. Elle a été directrice artistique de Dior pendant neuf ans et travaille de nouveau pour Fendi.

Pourquoi Maria Grazia Chiuri est-elle de retour chez Fendi ?

La source indique simplement qu'elle est aujourd'hui de retour chez Fendi, la maison où elle a fait ses débuts. Aucun détail contractuel n'est précisé.

Que dit-elle du mot luxe ?

Elle estime que le problème n'est pas le luxe mais l'idée qu'on s'en fait. Selon elle, il faudrait réinventer les termes utilisés pour le décrire plutôt que le redéfinir.

Quelle différence fait-elle entre une marque et la mode ?

Une marque produit des objets, explique-t-elle, alors que la mode a pour rôle d'ouvrir des horizons. La qualité et le savoir-faire comptent, mais l'émotion reste l'essentiel.

Qu'est-ce que le Teatro della Cometa ?

C'est un théâtre situé à Rome, qu'elle a racheté en 2020 et dont elle développe l'activité. Elle y voit une curiosité envers l'inconnu, pas une stratégie de communication.

Comment définit-elle la haute couture aujourd'hui ?

Elle ne la présente pas comme une expression d'exclusivité mais comme un lieu de transmission du savoir. Tout se joue d'abord dans l'atelier, où la patience et le geste manuel restent irremplaçables.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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