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Une nouvelle journée de mobilisation lycéenne s’est déroulée ce mardi 6 octobre, à l’appel des syndicats lycéens. Des centaines de lycées sont à nouveau fermés en France. Dans les Alpes-Maritimes, 28 établissements et les campus d’Université Côte d’Azur restent portes closes et assurent les cours en distanciel. Dans le Var, trois manifestations ont été déclarées à Toulon, Draguignan et Saint-Raphaël.
L’essentiel en 3 points
- Une manifestation est prévue à Nice, et trois manifestations sont déclarées dans le Var, à Toulon, Draguignan et Saint-Raphaël, pour cet acte 3 de la protestation lycéenne.
- Dans les Alpes-Maritimes, 28 établissements et tous les campus d’Université Côte d’Azur sont fermés et assurent les cours en distanciel.
- Selon le ministère de l’Intérieur, dix enquêtes de l’IGPN ont été ouvertes, 6.059 interpellations effectuées depuis le 28 septembre et 715 policiers ou gendarmes blessés.
À Toulon, Saint-Maximin et La Seyne, une matinée sans heurts
Rassemblées très tôt sur les marches du lycée Bonaparte de Toulon, les forces de l’ordre ont quitté les lieux peu avant 8 heures. Le perron a ensuite été investi par de nombreux lycéens, accompagnés de professeurs venus les soutenir. Les jeunes entonnent des chants et scandent des slogans. Sur les pancartes, on peut lire « Marre des promesses, l’avenir, c’est la jeunesse », « on cherche nos profs » ou encore « trop jeune pour être écouté, mais assez grande pour se faire gazer ».
La présence des syndicats est visible : des adultes en chasubles se tiennent autour du rassemblement. Denis Sincu, l’un des organisateurs, est au mégaphone. « On n’est pas là pour casser, ou mettre le feu. je dis aux parents, laissez vos enfants manifester et s’exprimer », explique-t-il à Var-Matin. Il assure qu’un service d’ordre fait tout pour que des personnes extérieures ne puissent pas se mêler au cortège. Des policiers postés sur le côté des escaliers maintiennent un couloir d’entrée.
Deux enseignantes en collège à Toulon sont venues tôt devant le lycée, sous une pancarte « Blocus pacifique ». « Leurs conditions de travail, on a les mêmes », affirme Nathalie, qui juge les emplois du temps de 8 heures à 18 heures trop lourds et trop longs en comparaison avec d’autres pays européens. Émilie ajoute : « ils n’ont pas l’habitude de manifester, on a un rôle pour les aider, et les protéger. Et la réponse des forces de l’ordre est inadmissible. »
Des parents sont aussi descendus dans la rue. Yousral, mère d’une fille de 14 ans qui arrivera au lycée l’année prochaine, dénonce « des classes surchargées, le manque de prof ». Engagée dans le mouvement des Gilets jaunes, elle raconte « avoir connu les gaz sans avoir rien cassé ». « Quand j’ai vu les gazeuses et les matraques de la police, ça m’a fait sortir immédiatement. »
Au lycée Maurice-Janetti de Saint-Maximin, un blocus partiel a été décidé la veille en assemblée générale. Depuis 8 heures, quelques élèves passent les portes sans difficulté, mais une grande majorité reste sur le parvis, encadrée par des professeurs et des parents. Gendarmes et policiers municipaux restent en périphérie, malgré une tentative avortée de ramener du mobilier urbain. À La Seyne, dans les lycées Langevin et Beaussier, les élèves sont rentrés en cours à 8 heures dans le calme, sous la surveillance de la police nationale et municipale.
« Nous avons les mêmes revendications que les jeunes, nous pensant qu’ils sont légitimes, totalement. »
À Draguignan, une manifestation encadrée par la CGT
À Draguignan, le mouvement semble perdre de son souffle par rapport à la semaine dernière. Une cinquantaine de manifestants de la CGT sont rassemblés devant l’entrée principale du lycée Jean-Moulin, tandis que les élèves sont accueillis jusqu’à 8 h 30 par le boulevard Ferdinand-Buisson. Certains jeunes glissent à leurs amis, déçus : « Il n’y a personne donc je vais en cours… »
La manifestation déclarée a ensuite pris tranquillement le chemin de la sous-préfecture, avec des dizaines de lycéens accompagnés de professeurs et de la CGT. Le syndicat s’est rapproché des jeunes pour les aider à s’organiser et éviter tout débordement. Anaïs Pascual, membre du bureau de l’Union départementale CGT, précise : « Notre but, c’est qu’ils s’organisent eux-mêmes. On ne parle pas encore de convergence des luttes. Nous pour l’instant, on veut sécuriser le parcours. »
- Date : mardi 6 octobre, nouvelle journée nationale de mobilisation des lycées
- Manifestations déclarées dans le Var : Toulon, Draguignan, Saint-Raphaël
- Établissements fermés dans les Alpes-Maritimes : 28, plus les campus d’Université Côte d’Azur
- Sécurisation à Draguignan : 45 policiers municipaux et nationaux et 4 renforts mobiles de la gendarmerie
- Consultation des lycéens : plateforme ouverte jusqu’au 23 octobre
| Ville | Établissement | Situation |
|---|---|---|
| Toulon | Lycée Bonaparte | Rassemblement sur les marches, calme |
| Saint-Maximin | Lycée Maurice-Janetti | Blocus partiel dans le calme |
| Draguignan | Lycée Jean-Moulin | Mobilisation en baisse, manifestation vers la sous-préfecture |
| La Seyne | Lycées Langevin et Beaussier | Cours à 8 heures, situation calme |
| Nice | Lycées Massena et Calmette | Situation très calme |
À Nice, campus fermés et blocus annulé
Dans la capitale azuréenne, le blocus prévu sur le campus Carlone de l’Université Côte d’Azur est annulé, après la décision de l’université de fermer ses campus de Nice, Cannes, Menton et Sophia Antipolis. « En raison des mouvements de manifestations prévus le mardi 6 octobre, susceptibles de compromettre la sécurité des biens et des personnes, tous les campus d’Université Côte d’Azur seront fermés ce mardi 6 octobre », indique le communiqué. La situation est très calme devant les lycées Massena et Calmette.
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Le gouvernement défend l’action policière
Sur France Info, le ministre de l’Education Étienne Geffray a été interrogé sur les violences autour du mouvement. « Dès les premiers jours on a vu des éléments ultra-violents […] avoir des comportements ultra-violents », a-t-il déclaré, évoquant 715 policiers blessés. Il a assuré que des instructions écrites de proportionnalité avaient été données : « Si un policier ne respecte pas le cadre légal, il y a enquête et sanction en cas de violences illégales ».
Le ministre a aussi annoncé une plateforme de consultations destinée aux lycéens, ouverte jusqu’au 23 octobre. Le plan d’action du gouvernement « sera mesurable, avec un calendrier et j’en rendrais compte », a-t-il assuré.
Enquêtes de l’IGPN et maintien de l’ordre
Dix enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN depuis le début du mouvement, selon le ministère de l’Intérieur, qui fait état de 6.059 interpellations depuis le 28 septembre. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez se dit prêt, selon son entourage, à répondre aux « commissions compétentes de l’Assemblée nationale ou du Sénat » sur les instructions données et la doctrine de maintien de l’ordre.
« La police a évité, en grande partie, des blessures aux élèves »
Une jeunesse défiante et des appels à la prudence
Une enquête publiée ce mardi révèle que près de huit jeunes sur dix, soit 78 %, estiment que les responsables politiques « préparent mal leur avenir ». Par ailleurs, 64 % ne font pas confiance aux candidats à la présidentielle pour prendre en compte leurs préoccupations.
De son côté, la préfecture du Var annonce des perturbations de circulation autour des établissements et sur les secteurs des manifestations. Le préfet appelle à la prudence.
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Questions fréquentes
Combien d’établissements sont fermés dans les Alpes-Maritimes ?
28 établissements, ainsi que tous les campus d’Université Côte d’Azur, sont fermés ce mardi 6 octobre.
Les cours sont-ils maintenus ?
Oui, en distanciel, comme dans bon nombre de ces établissements dès le lundi 5 octobre.
Où les manifestations sont-elles prévues dans le Var ?
Trois manifestations ont été déclarées en préfecture, à Toulon, Draguignan et Saint-Raphaël.
Combien d’enquêtes l’IGPN a-t-elle ouvertes ?
Dix enquêtes depuis le début du mouvement lycéen, selon le ministère de l’Intérieur.
Combien d’interpellations ont eu lieu ?
6.059 interpellations depuis le 28 septembre, et 715 policiers ou gendarmes ont été blessés.
Les lycéens peuvent-ils être consultés ?
Oui, une plateforme de consultations leur est ouverte jusqu’au 23 octobre.
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