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Une veste taillée dans une jupe victorienne en lambeaux, des robes teintes avec des mûres cueillies sur place. Pour le nouveau Raison et sentiments, la costumière Grace Snell a disposé de neuf semaines de préparation.
L’essentiel en 3 points
- Le film de Georgia Oakley, avec Daisy Edgar-Jones, arrive en salles le 23 septembre 2026.
- Les costumes reposent sur des teintures naturelles, des tissus anciens et des robes cousues main.
- Le vestiaire suit trois chapitres de couleurs : le deuil à Norland, des tons chauds à Barton, un Londres monochrome.
Une adaptation qui assume la boue et les robes trempées
Georgia Oakley signe cette nouvelle version du roman de Jane Austen. Daisy Edgar-Jones y joue Elinor Dashwood, l'aînée d'une fratrie privée de revenus après la mort du père. Le film sort en salles le 23 septembre 2026.
Chassées de leur grand domaine de Norland, les sœurs s'installent au Barton Cottage, dans le Devonshire. Le décor est petit et volontairement laissé à l'abandon. Cette maison modeste a orienté toutes les décisions de costume.
Grace Snell, deux fois primée aux British Independent Film Awards, a conçu ce vestiaire. On lui doit déjà The Souvenir, parties I et II, ainsi que The Outrun et Pillion.
Sa ligne tranche avec les adaptations plus lisses : silhouettes épurées, palette sobre, tissus anciens, bottes boueuses. Le résultat garde un aspect volontairement inachevé, très proche des paysages filmés autour du cottage.
Il fallait que ce monde contienne autre chose que des bonnets, sans jamais trahir l'exactitude historique
De Fuseli à Galliano, un tableau d'inspiration qui traverse deux siècles
L'intrigue se déroule entre 1795 et 1799, avec une part de flou assumée. Grace Snell s'est rendue chez Sands Films, à Rotherhithe, où elle a consulté une importante collection de tableaux de cette période.
Elle y a découvert Pinkie, de Thomas Lawrence, peint en 1794. Ce portrait a directement inspiré la ceinture rose de Marianne, une pièce dont Margaret héritera plus tard dans le film.
L'exposition Fuseli et la femme moderne, vue à l'Institut Courtauld, a nourri les personnages les plus aisés. Les coiffes travaillées et les bustes très dénudés ont servi pour Fanny, Mme Jennings et les invités du bal londonien.
Avec seulement neuf semaines de préparation, la costumière s'est appuyée sur l'historienne de la mode Eleanor Houghton pour les recherches. Elle est aussi allée observer des vêtements d'époque chez Cosprop.
- Neuf semaines de préparation seulement, avec l'aide de l'historienne de la mode Eleanor Houghton.
- Une visite chez Cosprop pour examiner des vêtements d'origine de la fin du XVIIIe siècle.
- Fanny Dashwood arbore une silhouette plus élancée, déjà tournée vers la mode Regency.
- Mme Jennings mélange des pièces anciennes qu'elle aime et des pièces très à la mode.
- Mme Dashwood porte une robe de dessus de deuil en taffetas noir, ajustée et faite main.
- Le bonnet d'Elinor, conçu pour le visage de Daisy Edgar-Jones, a été publié dans Vogue.
| Personnage | Pièce marquante | Fabrication ou référence |
|---|---|---|
| Elinor | Bonnet et veste de la scène de la galerie | Taffetas teint aux colorants végétaux, veste issue d'une jupe victorienne |
| Marianne | Robe de bal en double couche de soie dorée | Inspiration Grèce antique, pensée pour la lumière des bougies |
| Margaret | Robe couleur mûre | Teinture obtenue avec des mûres cueillies, taches reproduites à l'identique |
| Mme Dashwood | Robe de dessus de deuil en taffetas noir | Coupe ajustée, confection à la main, beauté dans la simplicité |
| Fanny | Silhouette Regency plus élancée | Montre l'évolution de la mode vers le début du XIXe siècle |
Les films qui reviennent sur le moodboard
Les Échos du passé, de Mascha Schilinski, a servi pour l'ouverture du film. Le récit commence avec des jeunes filles en deuil, et l'équipe voulait explorer plusieurs nuances de noir, grisâtres ou verdâtres.
Godland, film islandais-danois de 2022, revient aussi dans les références. La réalisatrice a apprécié le lien entre les costumes et le paysage, même si l'époque du film n'est pas la même.
Tess, de Roman Polanski, et Les Sœurs Brontë, d'André Téchiné, complètent la liste. L'univers des Brontë n'est pas celui d'Austen, mais ce rapport à la nature traverse les deux.
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Trois chapitres de couleurs, de Norland au bal londonien
Le vestiaire a été pensé comme une succession de chapitres. Celui de Norland est le chapitre du deuil, construit sur des nuances de noir obtenues par teinture naturelle.
Grace Snell a écarté le vrai noir. Elle voulait une palette variée, avec des noirs tirant vers le gris ou le vert, plutôt qu'une teinte uniforme et trop nette.
À Barton, les tons se réchauffent et la couleur revient peu à peu. Le chapitre londonien, lui, devient monochrome : bleu marine, bruns et gris dominent les scènes urbaines.
Pour le bal, tout passe au blanc. La séquence est éclairée à la bougie et s'inspire de la Grèce antique. Marianne y porte une double couche de soie dorée très fine, qui capte la lumière.
Marianne sous la pluie, Margaret couleur mûre
Pour Marianne, la costumière cite la collection de robes en mousseline Fallen Angels, signée John Galliano en 1986, et surtout l'aspect du tissu mouillé. Le personnage passe beaucoup de temps sous la pluie.
Autre référence : la chemise à la reine, très en vogue à l'époque et portée par Marie-Antoinette. L'idée était que Marianne s'imagine, en arrivant à Barton, en retraite champêtre.
Margaret porte une robe couleur mûre, teinte avec des mûres cueillies pour l'occasion. Plusieurs exemplaires ont été fabriqués, car la robe finit mouillée, et les taches ont dû être reproduites à l'identique.
Les sœurs se prêtent aussi leurs vêtements. Marianne abandonne son écharpe rose après son chagrin, Margaret la récupère pour le bal, et Marianne emprunte une robe d'Elinor avant sa dernière conversation avec Brandon.
La costumière refusait le vrai noir : elle voulait un deuil décliné en gris verdâtre, teinte par teinte
Bonnets, gilet et habit vert : ce que les tenues disent des personnages
Georgia Oakley souhaitait éviter les manches courtes et ne pas s'en tenir aux seuls bonnets. Avec sa modiste et son historienne de la mode, Grace Snell a cherché des coiffes de deuil et une coiffe à capuche pour Elinor.
Après la mort du père, Elinor prend la maison en main. On la voit fendre du bois en sabots, un gilet de laine ancienne enfilé par-dessus sa robe. Les vêtements sont pratiques et jamais trop propres.
Le look préféré de la costumière reste celui de la galerie, à Londres. Le bonnet, en taffetas teint avec des colorants végétaux, a demandé deux semaines de discussions. La veste bleu d'encre et marron vient d'une jupe victorienne en lambeaux.
Les couples se répondent par la couleur. Elinor apparaît en robe lilas et Edward en habit vert à pans coupés. À Londres, tous deux portent beaucoup de bleu, au moment où le moral s'effondre.
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Questions fréquentes
Quand sort le film Raison et sentiments de Georgia Oakley ?
Le film arrive au cinéma le 23 septembre 2026. Il réunit Daisy Edgar-Jones, Esmé Creed-Miles, George MacKay et Frank Dillane.
Qui a créé les costumes de cette adaptation ?
La costumière Grace Snell, deux fois lauréate aux British Independent Film Awards. Elle a notamment travaillé sur The Souvenir, The Outrun et Pillion.
Pourquoi y a-t-il si peu de bonnets dans le film ?
La réalisatrice voulait s'éloigner un peu du style austenien habituel, fait de manches courtes et de bonnets. L'équipe a donc cherché des alternatives, comme des coiffes de deuil et une coiffe à capuche.
Comment les robes ont-elles été teintes ?
L'équipe a utilisé des procédés de teinture naturelle plutôt que du noir industriel. La robe de Margaret a par exemple été teinte avec des mûres cueillies sur place.
À quelle époque se déroule cette version de Raison et sentiments ?
L'intrigue se situe entre 1795 et 1799, avec une datation volontairement floue. Cette période explique les silhouettes retenues et l'inspiration tirée de tableaux de la fin du XVIIIe siècle.
Où a été tournée la scène du bal londonien ?
Le bal a été tourné dans les intérieurs de West Wycombe Park. La séquence est éclairée à la bougie et les robes, entièrement blanches, ont été pensées pour cette lumière.
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