Vogue World Milan : sous la coupole de la Galleria, cinquante ans de mode italienne racontés en cinq actes le 22 septembre

Ne manquez aucune actuSuivez-nous sur Google News

Le 22 septembre, la Galleria Vittorio Emanuele II de Milan a accueilli Vogue World. Un décor chargé d'histoire, où un simple taureau en mosaïque résume toute la mode italienne.

L’essentiel en 3 points

  • Vogue World Milan s'est déroulé le 22 septembre sous la coupole de la Galleria Vittorio Emanuele II.
  • Le parcours retrace cinquante ans de mode italienne, du velours artisanal aux silhouettes monochromes tournées vers la technologie.
  • Près de 80 % de la chaîne d'approvisionnement du groupe Kering est implantée en Italie.

Un taureau en mosaïque usé par les talons, au cœur de Milan

Chaque jour, sous la coupole de la Galleria Vittorio Emanuele II, les visiteurs font la queue pour un geste précis. Ils posent un talon sur les parties intimes d'un taureau en mosaïque, appuient, puis tournent trois fois sur eux-mêmes.

Le rituel est censé porter bonheur. Il est surtout si populaire que les tesselles du sol s'usent peu à peu sous les semelles.

En mai dernier, la cavité creusée par ces pirouettes a dû être restaurée une nouvelle fois. Dès le mois de juin, le marbre stabilisé et poli, le public a été invité à recommencer.

Cette image dit quelque chose de simple. Ici, la tradition ne se conserve pas sous cloche : elle s'use, on la répare, et elle repart.

La tradition ne survit pas en restant figée : elle tient parce qu'on la répare, qu'on la renouvelle et qu'on l'améliore.

Cinquante ans de Made in Italy, de l'atelier de couture à l'échelle industrielle

La mode italienne est elle aussi connue pour ses pirouettes. Depuis le milieu des années 1970, Milan s'est imposée comme l'épicentre mondial de l'habillement, du textile et du design.

Cette réussite s'appuie sur un héritage artisanal qui remonte à la Renaissance. Mais le résultat, lui, a été radical, autant sur le plan technique qu'esthétique.

Le système italien a réussi une synthèse alors inédite : associer une fabrication très spécialisée à une production de grande échelle. Des créateurs pionniers ont bousculé les habitudes de confection, de présentation et de port du vêtement.

  • Vogue World Milan s'est tenu le 22 septembre dans la Galleria Vittorio Emanuele II.
  • Le taureau en mosaïque du sol a été restauré en mai, puis rouvert au public en juin.
  • Giorgio Armani a fondé son entreprise en 1975, au moment où Milan devenait l'épicentre du secteur.
  • Près de 80 % de la chaîne d'approvisionnement de Kering est implantée en Italie.
  • Versace rend hommage à la combinaison portée par son fondateur en couverture de Vogue en 1991.
  • Coiffure Kiyoko Odo, maquillage Lynsey Alexander, manucure Lora De Sousa, couture Anh Duong.
Acte du parcours Ce que l'on voit Maisons citées
Artisanat Velours, brocart, dentelle, broderie Savoir-faire italiens hérités de la Renaissance
Industrialisation Couture plus légère, plus ajustée, plus expressive Giorgio Armani
Glamour Silhouettes spectaculaires du Made in Italy Versace, Dolce & Gabbana
Couleur Motifs saturés et imprimés graphiques Missoni, Pucci
Futur Vêtements monochromes, terrain d'expérimentation Prada, Moncler Genius par Pierpaolo Piccioli

Armani fonde son entreprise en 1975

Giorgio Armani crée sa maison en 1975. Avec lui, la couture devient plus légère, plus ajustée, plus expressive, à l'heure des machines.

Un demi-siècle plus tard, la force de frappe reste intacte. Près de 80 % de la chaîne d'approvisionnement gérée par Kering, groupe derrière Gucci, Bottega Veneta et Saint Laurent, se trouve en Italie.

Ce qui incarnait hier la modernité est pourtant souvent regardé aujourd'hui sous l'angle du patrimoine, des archives et de la tradition. Des atouts précieux, qui peuvent aussi devenir paralysants entre de mauvaises mains.

À lire aussi : Née en 1876 à Brockton, cette basket rétro aux six coloris pop veut remplacer vos sneakers blanches dès 2026.

Vogue World Milan, cinq actes sous la Galleria Vittorio Emanuele II

Le lieu choisi n'a rien d'anodin. La Galleria est une merveille du XIXe siècle, située entre le Dôme de Milan et le théâtre La Scala, deux temples de la ville consacrés l'un à la foi, l'autre au spectacle.

C'est aussi là qu'a ouvert la première boutique Prada. L'endroit accueille toujours des marques italiennes solidement installées, mais qui n'hésitent jamais à se réinventer.

Cette cinquième célébration internationale de la mode s'organise autour de grands thèmes : l'artisanat, l'industrialisation, la création d'images, les technologies intelligentes et l'imagination.

Du velours au monochrome, le fil du récit

Le parcours s'ouvre sur les textures précieuses de l'artisanat italien : velours, brocart, dentelle et broderie. Il glisse ensuite vers l'ère des machines et une couture plus légère.

Le mouvement Made in Italy file vers le glamour explosif de Versace et de Dolce & Gabbana. Il se poursuit avec les motifs saturés de Missoni et de Pucci.

Le dernier acte, lui, mise sur des vêtements monochromes. Ces toiles vierges sont pensées comme un terrain d'expérimentation, tourné vers un futur où la technologie viendrait enrichir la création humaine.

La mode italienne se trouve aujourd'hui à la croisée des chemins, entre patrimoine et progrès, artisanat et technologie.

Coiffure, maquillage et images : la beauté au service du récit

Les silhouettes photographiées pour l'événement viennent de Valentino, Armani, Dolce & Gabbana ou Versace. Elles reposent sur des techniques et des langages visuels accumulés au fil des générations.

Côté beauté, l'équipe est identifiée dans les crédits : coiffure par Kiyoko Odo, maquillage par Lynsey Alexander, couture par Anh Duong et manucure par Lora De Sousa. La production est signée BIG ONE au Studio Rouchon, avec des décors de Félix Gesnouin.

Ces vêtements dialoguent aussi avec des innovations très actuelles. Prada intègre des motifs venus du sport et des matières techniques dans son expression de la féminité.

Pierpaolo Piccioli, lui, a réinterprété de façon radicale les silhouettes haute couture dans la première collection Genius de Moncler.

À lire aussi : Cara Delevingne pose pour Armedangels : la collection DETOXDENIM arrive le 17 septembre 2026, entre selvedge bio et coupes très amples.

Ce que la technologie change, et ce qu'elle ne change pas

L'un des moments forts est un hommage de Versace à la combinaison portée par son fondateur en couverture de Vogue en 1991. Un rappel utile : la mode italienne s'est imposée grâce à ses vêtements, mais aussi grâce aux images qui les ont fait circuler.

Ces clichés ont propulsé la mode au premier plan de la culture. Sans eux, le savoir-faire serait resté cantonné aux ateliers.

La technologie, en elle-même, n'a aucune signification culturelle. Le sens naît des décisions humaines qui la façonnent, rappelle le texte de présentation de l'événement.

Le système italien s'est justement construit sur ce type de choix : transformer des savoir-faire hérités en procédés modernes, puis des vêtements en images capables de captiver le monde entier.

Questions fréquentes

Où s'est déroulé Vogue World Milan ?

L'événement s'est tenu dans la Galleria Vittorio Emanuele II, au centre de Milan. Cette galerie du XIXe siècle relie le Dôme de Milan au théâtre La Scala.

Quand a eu lieu Vogue World Milan ?

La soirée s'est déroulée le 22 septembre. Il s'agit de la cinquième célébration internationale de la mode organisée sous ce format.

Pourquoi tourne-t-on sur un taureau en mosaïque à Milan ?

Les visiteurs posent un talon sur les parties intimes du taureau en mosaïque, appuient, puis tournent trois fois sur eux-mêmes. Le geste est censé porter bonheur, et il est si répété que les tesselles s'usent.

Le taureau de la Galleria a-t-il été restauré ?

Oui. La cavité creusée par les talons a été restaurée en mai dernier, et le marbre stabilisé puis poli. Dès juin, le public a pu recommencer ses pirouettes.

Quels créateurs sont mis en avant dans le parcours ?

Le récit cite notamment Giorgio Armani, Versace, Dolce & Gabbana, Missoni, Pucci, Valentino et Prada. Pierpaolo Piccioli est évoqué pour la première collection Genius de Moncler.

Qui a signé la coiffure et le maquillage des visuels ?

La coiffure est signée Kiyoko Odo et le maquillage Lynsey Alexander. La manucure a été réalisée par Lora De Sousa et la couture par Anh Duong.

Suivi de l'histoire

Partager :WhatsAppFacebookX
Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

Articles: 201