Chute de cheveux à la rentrée : ce que disent trois études sur les 60 cheveux perdus chaque jour en septembre

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Chaque septembre, la même scène se répète : plus de cheveux dans la douche, plus de cheveux sur la brosse. Des travaux scientifiques confirment cette saisonnalité, mais invitent aussi à ne pas tout mettre sur le dos de l'automne.

L’essentiel en 3 points

  • Une étude suivant 14 hommes pendant 18 mois a relevé un pic de chute autour d'août-septembre, proche de 60 cheveux par jour.
  • L'effluvium télogène est retardé : le facteur déclenchant peut précéder la chute de plusieurs semaines.
  • La chute s'atténue le plus souvent en 3 à 6 mois quand le déclencheur disparaît, mais une perte persistante mérite un avis médical.

La chute d'automne n'est pas qu'une impression

L'idée d'une chute saisonnière a été mesurée. Une étude publiée en 1991 dans le British Journal of Dermatology a suivi 14 hommes pendant 18 mois.

Les auteurs, Randall et Ebling, ont observé un minimum de follicules en phase anagène, la phase de croissance, au mois de septembre. Le pic de cheveux perdus se situait autour d'août et septembre, avec une moyenne proche de 60 cheveux par jour.

Une seconde étude, publiée en 1997 dans Dermatology, a porté sur 234 femmes venues consulter pour une perte de cheveux. Elle retrouve une augmentation automnale du pourcentage de cheveux en phase télogène, la phase de repos, et de la chute mesurée.

Ces résultats appuient l'existence d'une saisonnalité. Ils ne permettent pas pour autant d'attribuer toute chute importante de rentrée au seul changement de saison.

Dans l'effluvium télogène, le cheveu tombe souvent des semaines après l'événement qui a dérangé son cycle.

Le déclencheur peut remonter à plusieurs semaines

L'effluvium télogène a une particularité déroutante : il est retardé. Le cheveu ne tombe pas au moment où survient le facteur qui a perturbé son cycle.

Le mécanisme se déroule en étapes. Un déclencheur provoque un passage accru des follicules en phase télogène, puis un délai s'écoule, et la chute diffuse devient enfin visible.

Parmi les facteurs cités : une maladie fébrile, un stress physique, une intervention, une perte de poids rapide ou une modification hormonale. Si la chute s'intensifie en septembre ou octobre, il est donc utile de repasser en revue les événements de l'été.

  • Une moyenne proche de 60 cheveux par jour a été relevée au pic d'août-septembre chez 14 hommes suivis 18 mois.
  • Chez 229 adultes sans alopécie, la perte moyenne mesurée était de 34,8 cheveux par jour.
  • 90,4 % de ces participants perdaient moins de 60 cheveux par jour dans les conditions du protocole.
  • Chez 234 femmes consultant pour une perte de cheveux, le pourcentage de cheveux en phase télogène augmentait à l'automne.
  • La chute s'atténue le plus souvent en 3 à 6 mois après disparition du déclencheur.
  • Sur 973 patients, aucun lien statistiquement significatif n'a été retrouvé entre ratio anagène/télogène et ferritine, B12, folates ou zinc.
Situation observée Réflexe utile
Chute diffuse récente après un déclencheur Observer son évolution
Chute importante qui ne ralentit pas Rechercher la cause
Zones clairsemées ou perte progressive Écarter une autre alopécie
Rougeur, douleur ou anomalie du cuir chevelu Demander un avis médical
Chute prolongée plusieurs mois Envisager un bilan capillaire

Reconnaître une chute diffuse

L'effluvium télogène se manifeste surtout par une chute diffuse et relativement soudaine. Les cheveux se font plus nombreux dans la douche et sur la brosse.

La densité peut diminuer sur l'ensemble du cuir chevelu, sans former de plaques nettes. C'est cette répartition homogène qui distingue le tableau d'autres causes.

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Combien de cheveux perd-on vraiment chaque jour

Le chiffre de 100 cheveux par jour circule partout. Il est souvent cité, mais il ne constitue pas une frontière absolue entre normal et anormal.

Une étude menée chez 229 adultes sans alopécie, publiée elle aussi en 1991 dans Dermatology, a mesuré une perte moyenne de 34,8 cheveux par jour. Dans les conditions du protocole, 90,4 % des participants en perdaient moins de 60.

Autrement dit, le seuil habituellement retenu est plutôt généreux. Ce qui compte davantage, c'est l'écart avec ce que vous observiez d'ordinaire, et la durée de cet écart.

Quel profil ressemble au vôtre

Quatre critères aident à s'orienter : la répartition de la chute, la rapidité de son début, l'évolution de la densité et l'état du cuir chevelu.

Une chute diffuse, assez soudaine, avec une perte de volume globale et un cuir chevelu normal, est compatible avec un effluvium télogène. Des plaques précises, un éclaircissement progressif, des zones durablement clairsemées ou un cuir chevelu rouge, squameux ou douloureux orientent vers une autre cause.

Ce repérage ne remplace jamais un diagnostic médical.

Attribuer une chute uniquement à l'automne peut retarder l'identification du vrai problème.

Durée, repousse et traitements possibles

L'effluvium télogène aigu est généralement temporaire. Selon un article de Ohyama et ses coauteurs publié en 2025 dans le Journal of Dermatology, la chute tend le plus souvent à s'atténuer en 3 à 6 mois lorsque le facteur déclenchant disparaît, avec reprise spontanée de la repousse.

Il faut cependant compter un temps supplémentaire. Même quand la chute ralentit, les nouveaux cheveux doivent pousser avant que la chevelure retrouve son volume.

Côté prise en charge, il n'existe pas un traitement adapté à tous. La priorité est d'identifier puis, si possible, de corriger le facteur déclenchant : maladie récente, stress, perte de poids, contexte hormonal ou déséquilibre nutritionnel.

Les compléments alimentaires ne se prennent pas automatiquement. Une étude portant sur 973 patients, publiée en 2023 dans Dermatology Practical & Conceptual, n'a pas retrouvé de relation statistiquement significative entre le ratio anagène/télogène et les taux de ferritine, vitamine B12, folates ou zinc. L'hémoglobine était le seul marqueur corrélé au ratio anagène chez les femmes étudiées.

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Questions fréquentes

L'effluvium télogène est-il réversible ?

Le plus souvent, oui. Le follicule pileux reste fonctionnel et la repousse reprend progressivement après disparition du déclencheur. Il faut néanmoins laisser aux nouveaux cheveux le temps de pousser.

Combien de temps dure une chute de cheveux de rentrée ?

D'après l'article publié en 2025 dans le Journal of Dermatology, la chute tend à s'atténuer en 3 à 6 mois lorsque le facteur déclenchant disparaît. Si la perte reste importante au-delà, il est pertinent de rechercher une autre cause.

Faut-il prendre des vitamines, du zinc ou du fer ?

Pas systématiquement. Ces apports doivent répondre à un besoin identifié et non être pris automatiquement. L'étude menée chez 973 patients n'a pas retrouvé de lien statistiquement significatif entre le ratio anagène/télogène et les taux de ferritine, vitamine B12, folates ou zinc.

Perdre 100 cheveux par jour, est-ce normal ?

Ce seuil est souvent cité mais n'est pas une frontière absolue. Chez 229 adultes sans alopécie, la perte moyenne mesurée était de 34,8 cheveux par jour, et 90,4 % en perdaient moins de 60 dans les conditions du protocole.

Un effluvium peut-il cacher une autre alopécie ?

Oui. Une chute diffuse peut coexister avec une alopécie androgénétique. Une perte de densité qui persiste mérite donc une évaluation, car mettre la chute sur le compte de la saison peut retarder le diagnostic.

Le minoxidil est-il indiqué dans l'effluvium télogène ?

Il peut parfois être discuté, mais les données spécifiques restent limitées. L'essai publié en 2025 n'a inclus que 12 patients, sans groupe contrôle. Cette question relève d'un avis médical individuel.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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