Chez Margiela, le tailleur printemps-été 2027 se plie en accordéon : les trois défilés de Glenn Martens changent de ton à Paris

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Pour le printemps-été 2027, Maison Margiela range le grand spectacle et sort des vêtements que l'on peut vraiment enfiler. Glenn Martens y déplace les codes de la maison d'un degré ou deux, pas plus.

L’essentiel en 3 points

  • Glenn Martens, qui compte déjà trois défilés pour Maison Margiela dont deux très théâtraux, signe une collection volontairement plus accessible.
  • Le vestiaire s'articule autour de trenchs, de tee-shirts gris et de robes en jersey drapé, renforcés d'entoilage sur le devant.
  • Le créateur assume malgré tout quelques robes du soir sculpturales et résume sa position d'une phrase : l'opulence, c'est moi.

Un défilé plus direct, dans une saison où la mode se veut commerciale

La collection printemps-été 2027 de Maison Margiela s'éloigne du grand geste de scène. Glenn Martens y montre des pièces plus faciles à lire, plus proches d'un vestiaire que l'on ouvre le matin. La signature reste reconnaissable, mais elle se fait moins démonstrative.

Le créateur compte déjà trois défilés pour la maison, dont deux particulièrement théâtraux. Maintenant que son registre est connu, il propose une lecture plus directe de ce qui fait l'ADN Margiela. Comme beaucoup de créateurs cette saison, il assume une collection très commerciale.

Son point de départ reste historique. Quand Martin Margiela a débuté, à la fin des années 1980, tout tournait autour de l'anti, rappelle Glenn Martens. Le studio a donc travaillé cette idée à travers l'opposition du dur et du mou.

Cette contradiction se joue dans la matière plutôt que dans la silhouette. Les archétypes de la maison sont déplacés d'un cran, rarement plus, ce qui rend la collection lisible sans la vider de son concept.

Intégrer un concept fort dans chaque vêtement, sans faire peur à celle qui l'enfile : c'est la ligne de conduite assumée du défilé.

Trenchs, tee-shirts gris et robes en jersey : le chic discret ressort des archives

Pendant des années, Margiela a été une adresse presque secrète pour des vêtements dits normaux, à la coupe impeccable, connue des seuls initiés. Ce chic discret, d'une concision subtile, était de retour sur le podium.

On l'a vu dans un manteau blanc à devant rigide, très net, et dans une chemise à carreaux portée ouverte, elle aussi empesée. Elle était associée à un pantalon de ski tailleur à taille haute, une pièce qui tient à la fois du sport et du costume.

L'accessibilité passait aussi par des fleurs que le créateur identifie comme des brocarts des années 60. Elles habillaient des jupes colonnes, nouées par le traditionnel ruban de coton de la maison, détail que les habitués reconnaissent au premier coup d'œil.

Le tailleur classique, lui, recevait un effet d'accordéon sur le devant. Les revers, pliés vers l'intérieur au cordeau, peuvent aussi se rabattre vers l'extérieur pour un port plus conventionnel.

  • Des jupes colonnes en brocart fleuri des années 60, nouées par le traditionnel ruban de coton de la maison.
  • Un tailleur classique à effet accordéon sur le devant, avec des revers qui se portent pliés à l'intérieur ou rabattus à l'extérieur.
  • Des trenchs, tee-shirts gris et robes en jersey drapé dotés de renforts durs en entoilage sur le devant, façon balcon.
  • Un manteau blanc à devant rigide et une chemise à carreaux empesée, portée ouverte sur un pantalon de ski tailleur à taille haute.
  • Un fond de robe en dentelle rouge laminé de vinyle, inséré dans un manteau en satin rose.
  • Deux robes du soir marquantes : un plastron évoquant une argenterie écrasée et une robe drapée à festons avec cape fluide.
Pièce Traitement Ce que cela change à porter
Tailleur classique Effet accordéon sur le devant, revers pliés au cordeau Les revers se rabattent à l'extérieur pour une allure plus conventionnelle
Trench, tee-shirt gris, robe en jersey drapé Renforts durs en entoilage sur le devant Le buste est structuré façon balcon malgré la souplesse du tissu
Jupe colonne Brocart fleuri identifié comme années 60 Fermée par le ruban de coton traditionnel de la maison
Manteau en satin rose Fond de robe en dentelle rouge laminé de vinyle, inséré Contraste entre brillance du vinyle et fluidité du satin
Chemise à carreaux Tissu empesé, portée ouverte Associée à un pantalon de ski tailleur à taille haute

Le renfort rigide, façon balcon

Trenchs, tee-shirts gris et robes en jersey drapé arboraient des renforts durs en entoilage sur le devant, façon balcon. Le tissu souple reste souple, mais le buste gagne une structure visible.

C'est exactement la contradiction annoncée : du mou qui rencontre du dur, sur des pièces que l'on porte tous les jours. Le procédé reste discret, sans transformer le vêtement en pièce de démonstration.

Glenn Martens résume sa méthode ainsi : il cherche comment intégrer un concept fort, rester cohérent dans chaque vêtement, sans pour autant faire peur. La phrase dit beaucoup de l'équilibre visé cette saison.

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Doublures déplacées, vinyle et dentelle rouge pour une autre clientèle

La collection s'adresse aussi à celles et ceux qui ont découvert la maison à l'époque de John Galliano. Pour eux, Glenn Martens prolonge une méthode connue : exhumer les doublures des vêtements et les déplacer.

Il y ajoute sa propre touche. Un fond de robe en dentelle rouge a été laminé avec du vinyle, puis inséré dans un manteau en satin rose. L'effet, brillant et contrasté, est l'un des temps forts du défilé.

Le créateur admet une contrainte nouvelle. Il faut parler à une clientèle bien plus large que celle de Martin à l'époque, explique-t-il, et cette échelle mondiale rend plus difficile de pousser les concepts à fond.

Autrement dit, la collection cherche un point d'équilibre entre le vocabulaire radical de la maison et les besoins d'un public très vaste.

Deux robes du soir qui contredisent le minimalisme

Glenn Martens n'a pas résisté à quelques robes du soir travaillées. La première semblait avoir enfermé toute une argenterie de famille, écrasée en une sorte de plastron sur le buste.

La seconde, robe sculpturale drapée, jouait des festons et d'une cape fluide, avec une allure de monument baroque. Ces deux pièces rappellent que le créateur ne renonce pas au spectaculaire.

Il le dit lui-même en riant : il est le type qui passe ses journées dans les églises, et l'opulence, c'est lui. La collection reste donc accessible, sans devenir sage.

Même dans une collection pensée pour le monde entier, l'opulence reste la signature revendiquée de Glenn Martens.

Ce que cette collection dit du vestiaire à venir

Pour qui suit la mode de loin, la leçon est simple : la structure revient sur des basiques. Un tee-shirt gris ou une robe en jersey peuvent être tenus par un renfort placé devant, sans corset ni armature visible.

Le deuxième signal concerne la réversibilité. Un revers qui se plie dans les deux sens, une doublure qui devient extérieur : le vêtement propose plusieurs lectures selon la façon de le porter.

Le troisième tient au motif. Le brocart fleuri des années 60, traité en jupe colonne, ramène un imprimé décoratif dans un vestiaire par ailleurs sobre, en gris, blanc et carreaux.

À Paris, la saison est aussi celle des expositions. En octobre, Vogue signale notamment les féminités dissidentes au palais Galliera et les photographies de Rafael Pavarotti au musée des Arts Décoratifs.

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Questions fréquentes

Qui dessine les collections de Maison Margiela aujourd'hui ?

Glenn Martens signe les collections de la maison. Il compte déjà trois défilés à son actif pour Margiela, dont deux particulièrement théâtraux, avant cette proposition printemps-été 2027 plus directe.

Quand la collection printemps-été 2027 de Margiela arrivera-t-elle en boutique ?

La source ne donne aucune date de mise en vente ni de prix. Seules les pièces présentées au défilé sont décrites, sans calendrier commercial précisé.

Qu'est-ce que l'effet accordéon vu sur le tailleur Margiela ?

Il s'agit d'un travail de plis sur le devant de la veste. Les revers sont pliés vers l'intérieur au cordeau, mais ils peuvent aussi se rabattre vers l'extérieur pour un port plus classique.

Pourquoi parle-t-on d'esthétique anti chez Margiela ?

Selon Glenn Martens, quand Martin Margiela a débuté à la fin des années 1980, tout tournait autour de l'anti. Le studio a repris cette idée en opposant le dur et le mou dans la matière.

Glenn Martens est-il un créateur minimaliste ?

Il dit lui-même le contraire. Il explique en riant qu'il passe ses journées dans les églises et que l'opulence, c'est lui, ce que confirment ses robes du soir sculpturales.

Quelles expositions mode voir à Paris en octobre ?

Vogue cite notamment les féminités dissidentes au palais Galliera et les photographies de Rafael Pavarotti au musée des Arts Décoratifs. Ces deux rendez-vous figurent parmi les expositions parisiennes du mois.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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