Préfet des Hauts-de-Seine : la convocation des parents de 3 lycéens après les blocus provoque une vague de critiques d’élus et d’un avocat

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La publication a été mise en ligne le lundi 6 octobre sur le réseau social X par la préfecture des Hauts-de-Seine. Le préfet, Alexandre Brugère, y rapporte, image à l’appui, avoir échangé avec les parents de trois lycéens soupçonnés d’avoir participé aux violences survenues lors des blocus. En quelques heures, plusieurs personnalités politiques et juridiques ont réagi. Elles déplorent un cadre légal flou et une mise en scène qu’elles jugent inappropriée.

L’essentiel en 3 points

  • Le lundi 6 octobre, le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, a indiqué sur X avoir échangé avec les parents de trois lycéens soupçonnés de violences lors des blocus.
  • Des élus, dont Ugo Bernalicis et Mathilde Panot, ainsi que l’avocat Seydi Ba, contestent la base juridique de cette convocation et invoquent la présomption d’innocence.
  • La photo publiée par le préfet est dénoncée comme « une mise en scène répugnante », tandis que le collectif des parents et enseignants de Nanterre réclame la fin de pratiques qu’il juge « répressives ».

Une publication de la préfecture qui déclenche la polémique

Tout part d’un message publié sur X par la préfecture des Hauts-de-Seine, ce lundi 6 octobre. Le préfet Alexandre Brugère y explique avoir échangé avec les parents de trois lycéens. Ces jeunes sont soupçonnés d’avoir participé aux violences survenues lors des blocus. Le message est accompagné d’une image illustrant cette rencontre.

La réaction la plus vive vient d’abord d’Ugo Bernalicis, député LFI du Nord. « Là, on dépasse les bornes », écrit-il en réaction à cette publication. Le parlementaire poursuit en soulevant son incompréhension quant à la base juridique de cette convocation. Selon lui, le rôle du représentant de l’État ne saurait se confondre avec celui de la justice.

« Le préfet n’est pas un juge. La préfecture n’est pas un tribunal », a poursuivi Ugo Bernalicis.

La base juridique de la convocation contestée

Les questionnements du député du Nord sont partagés par ses pairs. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, a elle aussi attaqué directement la démarche du préfet. « Vous n’avez aucune habilitation pour convoquer qui que ce soit (…) que fait le Procureur de la République au milieu de cette pitrerie? », a-t-elle écrit.

L’élue est allée plus loin en évoquant une « violation manifeste de l’article 11 » du Code pénal, lié au secret de l’enquête et de l’instruction. Au cœur de la critique se trouve donc une question simple : sur quel fondement un préfet peut-il convoquer des parents de mineurs soupçonnés de violences, et rendre publique cette démarche alors que des procédures pourraient être en cours ?

  • Ugo Bernalicis, député LFI du Nord : il estime que le préfet « dépasse les bornes » et s’interroge sur la base juridique de la convocation
  • Mathilde Panot, présidente de LFI à l’Assemblée nationale : elle conteste toute habilitation du préfet à convoquer et évoque l’article 11 sur le secret de l’enquête et de l’instruction
  • Seydi Ba, avocat : il interroge le préfet sur l’accès aux dossiers pénaux et sur la présomption d’innocence
  • Aly Diouara et Benjamin Lucas : ils dénoncent la photo publiée par le préfet
  • Collectif des parents et enseignants de Nanterre : il réclame la fin de pratiques jugées « répressives »
Personnalité Fonction Critique formulée
Ugo Bernalicis Député LFI du Nord Absence de base juridique, confusion entre préfecture et tribunal
Mathilde Panot Présidente de LFI à l’Assemblée nationale Aucune habilitation à convoquer, atteinte au secret de l’enquête
Seydi Ba Avocat Accès aux dossiers pénaux, présomption d’innocence
Aly Diouara Maire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) Photo jugée comme une mise en scène répugnante
Benjamin Lucas Député écologiste Photo jugée comme une mise en scène répugnante

Un avocat invoque la présomption d’innocence

Les interrogations des élus ont été reprises par des personnalités juridiques. Sur X, l’avocat Seydi Ba a adressé une série de questions au préfet. « Comment savez-vous que ces mineurs sont ‘impliqués’? Avez-vous eu accès aux dossiers pénaux? Sur quel fondement? Sont-ils condamnés? À défaut, ne bénéficient-ils plus de la présomption d’innocence? », a-t-il questionné.

Ses questions rejoignent les critiques politiques sur un point central : les trois lycéens sont présentés comme soupçonnés, et non comme condamnés. Le principe de la présomption d’innocence et le secret de l’enquête sont ainsi au centre des reproches adressés à la préfecture.

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La photo du préfet au cœur de l’indignation

Au-delà du fond, la forme a aussi choqué. La photo utilisée par le préfet pour illustrer sa publication n’a pas manqué de susciter une vague d’indignation. Le maire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), Aly Diouara, et le député écologiste Benjamin Lucas dénoncent unanimement « une mise en scène répugnante ».

La critique ne vise donc pas seulement la légalité de la convocation, mais aussi le choix de la rendre publique et de l’illustrer par une image sur un réseau social. Pour ces élus, la communication de la préfecture pose en elle-même problème, s’agissant de familles de mineurs soupçonnés mais non jugés.

Les parents et enseignants de Nanterre montent au créneau

De son côté, le préfet avait affirmé ce lundi que d’autres convocations seraient organisées dans la semaine. Une annonce qui a fait réagir le collectif des parents et enseignants de Nanterre. Celui-ci reproche au préfet de ne s’intéresser qu’aux violences imputées aux lycéens, sans évoquer les jeunes blessés.

Le collectif somme le préfet de faire cesser des pratiques qu’il qualifie de « répressives ». Il met en avant le droit de manifester de leurs enfants.

« Les jeunes blessés? Pas une ligne pour eux », a répondu le collectif des parents et enseignants de Nanterre.

Ce qu’il faut retenir de cette polémique

La publication du préfet des Hauts-de-Seine a fédéré contre elle des critiques venues de plusieurs horizons : députés de LFI, député écologiste, maire de La Courneuve, avocat et collectif de parents et d’enseignants. Tous pointent, à des degrés divers, un cadre légal flou et une mise en scène jugée inappropriée.

Les reproches portent sur trois points principaux : l’absence de fondement juridique clair à la convocation, le respect du secret de l’enquête et de la présomption d’innocence, et le choix d’une communication publique illustrée par une photo. L’annonce de nouvelles convocations dans la semaine laisse penser que le débat n’est pas clos.

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Questions fréquentes

Que s’est-il passé le lundi 6 octobre ?

La préfecture des Hauts-de-Seine a publié sur X un message dans lequel le préfet Alexandre Brugère rapporte, image à l’appui, avoir échangé avec les parents de trois lycéens soupçonnés d’avoir participé aux violences lors des blocus.

Que reproche Ugo Bernalicis au préfet ?

Le député LFI du Nord estime que « là, on dépasse les bornes » et s’interroge sur la base juridique de la convocation, rappelant que « le préfet n’est pas un juge ».

Pourquoi Mathilde Panot évoque-t-elle l’article 11 ?

La présidente de LFI à l’Assemblée nationale évoque une « violation manifeste de l’article 11 », lié au secret de l’enquête et de l’instruction, et conteste toute habilitation du préfet à convoquer.

Quelles questions pose l’avocat Seydi Ba ?

Il demande comment le préfet sait que ces mineurs sont impliqués, s’il a eu accès aux dossiers pénaux, sur quel fondement, et s’ils ne bénéficient plus de la présomption d’innocence.

Pourquoi la photo publiée fait-elle polémique ?

Le maire de La Courneuve, Aly Diouara, et le député écologiste Benjamin Lucas la dénoncent unanimement comme « une mise en scène répugnante ».

D’autres convocations sont-elles prévues ?

Oui, le préfet a affirmé que d’autres convocations seraient organisées dans la semaine. Le collectif des parents et enseignants de Nanterre lui demande de faire cesser ces pratiques qu’il juge « répressives ».

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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