Il garde son réveil à 6 h 30 après le passage à l’heure d’hiver : une semaine plus tard, il s’endort dès 17 heures

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Le radiateur cliquetait dans le salon, et la nuit était déjà tombée derrière la baie vitrée. Il était 17 h 10, un mardi de début novembre. Julien venait de poser sa tasse de thé sur l'accoudoir quand sa tête a glissé contre le coussin. Dans la cuisine, sa fille l'a appelé deux fois. Il n'a rien entendu, endormi en plein après-midi.

Un homme réglé comme une horloge depuis vingt ans

Julien a 47 ans, il est technicien de maintenance dans une imprimerie à la sortie de Tours. Depuis vingt ans, son réveil sonne à 6 h 30, été comme hiver, semaine comme week-end. Il en tire une certaine fierté, presque une identité. Il se lève sans traîner, fait couler le café, écoute la radio en sourdine pendant que la maison dort encore. Sa femme Claire plaisante souvent sur cette régularité de métronome, qu'elle trouve rassurante et un peu agaçante à la fois.

La maison est une longère rénovée, avec une cuisine qui donne à l'est sur un petit jardin. Au printemps, la lumière entre tôt et frappe la table pendant le petit-déjeuner. Julien aime ce moment, même s'il n'y prête jamais vraiment attention. Il part à 7 h 15 dans sa vieille Clio, traverse deux villages, arrive à l'atelier à 7 h 40. Le soir, il rentre vers 17 h 30, dîne à 19 h 30 et se couche à 22 h 30, sans exception notable.

Les changements d'heure, il les a toujours traités avec un certain mépris. Pour lui, ce sont des histoires de citadins fragiles, de gens qui se plaignent de tout. Il change les horloges du four et de la voiture, et puis c'est réglé. Claire, elle, se sent toujours un peu décalée pendant quelques jours, et il la taquine gentiment à chaque fois. Cette année, le passage à l'heure d'hiver tombait dans la nuit du samedi 25 octobre au dimanche 26. Il n'y voyait rien de particulier.

La décision de ne rien changer, pour de bonnes raisons

Le dimanche matin, Claire lui a fait remarquer qu'il pouvait profiter de l'heure gagnée pour dormir un peu plus. Julien a haussé les épaules. Son corps, disait-il, savait ce qu'il faisait, et ce n'était pas une décision administrative qui allait le dérégler. Il a gardé son réveil à 6 h 30, à la nouvelle heure. Ce matin-là, il était déjà éveillé à 5 h 40, les yeux grands ouverts dans le noir, et il s'est levé en se félicitant de sa forme.

Son raisonnement tenait debout, du moins en apparence. En gardant les mêmes horaires, il pensait éviter justement les flottements dont souffrait sa femme. Pas de grasse matinée, pas de coucher tardif, pas de rythme bousculé. Il voyait la régularité comme un rempart contre la fatigue. Soyons honnêtes, beaucoup d'entre nous raisonnent exactement ainsi, persuadés que la discipline suffit à tout. Il a même expliqué sa méthode à un collègue à la pause café, avec l'assurance de quelqu'un qui a trouvé la solution.

Le premier lundi s'est bien passé. Il est arrivé à l'heure, a réparé une plieuse capricieuse, a déjeuné à midi comme toujours. En rentrant, il a remarqué qu'il faisait déjà presque nuit sur la route, à peine passé 17 heures. Les phares des voitures l'éblouissaient un peu plus que d'habitude. Il a mis ça sur le compte de la saison. À la maison, il s'est senti lourd après le dîner, mais rien d'inquiétant. Il s'est couché à 22 h 30, comme d'habitude, en dormant mal.

« Je ne comprends pas, je fais tout pareil que d'habitude, et pourtant rien ne va depuis une semaine. »

Un petit détail que personne ne remarque vraiment

Le mercredi, à la pause de 16 heures, Julien a bâillé trois fois d'affilée devant la machine à café. Son collègue Karim l'a regardé avec un sourire en coin. Julien a répondu qu'il avait mal dormi, qu'un chat avait miaulé dans le jardin. C'était vrai, d'ailleurs. Mais il se réveillait aussi chaque nuit vers 4 h 45, sans raison, et restait allongé à fixer le plafond jusqu'à la sonnerie. Il n'en a parlé à personne, pas même à Claire.

Le soir, dans la voiture, il a baissé la vitre pour se tenir éveillé. La route était noire, les villages déjà allumés. Il avait l'impression qu'il était bien plus tard que l'horloge du tableau de bord ne l'indiquait. Arrivé chez lui, il a dit à sa fille Inès, quatorze ans, qu'il allait juste se poser cinq minutes. Il a dormi quarante minutes, tout habillé, les chaussures encore aux pieds. Elle l'a réveillé pour mettre la table.

Ce soir-là, impossible de trouver le sommeil à 22 h 30. Julien s'est tourné et retourné jusqu'à minuit passé, l'esprit étrangement vif. Le lendemain, réveil à 4 h 50 encore, avant même que l'alarme ne sonne. Il a accusé le café, qu'il a supprimé l'après-midi. Il a accusé le matelas, qu'il a retourné le samedi. Il a accusé le travail, plus chargé en fin d'année. Chaque explication semblait raisonnable, et aucune ne changeait quoi que ce soit.

Une semaine plus tard, il s'endort devant le journal

Le samedi suivant, une semaine tout juste après le changement d'heure, la scène du salon s'est produite. Julien s'est endormi à 17 h 10, sa tasse de thé à la main, pendant qu'Inès parlait de son contrôle de maths. Claire l'a regardé longuement. Elle a fini par lui dire qu'il ressemblait à son grand-père, et que ça commençait à l'inquiéter. Lui a protesté, a dit que tout allait bien, puis il a reconnu qu'il n'en pouvait plus.

Il a tenté plusieurs choses, dans le désordre. Une sieste le dimanche après-midi, qui l'a laissé groggy jusqu'au soir. Une tisane de camomille avant le coucher, sans effet visible. Une soirée devant une série pour repousser le sommeil, qui s'est terminée sur le canapé à 20 h 30. Il a même pensé aux vitamines, en a acheté une boîte à la pharmacie du bourg, sans trop savoir pourquoi. Rien ne semblait remettre la machine en ordre.

Claire a fini par lui suggérer d'appeler le médecin. Julien a d'abord refusé, puis il a cédé et pris rendez-vous pour le jeudi suivant. En attendant, il a fouillé sur internet, tard le soir, ce qui n'a rien arrangé. Il y lisait tout et son contraire, des carences, des dépressions saisonnières, des troubles de la thyroïde. Il en est sorti plus inquiet qu'avant. Sa phrase du dimanche soir résume bien son état : je ne comprends pas, je fais tout pareil, et rien ne va.

« Je me moquais de Claire à chaque changement d'heure, et c'est moi qui dormais sur le canapé à cinq heures. »

Ce que le médecin a montré sur un simple calendrier

Le docteur Morel, généraliste du village, l'a écouté sans l'interrompre. Puis elle a pris une feuille et dessiné deux lignes, une pour l'heure de la montre, une pour l'heure de son corps. Elle lui a expliqué, à sa manière, que l'organisme a sa propre horloge, et que cette horloge se règle surtout sur la lumière du matin. Le soleil qui arrive dans les yeux au réveil, c'est le signal qui dit au corps que la journée commence.

En gardant son réveil à 6 h 30 à la nouvelle heure, Julien se levait en réalité à 5 h 30 de l'ancienne. Son corps, lui, n'avait pas changé d'heure. Il se réveillait donc dans le noir complet, sans aucun signal de lumière, et partait au travail avant l'aube. Le soir, la nuit tombait une heure plus tôt, vers 17 heures. Son horloge interne recevait l'information qu'il était tard, très tard, alors qu'il venait à peine de rentrer.

Julien a écouté, un peu vexé. Il a demandé si c'était donc simplement le changement d'heure, cette histoire de citadins fragiles dont il se moquait. Le médecin a souri. Dans son cas, a-t-elle dit, la régularité qu'il croyait protectrice l'avait coupé de la lumière, au mauvais moment de la journée. Ce n'était ni une maladie, ni un manque de vitamines, ni l'âge. C'était un décalage, tout simplement, qui pouvait se corriger en quelques jours avec un peu de méthode.

Ouvrir les volets, et retrouver ses soirées en quelques jours

La méthode proposée était presque vexante de simplicité. Dès le lever, s'exposer à la lumière : ouvrir les volets, prendre le café près de la fenêtre côté est, sortir quelques minutes dans le jardin dès qu'il fait jour. Le soir, ne pas céder à la somnolence de 17 heures, et décaler son coucher d'un quart d'heure environ chaque soir. Julien a aussi accepté de repousser son réveil de trente minutes, en accord avec son chef d'atelier, pendant une semaine.

Les premiers jours, rien d'éclatant. Puis, le quatrième matin, il s'est réveillé à 6 h 20, juste avant l'alarme, sans cette sensation de plomb dans les jambes. Il a bu son café dehors, sous un ciel gris pâle, en grelottant un peu. Le soir, il a tenu jusqu'au dîner sans fermer l'œil, et il a aidé Inès pour ses exercices. Claire a noté, mi-moqueuse, mi-soulagée, qu'il redevenait l'homme le plus pénible et le plus ponctuel de la maison.

Au fond, l'histoire de Julien n'a rien d'exceptionnel. On connaît tous ces semaines de flottement après le changement d'heure, qu'on met sur le compte de la fatigue ou du temps. Ce qu'il retient, lui, c'est que la discipline ne suffit pas quand on oublie la lumière. Il le dit à sa manière, désormais, à la pause café. Il a ressorti la boîte de vitamines, jamais ouverte, et l'a rangée tout en haut du placard. Elle y est encore aujourd'hui.

« Le médecin m'a dessiné deux lignes sur une feuille, et d'un coup tout est devenu clair. »

  • Ouvrir les volets dès le lever et rester quelques minutes près d'une fenêtre ou dehors.
  • Prendre le petit-déjeuner du côté le plus lumineux de la maison.
  • Résister à la sieste de fin d'après-midi, qui retarde l'endormissement du soir.
  • Décaler son coucher d'environ un quart d'heure par soir jusqu'au nouveau rythme.
  • Si possible, ajuster son réveil progressivement plutôt que d'un coup.
  • Consulter un médecin si la fatigue persiste au-delà de quelques semaines.

Suivi de l'histoire

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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