Il installe un poêle à bois d’occasion dans son salon près de Limoges : à la première fumée, l’assureur réclame deux certificats de ramonage

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Le bois craquait doucement derrière la vitre, et Thierry tenait encore le tisonnier quand l'odeur l'a saisi. Il était un peu plus de vingt et une heures, ce dimanche de novembre, dans sa longère de Couzeix, au nord de Limoges. Une fumée grise glissait sous le plafond du salon, lente, épaisse, et le détecteur du couloir s'est mis à hurler.

Une longère, un vieux conduit et l'envie de se chauffer autrement

Thierry a cinquante-huit ans et il travaille comme technicien de maintenance dans une usine de porcelaine de la zone nord. Avec Martine, sa compagne, il habite depuis douze ans une longère en granit achetée à un couple de retraités partis vers la côte. La maison est belle, mais elle coûte cher à chauffer, surtout quand le vent tourne au nord et s'engouffre sous les portes. Chaque hiver, la facture d'électricité des convecteurs leur pesait un peu plus, et Martine finissait ses soirées sous un plaid.

Dans le salon, il y avait une vieille cheminée ouverte que personne n'utilisait plus vraiment. Les anciens propriétaires y faisaient du feu à Noël, paraît-il, et le conduit montait droit dans le pignon. Thierry l'avait toujours regardé comme une promesse, un endroit où un jour il installerait quelque chose de plus sérieux. Il est bricoleur, il a refait la salle de bains seul, posé le parquet de l'étage et changé toutes les prises. Pour lui, un poêle relevait de la même logique : du bon sens, des outils et un week-end.

Le bois ne posait aucun problème, puisque son beau-frère exploite quelques parcelles de châtaigniers du côté d'Ambazac. Chaque automne, une remorque de bûches sèches arrivait dans la cour contre un repas et un coup de main. Martine voyait déjà les soirées autour d'une vraie flamme, la bouilloire posée sur le dessus en fonte. Ils avaient fait leurs calculs sur un coin de nappe, un soir de septembre, et l'économie semblait évidente. On connaît tous ça, ces projets qui paraissent si simples qu'on se demande pourquoi on ne les a pas faits plus tôt.

Le poêle de la petite annonce semblait une affaire en or

L'annonce est apparue un mardi soir sur un site de vente entre particuliers, avec trois photos prises dans un garage. Un poêle en fonte de marque connue, sept kilowatts, vendu quatre cents euros parce que son propriétaire déménageait en appartement. Neuf, le même modèle dépassait largement les mille cinq cents euros, sans compter la pose par un professionnel. Thierry a appelé le soir même et il est allé le chercher le samedi suivant, à Saint-Junien, avec la camionnette d'un collègue.

Le vendeur, un homme aimable d'une quarantaine d'années, lui a assuré que l'appareil n'avait jamais posé de souci. Il a même offert un bout de tuyau émaillé et un sac de joints qu'il n'avait jamais utilisés. Thierry a vérifié la vitre, les briques réfractaires et la porte, qui fermait bien. Il n'a pas demandé de facture d'origine ni de notice, et l'idée ne l'a même pas effleuré sur le moment. Après tout, une fonte pareille, ça ne s'use pas, se disait-il en sanglant le poêle dans la camionnette.

Le raccordement lui a pris deux jours de son week-end suivant, entre la plaque de propreté et les colliers. Il a glissé le tuyau dans l'ancien conduit de la cheminée, en se disant qu'il avait servi pendant des décennies. Martine se souvient l'avoir entendu siffler dans le salon, couvert de suie jusqu'aux coudes, fier de lui. Personne n'a examiné le conduit avant la pose, et personne ne l'avait ramoné depuis leur arrivée. Je me suis dit qu'un conduit qui tient depuis cent ans tiendra bien encore un hiver, raconte-t-il aujourd'hui en haussant les épaules.

« Je me suis dit qu'un conduit qui tient depuis cent ans, il tiendra bien encore un hiver, voilà. »

Une odeur âcre que Martine mettait sur le compte du neuf

Les premiers feux, fin octobre, ont été une réussite, et la chaleur montait jusqu'à la chambre de l'étage. Martine a pourtant remarqué, dès la deuxième semaine, une odeur un peu âcre quand le vent soufflait de l'ouest. Thierry lui a expliqué que la peinture et les joints devaient finir de chauffer, comme sur tout appareil récemment remis en route. L'explication tenait debout, alors elle a ouvert un peu la fenêtre et n'y a plus pensé pendant quelques jours.

Il y avait aussi ce bruit, parfois, un petit crépitement sec qui venait du haut du conduit et non du foyer. Thierry croyait à des pommes de pin tombées dans la cheminée ou à un oiseau sur le toit. Un matin, il a trouvé sur la plaque de propreté quelques paillettes noires et brillantes, comme du goudron séché. Il les a balayées sans y réfléchir, entre le café et le départ pour l'usine, avec cette habitude des gens pressés. Soyons honnêtes, personne n'inspecte la suie de son salon un lundi à sept heures du matin.

Leur voisine, Odile, ancienne institutrice qui se chauffe au bois depuis toujours, a pourtant posé une question lors d'un apéritif. Elle voulait savoir s'il avait fait passer le ramoneur avant d'allumer, parce que le sien passait deux fois par an. Thierry a ri en disant que le conduit était propre et qu'il comptait le faire au printemps, après la saison. Odile n'a pas insisté, mais Martine a remarqué son petit froncement de sourcils. Elle en a reparlé le soir même, et Thierry a promis d'appeler quelqu'un un de ces jours.

Ce dimanche soir où la fumée a refusé de monter

Le dimanche de novembre, il faisait froid et humide, et Thierry avait chargé le poêle plus que d'habitude. Vers vingt et une heures, la fumée a commencé à refluer par la porte du foyer, puis par les jointures du tuyau. Le détecteur du couloir a sonné, Martine a ouvert toutes les fenêtres et Thierry a fermé l'arrivée d'air. En quelques minutes, le salon était voilé de gris, les rideaux imprégnés, et une tache sombre apparaissait déjà au plafond.

Dehors, dans la cour, ils ont vu des étincelles sortir du haut de la cheminée, avec un grondement sourd. Martine a appelé les pompiers, qui sont arrivés de Limoges en un peu moins de vingt minutes. Les sapeurs ont parlé d'un début de feu de conduit et ont maîtrisé la situation sans trop de dégâts dans la maison. L'un d'eux a regardé l'intérieur du tuyau avec sa lampe et a simplement soufflé. Vous avez ramoné quand, la dernière fois, a-t-il demandé, et Thierry n'a pas su répondre.

Le lendemain, il a déclaré le sinistre à son assureur, persuadé que ce serait une formalité. Le plafond était à repeindre, les rideaux et le canapé sentaient le feu, et un pan de lambris avait noirci. Il y en avait pour plusieurs milliers d'euros, avec le nettoyage. Au téléphone, la conseillère a pris note, puis elle a posé une question qu'il n'attendait pas. Elle voulait les certificats de ramonage de l'année écoulée, et elle a précisé qu'un expert passerait regarder l'installation.

« Ces paillettes noires sur la plaque, je les ai balayées avec mon café à la main, sans même me poser la question. »

Ce que l'expert a vraiment trouvé dans le vieux conduit

L'expert est venu un jeudi matin, un homme calme avec une tablette et une caméra d'inspection au bout d'une perche. Il a sondé le conduit pendant une bonne heure, photographié le raccordement et demandé la notice du poêle. Le problème, a-t-il expliqué, n'était ni le poêle d'occasion ni le bois de châtaignier du beau-frère. C'était une épaisse couche de bistre, ce goudron brillant que Thierry avait balayé sans le reconnaître, accumulée sur des années.

Ce bistre, nourri par des décennies de feux de cheminée et jamais retiré, s'était enflammé sous la chaleur d'un poêle bien plus puissant. L'expert a aussi relevé que le diamètre du vieux conduit ne convenait pas vraiment à l'appareil. Puis il a parlé du règlement sanitaire départemental, que Thierry n'avait jamais lu de sa vie. Dans beaucoup de départements, dont le sien, il prévoit deux ramonages par an pour un chauffage au bois, dont un pendant la période de chauffe.

Le certificat remis par le ramoneur sert justement de preuve que l'entretien a été fait. Sans lui, a résumé l'expert, l'assureur peut réduire l'indemnité s'il estime que le défaut d'entretien a joué dans le sinistre. Il ne s'agit pas forcément d'un refus total, mais d'une part qui peut rester à la charge de l'assuré. Thierry a relu son contrat le soir même et a trouvé la clause, noir sur blanc, dans les obligations de l'assuré. Je l'avais signé sans le lire, comme tout le monde, dit-il.

Un hiver plus froid et une nouvelle habitude dans l'agenda

Quelques semaines plus tard, le courrier de l'assureur est arrivé avec une indemnité nettement amputée. Le défaut d'entretien avait pesé dans le dossier, et le couple a payé de sa poche une bonne partie du plafond et du canapé. Thierry estime que ses quatre cents euros d'économie lui ont coûté plus de deux mille euros. Le poêle, lui, est resté froid une partie de l'hiver, et les convecteurs ont repris du service dans la longère.

Au printemps, un ramoneur professionnel est passé, puis un poseur a installé un tubage adapté dans l'ancien conduit. Thierry a gardé le certificat dans une pochette plastique, rangée avec les papiers de la maison et le contrat d'assurance. Il a noté dans son téléphone deux rendez-vous par an, l'un en début de saison, l'autre au cœur de l'hiver. Odile, la voisine, lui a juste souri par-dessus la haie quand elle a vu la camionnette du ramoneur. Martine, elle, dit qu'elle n'a jamais autant aimé l'odeur du feu propre.

Avant d'allumer le moindre feu chez soi, quelques vérifications simples évitent ce genre de mauvaise surprise. Elles ne remplacent pas l'avis d'un professionnel, mais elles posent les bonnes questions au bon moment. Le règlement de chaque département peut varier, et la mairie ou la préfecture indique les règles applicables localement. Le contrat d'assurance, lui, précise noir sur blanc ce qu'on attend de l'assuré en matière d'entretien. Thierry conseille désormais à ses collègues de l'usine de commencer par là, avant même d'acheter un poêle, neuf ou d'occasion.

« Quatre cents euros d'économie sur le poêle, et au bout du compte plus de deux mille de ma poche. »

  • Consulter le règlement sanitaire de son département : il impose souvent deux ramonages par an, dont un en période de chauffe.
  • Exiger et conserver chaque certificat de ramonage remis par un professionnel.
  • Faire inspecter un ancien conduit avant d'y raccorder un poêle, neuf ou d'occasion.
  • Vérifier que le diamètre et le tubage du conduit conviennent à la puissance de l'appareil.
  • Relire la clause d'entretien de son contrat d'assurance habitation.
  • Prendre au sérieux une odeur âcre, un crépitement dans le conduit ou des dépôts noirs brillants.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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