Il monte des pneus M+S achetés en promotion avant les Vosges : au col, les gendarmes lui expliquent qu’ils ne comptent plus depuis 2024

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Il était sept heures vingt, un samedi de janvier, et le chauffage de la Clio soufflait encore de l'air tiède. Sur la route qui grimpe vers le col, les sapins portaient une fine couche de givre. Julien tapotait le volant au rythme de la radio quand il a vu, dans le virage, deux gilets jaunes et un bâton lumineux levé vers lui.

Un week-end aux Vosges préparé depuis des semaines par Julien et Sarah

Julien a trente-quatre ans, il est technicien de maintenance dans une usine près de Nancy. Avec Sarah, sa compagne, ils avaient réservé depuis l'automne un petit chalet du côté de Gérardmer. Deux nuits, une raclette, une balade en raquettes, rien d'extravagant, juste de quoi couper avec le bruit de la semaine. Leur fille Inès, six ans, avait déjà préparé son bonnet rose et sa luge en plastique. Le coffre de la Clio débordait de sacs, de bottes et d'une glacière remplie de fromage acheté au marché.

Julien conduit depuis l'âge de dix-huit ans et il se considère comme un conducteur prudent, plutôt du genre à anticiper. Il fait ses vidanges à l'heure, il vérifie la pression avant chaque long trajet, il garde un grattoir dans la portière. Les Vosges, il connaît, il y montait déjà avec ses parents quand il était gamin. Pour lui, la montagne en hiver, c'est une affaire de bon sens. On roule doucement, on garde ses distances, on évite de freiner brusquement dans les virages enneigés.

Sarah, elle, se fie à lui sur ces questions-là, comme beaucoup de couples se répartissent les sujets sans le dire. Elle s'occupe des réservations, des repas, du sac de médicaments pour la petite. Lui gère la voiture, l'itinéraire, la météo des routes. Ce samedi-là, le ciel était clair, les prévisions annonçaient quelques flocons dans l'après-midi seulement. Tout semblait réglé comme une horloge, et Julien avait même pris la peine, deux semaines plus tôt, de changer ses pneus pour l'occasion.

Une promotion sur des pneus marqués M+S qui semblait parfaite

L'idée lui était venue un soir, en regardant ses pneus d'été un peu fatigués sur le parking de l'immeuble. Il s'était dit qu'il valait mieux monter quelque chose d'adapté avant la montagne, plutôt que de compter sur la chance. Sur un site de vente en ligne, il avait trouvé un lot de quatre pneus à prix cassé, présentés comme pneus toutes saisons. Sur la photo, on voyait clairement les lettres M+S moulées sur le flanc, ce qui l'avait rassuré tout de suite.

Pour Julien, M+S voulait dire boue et neige, et donc pneu hiver, point final. Son père roulait déjà avec ce marquage dans les années quatre-vingt-dix, et personne ne lui avait jamais rien reproché. Le garagiste du quartier les avait montés un mercredi soir, en vingt minutes, pour une somme raisonnable. Julien se souvient avoir demandé si c'était bon pour la montagne. Le jeune mécanicien, pressé, avait répondu que ça accrochait bien, sans entrer dans les détails.

Au total, l'opération lui avait coûté un peu plus de trois cents euros, montage compris, soit bien moins que les modèles hiver affichés en magasin. Il en avait parlé avec une certaine fierté à Sarah, comme d'une bonne affaire. On a fait des économies et on est en règle, avait-il résumé en rangeant le ticket dans la boîte à gants. Les chaînes, il les avait laissées à la cave, persuadé qu'elles ne serviraient plus à rien avec des pneus pareils.

« On a fait des économies et on est en règle, c'est ce que je me disais en rangeant le ticket. »

Dans le virage, un bâton lumineux et une question inattendue

La gendarme s'est penchée vers la vitre baissée, le souffle visible dans l'air glacé. Elle a demandé les papiers, puis, presque aussitôt, si le véhicule était équipé pour la période hivernale. Julien a souri, sûr de lui, et a répondu que oui, pneus neufs, montés il y a quinze jours. À l'arrière, Inès demandait pourquoi la dame avait une lampe. Sarah lui a fait signe de se taire, en essayant de garder un ton détendu.

Le collègue de la gendarme a fait le tour de la voiture avec une lampe torche, alors que le jour se levait à peine. Il s'est accroupi près de la roue avant droite et a passé le doigt sur le flanc du pneu, lentement. Julien l'observait dans le rétroviseur, un peu agacé par ce qu'il prenait pour du zèle. Il se disait que le contrôle durerait deux minutes, le temps de vérifier l'assurance, et qu'ils repartiraient aussitôt.

Mais le gendarme est revenu vers la portière avec une expression qui n'avait rien d'expéditif. Vous avez des chaînes ou des chaussettes dans le coffre, monsieur, a-t-il demandé calmement. Julien a répondu que non, puisqu'il avait des pneus hiver. Le gendarme a hoché la tête, puis lui a demandé de descendre pour regarder avec lui. Sur le bas-côté, le froid mordait les doigts, et des voitures ralentissaient en passant, leurs passagers curieux de voir qui s'était fait arrêter.

Des explications, un coup de fil au garage, et rien ne colle

Accroupi à côté du gendarme, Julien a pointé les lettres M+S du doigt, comme on montre une preuve évidente. Le gendarme a répondu que ce marquage, à lui seul, ne suffisait plus. Il cherchait autre chose sur le flanc, un petit pictogramme précis, et il ne le trouvait pas. Julien a insisté, expliqué que le vendeur parlait de pneus toutes saisons, que le garagiste avait validé. Il sentait monter une chaleur désagréable dans la nuque, malgré le froid.

Il a sorti son téléphone et appelé le garage, qui ouvrait à huit heures le samedi. Le mécanicien a mis du temps à comprendre de quelle voiture il s'agissait, puis il a fini par dire que les pneus étaient de bonne qualité. Il ne savait pas, a-t-il reconnu après un silence, que les règles avaient changé. Julien a raccroché, partagé entre la colère et un vague sentiment de ridicule devant sa fille qui le regardait par la vitre.

Sarah est sortie à son tour, emmitouflée dans sa doudoune, pour essayer de comprendre ce qui se passait. Elle a demandé s'ils pouvaient au moins continuer jusqu'au chalet, à quelques kilomètres seulement. On a la petite, on a payé la location, on fait comment maintenant, a-t-elle lâché, la voix plus tendue qu'elle ne l'aurait voulu. La gendarme a répondu avec douceur, mais sans céder, qu'il leur faudrait s'équiper avant d'aller plus loin dans cette zone.

« Je les ai payés il y a quinze jours, et ici ils ne valent rien, c'est ça que je n'arrivais pas à avaler. »

Ce n'était pas l'usure ni la qualité, mais un symbole absent

Le gendarme a fini par leur montrer, sur la voiture garée derrière eux, ce qu'il cherchait depuis le début. Sur le flanc d'un pneu, à côté des lettres M+S, on distinguait un petit dessin de montagne à trois sommets, avec un flocon au milieu. C'est le marquage 3PMSF, a-t-il expliqué, et c'est lui qui compte désormais. Les pneus de Julien n'étaient ni usés, ni mal gonflés, ni de mauvaise qualité. Ils ne portaient simplement pas ce symbole-là.

La règle, leur a-t-il résumé, découle de la loi Montagne et s'applique pleinement depuis novembre 2024. Du premier novembre au trente et un mars, dans les communes de montagne désignées par les préfectures, les automobilistes doivent avoir des pneus marqués 3PMSF. À défaut, ils doivent transporter dans le coffre des chaînes ou des chaussettes à neige. Pendant la période de transition, le seul marquage M+S était toléré. Cette tolérance a pris fin, et beaucoup d'automobilistes ne s'en sont pas aperçus.

Julien est resté un moment silencieux, les mains dans les poches, à regarder ses pneus tout neufs. Je les ai payés il y a quinze jours, et ils ne valent rien ici, a-t-il fini par dire, plus pour lui-même que pour les gendarmes. Ce n'était pas tout à fait vrai, bien sûr, les pneus restaient utilisables ailleurs. Mais sur cette route, ce matin-là, ils ne lui donnaient pas le droit de passer. Le symbole manquant pesait plus lourd que tout le reste.

Des chaussettes achetées en urgence et une leçon pour la suite

Ils ont fait demi-tour jusqu'à une station-service en contrebas, où un présentoir proposait justement des chaussettes à neige. Julien a payé un peu moins de quatre-vingts euros pour une paire à la bonne taille, en vérifiant trois fois les dimensions. Le vendeur, habitué, leur a confié qu'ils étaient le troisième couple de la matinée dans le même cas. Le chalet, ils l'ont rejoint avec deux heures de retard, la raclette un peu plus tard que prévu, mais Inès a eu sa luge.

De retour à Nancy, Julien a fait ses comptes, et soyons honnêtes, la bonne affaire avait perdu de son éclat. Trois cents euros de pneus, quatre-vingts euros de chaussettes, et la perspective de racheter un jour des pneus marqués 3PMSF. Il en veut un peu au site de vente, un peu au garage, et beaucoup à lui-même. J'étais tellement sûr de moi que je n'ai même pas regardé, répète-t-il à ses collègues, qui vont tous vérifier leurs flancs le lundi suivant.

Depuis, il garde les chaussettes dans le coffre de novembre à mars, même pour aller travailler, et il a ressorti les chaînes de la cave. Sarah a pris l'habitude de consulter la liste des communes concernées avant chaque départ, sur le site de la préfecture. Le prochain week-end, ils ont prévu le Jura, et cette fois tout est vérifié la veille, roue par roue. Voici ce que Julien conseille désormais de regarder avant de partir vers les reliefs en hiver.

« Le vendeur nous a dit qu'on était le troisième couple de la matinée, ça m'a presque consolé. »

  • Cherchez sur le flanc de vos pneus le symbole 3PMSF : une montagne à trois sommets avec un flocon.
  • Le marquage M+S seul ne suffit plus dans les zones concernées depuis novembre 2024.
  • L'obligation court du 1er novembre au 31 mars dans les communes désignées par arrêté préfectoral.
  • Sans pneus 3PMSF, gardez des chaînes ou des chaussettes à neige adaptées à vos roues dans le coffre.
  • Vérifiez la liste des communes concernées sur le site de la préfecture avant de partir.
  • Avant un achat en promotion, demandez explicitement au vendeur si le pneu porte le symbole 3PMSF.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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