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Un bébé qui dort peu, enchaîne les coliques et fixe longuement le regard intrigue souvent ses parents. Le psychologue espagnol Alberto Soler y voit parfois des indices très précoces de hautes capacités intellectuelles.
L’essentiel en 3 points
- Entre 0 et 2 ans, coliques, sommeil très fragmenté, attention soutenue et développement moteur rapide peuvent constituer des indices faibles de haut potentiel.
- De 2 à 9 ans, vocabulaire précoce, curiosité insatiable, questions existentielles et ennui scolaire dessinent un profil possible.
- La disynchronie affectivo-intellectuelle peut faire souffrir l'enfant : en cas de doute, la consultation d'un pédiatre ou d'un psychologue reste la bonne porte d'entrée.
Ce que le psychologue Alberto Soler entend par hautes capacités intellectuelles
Les hautes capacités intellectuelles désignent, rappelle Alberto Soler, des capacités cognitives supérieures à la moyenne. Elles peuvent être globales ou concerner un seul domaine, comme les mathématiques, l'art ou la musique.
Le psychologue s'est intéressé aux tout-petits décrits comme hyper éveillés. Selon lui, un enfant qui cumule très tôt coliques, mauvais sommeil et attention très développée présente des indices possibles d'un futur haut potentiel intellectuel.
Il explique à elEconomista.es que beaucoup de familles racontent la même chose. Les particularités de leur enfant étaient là bien avant le diagnostic, parfois presque depuis la naissance.
Le problème, c'est que ces signaux précoces ressemblent à des soucis très banals. Des coliques ou des nuits difficiles concernent une immense majorité de nourrissons, sans lien avec le développement intellectuel.
Ces particularités étaient là bien avant le diagnostic, parfois presque depuis la naissance, rapportent de nombreuses familles au psychologue.
Entre 0 et 2 ans : coliques, nuits fragmentées et éveil moteur en avance
Pour cette tranche d'âge, Alberto Soler s'appuie sur le Manual Internacional de Superdotados. Il y décrit des bébés qui présentent souvent des douleurs spécifiques, notamment des coliques du nourrisson, et qui dorment assez mal.
Leur attention paraît inhabituelle. Ils soutiennent longtemps le regard, suivent les mouvements avec une concentration étonnante et semblent déjà présents, quand beaucoup de nourrissons restent dans un flou sensoriel.
Le développement moteur peut lui aussi aller vite. La marche avant 12 mois est l'exemple typique cité par le psychologue.
- Coliques du nourrisson répétées et douleurs spécifiques entre 0 et 2 ans.
- Nuits très fragmentées, avec un sommeil décrit comme assez mauvais.
- Regard soutenu longtemps et suivi des mouvements avec une concentration étonnante.
- Développement moteur rapide, comme une marche acquise avant 12 mois.
- Vocabulaire très large dès 2 ou 3 ans, parfois lecture ou écriture apprises seul.
- Questions sur le temps, le sens de la vie ou la mort vers 4 et 5 ans.
| Âge | Signes décrits par Alberto Soler | Réflexe conseillé |
|---|---|---|
| 0-2 ans | Coliques, sommeil très fragmenté, attention inhabituelle, marche avant 12 mois | Vérifier d'abord avec le pédiatre l'absence de cause médicale |
| 2-3 ans | Vocabulaire très large, lecture ou écriture apprises seul, phases de mutisme | Observer sans étiqueter l'enfant |
| 3-4 ans | Imagination exubérante, créativité, curiosité insatiable, amis imaginaires | Répondre aux questions, noter la répétition des signes |
| 4-5 ans | Questions sur le temps, le sens de la vie, la mort, grande capacité d'apprentissage | Échanger avec un psychologue de l'enfance si l'enfant souffre |
| 6-9 ans | Questions détaillées, perfectionnisme, forte sensibilité, ennui ou rejet de l'école | Consulter pour une évaluation plus poussée si besoin |
Pourquoi un seul signe ne veut rien dire
Rien de tout cela ne suffit à parler de bébé surdoué. La plupart des nourrissons sujets aux coliques ou aux troubles du sommeil n'auront jamais de diagnostic de haut potentiel.
Ces signes deviennent intéressants seulement quand ils se cumulent : hypersensibilité corporelle, hyper-vigilance, éveil moteur et attentionnel très en avance.
La priorité reste de soulager le bébé et de vérifier avec le pédiatre qu'aucune cause médicale n'explique les pleurs et les nuits blanches, comme un reflux, une allergie ou une infection.
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De 2 à 9 ans : vocabulaire, imagination et premières questions sur la mort
À partir de 2 ou 3 ans, certains enfants apprennent à lire ou à écrire seuls. Leur vocabulaire est très large pour leur âge, mais ces petits moulins à paroles peuvent aussi traverser des périodes de mutisme.
Entre 3 et 4 ans, Alberto Soler décrit une imagination exubérante, une grande créativité et une curiosité insatiable. Beaucoup inventent des histoires complexes, se créent des amis imaginaires et posent des questions en cascade.
Vers 4 et 5 ans, l'intérêt glisse vers des notions abstraites : le temps qui passe, le sens de la vie, la mort. Ils posent des questions différentes de la majorité des enfants de leur âge, souligne le psychologue, et apprennent très vite.
À l'école, entre perfectionnisme et ennui massif
De 6 à 9 ans, le décor se déplace en classe. Curiosité exceptionnelle, questions très détaillées, tendance à sauter des étapes dans les apprentissages, persévérance et perfectionnisme pour finir une tâche.
Ces enfants préfèrent souvent parler plutôt qu'écrire. Ils montrent une forte imagination et une grande sensibilité.
Si le rythme scolaire ne leur convient pas, l'ennui peut devenir profond, jusqu'au rejet de l'école.
L'intelligence avance à toute vitesse, mais la maturité émotionnelle reste celle de l'âge réel de l'enfant.
Disynchronie affectivo-intellectuelle : quand consulter sans s'alarmer
Toutes ces caractéristiques ont un point commun fréquent, selon Alberto Soler : une disynchronie affectivo-intellectuelle. L'intelligence file très vite, la maturité émotionnelle suit le rythme de l'âge réel.
Un enfant peut comprendre la mort ou l'injustice sociale, puis réagir avec les moyens affectifs d'un petit de 5 ou 6 ans. Résultat : des comportements jugés difficiles, des crises, de l'opposition ou du repli.
Chaque enfant montre un profil différent, insiste le psychologue, d'où l'importance d'une identification correcte pour éviter certains problèmes souvent associés.
Sans repérage ni accompagnement, ces décalages peuvent se transformer en conduites franchement disruptives, notamment à l'adolescence, quand les exigences scolaires et sociales augmentent.
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Questions fréquentes
Les coliques du nourrisson sont-elles un signe de haut potentiel ?
Prises seules, non. Alberto Soler précise que la plupart des bébés sujets aux coliques ou aux troubles du sommeil n'auront jamais de diagnostic de haut potentiel. Ces signes ne deviennent intéressants que s'ils s'additionnent à d'autres.
À partir de quel âge peut-on repérer un haut potentiel intellectuel ?
Le psychologue décrit un premier tableau dès 0 à 2 ans, puis d'autres indices entre 2 et 9 ans. Mais il s'agit d'indices faibles, pas d'un diagnostic, qui relève d'un professionnel.
Mon bébé a marché avant 12 mois, est-ce un indice ?
La marche avant 12 mois est citée comme exemple typique de développement moteur rapide. Elle ne signifie rien à elle seule et doit être replacée dans l'ensemble du développement de l'enfant.
Qu'est-ce que la disynchronie affectivo-intellectuelle ?
C'est un décalage entre une intelligence qui avance très vite et une maturité émotionnelle qui suit l'âge réel. L'enfant peut comprendre la mort ou l'injustice, puis réagir avec les moyens affectifs d'un enfant de 5 ou 6 ans.
Pourquoi un enfant à haut potentiel s'ennuie-t-il à l'école ?
Entre 6 et 9 ans, ces enfants ont tendance à sauter des étapes dans les apprentissages et posent des questions très détaillées. Si le rythme de la classe ne leur convient pas, l'ennui peut devenir profond, jusqu'au rejet de l'école.
Qui consulter en cas de doute sur le développement de son enfant ?
La source recommande de s'adresser à un pédiatre, un médecin généraliste ou un psychologue de l'enfance. Ce dernier peut proposer une évaluation plus poussée et aider la famille à ajuster le quotidien, que l'enfant soit identifié ou non comme à haut potentiel.
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