Ils font poser des fenêtres double vitrage neuves au printemps à Rennes : au premier froid, des taches noires montent dans les angles des chambres

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Un dimanche de novembre, vers huit heures, Hélène ouvre les volets de la chambre de sa fille. Le radiateur cliquette, la vitre neuve est couverte de buée épaisse. En tirant le lit pour ramasser une chaussette, elle aperçoit dans l'angle du mur une ombre grise, comme une poussière collée. Elle passe le doigt dessus. La trace reste noire sur sa peau.

Une maison des années soixante qu'ils aimaient malgré ses courants d'air

Hélène et Yann habitent depuis neuf ans une maison mitoyenne du quartier de Cleunay, à Rennes. Elle est infirmière au CHU, lui est technicien chez un fabricant de chaudières. Leur fille Maëlle a onze ans, leur fils Tanguy en a sept. La maison date de 1964, avec un crépi beige, un petit jardin et un garage où dort une vieille Clio. Ils l'ont achetée pour le quartier calme, l'école à deux rues et le marché du samedi matin.

Pendant des années, ils ont vécu avec ses défauts sans trop y penser. Les fenêtres en bois, d'origine, grinçaient et laissaient siffler le vent les soirs de tempête. L'hiver, on posait des boudins de tissu au pied des portes-fenêtres, et chacun gardait un pull sur le dos dans le salon. Les rideaux bougeaient parfois tout seuls. Yann en riait, il disait que la maison respirait un peu trop fort à son goût.

Le chauffage au gaz tournait beaucoup, et la facture grimpait chaque année. Mais les murs restaient secs, les chambres sentaient le linge propre et personne n'avait jamais vu une trace de moisissure. Soyons honnêtes, ils ne se posaient aucune question sur l'air de la maison. Ils pensaient chaleur, factures et confort, comme la plupart des propriétaires d'une maison ancienne qui vieillit doucement autour d'eux.

Le devis signé au printemps pour en finir avec le froid

En mars, après un hiver particulièrement humide et une note de gaz qui les avait sonnés, ils se décident enfin. Yann compare trois devis, lit des forums le soir, mesure lui-même chaque ouverture avec un mètre ruban. Ils choisissent des fenêtres en PVC blanc, double vitrage, avec des joints épais et une fermeture qui claque net. Le chantier coûte un peu plus de neuf mille euros pour onze ouvertures, avec une aide qui allège la note.

La pose a lieu fin avril, en deux jours. Deux ouvriers démontent les vieux cadres en bois, les empilent dans la cour, et installent les nouveaux sous le regard fasciné de Tanguy. Le soir même, la maison paraît transformée. Plus un bruit de la rue, plus un souffle sous les rideaux. Hélène se souvient d'avoir dit que c'était comme vivre dans une autre maison, plus douce et plus tranquille.

Pendant tout l'été, ils ne pensent plus aux fenêtres. Il fait beau, on vit dehors, les portes restent ouvertes sur le jardin. Ils se félicitent d'avoir sauté le pas avant l'hiver. Yann calcule déjà ce qu'ils vont économiser en gaz. Personne, à ce moment-là, ne remarque que les nouvelles menuiseries n'ont aucune petite grille en haut du cadre, et que la maison n'a pas de ventilation mécanique.

« On a cru qu'on avait acheté une maison malade, et qu'on ne l'avait jamais vu. »

Des vitres qui ruissellent chaque matin au réveil des enfants

Les premiers frimas arrivent mi-octobre. On ferme tout, on remonte le chauffage, et la maison devient enfin ce cocon dont ils rêvaient. Mais un matin, Hélène remarque que la fenêtre de leur chambre est couverte de gouttelettes. De l'eau coule le long du vitrage et forme une petite flaque sur l'appui. Elle l'essuie avec un torchon, sans s'inquiéter davantage. Elle pense au froid dehors, à la différence de température, rien de plus.

Le phénomène revient le lendemain, puis tous les matins. Dans la chambre des enfants, c'est pire : les vitres sont opaques, et Maëlle dessine des cœurs dans la buée avant de partir à l'école. Le linge, qui sèche sur un étendoir dans la salle de bains, met deux jours au lieu d'un. Une odeur légère, un peu de cave, flotte dans le couloir. On connaît tous ça, on se dit que c'est la saison.

Yann accuse l'artisan, sans trop y croire. Il passe le doigt sur les joints, vérifie qu'il n'y a pas d'infiltration au bas des fenêtres. Tout semble parfaitement étanche. Il en conclut que les fenêtres sont simplement plus froides que prévu. Je me suis dit qu'on allait s'habituer, que c'était le prix d'une maison bien fermée, raconte-t-il aujourd'hui en haussant les épaules. Personne ne relie encore cette eau aux murs.

Les taches noires, l'artisan rappelé et les solutions qui échouent

Puis vient ce dimanche de novembre et la trace noire derrière le lit de Maëlle. En inspectant la maison, Hélène en trouve d'autres. Dans l'angle de leur propre chambre, au-dessus de l'armoire, et derrière le rideau du bureau, côté nord. Les points noirs forment de petites constellations sur la peinture blanche. Le papier peint de la chambre de Tanguy commence à gondoler près du plafond. L'inquiétude s'installe, surtout pour les enfants.

Le lundi, Yann appelle l'entreprise de pose. Le technicien passe trois jours plus tard, contrôle les fenêtres et assure qu'elles sont parfaitement installées. Il évoque une fuite possible, un problème de gouttière. Un couvreur monte sur le toit la semaine suivante et ne trouve rien. Yann achète un produit anti-moisissure au magasin de bricolage, frotte les murs un samedi entier. Quinze jours plus tard, les taches sont revenues au même endroit.

Hélène achète ensuite un petit déshumidificateur électrique pour la chambre des enfants. Le bac se remplit d'un litre d'eau par nuit, ce qui la sidère. Elle pense à une remontée d'humidité par le sol, à un vice caché de la maison. On a cru qu'on avait acheté une maison malade, et qu'on ne l'avait jamais vu, dit-elle. Le couple commence à envisager des travaux lourds, sans savoir par où commencer.

« Je me suis dit qu'on allait s'habituer, que c'était le prix d'une maison bien fermée. »

Ce que l'air des vieilles fenêtres faisait sans que personne le sache

C'est un collègue de Yann, chauffagiste, qui pose le diagnostic lors d'un dîner. Il demande simplement s'il y a des entrées d'air sur les nouvelles fenêtres et une ventilation dans la maison. La réponse est non. Il explique alors ce que les anciennes fenêtres faisaient en silence : elles laissaient passer l'air en permanence. Ce courant renouvelait l'atmosphère et emportait dehors l'humidité produite chaque jour par la famille.

Car une maison fabrique de l'eau sans cesse. La respiration de quatre personnes pendant la nuit, les douches, la cuisine, le linge qui sèche, tout cela charge l'air en vapeur. Avec les vieux cadres, cette vapeur s'échappait. Avec des fenêtres étanches et sans grilles d'aération, elle reste enfermée. Elle finit par se déposer là où il fait le plus froid : les vitres le matin, puis les angles des murs extérieurs.

Ce n'était ni une fuite, ni une remontée du sol, ni une mauvaise pose. Les angles de chambres orientés au nord, plus froids que le reste, servaient de point de condensation. L'eau s'y accumulait jour après jour, et les moisissures s'y installaient. Le froid ne venait plus de l'extérieur, c'est l'humidité qui ne trouvait plus la sortie, résume Yann. Tout le reste de leurs efforts tombe alors sous le sens.

Des grilles d'aération, un ventilateur et de nouveaux gestes chaque jour

Le couple fait revenir l'entreprise de pose pour percer les traverses hautes et installer des entrées d'air dans les chambres et le salon. Un électricien pose ensuite une ventilation mécanique simple flux, avec des bouches dans la cuisine et la salle de bains. Le tout leur coûte près de deux mille trois cents euros, auxquels s'ajoutent la peinture et le papier peint à refaire dans deux chambres. Une facture qu'ils n'avaient pas prévue au printemps.

Les habitudes changent aussi. Hélène ouvre chaque matin les fenêtres en grand pendant dix minutes, même en plein hiver. Le linge sèche désormais dans le garage, et le couvercle reste sur les casseroles. Ils ont acheté un petit hygromètre à quinze euros, posé sur l'étagère du couloir, que les enfants consultent comme un jeu. Les vitres ne ruissellent plus, et les taches ne sont pas revenues depuis le dégel de février.

Avec le recul, ils ne regrettent pas les fenêtres, qui leur font bel et bien économiser du gaz. Ils regrettent seulement que personne ne leur ait parlé d'air avant de parler de vitrage. Pour ceux qui envisagent les mêmes travaux, quelques vérifications simples peuvent éviter le même hiver, que ce soit dans une maison ancienne ou dans un appartement récemment rénové, comme ils le répètent désormais à leurs voisins du quartier.

« Le froid ne venait plus de l'extérieur, c'est l'humidité qui ne trouvait plus la sortie. »

  • Vérifier avant la pose que les nouvelles fenêtres comportent des entrées d'air dans les pièces de vie et les chambres.
  • S'assurer qu'une ventilation, naturelle ou mécanique, extrait l'air humide de la cuisine et de la salle de bains.
  • Ne jamais boucher les grilles d'aération existantes, même quand il fait froid.
  • Aérer chaque pièce une dizaine de minutes par jour, fenêtres grandes ouvertes.
  • Surveiller la buée sur les vitres le matin : c'est souvent le premier signal.
  • Installer un hygromètre pour suivre le taux d'humidité dans le logement.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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