Elle lave tout à 30 °C depuis la hausse de l’électricité à Toulouse : en octobre, son linge propre sort du tambour avec une odeur de cave

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Il était un peu plus de dix-neuf heures, ce mardi d'octobre, dans la petite cuisine du quartier Saint-Cyprien. La machine a lâché son dernier bip, trois notes aiguës. Nadia a tiré le hublot, plongé la main dans le tambour tiède et sorti une serviette bleue encore lourde d'eau. Elle l'a portée à son visage par habitude, puis elle a reculé d'un pas.

Une cuisine toulousaine où la machine tourne presque chaque soir

Nadia a quarante et un ans et travaille comme aide-soignante dans une clinique de la rive gauche. Elle vit avec Hugo, son fils de douze ans, dans un deux-pièces au deuxième étage d'un immeuble en briques roses. La cuisine est étroite, la machine à laver est coincée sous le plan de travail, à côté du frigo. Elle l'a achetée il y a six ans, un modèle simple, blanc, qui ne lui a jamais posé le moindre problème jusqu'ici.

Avec les blouses, les draps de sport et les maillots de foot d'Hugo, la machine tourne presque tous les soirs. Nadia lance le cycle en rentrant, prépare le dîner pendant que le tambour ronronne, puis étend le linge sur le séchoir du salon. C'est un rituel bien rodé, qui ne demande plus aucune réflexion. On connaît tous ça, ces gestes répétés tellement souvent qu'on ne les voit plus vraiment.

Elle a toujours été attentive aux dépenses, sans pour autant compter chaque centime. Elle note ses factures dans un petit carnet à spirale, rangé dans le tiroir à couverts. Le loyer, l'assurance, la cantine d'Hugo, l'électricité. Pendant longtemps, cette dernière ligne bougeait peu d'une année sur l'autre. Et puis un jour, en ouvrant l'enveloppe du fournisseur, elle a découvert un montant qui l'a fait relire la page deux fois.

La facture d'électricité grimpe et Nadia tourne le bouton vers 30 °C

C'était il y a un peu plus de deux ans, au moment où les prix de l'électricité augmentaient partout en France. Sa mensualité avait pris une vingtaine d'euros d'un coup. Pour un budget comme le sien, ce n'était pas rien. Elle a passé une soirée entière sur son téléphone à chercher où grappiller quelques kilowattheures, entre le chauffe-eau, le four et les appareils laissés en veille.

Partout, elle tombait sur le même conseil : chauffer l'eau de la machine coûte cher, et laver à basse température permet d'économiser. Les lessives modernes, lisait-elle, fonctionnent très bien à froid. Cela lui a semblé logique, et même plutôt vertueux. Elle a donc tourné le bouton sur 30 °C pour tous les cycles, les serviettes comme les blouses, les draps comme les chaussettes de sport.

Je me suis dit que c'était le geste le plus facile de la maison, raconte-t-elle aujourd'hui. Le linge sortait propre, sans tache, et la facture suivante a légèrement baissé. Elle a même conseillé l'astuce à sa sœur, Samia, qui habite Blagnac. Pendant des mois, rien ne l'a fait douter. La machine tournait, le linge séchait, et le carnet à spirale affichait enfin une ligne un peu moins lourde.

« Je me suis dit que c'était le geste le plus facile de la maison, et ça marchait vraiment sur la facture. »

Une odeur de cave qui s'invite dans les serviettes propres

Les premiers signes sont arrivés à la fin de l'été, presque discrètement. Une serviette de bain qui sentait un peu le renfermé une fois sèche, un tee-shirt d'Hugo qui gardait une odeur fade. Nadia a mis cela sur le compte de la chaleur, puis des premiers jours humides de septembre. Le linge séchait moins vite dans le salon, cela lui paraissait une explication suffisante.

Soyons honnêtes, elle n'y a pas vraiment prêté attention au début. Elle relavait la pièce concernée, ajoutait un peu d'adoucissant, et passait à autre chose. Mais ce soir d'octobre, avec la serviette bleue encore mouillée sous le nez, l'odeur ne laissait plus de place au doute. Ce n'était pas le linge qui avait mal séché : il sentait le moisi en sortant directement du tambour.

Hugo, attablé devant ses devoirs, a levé la tête en la voyant froncer les sourcils. Elle lui a tendu la serviette sans rien dire. Il a reniflé, fait une grimace, puis lâché d'un ton très sérieux : Maman, ça sent comme le local à vélos du collège. Elle a ri, mais au fond, la remarque l'a piquée. Elle a ouvert le bac à lessive, puis refermé le hublot sans rien voir de particulier.

Elle change de lessive, appelle sa sœur, rien n'y fait

Le lendemain, Nadia a commencé par le plus évident. Elle a acheté une autre marque de lessive, plus parfumée, censée garder une odeur de fraîcheur pendant des jours. Elle a relancé les serviettes, toujours à 30 °C. Le résultat a été pire : un mélange de parfum sucré et de fond humide, comme une pièce mal aérée qu'on aurait aspergée de désodorisant.

Elle a appelé Samia, qui lui a d'abord demandé si l'appartement n'était pas humide. Nadia a vérifié les murs, les angles derrière les meubles, le dessous de l'évier. Rien. Sa sœur a ensuite suggéré d'étendre le linge dehors, sur le petit balcon. Mais en octobre à Toulouse, entre deux averses, cette solution tenait davantage du pari que d'un vrai remède durable.

Sa collègue Josiane, cinquante-huit ans, lui a conseillé du vinaigre blanc dans le bac à adoucissant. Nadia en a versé un bouchon, sans grand changement. Elle commençait à se demander si la machine n'était pas tout simplement en fin de vie. Je regardais déjà les prix des lave-linge en ligne, admet-elle, alors que je venais justement de faire des économies sur l'électricité.

« Je regardais déjà les prix des lave-linge en ligne, alors que je venais justement de faire des économies. »

Sous le joint du hublot, une pellicule grise et grasse

C'est Josiane, encore elle, qui a posé la bonne question le jeudi suivant, à la pause café. Elle a demandé à Nadia à quand remontait son dernier lavage chaud. Nadia a cherché, puis a compris qu'elle n'en avait plus fait depuis plus de deux ans. Josiane a hoché la tête et lui a dit d'aller regarder sous le joint en caoutchouc du hublot.

Le soir même, Nadia s'est accroupie devant la machine avec la lampe de son téléphone. Elle a écarté le soufflet de caoutchouc du bout des doigts. Dessous, une pellicule grisâtre, un peu grasse, avec des points noirs le long du pli. En passant un chiffon dans le tiroir à lessive, elle a trouvé le même dépôt collant, et l'odeur est montée d'un coup.

Ce qu'elle voyait, c'était un mélange de résidus de lessive et de bactéries qui s'était accumulé lentement, cycle après cycle. À 30 °C, l'eau n'est pas assez chaude pour dissoudre ce dépôt ni pour en venir à bout. Il s'installe dans la cuve et dans le joint, là où l'humidité reste. Le linge en ressort propre, mais il emporte avec lui cette odeur de moisi.

Un cycle chaud à vide chaque mois, et le linge sent à nouveau le propre

Le samedi matin, Nadia a vidé le tambour, nettoyé le joint avec une éponge et de l'eau savonneuse, puis lancé un cycle à vide à 90 °C. La machine a tourné près de deux heures. À la fin, elle a laissé le hublot et le tiroir ouverts pour que tout sèche. L'après-midi, elle a relancé les serviettes à 30 °C, comme d'habitude.

En les sortant, elle a respiré longuement le tissu. Plus aucune odeur de cave. Elle n'a pas renoncé aux lavages froids pour autant : elle a simplement ajouté un cycle à vide à 60 ou 90 °C, une fois par mois. Ce cycle-là consomme un peu, mais beaucoup moins qu'une machine neuve, et ses économies restent largement gagnantes sur l'année.

Désormais, une petite croix au feutre rouge marque le premier samedi de chaque mois sur le calendrier du frigo. Hugo appelle ça le jour du sauna de la machine. Samia a fait la même découverte chez elle, avec le même dépôt sous le joint. Nadia, elle, a rangé le comparatif de lave-linge et repris son carnet à spirale, un peu plus attentive qu'avant.

« Quand j'ai écarté le caoutchouc, j'ai vu cette pellicule grise et j'ai compris d'où venait l'odeur. »

  • Lancer un cycle à vide à 60 ou 90 °C une fois par mois si vous lavez surtout à froid.
  • Écarter le joint du hublot et l'essuyer avec une éponge savonneuse avant ce cycle.
  • Sortir et rincer le tiroir à lessive, où le dépôt collant s'accumule aussi.
  • Laisser le hublot et le tiroir entrouverts après chaque lavage pour faire sécher la cuve.
  • Ne pas surdoser la lessive : l'excédent nourrit le dépôt à basse température.
  • Nettoyer le filtre de vidange de temps en temps selon la notice de l'appareil.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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