Ils remplacent les vieilles fenêtres de leur maison lilloise par du double vitrage : au premier froid d’octobre, l’eau ruisselle sur les vitres de la chambre

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Il était sept heures du matin, ce mardi d'octobre, et la radio grésillait dans la cuisine de la rue des Postes. Nathalie a tiré le rideau de la chambre et sa main est revenue mouillée. Sur la vitre neuve, des gouttes descendaient en filets serrés jusqu'au joint gris, où une petite flaque s'était formée pendant la nuit. Dehors, il faisait six degrés.

Une maison de briques où l'on vivait depuis vingt-deux ans

Hervé et Nathalie habitent une maison de briques rouges dans le quartier de Wazemmes, à Lille, depuis vingt-deux ans. Lui a 58 ans et répare des ascenseurs pour une entreprise de Villeneuve-d'Ascq. Elle travaille comme aide-soignante dans une clinique du centre et rentre souvent tard le soir. Leurs deux enfants sont partis, mais le grand garçon revient certains week-ends avec son linge sale et son chien. La maison est étroite, haute de trois niveaux, avec une petite cour derrière où sèchent les draps quand le temps le permet.

Pendant des années, ils ont vécu avec des fenêtres en bois d'origine, peintes et repeintes par les propriétaires successifs. L'hiver, un filet d'air froid passait sous les châssis, et Nathalie glissait des boudins de tissu au pied des fenêtres du salon. On connaît tous ça, ces maisons du Nord où l'on garde un pull même devant la télévision. Ils ne s'en plaignaient pas vraiment. C'était le prix à payer pour une maison ancienne, au charme solide, qu'ils avaient achetée avec un crédit sur vingt ans.

Les murs ne posaient aucun problème, la cave restait sèche, et jamais une trace de moisissure n'avait abîmé un plafond. Hervé aimait répéter que la brique respire, une phrase entendue chez son père, maçon à Roubaix. Le matin, Nathalie ouvrait rarement les fenêtres en grand, par peur de refroidir les pièces. Elle faisait sécher le linge sur un étendoir dans la chambre d'amis, à côté du radiateur. Tout semblait fonctionner ainsi depuis toujours, dans une sorte d'équilibre que personne n'avait jamais pensé à interroger.

La facture de gaz qui a décidé du changement

Tout a basculé l'hiver précédent, quand la facture de gaz a dépassé les deux mille euros sur l'année. Hervé l'a posée sur la table de la cuisine et l'a relue trois fois, les lunettes au bout du nez. Nathalie a proposé de baisser le chauffage, lui a répondu que le problème venait des fenêtres. Un collègue venait justement de changer les siennes et ne parlait plus que de ça. Il disait avoir gagné deux degrés dans son salon sans toucher au thermostat, et ça les a convaincus.

Ils ont demandé trois devis au printemps, comparé les profilés, les épaisseurs de verre, les garanties. Ils ont choisi un artisan de Lambersart, recommandé par une voisine, pour neuf fenêtres en PVC à double vitrage. Le tout leur a coûté un peu plus de neuf mille euros, une partie couverte par une aide publique à la rénovation. Hervé a rangé le dossier dans une chemise bleue, très fier d'avoir monté le projet lui-même. Pour lui, c'était le meilleur investissement fait sur la maison depuis la toiture refaite.

La pose s'est déroulée fin août, en deux journées de poussière et de bruit de perceuse. Les ouvriers ont arraché les vieux cadres de bois, posé les nouveaux, injecté de la mousse et des joints. À la fin, l'artisan a fait claquer une fenêtre et a souri en entendant le silence de la rue disparaître. Ça, c'est étanche, a-t-il dit à Hervé en lui serrant la main. Le soir même, le couple a dîné dans un salon où l'on n'entendait plus passer les bus de la rue Gambetta.

« Ça, c'est étanche, vous n'entendrez plus jamais les bus passer dans la rue. »

Une buée tenace que personne ne prend au sérieux

Septembre a été doux, presque estival, et les fenêtres sont restées ouvertes une bonne partie des journées. Le premier signe est arrivé autour du dix octobre, avec la première nuit vraiment froide de l'automne. Nathalie a remarqué de la buée sur la vitre de la salle de bains, ce qui ne l'a pas surprise après une douche. Mais la buée était aussi sur la fenêtre de la chambre, en bas, sur une bande d'une dizaine de centimètres. Elle a passé un coup de chiffon et elle est partie travailler.

Les jours suivants, la buée est revenue chaque matin, de plus en plus haute sur les carreaux. Dans la chambre, elle coulait en gouttes sur le rebord blanc et laissait une petite flaque sur l'appui. Hervé a d'abord pensé à un défaut de pose, un joint mal serré qui laisserait passer la pluie. Il a inspecté les cadres avec une lampe de poche, sans trouver la moindre fissure. Soyons honnêtes, il n'avait aucune envie d'admettre que ses fenêtres flambant neuves puissent poser un problème.

Nathalie, elle, s'est rassurée en se disant que c'était normal avec le froid qui arrivait. Sa mère avait toujours connu de la buée sur ses vitres, à Tourcoing, et n'en avait jamais fait une histoire. Chaque matin, elle essuyait donc les fenêtres avec une serpillière avant de prendre son café. Ça prenait cinq minutes, ça devenait un geste parmi d'autres, comme sortir les poubelles le mercredi. Personne ne songeait encore à ce que cette eau, chaque nuit, pouvait faire aux murs de la maison.

Des points noirs dans les angles et des appels sans réponse

Trois semaines après la première buée, Nathalie a vu des points noirs dans l'angle de la chambre, près du plafond. D'abord quelques taches, comme des éclaboussures de café, puis une auréole grisâtre qui s'étalait derrière l'armoire. Dans le salon, le papier peint commençait à se décoller au-dessus de la fenêtre côté rue. Une odeur de cave flottait dans la chambre d'amis, là où séchait toujours le linge. J'ai cru que la maison pourrissait d'un coup, raconte-t-elle, je ne dormais plus de la même façon.

Hervé a appelé l'artisan de Lambersart, qui est passé un samedi matin, une mallette à la main. Il a vérifié les joints, testé l'étanchéité, mesuré les cadres, puis il a haussé les épaules. Les fenêtres sont parfaites, a-t-il assuré, le problème n'est pas chez moi. Hervé s'est énervé, persuadé qu'on se renvoyait la balle pour éviter une réparation sous garantie. Ils ont ensuite fait venir un couvreur, convaincus qu'une infiltration arrivait par le toit et descendait dans les murs.

Le couvreur est monté sur le toit, a vérifié les tuiles, les gouttières et les solins de la cheminée. Il n'a rien trouvé, sinon quelques feuilles mortes à retirer, et il a facturé son déplacement quatre-vingts euros. Nathalie a acheté un produit anti-moisissure en grande surface et frotté les angles à l'éponge. Les taches ont disparu deux jours, puis elles sont revenues, plus larges, comme si rien n'avait été fait. Le couple commençait à se disputer, chacun accusant l'autre d'avoir choisi les mauvaises fenêtres ou le mauvais artisan.

« J'ai cru que la maison pourrissait d'un coup, je ne dormais plus de la même façon. »

Un petit appareil à quinze euros qui révèle tout

C'est leur fille, Camille, ingénieure dans un bureau d'études thermiques à Lens, qui a mis fin aux disputes. Venue déjeuner un dimanche, elle a sorti de son sac un hygromètre, un petit boîtier acheté une quinzaine d'euros. Elle l'a posé sur la commode de la chambre et a attendu une heure en buvant son café. L'écran affichait soixante-huit pour cent d'humidité, puis soixante-douze au réveil le lendemain. Papa, ta maison ne respire plus, a-t-elle dit en montrant le chiffre, et ce sont tes fenêtres qui l'ont bouchée.

Elle leur a expliqué ce que personne ne leur avait dit pendant les travaux. Les vieilles fenêtres en bois laissaient passer de l'air en continu, et ce courant d'air ventilait la maison sans qu'ils le sachent. La vapeur de la cuisine, des douches, du linge et même de leur respiration repartait ainsi dehors. Les nouvelles fenêtres, parfaitement étanches, ont supprimé ces fuites, mais rien ne les a remplacées. La maison ne possédait ni entrées d'air sur les menuiseries, ni ventilation mécanique, ni grille dans la salle de bains.

Résultat, l'humidité s'accumule, dépasse soixante pour cent et cherche les surfaces les plus froides pour se déposer. Les vitres d'abord, puis les angles des murs, là où la brique reste glacée en hiver. C'est là que l'eau condense et que les moisissures s'installent, a précisé Camille en désignant l'auréole noire. Hervé est resté longtemps silencieux devant sa fenêtre, la main posée sur le cadre blanc. Ce n'était ni une fuite, ni un défaut de pose, seulement une maison privée de l'air qu'elle avait toujours eu.

Ce que la maison leur a finalement coûté en plus

Il a fallu agir vite, avant que l'hiver ne transforme les taches en vraie dégradation des murs. Sur les conseils de Camille, le couple a fait poser une ventilation mécanique simple flux, avec des bouches dans la cuisine et la salle de bains. L'artisan est revenu percer des entrées d'air dans les traverses des fenêtres des pièces de vie. La facture supplémentaire a atteint environ deux mille huit cents euros, sans compter la peinture à refaire. Hervé en parle aujourd'hui avec un sourire un peu amer, comme d'une leçon apprise trop tard.

Trois semaines après l'installation, l'hygromètre de la chambre affichait cinquante-deux pour cent le matin. La buée a presque disparu, sauf quelques gouttes les jours de grand froid, vite évaporées. Nathalie a repeint les angles avec une peinture adaptée, après avoir traité les murs en profondeur. Elle ouvre désormais les fenêtres dix minutes chaque matin, même quand il gèle dehors. Si j'avais su, j'aurais posé la ventilation en même temps que les fenêtres, dit Hervé, ça m'aurait évité trois mois de galère.

Le linge ne sèche plus dans la chambre d'amis, mais dans la cour ou dans la buanderie équipée d'une bouche. La facture de gaz a bien baissé, comme promis, d'environ un quart sur les premiers mois d'hiver. Hervé a gardé l'hygromètre de sa fille sur la commode, et il le regarde chaque matin, par habitude. Leur histoire tient en une idée simple, qu'ils répètent désormais aux voisins tentés par les mêmes travaux. Une maison qu'on rend étanche doit aussi recevoir une manière de respirer, sinon l'eau finit toujours par trouver les murs.

« Papa, ta maison ne respire plus, et ce sont tes fenêtres neuves qui l'ont bouchée. »

  • Posez un hygromètre dans la chambre : au-delà de 60 % d'humidité de façon durable, il faut ventiler davantage.
  • Avant de changer des fenêtres anciennes, demandez à l'artisan comment l'air sera renouvelé ensuite.
  • Vérifiez la présence d'entrées d'air dans les pièces de vie et de bouches d'extraction en cuisine et salle de bains.
  • Aérez cinq à dix minutes chaque jour, même en hiver, fenêtres grandes ouvertes.
  • Évitez de faire sécher le linge dans une pièce fermée et non ventilée.
  • Surveillez les angles des murs extérieurs et le bas des vitres, premiers endroits où l'eau condense.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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