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Un homme de 45 ans a été condamné mercredi à Marseille à seize mois de prison, dont huit avec sursis, pour apologie du terrorisme. Jugé en comparution immédiate, il purgera la partie ferme de sa peine sous bracelet électronique. Ses propos, tenus lors d’un live TikTok, faisaient directement référence à l’auteur de l’attentat raciste de Trappes, dans les Yvelines.
« J’ai la haine, je vais devenir le nouveau Kevin » : par cette phrase, le prévenu, Fabrice B., s’est inscrit dans le sillage de l’attaque survenue deux jours plus tôt. Son casier judiciaire était vierge et il était inconnu des services de police et de renseignements.
L’essentiel en 3 points
- Un homme de 45 ans a été condamné mercredi à Marseille à 16 mois de prison, dont 8 avec sursis, pour apologie du terrorisme. Il purgera les 8 mois ferme sous bracelet électronique.
- Repéré via la plateforme Pharos, Fabrice B. avait déclaré le 26 octobre sur TikTok vouloir « massacrer » des musulmans et « devenir le nouveau Kévin », en référence à l’auteur de l’attentat de Trappes.
- À l’audience, le prévenu, isolé et sous suivi psychiatrique, a dit regretter ses propos. La procureure a dénoncé la banalisation de ces discours, la défense a souligné sa fragilité.
Des propos tenus en direct sur TikTok
Les faits remontent au 26 octobre. Ce soir-là, Fabrice B. intervient lors d’un live sur TikTok.
Il y annonce un événement devant se dérouler le jeudi 29 octobre et déclare vouloir « massacrer » des musulmans.
Dans le même temps, il glorifie l’acte de l’auteur de l’attentat commis dans les Yvelines. « Je suis RN, j’ai la haine, je vais devenir le nouveau Kévin », lance-t-il, en référence au nom de l’auteur de l’attaque.
Ces paroles interviennent deux jours seulement après l’attentat raciste de Trappes, qui a fait un mort et blessé plusieurs personnes portant des noms à consonance africaine ou maghrébine.
« Je suis RN, j’ai la haine, je vais devenir le nouveau Kévin »
Un signalement à la plateforme Pharos
C’est un signalement qui a déclenché l’enquête. Il a été effectué auprès de la plateforme Pharos, où sont déclarés les contenus illicites sur internet.
À partir de ce signalement, les enquêteurs sont remontés jusqu’à l’auteur des propos, Fabrice B. Les paroles tenues lors du live ont été considérées comme relevant de l’apologie du terrorisme.
L’homme a ensuite été jugé en comparution immédiate devant le tribunal de Marseille, qui a rendu sa décision mercredi.
À l’audience, un prévenu qui dit regretter
Face au tribunal, Fabrice B. a expliqué « énormément regretter d’avoir dit des choses aussi ignobles ».
Il a tenté de décrire son état d’esprit au moment des faits : « Mon cerveau a bloqué, ce soir-là, il y avait tellement de haine. Avec l’actualité de la semaine et tout ce qui s’est passé, je me suis énervé de voir mon pays comme ça. J’ai rajouté une couche qu’il ne fallait pas ».
Assurant que ses propos ont « dépassé (s) a pensée », il a aussi insisté sur l’absence de violence physique dans son parcours.
Il a assuré « n’avoir jamais frappé quelqu’un. J’espère que personne ne m’a entendu et va faire une bêtise car je m’en voudrais toute ma vie ».
Le président du tribunal, Thierry Bonifay, a pour sa part relevé le rôle de l’écran dans ce type de dérapage : « On se lâche car on est derrière un ordinateur, on a l’impression d’être caché, anonyme ».
Un homme isolé, suivi en psychiatrie
Le prévenu est en suivi psychiatrique depuis 2020. Il avait arrêté son traitement deux mois avant l’audience.
Il vit isolé, d’une allocation adulte handicapé. Auparavant, il avait enchaîné des petits boulots, notamment comme disc-jockey et comme agent de sécurité sur le port de Marseille.
- Âge : 45 ans
- Casier judiciaire : vierge
- Antécédents : inconnu des services de police et de renseignements
- Suivi psychiatrique : depuis 2020, traitement arrêté deux mois plus tôt
- Ressources : allocation adulte handicapé
| Étape | Quand | Ce qui s’est passé |
|---|---|---|
| Attentat raciste à Trappes | Deux jours avant le live | Un mort et plusieurs blessés |
| Propos sur TikTok | 26 octobre | Volonté affichée de « massacrer » des musulmans |
| Événement annoncé | Jeudi 29 octobre | Annoncé par le prévenu pendant le live |
| Signalement | Après le live | Plateforme Pharos |
| Jugement | Mercredi | 16 mois de prison dont 8 avec sursis, partie ferme sous bracelet électronique |
Réquisitions et défense
Dans ses réquisitions, la procureure Mathilde Fontaine a estimé que « le climat ambiant compliqué ne justifie en rien de tels agissements ».
Elle a également déploré « la banalisation d’un discours qui amène à un passage à l’acte tôt ou tard ».
« la banalisation d’un discours qui amène à un passage à l’acte tôt ou tard »
La fragilité du prévenu mise en avant
Son avocate, Me Allison Mallia, a appelé le tribunal à prendre en compte la personnalité « fragile » de Fabrice B.
Elle a notamment rappelé qu’il avait été mis à la porte par ses parents en raison de son orientation sexuelle.
Une peine purgée sous bracelet électronique
Le tribunal a finalement condamné Fabrice B. à seize mois de prison, dont huit avec sursis. Les huit mois ferme seront purgés sous bracelet électronique.
La sanction vise un homme sans antécédent judiciaire, au casier vierge, qui n’était connu ni des services de police ni des services de renseignements avant ce live.
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Questions fréquentes
Pour quels faits l’homme a-t-il été condamné ?
Pour apologie du terrorisme. Il avait déclaré vouloir « massacrer » des musulmans lors d’un live TikTok, le 26 octobre.
Quelle peine a été prononcée ?
Seize mois de prison, dont huit avec sursis. La partie ferme sera purgée sous bracelet électronique.
Quel lien avec l’attentat de Trappes ?
Il a glorifié l’auteur de l’attentat raciste survenu deux jours plus tôt. Il a déclaré vouloir « devenir le nouveau Kévin ».
Comment a-t-il été identifié ?
Grâce à un signalement à la plateforme Pharos, où sont déclarés les contenus illicites sur internet.
Avait-il des antécédents ?
Non. Son casier judiciaire était vierge et il était inconnu des services de police et de renseignements.
Qu’a plaidé la défense ?
Son avocate a souligné sa personnalité « fragile ». Elle a rappelé qu’il avait été mis à la porte par ses parents en raison de son orientation sexuelle.
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