Elle se réveille à 5 heures depuis le changement d’heure : trois semaines plus tard, son corps refuse toujours de rattraper l’horloge

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Le radio-réveil affichait 5 h 02, en chiffres rouges, sur la table de nuit en merisier. Dehors, rien, pas même le camion des poubelles. Monique a tiré la couette jusqu'au menton, écouté le tic-tac de la pendule du couloir, puis le ronflement régulier du frigo en bas. C'était le lundi 27 octobre, deux jours après le passage à l'heure d'hiver, et elle était parfaitement réveillée.

Une maison tranquille où les journées avaient toujours la même forme

Monique a 67 ans et vit depuis trente ans dans une maison en meulière, à la sortie d'une petite ville du Loiret. Ancienne secrétaire de mairie, elle est veuve depuis quatre ans et s'est fabriqué des journées qui lui ressemblent. Le café à sept heures, la radio, les mots fléchés, puis le marché le mercredi et la chorale le jeudi soir. Elle a toujours dit qu'elle dormait comme une souche, et c'était vrai.

Le soir, elle dîne vers dix-neuf heures, regarde un film ou un documentaire, et monte se coucher vers vingt-deux heures. Elle lit dix pages d'un roman policier, éteint, et ne rouvre les yeux qu'au matin. Ce rythme, elle le connaît par cœur, comme on connaît le chemin de sa boulangerie. Le chat, Pistache, dort sur le fauteuil du salon et ne la dérange jamais avant que le jour se lève.

Depuis quelques années, soyons honnêtes, ses soirées s'étaient un peu raccourcies. Elle piquait du nez devant la télévision vers vingt et une heures trente, se réveillait parfois vers six heures sans trop s'en soucier. Elle mettait ça sur le compte de la retraite, de la maison calme, de l'absence de réveil à régler. Rien qui ressemble à un problème, simplement une vie qui s'était doucement avancée d'une demi-heure, sans qu'elle s'en aperçoive vraiment.

Le dernier week-end d'octobre, elle recule les aiguilles sans y penser

Le samedi 25 octobre au soir, comme chaque année, Monique a fait le tour des horloges de la maison. La pendule du couloir, le four, le radio-réveil, la petite montre de son mari qu'elle garde sur la commode. Elle a reculé chaque aiguille d'une heure, avec le sentiment satisfait de gagner un peu de sommeil. Son téléphone, lui, s'est réglé tout seul pendant la nuit, comme par magie.

Elle s'est même dit que c'était une bonne affaire. L'hiver, elle aime les soirées qui tombent tôt, les volets qu'on ferme à dix-sept heures, la soupe qui mijote. Elle a aussi pris une décision qui lui paraissait raisonnable : fermer ses volets plus tôt, garder la chaleur, allumer la lampe du salon et se coucher à l'heure habituelle, c'est-à-dire vingt-deux heures à la nouvelle pendule.

Elle en a parlé à sa voisine Josiane, au portail, le dimanche matin. J'ai dormi une heure de plus, c'est toujours ça de pris, a-t-elle lancé en riant. Josiane a répondu qu'elle, au contraire, n'avait jamais aimé ce changement, qu'il lui fallait une semaine pour s'en remettre. Monique a haussé les épaules. Une semaine, tout le monde peut supporter une semaine. Elle n'imaginait pas que le problème durerait bien plus longtemps.

« J'ai dormi une heure de plus, c'est toujours ça de pris, voilà ce que je me disais le dimanche. »

Le radio-réveil affiche 5 heures, puis encore 5 heures le lendemain

Le lundi, donc, elle s'est réveillée à 5 h 02. Elle s'est dit que c'était le décalage, que son corps croyait qu'il était six heures, ce qui était exactement le cas. Elle est restée au lit une heure, à écouter la pendule, puis s'est levée pour faire le café. Dans la cuisine, le néon lui a paru très blanc, presque agressif, au milieu de la nuit noire.

Le mardi, 4 h 58. Le mercredi, 5 h 06. Le jeudi, elle a cru avoir rattrapé la chose parce qu'elle s'est réveillée à 5 h 25. Puis le vendredi, de nouveau 5 heures pile, comme si quelqu'un avait réglé une alarme à l'intérieur de sa tête. Elle a commencé à noter les heures sur le calendrier de la Poste, au crayon, dans la marge.

Elle a mis ça de côté. On connaît tous ces petites nuits de travers, on se dit que ça passera. Elle était un peu fatiguée l'après-midi, mais elle compensait par une sieste après le déjeuner, sur le canapé, avec Pistache sur les genoux. Le soir, elle tombait de sommeil plus tôt encore, vers vingt et une heures, et elle se couchait, soulagée. Elle ne voyait pas le cercle qui se refermait.

Trois semaines plus tard, les tisanes et les conseils ne changent rien

Mi-novembre, rien n'avait bougé. Monique se réveillait toujours avant cinq heures et demie, l'esprit clair, incapable de se rendormir. Elle a essayé la tisane de verveine, puis la camomille, puis un comprimé de mélatonine acheté en pharmacie sur les conseils de sa sœur. Elle a supprimé le café de l'après-midi. Elle a même déplacé le radio-réveil pour ne plus voir les chiffres rouges.

À la chorale, elle en a parlé à Gérard, 72 ans, un ténor qui se plaint de tout mais dort très bien. Il lui a conseillé de se coucher encore plus tôt pour récupérer. Elle a essayé, vingt heures trente, et s'est réveillée à quatre heures quarante. Je me suis dit que je devenais vieille, voilà, que c'était ça, vieillir, a-t-elle raconté plus tard à sa fille.

Elle a fini par appeler son médecin traitant, le docteur qui la suit depuis quinze ans. Il était débordé, le rendez-vous n'était possible que dix jours plus tard. En attendant, elle a cherché sur son téléphone, tard le soir, la lumière de l'écran dans les yeux, et elle est tombée sur des forums qui parlaient de dépression, de thyroïde, de maladies dont elle ne savait rien. Elle a mal dormi, si c'était encore possible.

« Je notais les heures au crayon sur le calendrier de la Poste, cinq heures, cinq heures, encore cinq heures. »

Ce n'était pas une maladie, c'était une horloge mal réglée par la lumière

Le médecin l'a écoutée, a regardé le calendrier couvert de crayon, et lui a posé une question inattendue : à quelle heure voyait-elle le jour. Monique a réfléchi. Le matin, elle était debout dans la cuisine éclairée, bien avant l'aube. Le soir, volets fermés à dix-sept heures, lampe tamisée. Il lui a expliqué ce qu'il voyait chez beaucoup de ses patients de son âge, chaque année à la même période.

Notre horloge interne, lui a-t-il dit, se recale chaque jour, et surtout grâce à la lumière du matin. Avec l'âge, beaucoup de gens ont tendance à avancer leur rythme : sommeil plus tôt, réveil plus tôt. Le changement d'heure pousse encore dans ce sens. Elle recevait la lumière tôt, la fuyait le soir, se couchait plus tôt pour compenser : tout ce qu'elle faisait avançait encore son horloge.

Monique est restée un moment silencieuse sur sa chaise. Moi qui croyais bien faire en me couchant plus tôt, j'appuyais sur l'accélérateur, a-t-elle soufflé. Le médecin a souri. Il lui a proposé l'inverse de ses réflexes : chercher la lumière en fin de journée, sortir marcher vers seize heures, laisser les volets ouverts plus tard, et retarder un peu le coucher, d'un quart d'heure tous les deux ou trois jours.

Une promenade à seize heures et des volets ouverts plus tard

Le lendemain, Monique a enfilé son manteau à seize heures et a fait le tour de l'étang, quarante minutes, le soleil bas dans les yeux. Elle a repoussé la fermeture des volets jusqu'au dîner, allumé le plafonnier plutôt que la petite lampe, et rangé le téléphone dans le tiroir de l'entrée. Le matin, elle restait dans la pénombre, avec une veilleuse, jusqu'à sept heures.

Les premiers jours n'ont rien donné de spectaculaire. Puis le réveil est passé à 5 h 40, à 6 h 05, et un samedi de début décembre, elle a ouvert les yeux à 6 h 50, surprise d'entendre déjà le camion des poubelles. Elle se couche désormais vers vingt-deux heures trente. Pour elle, ce qui a marché, c'est cette patience, un quart d'heure après l'autre, sans forcer.

Elle a raconté tout ça à Josiane, au portail encore, qui s'est mise à marcher avec elle l'après-midi. Elles ont gardé l'habitude. Monique ne parle plus de vieillir, elle parle de lumière, avec la conviction des convertis. La pendule du couloir fait toujours son tic-tac, mais elle ne l'écoute plus à cinq heures du matin. Voici ce qu'elle conseille désormais à ses amies de la chorale.

« Moi qui croyais bien faire en me couchant plus tôt, en fait j'appuyais sur l'accélérateur. »

  • Noter quelques jours l'heure du coucher et du réveil pour voir si le rythme avance.
  • Sortir marcher en fin d'après-midi, même par temps gris, pour prendre la lumière du jour.
  • Garder les volets ouverts et un éclairage franc en début de soirée.
  • Retarder le coucher d'un quart d'heure tous les deux ou trois jours, sans forcer.
  • Rester dans la pénombre au réveil très matinal plutôt qu'allumer un néon blanc.
  • Consulter son médecin si les réveils précoces durent malgré ces ajustements.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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