Il range son camping-car dans une grange du Jura fin octobre : au printemps, la batterie cellule refuse de reprendre la moindre charge

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Dans la grange de son beau-frère, près de Champagnole, Gérard a coupé le moteur un soir de fin octobre. Il était presque dix-huit heures, la lumière tombait déjà derrière les sapins. Le camping-car a encore cliqueté quelques secondes en refroidissant, puis plus rien. Il a tiré la porte en bois, posé une bâche sur le pare-brise, et il est rentré à pied, tranquille.

Un couple, un fourgon et une grange à l'abri du gel

Gérard a soixante-quatre ans et une retraite d'ancien technicien de la SNCF. Avec Martine, sa femme, ils ont acheté leur camping-car profilé il y a six ans, d'occasion, chez un concessionnaire de Besançon. Depuis, ils partent chaque été plusieurs semaines, souvent vers la Bretagne, parfois vers les Alpes italiennes. Le reste de l'année, le véhicule dort. Et pour qu'il dorme bien, le beau-frère de Gérard leur prête un coin de sa vieille grange agricole, à quelques kilomètres de chez eux.

La grange est sèche, fermée, à l'abri de la neige qui tient longtemps sur le plateau. Le sol est en terre battue tassée, les murs épais gardent une température à peu près stable. Gérard la considère comme une chance, parce que les parkings couverts de la région sont pleins et coûtent cher. Chaque automne, c'est le même rituel. Il vidange les réservoirs d'eau, il ouvre les robinets, il retire les draps et la nourriture, puis il ferme tout à clé.

Martine, elle, fait la liste de ce qui manquera pour la saison suivante. Une bouteille de gaz à changer, un store qui grince, des ampoules à remplacer dans la salle d'eau. Ils connaissent leur véhicule par cœur, et soyons honnêtes, ils se pensent prudents. Ils n'ont jamais eu de panne sérieuse en six ans. Le camping-car, pour eux, c'est une petite maison qu'on met en sommeil, comme on fermerait une résidence secondaire à la fin de l'été.

La décision de ne toucher à rien pendant tout l'hiver

Cette année-là, Gérard a décidé de faire simple. Les années précédentes, il passait de temps en temps à la grange, faisait tourner le moteur, allumait le chauffage quelques minutes. Mais son beau-frère était hospitalisé une partie de l'hiver, et Gérard n'avait pas envie de déranger sa belle-sœur pour récupérer la clé. Il s'est dit qu'un véhicule à l'abri, propre et vidé, n'avait besoin de personne. Rien ne pouvait geler, rien ne pouvait rouiller.

Il a pensé aux batteries, évidemment. Il en a deux, comme tous les camping-cars : celle du moteur, qui sert au démarrage, et la batterie cellule, qui alimente l'éclairage, la pompe à eau et le réfrigérateur à l'arrêt. En partant, il a vérifié sur le tableau de bord que tout était éteint. Les lampes étaient coupées, le frigo aussi, la pompe aussi. L'indicateur affichait une batterie bien pleine, après le trajet du retour.

Il a même hésité à la débrancher. Mais la cosse était un peu dure à desserrer, il faisait froid, et il se souvenait d'un voisin de camping qui disait que ça ne servait à rien. Batterie pleine, tout éteint, ça tient six mois, voilà ce qu'il a retenu. Gérard a refermé le coffre sous le siège passager, il a remis le coussin en place, et il a quitté la grange sans y penser davantage.

« Batterie pleine, tout éteint, ça tient six mois, c'est ce qu'on m'avait dit et je l'ai cru. »

Un petit voyant rouge qu'il n'avait jamais remarqué

Le seul détail qui aurait pu l'arrêter, il l'a vu sans le regarder. En sortant, dans la pénombre de la grange, une minuscule diode rouge brillait près de la porte d'entrée. C'était le témoin de l'alarme, installée par le propriétaire précédent. Gérard la voyait chaque soir l'été, quand ils se couchaient, et il n'y prêtait plus attention depuis longtemps. Elle faisait partie du décor, comme le ronronnement du réfrigérateur ou le cliquetis du chauffe-eau.

Il y avait aussi l'afficheur du panneau de contrôle, qui restait allumé en veille, et le détecteur de gaz sous l'évier, branché en permanence. Chacun de ces appareils consomme presque rien, quelques milliampères à peine. Pris un par un, ils semblent inoffensifs. Gérard, en bon technicien, savait que tout courant finit par compter. Mais ce soir-là, il pensait au repas qui l'attendait, à la route verglacée, et il a simplement tiré la porte de bois derrière lui.

En décembre, Martine lui a demandé s'il allait passer voir le camping-car avant Noël. Il a répondu que non, qu'il n'y avait aucune raison. Il a ajouté, en riant, qu'un véhicule rangé n'a pas besoin qu'on lui rende visite. On connaît tous ça : quand quelque chose a toujours fonctionné, on finit par croire qu'il fonctionnera tout seul, quelles que soient les conditions dans lesquelles on le laisse.

Au printemps, le chargeur tourne pour rien pendant deux jours

Début avril, la neige avait quitté les prés et Gérard est retourné à la grange avec Martine. Le moteur a démarré au deuxième essai, un peu paresseux mais sans drame. Il a ouvert la porte latérale, appuyé sur l'interrupteur général. Rien. Pas de lumière au plafond, pas de bip du panneau, plus de diode rouge près de la porte. L'afficheur, si fidèle d'habitude, restait totalement noir, comme si on avait coupé le véhicule du monde.

Il a d'abord pensé à un fusible. Il les a tous vérifiés, à la lampe frontale, un par un. Ils étaient intacts. Alors il a ramené le camping-car chez lui, l'a branché sur le secteur et laissé le chargeur intégré travailler toute la nuit. Le lendemain matin, l'afficheur indiquait une tension correcte. Mais dès qu'il allumait deux lampes et la pompe, la valeur s'effondrait en quelques minutes, puis tout s'éteignait de nouveau.

Il a recommencé pendant deux jours, avec un chargeur externe emprunté à un voisin. Même résultat à chaque fois. Le chargeur annonçait une charge terminée très vite, puis la batterie ne tenait rien. Gérard a fini par appeler le concessionnaire de Besançon, qui ne pouvait le recevoir que trois semaines plus tard. Martine regardait le calendrier, les dates de réservation de juin, et commençait à se demander si le voyage en Bretagne tiendrait.

« Le chargeur me disait que c'était plein, et deux lampes plus tard il n'y avait plus rien du tout. »

Ce que le mécanicien a mesuré sous le siège passager

Faute de rendez-vous rapide, Gérard s'est adressé à un petit garage spécialisé dans les camping-cars, près de Lons-le-Saunier. Le mécanicien, un homme d'une quarantaine d'années prénommé Yannick, a sorti la batterie cellule et l'a branchée sur un testeur de charge. Il a regardé l'écran longtemps, sans rien dire. Puis il a tourné l'appareil vers Gérard. La capacité restante était dérisoire, à peine une fraction de ce qu'elle annonçait neuve.

Yannick a expliqué ce qu'il voyait. Selon lui, la batterie ne s'était pas usée avec le froid, ni par un défaut de fabrication. Elle avait été vidée lentement, tout l'hiver, par ces petits appareils restés en veille : l'alarme, le détecteur de gaz, le panneau de contrôle. Il a dit, en tapotant le boîtier : Des petits riens qui boivent jour et nuit, et en cinq mois, ça vide une batterie jusqu'au fond.

Et une batterie au plomb vidée jusqu'au fond, a-t-il poursuivi, ne reste pas simplement vide. Des cristaux de sulfate se forment sur les plaques, durcissent avec le temps, et empêchent la batterie d'accepter à nouveau l'énergie. C'est ce qu'on appelle la sulfatation. Dans son cas, a précisé Yannick, elle était trop avancée pour être rattrapée. Le chargeur croyait la batterie pleine, alors qu'elle n'avait plus de place utile pour stocker quoi que ce soit.

Une batterie neuve, une cosse débranchée et une nouvelle habitude

La facture est tombée le jour même. Une batterie cellule neuve, de capacité équivalente, coûtait à peu près deux cent cinquante euros, pose comprise. Gérard a payé sans discuter, mais il est reparti avec un goût amer. Il s'en voulait surtout de cette cosse qu'il n'avait pas eu le courage de desserrer, un soir froid d'octobre. Martine, elle, a surtout retenu que le voyage de juin était sauvé, et qu'il fallait changer la façon de ranger le camping-car.

Yannick leur a donné deux options, en précisant que c'était ce qu'il conseillait à ses propres clients. Soit débrancher complètement la batterie cellule en fin de saison, ou couper le coupe-batterie s'il en existe un. Soit laisser le véhicule branché sur une prise avec un chargeur d'entretien, qui maintient la batterie pleine sans la surcharger. Dans une grange sans électricité, comme celle du beau-frère, la première solution était évidemment la seule possible.

Gérard a acheté un coupe-batterie, que Yannick a installé sur le pôle négatif. Désormais, à la fin octobre, il tourne une petite molette rouge, et plus rien ne consomme. Il a aussi pris l'habitude de passer à la grange une fois par mois, avec un testeur, pour vérifier la tension. Martine le taquine, elle dit qu'il rend visite à son camping-car plus souvent qu'à sa sœur. Il ne la contredit pas vraiment.

« Je l'ai vue cent fois, cette petite diode rouge, et pas une seule fois je me suis demandé ce qu'elle mangeait. »

  • Repérer tous les appareils en veille : alarme, détecteur de gaz, panneau de contrôle, autoradio.
  • Charger complètement la batterie cellule avant de ranger le véhicule pour l'hiver.
  • Débrancher la cosse négative ou couper le coupe-batterie si le véhicule reste sans électricité.
  • Brancher un chargeur d'entretien adapté si une prise secteur est disponible sur place.
  • Contrôler la tension avec un testeur une fois par mois pendant l'hivernage.
  • Ne pas oublier la batterie moteur, elle aussi exposée à une décharge lente.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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