Elle remplace son vieux lave-vaisselle par un modèle classé A : le programme éco affiche 3 h 50 et elle appelle le vendeur dès le lendemain

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Il était presque vingt et une heures, la cuisine sentait encore le gratin, et Nadine venait de refermer la porte du lave-vaisselle neuf avec un petit clic satisfait. Elle appuya sur le bouton éco, le seul qu'elle utilisait depuis toujours. L'écran s'alluma en bleu. Trois heures cinquante. Elle resta un moment debout, le torchon à la main, à fixer les chiffres.

Vingt ans de vaisselle dans une petite maison près de Tours

Nadine a cinquante-huit ans et travaille comme secrétaire dans un cabinet de kinésithérapie, à deux rues de chez elle. Avec Gérard, son mari, elle habite depuis vingt ans une maison de plain-pied aux volets verts, à la sortie d'un bourg près de Tours. Leurs deux enfants sont partis, mais reviennent souvent le dimanche avec les petits-enfants. La cuisine reste donc le cœur de la maison, avec sa grande table en chêne et son évier toujours encombré.

Pendant toutes ces années, le même lave-vaisselle a tourné presque chaque soir sans jamais faiblir. Un modèle blanc, un peu jauni sur les côtés, acheté en promotion l'année où Gérard avait refait le carrelage. Il faisait du bruit, beaucoup de bruit, au point qu'on montait le son de la télévision pendant le rinçage. Mais il lavait correctement, et surtout il était rapide. Le programme éco durait environ une heure et demie, parfois un peu plus.

Nadine avait ses habitudes, comme tout le monde. Elle lançait la machine après le dîner, la vidait le lendemain matin avant de partir travailler. Les verres allaient dans le placard de gauche, les assiettes dans celui du haut. Elle connaissait chaque grincement de la porte, chaque soupir de la pompe. Soyons honnêtes, on finit par vivre avec ses appareils comme avec de vieux voisins un peu bruyants. On ne les remarque plus, jusqu'au jour où ils se taisent pour de bon.

Un soir de février, la vieille machine rend son dernier souffle

Ce soir-là, la machine s'est arrêtée au milieu du cycle, dans une petite odeur de plastique chaud. L'eau stagnait au fond de la cuve, grise et tiède, avec quelques miettes qui flottaient. Gérard a démonté le filtre, vérifié le tuyau, tapoté le panneau de commande avec l'air d'un mécanicien inspiré. Rien n'y a fait. Le réparateur, venu deux jours plus tard, a parlé d'une carte électronique fatiguée et d'une pièce qui coûtait presque le prix d'un appareil neuf.

Le couple a donc pris la voiture un samedi matin pour aller dans une grande enseigne d'électroménager de la zone commerciale. Nadine avait une idée précise en tête : une machine silencieuse et économe. Les factures d'électricité avaient grimpé ces dernières années, et elle comptait chaque euro depuis que Gérard était passé à mi-temps. Elle voulait un appareil bien classé, quitte à payer un peu plus cher au départ pour économiser ensuite.

Le vendeur, un jeune homme aimable aux lunettes rondes, leur a montré un modèle affiché en classe A, le meilleur niveau de la nouvelle étiquette énergétique. Quarante-quatre décibels, une consommation d'eau très basse, un tiroir à couverts sur le dessus. Il coûtait un peu plus de six cents euros, livraison et installation comprises. C'est un investissement, mais vous le rentabiliserez, a-t-il assuré en tapotant la façade inox. Nadine a signé le bon de commande avec le sentiment d'avoir fait un choix raisonnable.

« J'ai vu trois heures cinquante sur l'écran, j'ai cru que la machine était cassée dès le premier soir. »

Sur l'écran bleu, un chiffre qui ne colle pas du tout

La machine a été livrée un mardi, et les deux installateurs sont repartis en moins d'une heure. Nadine a tout de suite aimé son silence. Le premier soir, elle a rempli les paniers avec application, glissé une pastille dans le compartiment et choisi le programme éco. C'est là qu'elle a vu les chiffres : trois heures cinquante. Elle a cru à une erreur d'affichage, une sorte de mode démonstration resté activé après la livraison.

Elle a éteint, rallumé, relancé le programme. Trois heures cinquante encore, avec la même tranquillité. Gérard, appelé en renfort depuis le salon, a chaussé ses lunettes pour lire l'écran à son tour. Il a haussé les épaules et proposé d'attendre le matin pour voir si la vaisselle était propre. Ce n'est peut-être qu'une estimation, a-t-il dit, ces machines calculent tout maintenant. Nadine est allée se coucher sans vraiment y croire.

Le lendemain matin, la vaisselle était impeccable, sèche, les verres brillants comme rarement. Mais Nadine n'arrivait pas à se défaire d'un malaise. Pendant près de quatre heures, l'appareil avait tourné, chauffé, pompé, dans une cuisine vide et sombre. Elle imaginait le compteur électrique s'emballer au fond du garage. Une machine censée être économe qui travaille trois fois plus longtemps que l'ancienne, cela ne collait pas. Elle s'est dit qu'elle surveillerait encore quelques soirs avant de s'inquiéter vraiment.

Le service client, une amie et beaucoup de forums

Au bout d'une semaine, rien n'avait changé, et Nadine a fini par appeler le magasin. Après dix minutes de musique d'attente, une conseillère a pris note de sa réclamation avec une voix polie mais pressée. Elle a promis qu'un technicien la rappellerait sous quarante-huit heures. J'ai l'impression d'avoir acheté une machine qui tourne à vide, ai-je dit, se souvient Nadine. Le technicien n'a jamais rappelé, et la colère a commencé à monter doucement.

Le samedi suivant, elle en a parlé à Sylvie, son amie de randonnée, en marchant sur le chemin de halage. Sylvie a ri, puis a avoué que sa propre machine affichait presque la même durée. Elle, pourtant, n'utilisait plus le programme éco : elle lançait le cycle rapide de cinquante minutes, persuadée qu'il consommait moins puisqu'il durait moins. Nadine est rentrée encore plus perplexe. Si même les machines neuves de ses amies avaient ce défaut, que fallait-il penser ?

Le soir, elle s'est installée devant l'ordinateur avec une tisane. Les forums regorgeaient de messages agacés, souvent écrits en majuscules, de gens qui juraient s'être fait avoir. Certains parlaient d'obsolescence, d'autres d'arnaque des fabricants pour gonfler la classe énergétique. Nadine a lu pendant une heure sans trouver de réponse claire. On connaît tous ça, cette spirale où chaque message rajoute une couche d'inquiétude. Elle a refermé l'écran, décidée à retourner au magasin avec sa facture et son mécontentement.

« Moi qui croyais que plus c'était long, plus ça coûtait, en fait c'est exactement l'inverse chez moi. »

Ce que dit vraiment la notice glissée sous la boîte

C'est finalement Gérard qui a trouvé la réponse, en rangeant les cartons de livraison dans le garage. Sous le polystyrène, la notice épaisse attendait, jamais ouverte. Il l'a feuilletée par curiosité, puis il est revenu dans la cuisine en lisant à voix haute. Depuis mars 2021, une réglementation européenne impose à chaque lave-vaisselle un programme éco de référence. C'est sur ce programme précis que la classe énergétique est mesurée, et c'est lui qui doit figurer en premier.

La notice expliquait le principe en quelques lignes simples. Ce qui consomme le plus d'électricité dans un lave-vaisselle, c'est le chauffage de l'eau. Pour réduire cette dépense, le programme éco chauffe l'eau beaucoup moins fort, autour de quarante-cinq degrés. Pour laver aussi bien malgré tout, il laisse le détergent agir plus longtemps, trempe la vaisselle, alterne les phases. Le séchage, lui aussi, se fait lentement, grâce à la chaleur résiduelle plutôt qu'avec une résistance.

Nadine a relu le passage deux fois, assise au bout de la table. La durée affichée n'était pas une panne, c'était la méthode elle-même. Le tableau en fin de notice comparait les programmes : le cycle rapide que Sylvie utilisait chaque soir consommait nettement plus d'électricité que le programme éco, malgré sa brièveté. Moi qui croyais que plus c'était long, plus ça coûtait, a-t-elle soufflé. Elle a ri, un peu gênée, et rappelé le magasin pour annuler sa réclamation.

Trois mois plus tard, une facture et quelques réflexes nouveaux

Depuis, Nadine lance son programme éco sans le regarder de travers. Elle a même pris l'habitude de le démarrer juste avant d'aller se coucher, puisque la machine est assez silencieuse pour ne déranger personne. Le matin, la vaisselle est sèche et prête à ranger. Sur la facture d'électricité suivante, elle a noté une baisse modeste mais réelle, qu'elle attribue en partie à son nouvel appareil. Elle se garde bien d'en tirer une règle, mais chez elle, le calcul tombe juste.

Elle a aussi appelé Sylvie pour lui raconter la découverte, notice à l'appui. Son amie a mis quelques jours avant de changer d'habitude, tant l'idée d'une machine qui tourne quatre heures lui semblait absurde. Aujourd'hui, elle garde le cycle rapide pour les dimanches de grande tablée, quand il faut relancer une deuxième fournée dans l'après-midi. Je me suis sentie bête, mais au moins j'ai compris, dit Nadine en souriant. Personne ne m'avait jamais expliqué ça au moment de l'achat.

Gérard, lui, a gardé la notice dans le tiroir de la cuisine, à côté des piles et des élastiques. Il dit en plaisantant que c'est le meilleur livre qu'il ait lu cette année. Au fond, l'histoire tient en peu de chose : un chiffre sur un écran, mal compris, qui a failli coûter un retour en magasin et beaucoup d'énervement. Avant de soupçonner une panne, Nadine conseille désormais de regarder quelques points simples, ceux qu'elle aurait aimé connaître dès le premier soir.

« Personne ne m'avait expliqué ça au magasin, le vendeur m'a juste parlé du silence et de la classe A. »

  • Lire la notice : la durée du programme éco y est indiquée, souvent entre trois et quatre heures.
  • Vérifier que le programme éco est celui qui sert de référence pour la classe énergétique affichée.
  • Comparer dans le tableau de la notice la consommation d'eau et d'électricité de chaque programme.
  • Réserver les cycles rapides aux urgences, ils chauffent l'eau plus fort en moins de temps.
  • Lancer le cycle long le soir ou en heures creuses si le contrat d'électricité le permet.
  • Remplir correctement la machine avant de la lancer, sans prélaver la vaisselle sous le robinet.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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