Il remplace ses vieilles fenêtres en bois par du double vitrage près de Metz : trois semaines plus tard, les vitres des chambres ruissellent chaque matin

Ne manquez aucune actuSuivez-nous sur Google News

Il est six heures et quart, ce mardi d'octobre, et la chaudière ronronne dans le cellier. Didier pousse la porte de la chambre, allume la lampe de chevet et s'arrête net. Sur la fenêtre neuve, posée il y a trois semaines, des gouttes descendent lentement le long du vitrage. Au pied du cadre blanc, une petite flaque brille sur l'appui.

Une maison des années soixante-dix et ses fenêtres qui sifflaient

Didier a cinquante-huit ans et il est conducteur de bus sur les lignes de l'agglomération messine. Avec Martine, sa femme, il habite depuis vingt-deux ans un pavillon de plain-pied à Marly, au sud de Metz. La maison date de 1974, avec ses murs crépis, son garage accolé et un petit jardin où pousse un cerisier. Leurs deux enfants sont partis, mais les chambres restent prêtes pour les week-ends où les petits-enfants débarquent. C'est une maison simple, entretenue avec soin, où chaque objet a trouvé sa place depuis longtemps.

Pendant toutes ces années, les fenêtres d'origine en bois ont fait partie du décor, avec leurs défauts. L'hiver, elles laissaient passer un filet d'air froid qu'on sentait sur les mollets en passant devant. Les soirs de grand vent, la fenêtre du salon sifflait doucement, et Martine glissait un boudin en tissu sur l'appui. On connaît tous ça, ces petites habitudes qui finissent par faire partie de la maison. La peinture s'écaillait, il fallait poncer et repeindre tous les trois ou quatre ans, et Didier commençait à trouver le travail pénible.

Malgré ces courants d'air, la maison n'avait jamais posé de vrai problème. Le matin, il y avait parfois une légère buée en bas des carreaux, surtout en janvier, mais elle disparaissait en une heure. Les murs restaient secs, les placards sentaient le linge propre, et personne ne pensait à l'humidité. Didier relevait simplement, chaque automne, la facture de fioul puis de gaz, qui grimpait d'année en année. C'est ce chiffre, plus que tout le reste, qui a fini par le décider à entreprendre des travaux sérieux.

Le devis signé au printemps pour en finir avec le froid

Au printemps, un voisin de la rue a fait changer toutes ses menuiseries et ne parlait plus que de ça. Il racontait qu'il n'entendait plus la route départementale et qu'il avait baissé son thermostat d'un degré. Didier et Martine ont fait venir trois entreprises, comparé les devis sur la table de la cuisine, pesé chaque option. Ils ont choisi du PVC blanc avec double vitrage à isolation renforcée, pour huit fenêtres et la porte-fenêtre du salon. Le montant total approchait les neuf mille euros, une somme qu'ils avaient mise de côté pendant plusieurs années.

Le chantier a eu lieu début septembre, sur deux jours, par une équipe de deux poseurs efficaces et polis. Ils ont déposé les vieux cadres en bois, posé les nouveaux, refait les joints et nettoyé derrière eux. Didier se souvient d'avoir vu passer la question des entrées d'air, sans vraiment s'y arrêter. Il avait dit qu'il ne voulait pas de grilles sur les fenêtres, parce qu'il trouvait ça laid et qu'il craignait le froid. Pourquoi payer cher une fenêtre étanche pour y percer ensuite un trou, avait-il pensé, avec une logique qui paraissait imparable.

Le premier soir, le couple a fait le tour de la maison comme on visite un appartement neuf. Plus un bruit de voitures, plus aucun souffle sur les jambes, plus de boudin à poser contre l'appui du salon. Martine a passé la main le long du cadre et n'a rien senti du tout. Soyons honnêtes, ils étaient fiers d'eux, et un peu soulagés que l'argent ait été bien dépensé. Fin septembre, il faisait encore doux, les fenêtres restaient souvent entrouvertes, et rien ne laissait deviner ce qui allait suivre.

« Je croyais que c'était le brouillard du matin, je passais un coup de chiffon et je n'y pensais plus. »

Les premières gouttes, mises sur le compte de la météo

Les premiers froids sont arrivés autour du dix octobre, avec des nuits à trois ou quatre degrés en Moselle. Didier a rallumé le chauffage et refermé les fenêtres pour de bon, comme chaque année à la même période. Quelques jours plus tard, il a remarqué une buée épaisse sur la vitre de leur chambre en se levant. Il a passé un coup de chiffon, sans s'inquiéter, en se disant que c'était le brouillard du matin. Martine, elle, a pensé à la douche chaude qu'elle prenait le soir avant de se coucher.

Mais la buée ne partait plus en une heure comme autrefois avec les vieilles fenêtres. Elle se transformait en gouttes, qui glissaient le long du vitrage et s'accumulaient dans le bas du cadre. Dans la chambre des petits-enfants, inoccupée la semaine, le phénomène était plus discret mais bien présent. Didier a commencé à poser une serviette pliée sur chaque appui, le soir, avant d'aller dormir. Il disait en riant que la maison pleurait, et Martine lui répondait qu'elle pleurait sans doute le prix des fenêtres.

Au bout de deux semaines, le rire a laissé place à une gêne plus sourde. Les serviettes étaient trempées chaque matin et il fallait les essorer au-dessus de l'évier. Dans l'angle du plafond, au-dessus de l'armoire, Martine a repéré une petite tache grise qu'elle n'avait jamais vue. Elle a frotté avec une éponge et du vinaigre blanc, mais la tache est revenue quatre jours plus tard. L'odeur de la chambre avait changé aussi, un parfum légèrement renfermé, comme celui d'une cave mal aérée.

Un appel à l'installateur et une première fausse piste

Didier a fini par appeler l'entreprise, persuadé qu'un vitrage était défectueux ou qu'un joint avait été mal posé. Au téléphone, la secrétaire a pris note, sans paraître étonnée, et promis le passage d'un technicien. En attendant, Didier a cherché sur internet et s'est perdu dans des forums contradictoires. Certains accusaient un double vitrage bas de gamme, d'autres une infiltration d'eau par le mur, d'autres encore la chaudière. Il a même envisagé d'acheter un déshumidificateur électrique, aperçu en promotion dans une grande surface de bricolage.

Il en a acheté un, finalement, un petit modèle à cent vingt euros posé dans la chambre principale. L'appareil ronronnait toute la nuit et Martine dormait mal à cause du bruit. Au matin, le bac contenait près d'un litre d'eau, ce qui les a sidérés tous les deux. Didier a vidé le réservoir dans le lavabo en le regardant longtemps. Il s'est demandé d'où pouvait bien venir autant d'eau, dans une chambre où personne ne fait rien d'autre que dormir.

Pendant ce temps, l'inquiétude grandissait. Didier pensait aux neuf mille euros dépensés, aux murs qui risquaient de moisir et au parquet abîmé sous les fenêtres. Il a appelé son beau-frère, plombier à la retraite, qui lui a conseillé de vérifier la chaudière et les radiateurs. Les radiateurs fonctionnaient parfaitement et aucune canalisation ne fuyait dans la maison. Le soir, au dîner, le couple tournait la question dans tous les sens sans trouver de réponse satisfaisante. C'est à ce moment-là que le technicien a enfin fixé son rendez-vous.

« Un litre d'eau dans le bac en une nuit, dans une chambre où on ne fait que dormir, je n'en revenais pas. »

Ce que le technicien a montré, l'hygromètre à la main

Le technicien s'appelait Karim, une quarantaine d'années, un hygromètre dans la poche de sa veste. Il a examiné les joints, passé la main sur les cadres, vérifié l'aplomb de chaque fenêtre. Puis il a posé son appareil sur la table de nuit et a attendu une minute en silence. L'écran affichait soixante-dix-huit pour cent d'humidité relative dans la chambre. Il a souri gentiment et dit à Didier que ses fenêtres étaient justement trop bien posées pour une maison sans ventilation.

Karim a pris le temps d'expliquer, assis au bord du lit. Une maison produit de la vapeur d'eau en permanence, par la respiration, les douches, la cuisine, le linge qui sèche. Avant, les vieilles fenêtres en bois laissaient passer de l'air en continu, ce qui renouvelait l'atmosphère sans que personne ne s'en rende compte. Les nouvelles menuiseries ont supprimé ces fuites d'un coup, et rien ne les a remplacées. L'humidité reste donc enfermée et se dépose sur la surface la plus froide de la pièce, qui est la vitre.

Il a ajouté que la maison n'avait pas de ventilation mécanique, comme beaucoup de pavillons de cette époque. Le refus des entrées d'air, au moment du devis, avait fermé la dernière porte de sortie pour la vapeur. Didier a repensé à cette question posée en septembre, qu'il avait balayée d'un revers de main. Il a dit à voix basse qu'il avait payé pour boucher sa maison comme une boîte de conserve. Karim a répondu que c'était l'erreur la plus fréquente qu'il voyait, surtout chez les gens qui avaient connu le froid.

Des grilles discrètes, des fenêtres ouvertes et une maison qui respire

La solution n'a rien eu de spectaculaire, et elle a coûté bien moins cher que redouté. L'entreprise est revenue poser des entrées d'air dans les menuiseries des chambres et du séjour, pour environ trois cents euros. Didier a aussi fait installer un aérateur dans la salle de bains, qui n'en avait jamais eu. Surtout, le couple a changé ses habitudes : chaque matin, fenêtres grandes ouvertes cinq à dix minutes, chauffage coupé dans la pièce. Martine a cessé de faire sécher le linge dans la chambre d'amis, et le déshumidificateur est reparti dans son carton.

En une dizaine de jours, l'hygromètre acheté à quinze euros est redescendu autour de cinquante-cinq pour cent. La buée apparaît encore parfois, en bas du vitrage, après une nuit très froide, mais elle ne coule plus. Les serviettes ont retrouvé leur place dans l'armoire, et la tache grise du plafond, nettoyée, n'est pas revenue. La facture de gaz, elle, a bien baissé, même avec l'aération quotidienne. Didier reconnaît que quelques minutes d'air frais pèsent peu face aux heures de courants d'air permanents d'avant.

Aujourd'hui, Didier raconte l'histoire aux collègues du dépôt de bus qui parlent de changer leurs fenêtres. Il leur dit que l'étanchéité est une bonne chose, à condition de prévoir par où l'air va entrer et sortir. Il leur conseille aussi de regarder chez eux quelques signes simples avant et après les travaux. Pour lui, la leçon tient en une phrase, qu'il répète volontiers en souriant. Une maison qu'on ferme bien, il faut ensuite lui apprendre à respirer, sinon c'est elle qui se met à pleurer sur les carreaux.

« J'ai payé pour boucher ma maison comme une boîte de conserve, et je ne m'en suis même pas rendu compte. »

  • Vérifier que chaque pièce sèche dispose d'une entrée d'air sur la menuiserie ou le mur.
  • Équiper salle de bains et cuisine d'une extraction : VMC ou aérateur.
  • Aérer en grand cinq à dix minutes chaque matin, chauffage coupé dans la pièce.
  • Éviter de faire sécher le linge dans les chambres sans aération.
  • Placer un hygromètre : viser entre 40 et 60 % d'humidité relative.
  • Ne jamais boucher les grilles d'aération, même quand il fait froid.

Suivi de l'histoire

Partager :WhatsAppFacebookX
Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

Articles: 1959