Il baisse son plancher chauffant à 15 °C chaque matin avant de partir : en fin de mois, sa facture d’électricité a grimpé de 38 euros

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Il est sept heures dix, à Saint-Jean-de-Braye, et la porte du garage grince en remontant. Thomas pose son café sur le rebord, attrape la télécommande du thermostat accrochée près de l'entrée. Deux pressions, un petit bip, l'écran affiche 15 °C. Dehors, le givre blanchit encore le pare-brise de la Clio. Il sourit, persuadé de faire une bonne affaire avant même d'avoir démarré.

Une maison neuve, un sol tiède et beaucoup de confiance

Thomas a quarante et un ans et travaille comme technicien de maintenance dans une usine de cosmétiques, à la sortie d'Orléans. Avec Camille, sa compagne, ils ont emménagé il y a deux ans dans une maison neuve de plain-pied, au bout d'un lotissement calme. Le constructeur leur avait vanté le plancher chauffant électrique, invisible, silencieux, agréable sous les pieds nus. Camille, infirmière en horaires décalés, avait été conquise dès la visite du pavillon témoin. Leur fille Jade, sept ans, joue désormais allongée sur le carrelage du salon sans jamais réclamer de chaussons.

Le premier hiver s'était passé sans histoire, avec une température réglée à vingt degrés et oubliée là. Thomas surveillait vaguement les factures, qui lui semblaient raisonnables pour une maison de cent dix mètres carrés. Il aimait ce confort régulier, cette chaleur douce qui montait du sol sans courant d'air ni bruit de radiateur. Le soir, il rentrait dans une maison déjà prête, enlevait ses chaussures et sentait la tiédeur sous ses chaussettes. Soyons honnêtes, il ne s'était jamais vraiment demandé comment fonctionnait ce système enfoui sous la chape de béton.

Le couple tenait ses comptes sur un tableur partagé, mis à jour chaque début de mois autour de la table de la cuisine. L'électricité y occupait une ligne parmi d'autres, entre le prêt immobilier, la cantine de Jade et l'assurance des deux voitures. Rien d'alarmant, rien d'excitant non plus, juste une dépense qu'on paie sans y penser. C'est en septembre, à l'annonce d'une nouvelle hausse des tarifs, que Thomas a commencé à regarder cette ligne autrement. Il s'est mis en tête que la maison chauffait pour personne pendant des journées entières.

L'idée qui semblait frappée au coin du bon sens

Le raisonnement de Thomas tenait en une phrase, et il le répétait volontiers à ses collègues pendant la pause. Personne n'est à la maison entre sept heures et dix-huit heures, alors pourquoi chauffer des pièces vides. Camille travaillait souvent de jour cet hiver-là, et Jade passait ses journées à l'école puis au périscolaire. Onze heures sur vingt-quatre à vingt degrés pour les meubles, cela lui paraissait absurde. Il avait vu passer sur les réseaux des conseils qui recommandaient de couper le chauffage en partant.

Il en a parlé un dimanche soir, en débarrassant la table, avec le ton de celui qui a trouvé une astuce. Camille a haussé les épaules, ni convaincue ni opposée, du moment que la maison restait agréable le soir. Thomas a donc décidé de baisser le thermostat à quinze degrés chaque matin, puis de remonter à vingt et un en rentrant. Il comptait un degré de plus, le soir, pour compenser la fraîcheur des premières minutes. Le plan lui semblait simple, logique, et parfaitement à la portée de quelqu'un d'organisé.

Le lendemain, il a pris l'habitude que tout le monde connaît désormais dans la famille. Deux pressions sur la télécommande, le bip, puis la porte du garage qui grince en remontant. Le soir, même geste à l'envers, en enlevant sa veste dans l'entrée. Je me disais que chaque heure à quinze degrés, c'était de l'argent qui restait dans ma poche, raconte-t-il aujourd'hui. Pendant les premiers jours, il éprouvait même une petite satisfaction à voir l'écran afficher ce chiffre bas en sortant.

« Je me disais que chaque heure à quinze degrés, c'était de l'argent qui restait dans ma poche. »

Des soirées plus fraîches que prévu dans le salon

Le premier détail est venu de Jade, un mardi soir de novembre, alors qu'elle faisait ses devoirs sur la table basse. Elle a demandé un plaid, ce qu'elle ne faisait jamais, et a gardé son gilet jusqu'au dîner. Thomas a vérifié le thermostat, qui affichait bien vingt et un degrés de consigne. La température réelle, elle, plafonnait à dix-sept et quelques. Il a mis ça sur le compte du froid exceptionnel annoncé par la météo et n'y a plus pensé.

Les jours suivants, le même scénario s'est répété avec une régularité qui aurait dû l'alerter. La maison ne retrouvait sa chaleur habituelle que vers vingt-deux heures, au moment où tout le monde partait se coucher. Camille a remarqué que le carrelage restait tiède bien après minuit, et même encore un peu au réveil. On avait froid quand on était là, et chaud quand on dormait, c'était le monde à l'envers, dit-elle en riant à moitié. Thomas a augmenté la consigne du soir à vingt-deux degrés, pour accélérer.

Autre bizarrerie, le petit voyant du thermostat restait allumé presque toute la soirée, signe que le chauffage tournait sans relâche. Avant, Thomas le voyait s'éteindre et se rallumer par intermittence, discrètement. Il n'a pas fait le lien avec quoi que ce soit, puisque le chauffage était justement fait pour chauffer. Au fond, il trouvait plutôt rassurant que l'installation travaille dur pour rattraper le retard. Le compteur Linky, au fond du garage, clignotait dans l'indifférence générale, et personne ne prenait la peine d'y jeter un œil.

La facture qui arrive dans le mauvais sens

Début décembre, le tableur a rendu son verdict, et il n'était pas celui que Thomas attendait. La consommation de novembre dépassait celle de l'année précédente, à températures extérieures comparables. Trente-huit euros de plus sur le mois, alors qu'il pensait en avoir économisé au moins autant. Il a d'abord cru à une erreur de relevé, ou à la hausse des tarifs qui expliquerait tout. Mais le nombre de kilowattheures, lui, avait bel et bien augmenté, sans aucune ambiguïté possible.

Il a appelé son fournisseur un samedi matin, après vingt minutes d'attente rythmées par une musique en boucle. La conseillère a vérifié les index, confirmé que le compteur fonctionnait normalement et que la consommation était réelle. Elle a suggéré un appareil défectueux, un chauffe-eau qui fuit, un congélateur fatigué. Thomas a passé l'après-midi à débrancher des prises et à surveiller l'espace client sur son téléphone. Rien ne bougeait de manière significative, et la piste de la panne s'éteignait doucement.

Il a ensuite contacté l'électricien qui avait posé l'installation, persuadé cette fois que le plancher lui-même avait un problème. L'artisan, un homme d'une cinquantaine d'années nommé Gilles, a promis de passer le mercredi suivant. En attendant, Thomas a continué son petit rituel du matin, par habitude et par entêtement. J'étais sûr que la méthode était bonne et que c'était la machine qui déconnait, admet-il. Camille, elle, commençait à se demander si l'astuce de son compagnon ne coûtait pas plus qu'elle ne rapportait.

« On avait froid quand on était là, et chaud quand on dormait, c'était le monde à l'envers. »

Ce que l'électricien a vu en posant la main au sol

Gilles est arrivé avec sa sacoche, a fait le tour des pièces, puis s'est accroupi pour poser la paume sur le carrelage. Il a regardé l'historique du thermostat, écouté Thomas raconter sa méthode, et a souri sans moquerie. Le plancher n'avait rien, a-t-il expliqué, il faisait exactement ce qu'on lui demandait. Le problème venait de la façon dont on le pilotait. Un plancher chauffant, c'est une grosse masse de béton qu'il faut réchauffer entièrement avant que l'air de la pièce en profite.

C'est ce qu'on appelle l'inertie, et elle joue dans les deux sens, a-t-il détaillé à la table de la cuisine. Quand Thomas baissait à quinze degrés, la dalle refroidissait lentement pendant toute la journée. Le soir, il fallait réchauffer plusieurs tonnes de chape, ce qui demandait des heures à pleine puissance. Le chauffage tournait alors sans arrêt, puis continuait de restituer sa chaleur pendant la nuit, quand plus personne n'en profitait. Les économies de la journée étaient englouties, et au-delà, par cette remontée forcée.

Votre plancher, c'est un paquebot, pas une voiture de course, on ne le fait pas démarrer et freiner deux fois par jour, a résumé Gilles. Il a conseillé de garder une consigne stable, autour de dix-neuf ou vingt degrés, avec un abaissement léger. Un ou deux degrés de moins la nuit ou en journée, pas davantage, programmés à l'avance. Pour des absences de plusieurs jours, en revanche, une baisse plus nette retrouvait son intérêt. Thomas a écouté, un peu vexé, puis a demandé à Gilles de lui montrer la programmation.

Un degré de moins, et une maison enfin régulière

Depuis, le thermostat ne bouge presque plus dans l'entrée, et la télécommande a rejoint le tiroir des piles. La consigne est fixée à vingt degrés en journée et dix-neuf la nuit, sans intervention de personne. Jade ne réclame plus son plaid, et Camille ne se réveille plus en nage au milieu de la nuit. Le voyant s'allume et s'éteint de nouveau par petites touches, comme avant. Le mois de janvier a affiché une consommation inférieure à celle de l'hiver précédent, malgré un froid plus marqué.

Thomas fait ses comptes avec une pointe d'ironie sur lui-même, en reconnaissant qu'il a payé pour apprendre. Il estime avoir perdu une soixantaine d'euros sur deux mois, sans compter les soirées frileuses. On connaît tous ça, cette idée qu'éteindre, c'est forcément économiser, dit-il en haussant les épaules. Chez lui, avec ce système, c'était l'inverse. Il a aussi découvert que ses voisins équipés de radiateurs classiques pouvaient, eux, jouer plus librement avec les baisses de température.

Avant de chercher une astuce, il conseille désormais de comprendre d'abord le chauffage qu'on a sous les pieds. Il a ressorti la notice du thermostat, oubliée dans un classeur, et regardé enfin les courbes de son espace client. Il a même proposé à son beau-frère, équipé du même système à Olivet, de comparer leurs consommations. Ce dernier, qui pratiquait la même méthode depuis des années, a raccroché songeur. Dans le lotissement, l'histoire a fait le tour des barbecues du printemps, racontée par Thomas lui-même.

« Votre plancher, c'est un paquebot, pas une voiture de course, on ne le fait pas démarrer et freiner deux fois par jour. »

  • Identifier son type de chauffage : un plancher chauffant réagit en plusieurs heures, un radiateur en quelques minutes.
  • Garder une consigne stable autour de 19 à 20 °C plutôt que de grandes variations quotidiennes.
  • Limiter l'abaissement à un ou deux degrés la nuit ou en journée, programmé à l'avance.
  • Réserver les baisses importantes aux absences de plusieurs jours.
  • Comparer sa consommation mois par mois dans l'espace client, à températures extérieures proches.
  • Relire la notice du thermostat ou demander conseil à l'installateur avant de changer ses habitudes.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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