Elle reprend la piscine de Besançon après son balayage blond : un mois plus tard, ses mèches claires tirent nettement sur le vert

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Il est sept heures moins dix, un mardi d'octobre, et la piscine municipale de Besançon sent déjà le chlore tiède. Claire pose son sac sur le banc carrelé, entend l'écho des plongeons dans le grand bassin. Elle dénoue ses cheveux, passe la main dans ses mèches blondes encore neuves. Le balayage date de fin août, et elle en est plutôt fière.

Une rentrée à la nage, des mèches blondes toutes neuves

Claire a quarante et un ans, elle est comptable dans une entreprise de transport près de la gare Viotte. Elle habite le quartier des Chaprais avec son fils de douze ans et un vieux chat roux qui dort sur le radiateur. Chaque année, à la rentrée, elle se promet de reprendre le sport, et chaque année la promesse s'effiloche avant la Toussaint. Cette fois, elle a décidé que ce serait différent. Elle a acheté un abonnement de dix entrées et un maillot bleu marine sans fioritures.

Fin août, juste avant de reprendre le travail, elle s'est offert un balayage chez Nadia, sa coiffeuse de la rue des Granges. Trois heures dans le fauteuil, des papillotes partout, une odeur piquante de décolorant qui lui montait aux yeux. Le résultat lui a plu tout de suite : des reflets miel et blé, lumineux, qui adoucissaient son visage fatigué. Ses collègues l'ont remarqué dès le premier lundi, et sa sœur lui a envoyé un message enthousiaste après une photo de famille.

Les premières séances à la piscine se passent bien, mieux qu'elle ne l'espérait. Elle nage le crawl, approximativement, puis la brasse quand le souffle manque. Elle compte ses longueurs à voix basse et se sent légère en ressortant dans l'air frais du matin. Elle prend sa douche rapidement, sèche ses cheveux au séchoir mural qui souffle trop chaud, puis file au bureau. La routine s'installe sans effort, trois fois par semaine, le mardi, le jeudi et le samedi.

Le bonnet reste au fond du sac, pour de bonnes raisons

Le bonnet de bain, elle l'a pourtant acheté, en silicone noir, au rayon sport du supermarché. Mais il lui serre les tempes, tire sur ses cheveux à l'enfilage et lui laisse une marque rouge sur le front. Au bout de la deuxième séance, elle le laisse au fond du sac. À Besançon, le bonnet n'est pas exigé partout pour les nageurs adultes, et beaucoup de femmes autour d'elle nagent cheveux attachés. Elle se dit qu'une queue de cheval fera parfaitement l'affaire.

Il y a aussi une question de temps, et soyons honnêtes, c'est la raison principale. Le matin, entre le petit déjeuner de son fils et le bus de huit heures, chaque minute compte. Mouiller ses cheveux sous la douche avant d'entrer dans l'eau, mettre un soin, enfiler le bonnet, tout cela lui paraît superflu. Elle entre dans le bassin directement, cheveux secs, et plonge sans réfléchir davantage. L'eau froide sur la nuque la réveille mieux que n'importe quel café.

Après la nage, elle utilise le gel douche fourni par le distributeur mural, un produit deux-en-un à l'odeur vaguement fruitée. Ses cheveux en ressortent un peu rêches, mais elle met cela sur le compte du chlore et du séchoir. Elle se dit qu'un masque le dimanche compensera. Elle n'en parle même pas à Nadia, qu'elle doit revoir seulement en novembre pour une coupe. Tout lui semble normal, presque banal, comme l'habitude de milliers de nageurs avant elle.

« Ma sœur me dit que c'est le chlore, mais elle est brune, alors elle n'en sait rien. »

Un reflet bizarre sous la lumière du bureau

C'est au bout de trois semaines que le premier détail apparaît, si discret qu'elle ne le voit pas vraiment. Dans l'ascenseur du bureau, sous les néons blancs, une collègue lui dit que ses cheveux ont un drôle de reflet. Claire rit, répond que c'est la lumière, et n'y pense plus de la journée. Le soir, devant le miroir de la salle de bains, elle ne remarque rien de particulier. L'ampoule jaune adoucit tout, et ses mèches lui semblent simplement un peu ternes.

Quelques jours plus tard, son fils la regarde de travers au petit déjeuner, la cuillère suspendue au-dessus du bol. Il lui demande, très sérieusement, pourquoi elle a mis du vert dans ses cheveux. Elle hausse les épaules, persuadée qu'il plaisante, comme souvent le matin. Ça doit être le reflet de la nappe, lui répond-elle en riant, et il ne proteste pas. Pourtant, en sortant, elle jette un œil dans le rétroviseur de la voiture d'un voisin garée devant l'immeuble.

Le samedi suivant, à la lumière du jour, près de la fenêtre de la cuisine, plus de doute possible. Les pointes de ses mèches les plus claires tirent sur un vert pâle, un vert d'eau, presque menthe. Les racines et les cheveux non décolorés, eux, n'ont pas changé du tout. Elle tourne la tête, prend une photo avec son téléphone, zoome. On dirait que quelqu'un a passé un léger lavis de peinture sur le blond, seulement là où Nadia avait appliqué la décoloration.

Shampooings, vinaigre et coups de fil sans réponse claire

Sa première réaction est de laver ses cheveux, encore et encore, avec le shampooing habituel. Deux lavages, puis trois, sans changement notable, sinon des longueurs encore plus sèches. Elle cherche sur son téléphone, tombe sur des forums où l'on parle de jus de citron, de ketchup, de bicarbonate. Elle essaie le vinaigre de cidre dilué dans un bol, qui laisse une odeur tenace dans la salle de bains. Le vert pâlit à peine, ou peut-être qu'elle s'en persuade simplement.

Elle appelle sa sœur, qui nage depuis des années dans une piscine de Dijon sans jamais avoir eu ce problème. Ma sœur me dit que c'est le chlore, mais elle est brune, alors elle n'en sait rien, raconte Claire. Sa mère, au téléphone, lui conseille de ne plus jamais aller à la piscine, tout simplement. Claire refuse, elle tient trop à ses séances et à la sensation de bien-être qu'elles lui procurent. Elle sent pourtant monter une forme d'agacement, presque de honte.

Au bureau, elle commence à attacher ses cheveux en chignon serré pour cacher les pointes. Elle évite les fenêtres et les photos de groupe, ce qui est absurde, elle le sait. Un soir, elle achète au supermarché un shampooing violet censé neutraliser les reflets jaunes. Le résultat est pire, avec une teinte grisâtre qui s'ajoute au vert. Elle finit par envoyer la photo à Nadia, accompagnée d'un message un peu désespéré, tard, vers vingt-trois heures. La réponse arrive le lendemain matin.

« J'ai cru que le shampooing violet allait tout arranger, et je me suis retrouvée avec du gris par-dessus le vert. »

Ce que la coiffeuse explique, et ce n'est pas le chlore

Nadia lui propose de passer le jeudi midi, entre deux rendez-vous. Dans le salon de la rue des Granges, elle examine les mèches à la lumière de la vitrine, les fait glisser entre ses doigts. Elle sourit, sans moquerie, et lui demande simplement si elle nage sans bonnet. Claire avoue, un peu penaude, l'abonnement, les cheveux secs, le gel deux-en-un. Nadia hoche la tête, elle voit ce cas plusieurs fois par an, surtout à la rentrée et après l'été.

Elle explique que le chlore seul ne rend pas les cheveux verts, contrairement à ce que tout le monde croit. Le coupable, ce sont surtout les métaux dissous dans l'eau, en particulier le cuivre. Il peut venir des canalisations, de certains produits de traitement de l'eau, ou de l'eau elle-même. Le chlore oxyde ce cuivre, et celui-ci vient se fixer sur la fibre capillaire. Ce n'est pas le chlore, c'est le cuivre qui s'accroche, et ton blond est une éponge, résume Nadia.

Pourquoi seulement les mèches, demande Claire, intriguée. Parce que la décoloration ouvre et fragilise la surface du cheveu, la rend plus poreuse, répond la coiffeuse. Un cheveu décoloré absorbe beaucoup plus facilement ce qui traîne dans l'eau. Et sur un blond clair, le moindre dépôt verdâtre se voit immédiatement, alors que sur un châtain il passe inaperçu. Voilà pourquoi sa sœur brune n'a jamais rien remarqué. Le shampooing violet, lui, n'agit que sur les reflets jaunes et ne retire pas le métal.

Nager quand même, mais avec quelques gestes en plus

Nadia lui fait un shampooing chélatant au bac, un produit conçu pour décrocher les dépôts de métaux et de minéraux. Elle le laisse poser quelques minutes, rince, recommence une seconde fois sur les pointes. Claire regarde l'eau couler, un peu dubitative, puis se redresse face au miroir. Le vert a presque disparu, il reste une ombre à peine visible. Un masque nourrissant termine le soin, car ces shampooings dessèchent. La séance lui coûte une trentaine d'euros, moins qu'elle ne le craignait.

Surtout, Nadia lui donne une méthode pour continuer à nager sans recommencer. Le secret, c'est de mouiller les cheveux à l'eau de la douche avant d'entrer dans le bassin. Un cheveu déjà gorgé d'eau propre absorbe beaucoup moins celle de la piscine, explique-t-elle. Ensuite, un peu d'huile ou de crème sans rinçage sur les longueurs, puis le bonnet, même s'il serre. On connaît tous ça, le bonnet qui tire, mais elle lui conseille d'en essayer un en tissu doublé.

Depuis, Claire a repris ses trois séances par semaine, avec cinq minutes de plus dans le vestiaire. Elle utilise le shampooing chélatant une fois par semaine, pas davantage, pour ne pas abîmer son balayage. Ses mèches ont retrouvé leur couleur miel, et son fils ne fait plus de remarques au petit déjeuner. Je pensais que c'était la fin du blond ou de la piscine, et finalement je garde les deux, dit-elle. Le chignon serré, lui, est retourné au placard.

« Je pensais que c'était la fin du blond ou de la piscine, et finalement je garde les deux. »

  • Mouiller entièrement ses cheveux à l'eau de la douche avant d'entrer dans le bassin.
  • Appliquer une huile ou une crème sans rinçage sur les longueurs décolorées avant de nager.
  • Porter un bonnet, en tissu doublé si le silicone serre trop.
  • Rincer abondamment les cheveux à l'eau claire dès la sortie du bassin.
  • Utiliser un shampooing chélatant une fois par semaine pour retirer les dépôts de cuivre.
  • Ne pas compter sur un shampooing violet, qui corrige le jaune mais pas le vert.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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