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Samedi 24 octobre 2026, en marge des cortèges, des groupes de militants d'extrême droite ont été observés en train d'invectiver les manifestants. Certains ont même été filmés pendant qu'ils commettaient des violences sur des personnes, comme à Montpellier. La préfecture de l'Hérault a saisi le procureur pour comprendre ce qu'il s'est passé sur le terrain et faire la lumière sur l'organisation de ces groupes.
L’essentiel en 3 points
- Le 24 octobre 2026, des militants d'extrême droite ont invectivé et parfois frappé des manifestants en marge des cortèges, notamment à Montpellier.
- Saisi par la préfecture de l'Hérault, le procureur de la République de Montpellier a annoncé l'ouverture d'une enquête pour identifier ces profils.
- Deux spécialistes décrivent une mobilisation coordonnée via Telegram, présentée publiquement comme une protection des commerçants.
Des brassards blancs, des cagoules et des coups
Des brassards blancs, des cagoules, des gros bras, des insultes… Et des coups. Samedi, les manifestations, légales ou illégales, se déroulaient dans une ambiance relativement pacifique en France. En marge des cortèges, des militants d'extrême droite ont pourtant été aperçus. Des individus parfois violents, selon plusieurs internautes qui ont partagé des images de passages à tabac.
À Montpellier, un photographe a diffusé une vidéo tournée rue de la Loge. Selon son message, des militants qu'il qualifie de fascistes ont attaqué des manifestants sous les yeux de la police ; quand ceux-ci ont répliqué, la police aurait chargé, et des personnes à terre auraient été frappées. Plusieurs préfectures, et notamment celle de l'Hérault, doivent se pencher sur ces actes graves dans les jours à venir.
« Le danger, ce n'est pas seulement les groupuscules, c'est aussi le récit qui le rend acceptable », souligne la chercheuse Iris Boyer.
Comment reconnaître ces militants
Il n'était pas rare, samedi, d'entendre des manifestants crier « gare aux fafs », c'est-à-dire « gare aux fascistes ». Selon Bénédicte Laumond, maîtresse de conférences en science politique et chercheuse au CESDIP, les figures locales des syndicats et associations présentes dans les cortèges savent reconnaître les militants d'extrême droite.
Ce n'est pas tant leur accoutrement qui permet de les identifier que les actes auxquels ils se livrent. « En termes vestimentaires, ils sont souvent habillés en noir, comme peuvent l'être des militants qui s'adonnent aux techniques des Black Blocs, par exemple. Généralement, on les repère par ce qu'ils disent. Et puis par leur cible », explique cette spécialiste des mouvements sociaux.
Elle précise : « Là où généralement les Black blocs s'attaquent à des biens, à des vitrines, des abribus… Les militants d'extrême droite s'attaquent aux manifestants. » Le leader du groupuscule Jeune d'Oc, Anthony Lacoste, auteur d'un appel à la mobilisation, n'a pas répondu aux sollicitations pour le moment. Le procureur de la République de Montpellier a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête pour identifier ces profils.
- Date : samedi 24 octobre 2026
- Lieux cités : Montpellier et Toulouse
- Faits rapportés : invectives et agressions de manifestants
- Réaction : saisine du procureur par la préfecture de l'Hérault
- Suite : enquête ouverte par le procureur de Montpellier
| Acteur | Rôle | Position |
|---|---|---|
| Militants d'extrême droite | Invectives et violences en marge des cortèges | Mobilisés via des canaux Telegram et réseaux sociaux |
| Préfecture de l'Hérault | Saisine du procureur | Veut faire la lumière sur l'organisation des groupes |
| Procureur de Montpellier | Ouverture d'une enquête | Identifier les profils |
| Ministre de l'Intérieur | Réponse aux accusations | Défend l'intervention des forces de l'ordre |
Une mobilisation en réseau via Telegram
Tous ces militants ne portaient pas de drapeau. Aux groupes identitaires « officiels » se sont ajoutés des militants mobilisés via des canaux Telegram ou d'autres réseaux sociaux. « Il y a un canal par ville avec à chaque fois un référent local », explique Iris Boyer, chercheuse spécialisée en groupes d'ultradroite.
« C'est une architecture en réseau, qui permet de rapidement se mobiliser à l'échelle nationale. La coordination est réelle. De ce que j'ai vu, il y a des signes de reconnaissance, des points de rendez-vous… Mais par contre, la responsabilité est diffuse et il n'y a personne qui a officiellement appelé à la violence », poursuit-elle.
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Protéger les commerçants, vraiment ?
Les appels formulés par des identitaires affichaient un objectif présenté comme louable, bien qu'il ne relève pas en principe de citoyens ordinaires : protéger les commerces. « Dans des boucles Telegram, on voyait clairement qu'on parlait de recours à la violence, mais sur d'autres canaux, pas du tout », pose Iris Boyer. « Ils parlaient de protection des commerçants. Si on veut mobiliser plus, on va essayer d'attirer des personnes qui ne sont pas hyperradicales. C'est un discours public qui est lisse, mais après, dans des boucles privées, c'est beaucoup plus radical. »
Dans les faits, samedi, il n'a pas été observé de protection des biens mais des agressions de personnes. Ces passages à l'acte étaient prévisibles, selon cette experte des phénomènes de polarisation : « C'est un peu le dessus de l'iceberg, mais le dessous, c'est que ça fait des années que les groupes se coordonnent. Il y a un écosystème très diffus, mais hyperproactif et hyperprolifique de communautés d'extrême droite en ligne qui prônent ce genre de recours à la violence. »
La question de la proximité avec les forces de l'ordre
Iris Boyer pointe un autre reflet de la polarisation en cours : « On arrive à finir avec les CRS, les commerçants et l'ultra-droite versus les lycéens, les profs et l'ultragauche, si je caricature. » Pour le moment, impossible de prouver une connivence entre forces de l'ordre et identitaires samedi. Restent les accusations d'internautes qui, sur la base de vidéos, jugent que des CRS ont laissé faire. Les préfectures concernées ont annoncé qu'elles feraient la lumière sur ces accusations.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a assuré que « les forces de l'ordre sont généralement intervenues, soit pour disperser ces groupes, soit pour éviter des affrontements entre les groupes antagonistes ». Pour Bénédicte Laumond, il est trop tôt pour trancher et plusieurs hypothèses coexistent : la connivence, une hiérarchisation du danger par les forces de l'ordre qui auraient avant tout prévu le maintien de l'ordre face à des forces contestataires plutôt marquées à gauche, ou encore des interpellations après la manifestation. « On les laisse et on va les interpeller un petit peu plus tard. Ça, c'est à suivre sur les différents territoires », indique-t-elle.
« La première hypothèse, de la connivence, est possible à la marge. Mais il ne faut pas non plus la considérer comme acquise », estime Bénédicte Laumond.
Un constat amer
En attendant les conclusions de l'enquête ouverte à Montpellier et les éventuelles interpellations, Iris Boyer qualifie ces militants « d'entrepreneurs du chaos ». Pour elle, le danger tient autant aux groupuscules qu'au récit qui rend leur action acceptable.
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Questions fréquentes
Que s'est-il passé le 24 octobre 2026 ?
Des militants d'extrême droite ont invectivé des manifestants en marge des cortèges. Certains ont été filmés en train de commettre des violences, notamment à Montpellier.
Une enquête est-elle ouverte ?
Oui. Saisi par la préfecture de l'Hérault, le procureur de la République de Montpellier a annoncé l'ouverture d'une enquête pour identifier ces profils.
Comment ces militants sont-ils reconnus ?
Surtout par ce qu'ils disent et par leur cible, selon Bénédicte Laumond. Ils s'attaquent aux manifestants plutôt qu'aux biens.
Comment se sont-ils mobilisés ?
Via des canaux Telegram et d'autres réseaux sociaux. Iris Boyer décrit un canal par ville avec un référent local.
Y a-t-il eu connivence avec les forces de l'ordre ?
Rien ne permet de le prouver pour l'instant. Les préfectures ont annoncé qu'elles feraient la lumière sur ces accusations.
Que répond le ministre de l'Intérieur ?
Laurent Nuñez assure que les forces de l'ordre sont généralement intervenues pour disperser ces groupes ou éviter des affrontements.
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