Manifestation du 5 novembre à Toulouse : pourquoi les policiers ont chargé les syndicalistes au pont des Catalans, préfecture et CGT s’opposent

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Pourquoi le face-à-face entre policiers et manifestants a-t-il dégénéré, jeudi 5 novembre, aux abords du pont des Catalans, à Toulouse ? Pendant près d'une heure et demie, le cortège syndical est resté bloqué devant les forces de l'ordre. Plusieurs tirs de grenades lacrymogènes ont suivi, puis une charge policière. Au lendemain des affrontements, la préfecture et la CGT livrent deux récits opposés de l'intervention. Retour, point par point, sur leurs désaccords.

L’essentiel en 3 points

  • Le cortège syndical est resté bloqué près d'une heure et demie au pont des Catalans, avant des tirs de grenades lacrymogènes et une charge policière.
  • La préfecture invoque un itinéraire interdit, des individus vêtus de noir et un camion de la CGT avançant vers le barrage. La CGT conteste cette version.
  • La préfecture recense 18 blessés parmi les forces de l'ordre et 30 interpellations. La CGT évoque au moins neuf traumatismes crâniens, des chiffres non confirmés indépendamment.

Pourquoi le cortège a-t-il été bloqué ?

Pour les services de l'État, l'objectif était clair : empêcher les manifestants de rejoindre le centre-ville par un itinéraire interdit par arrêté. Cette interdiction avait été confirmée par une décision du tribunal administratif.

Le rassemblement à Saint-Cyprien avait, lui, été toléré, parce qu'il se situait sur le parcours autorisé. La préfecture affirme par ailleurs avoir proposé aux syndicats une autre route : rejoindre les Arènes par l'avenue Étienne-Billières. C'est donc au moment où le cortège a voulu emprunter l'itinéraire interdit que les forces de l'ordre l'ont arrêté, aux abords du pont des Catalans.

Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT 31, défend au contraire le choix du parcours historique. Selon lui, il aurait suffi d'ouvrir ce parcours pour que la manifestation se déroule sans incident.

« Si le parcours avait été ouvert, ça se passait sans problème. » — Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT 31

Qu'est-ce qui a déclenché la charge ?

Selon la préfecture, des individus vêtus de noir se seraient progressivement mêlés à la tête du cortège. Certains auraient tenté d'arracher des pavés avant les premiers jets de projectiles. Les forces de l'ordre auraient alors employé les grenades lacrymogènes pour disperser le rassemblement.

Les services de l'État avancent un autre élément. Un camion de la CGT aurait progressé vers le barrage policier au lieu de reculer, laissant craindre une tentative de passage en force.

Cédric Caubère conteste cette version. Il reconnaît seulement la présence « d'une poignée de gens en noir sur le côté » et assure : « De mon point de vue, il n'y avait aucune raison de charger. » Pour le syndicat, la présence de ces quelques personnes ne justifiait donc pas l'intervention qui a suivi.

  • Itinéraire : la préfecture s'appuie sur un arrêté confirmé par le tribunal administratif, la CGT défend le parcours historique
  • Individus vêtus de noir : la préfecture décrit leur infiltration en tête de cortège, la CGT parle d'une poignée de personnes sur le côté
  • Camion de la CGT : la préfecture affirme qu'il a avancé vers le barrage, laissant craindre un passage en force
  • Charge : la préfecture la justifie par le maintien du barrage, la CGT estime qu'il n'y avait aucune raison de charger
Point de désaccord Version de la préfecture Version de la CGT
Itinéraire Parcours vers le centre-ville interdit par arrêté, confirmé par le tribunal administratif ; alternative proposée par l'avenue Étienne-Billières Défense du parcours historique
Individus vêtus de noir Mêlés progressivement à la tête du cortège, tentatives d'arracher des pavés Une poignée de gens en noir sur le côté
Charge Nécessaire pour maintenir le barrage Aucune raison de charger
Blessés 18 blessés parmi les forces de l'ordre, dont 24 CRS touchés par un liquide Au moins neuf traumatismes crâniens et une dizaine de militants frappés

Pourquoi les syndicalistes ont-ils été touchés ?

Interrogée sur l'impossibilité apparente de distinguer les individus violents des militants syndicaux, la préfecture reconnaît la difficulté de l'opération : « On ne pouvait pas faire le tri. » Elle justifie la charge par la nécessité de maintenir le barrage.

La CGT accuse, elle, les policiers d'avoir délibérément visé son service d'ordre. Cédric Caubère évoque « au moins neuf traumatismes crâniens reçus aux urgences de Joseph-Ducuing » et une dizaine de militants frappés. Ces chiffres n'ont pas été confirmés indépendamment.

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Des policiers également blessés

De son côté, la police fait état de 24 CRS victimes de projections d'un liquide identifié, selon les informations disponibles, comme de l'acide phosphorique. Malgré leurs équipements de protection, les fonctionnaires ont souffert de brûlures et d'irritations. L'un d'eux a été touché aux yeux.

Leurs blessures se sont finalement révélées légères. Une enquête a été ouverte pour identifier le ou les auteurs de ces projections, toujours inconnus à ce stade.

Le bilan de la préfecture

La préfecture a recensé, au total, 18 blessés parmi les forces de l'ordre et 30 interpellations au cours de la journée. Ce bilan officiel s'ajoute aux chiffres avancés par la CGT sur les blessés dans les rangs syndicaux, qui restent, eux, non confirmés.

« On ne pouvait pas faire le tri. » — la préfecture, interrogée sur la charge visant le cortège

Des circonstances encore à éclaircir

Au lendemain de la manifestation, les circonstances précises des violences restent à éclaircir. Les deux camps s'opposent sur presque tous les points : la légitimité du blocage, l'origine des tensions, le rôle du camion syndical et la justification de la charge.

D'un côté, l'État met en avant une décision de justice, la présence d'individus violents et la nécessité de tenir le barrage. De l'autre, la CGT 31 estime que l'ouverture du parcours historique aurait évité les heurts et accuse les policiers d'avoir visé son service d'ordre. L'enquête ouverte sur les projections d'acide phosphorique devra, pour sa part, permettre d'identifier les auteurs.

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Questions fréquentes

Que s'est-il passé au pont des Catalans le 5 novembre ?

Le cortège syndical est resté bloqué près d'une heure et demie devant les forces de l'ordre. Plusieurs tirs de grenades lacrymogènes ont suivi, puis une charge policière.

Pourquoi la préfecture a-t-elle bloqué le cortège ?

Pour empêcher les manifestants de rejoindre le centre-ville par un itinéraire interdit par arrêté, confirmé par le tribunal administratif. Elle dit avoir proposé de rejoindre les Arènes par l'avenue Étienne-Billières.

Qu'est-ce qui a déclenché la charge selon la préfecture ?

Des individus vêtus de noir se seraient mêlés à la tête du cortège et certains auraient tenté d'arracher des pavés. Un camion de la CGT aurait aussi avancé vers le barrage.

Que répond la CGT ?

Cédric Caubère reconnaît seulement « une poignée de gens en noir sur le côté » et estime qu'il n'y avait aucune raison de charger. Il accuse les policiers d'avoir visé le service d'ordre syndical.

Combien de blessés ont été recensés ?

La préfecture recense 18 blessés parmi les forces de l'ordre, dont des CRS touchés par de l'acide phosphorique. La CGT évoque au moins neuf traumatismes crâniens, des chiffres non confirmés indépendamment.

Combien de personnes ont été interpellées ?

La préfecture fait état de 30 interpellations au cours de la journée. Une enquête a par ailleurs été ouverte pour identifier les auteurs des projections de liquide.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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