Des boucles de Cher aux tresses de Marie Laveau : pourquoi les sorcières de cinéma ont toujours des cheveux aussi spectaculaires depuis 1987

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Une coiffure bouffante, des tresses interminables, des boucles en bataille : au cinéma, on reconnaît une sorcière à ses cheveux avant même qu'elle lance un sort. Derrière ces crinières se cache une longue histoire, faite de peurs, de symboles et de tendances beauté.

L’essentiel en 3 points

  • Dans les récits anciens, les mèches sauvages et flottantes servaient déjà à identifier une sorcière, selon une historienne américaine.
  • Au cinéma, de Hocus Pocus aux Ensorceleuses, la chevelure exprime le pouvoir, la liberté ou la rébellion du personnage.
  • En 1486, le Malleus Maleficarum affirmait que les cheveux des sorcières contenaient leur magie et devaient être coupés.

Une sorcière se reconnaît d'abord à sa chevelure

Imaginez Winifred Sanderson, l'héroïne de Hocus Pocus, sans sa coiffure bouffante. Le personnage perdrait une bonne partie de son identité. Il en va de même pour beaucoup de sorcières devenues cultes.

Marie Laveau, la prêtresse vaudou d'American Horror Story, porte de longues tresses qui marquent chaque scène. Cher, dans Les Sorcières d'Eastwick, affiche des boucles volontairement hirsutes.

Ces coiffures ne relèvent pas du simple décor. Elles définissent le personnage, comme si chaque mèche gardait une part de sa magie.

Ce sujet revient naturellement chaque année en octobre, une tendance mode pile dans l'air du mois. Il intéresse autant les amateurs de cinéma que celles et ceux qui cherchent une inspiration coiffure.

Au cinéma, la chevelure d'une sorcière grandit souvent au même rythme que son pouvoir.

Les sœurs Owens, des cheveux devenus personnages

Peu de sorcières ont autant marqué le public que Gillian et Sally Owens, dans Les Ensorceleuses, sorti en 1998. Nicole Kidman et Sandra Bullock y portent des crinières brillantes et épaisses.

Ces chevelures ont été travaillées par Rodolfo Valentin, coiffeur réputé installé à New York. À l'écran, elles pèsent presque autant que les dialogues.

  • Winifred Sanderson, Hocus Pocus : coiffure bouffante et très structurée.
  • Marie Laveau, American Horror Story : longues tresses.
  • Cher, Les Sorcières d'Eastwick : boucles volontairement hirsutes.
  • Gillian et Sally Owens, Les Ensorceleuses : cheveux épais et brillants, accessoirisés de pinces.
  • Endora, Ma sorcière bien-aimée : chevelure rousse imposante et fard bleu électrique.
  • Dangereuse Alliance : cheveux teints, eye-liner épais et rouge à lèvres noir.
Œuvre Époque Style capillaire Ce qu'il exprime
Ma sorcière bien-aimée Années 60 Coupe soignée contre crinière rousse Conformisme face à la sorcellerie assumée
Les Sorcières d'Eastwick 1987 Boucles volumineuses, cheveux qui poussent Danger et pouvoir grandissant
Dangereuse Alliance Années 90 Cheveux teints, look goth Rébellion adolescente
Les Ensorceleuses 1998 Crinières épaisses et brillantes Sorcières heureuses et proches de nous

Ce que disent les archives anciennes

Elizabeth Ann Pollard, professeure d'histoire à l'université d'État de San Diego, étudie la représentation des sorcières à travers les siècles. Selon elle, les textes anciens décrivent souvent des cheveux libres et désordonnés.

Dans ces écrits, la sorcière porte des vêtements sombres, marche pieds nus et a le teint pâle. Ses cheveux partent dans tous les sens, ses ongles sont rugueux et ses dents abîmées.

Le cinéma a gardé l'idée des mèches libres, mais il les a rendues désirables. La crinière sauvage est devenue un atout beauté plutôt qu'un signe inquiétant.

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Ce que les coiffures racontent du pouvoir et de l'époque

À l'écran comme dans l'histoire, les cheveux portent des messages. Ils évoquent la séduction, le désordre intérieur ou au contraire sa maîtrise, mais aussi la liberté et la sexualité.

Dans Les Sorcières d'Eastwick, Suki Ridgemont, jouée par Michelle Pfeiffer, devient plus menaçante à mesure que ses cheveux poussent. La longueur suit littéralement la montée de son pouvoir.

Ma sorcière bien-aimée joue sur un contraste parlant. Samantha Stephens porte la coupe nette d'une femme au foyer des années 60, quand sa mère Endora affiche une imposante chevelure rousse et un fard bleu électrique.

Des années 80 au goth des années 90

Pour Elizabeth Ann Pollard, les sorcières reflètent les peurs et les désirs d'une société à un moment précis. Le film Les Sorcières d'Eastwick, sorti en 1987, en offre un bon exemple.

Il arrive aux États-Unis pendant la « panique satanique », période de rumeurs complotistes sans fondement. Ses trois héroïnes, jouées par Cher, Susan Sarandon et Michelle Pfeiffer, sont veuves ou divorcées, et non mères de famille.

Dans les années 90, Dangereuse Alliance change de style. Cheveux teints, eye-liner épais et rouge à lèvres noir accompagnent la vague goth et grunge, et les looks se durcissent à mesure que les pouvoirs grandissent.

Les sorcières de fiction reflètent les peurs et les envies de la société qui les imagine.

Des cheveux rasés par l'Inquisition à des images plus variées

Ce lien entre cheveux et pouvoir a eu des conséquences bien réelles. En 1486, le Malleus Maleficarum, manuel de l'Inquisition très diffusé, affirmait que la chevelure des sorcières renfermait des pouvoirs magiques.

Le texte recommandait donc de la couper. Les personnes soupçonnées de sorcellerie avaient la tête rasée, ce qui rappelle que beaucoup de ces femmes ont réellement existé et ont été persécutées.

Aramide Tinubu, critique chez Variety, regrette la rareté des sorcières noires à l'écran. Elle cite Bonnie Bennett dans The Vampire Diaries, souvent cantonnée à un rôle secondaire.

La vraie Marie Laveau était herboriste, sage-femme et praticienne vaudou à La Nouvelle-Orléans. Aujourd'hui encore, les sœurs Owens séduisent par leur côté accessible : margaritas, jupes moulantes et pinces à cheveux.

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Questions fréquentes

Pourquoi les sorcières ont-elles de longs cheveux dans les films ?

Les récits anciens associaient déjà les mèches libres et désordonnées aux sorcières. Le cinéma a repris ce code et l'utilise pour montrer le pouvoir ou la liberté du personnage.

Qui a coiffé Nicole Kidman et Sandra Bullock dans Les Ensorceleuses ?

Leurs chevelures ont été travaillées par Rodolfo Valentin, coiffeur réputé basé à New York. Le film est sorti en 1998.

Que disait le Malleus Maleficarum sur les cheveux des sorcières ?

Ce manuel de l'Inquisition publié en 1486 affirmait que les cheveux des sorcières contenaient des pouvoirs magiques. Il recommandait de les couper, et les suspectes avaient la tête rasée.

Quelle coiffure pour un look de sorcière en octobre ?

Le cinéma offre plusieurs modèles : volume bouffant façon Hocus Pocus, boucles en bataille façon Eastwick ou longues tresses. Le look Dangereuse Alliance mise sur des cheveux teints et un maquillage sombre.

Marie Laveau a-t-elle vraiment existé ?

Oui, elle était herboriste, sage-femme et praticienne vaudou à La Nouvelle-Orléans. Angela Bassett l'a incarnée dans American Horror Story.

Pourquoi voit-on peu de sorcières noires au cinéma ?

Aramide Tinubu, critique chez Variety, constate qu'elles sont rares et souvent reléguées au second plan. Elle cite l'exemple de Bonnie Bennett dans The Vampire Diaries.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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