Elle reste au lit jusqu’à neuf heures le dimanche du changement d’heure : jeudi, elle ouvre les yeux à cinq heures sans se rendormir

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Dimanche matin, neuf heures passées, à Chamalières. La lumière grise filtrait à peine entre les volets tirés, et le radiateur cliquetait doucement en chauffant. Sylvie s'est retournée sous la couette, a regardé son téléphone, puis l'a reposé avec un petit sourire. Une heure de plus, offerte par le passage à l'heure d'hiver. Elle comptait bien en profiter jusqu'au bout.

Un dimanche d'automne où Sylvie s'offre enfin le luxe de traîner

Sylvie a cinquante-quatre ans et travaille comme comptable dans un cabinet du centre de Clermont-Ferrand. Depuis vingt ans, elle vit dans une petite maison de Chamalières, avec un jardin en pente et un chat roux nommé Biscotte. Son mari, Thierry, est chauffeur de car scolaire et se lève tôt toute la semaine. Elle, elle part vers huit heures, prend sa Clio, et rejoint le bureau en vingt minutes quand la circulation reste fluide. Une vie réglée, sans grande surprise, dont elle ne se plaint pas.

Le week-end, en revanche, c'est son territoire à elle. Elle ne met jamais de réveil, lit tard le samedi soir, et laisse la matinée du dimanche se dérouler sans programme. Ce dimanche-là tombait pile le jour du changement d'heure, fin octobre. Les horloges avaient reculé d'une heure pendant la nuit, et tout le monde à la radio parlait de cette heure de sommeil gagnée. Sylvie l'avait prise au mot. Elle avait éteint sa lampe vers minuit, sans culpabilité, certaine de rattraper ses nuits trop courtes.

À neuf heures et quart, elle a fini par descendre en peignoir. Thierry lisait le journal dans la cuisine, une tasse de café froid à côté de lui. Il était levé depuis six heures et demie, par habitude, et avait déjà fait le tour du jardin. Tu as bien dormi, toi, lui a-t-il lancé sans lever les yeux. Elle a répondu que oui, merveilleusement, et qu'elle se sentait reposée comme rarement. Dehors, le ciel était bas, les volets du salon toujours fermés. Elle ne les a pas ouverts avant midi.

Elle décide de garder ce rythme doux toute la semaine

Ce dimanche paresseux lui a donné une idée qui semblait raisonnable. Puisque l'heure d'hiver décalait tout, elle allait en profiter pour se coucher et se lever plus tard pendant quelques jours. Elle avait posé deux jours de congé le lundi et le mardi, pour vider le grenier avec sa sœur. Pas de bureau, pas de bouchons, pas d'obligation de se lever tôt. Elle se voyait déjà prendre son petit-déjeuner vers neuf heures, tranquillement, en écoutant France Inter dans la cuisine encore sombre.

Soyons honnêtes, on connaît tous cette tentation de prolonger le moindre répit. Sylvie se disait qu'elle accumulait une dette de sommeil depuis la rentrée et qu'elle avait le droit de la rembourser. Elle avait lu quelque part que dormir davantage aidait le corps à récupérer. Le lundi, elle s'est donc levée à neuf heures et demie. Le mardi, vers neuf heures. Les matinées étaient brumeuses, le jour tardait à se montrer, et elle gardait les rideaux tirés pour prolonger la douceur de la nuit.

Sa sœur, Martine, arrivait chaque jour vers dix heures avec des cartons pliés sous le bras. Elles passaient la matinée sous les combles, éclairées par une ampoule nue, à trier des vieux cahiers et des jouets d'enfants. Elles ne sortaient guère avant le déjeuner, pris dans la cuisine aux volets entrouverts. Le soir, Sylvie se couchait vers minuit, comme pendant ses vacances. Elle trouvait que la semaine commençait plutôt bien, et elle s'en félicitait. Rien ne laissait deviner que ce petit arrangement allait se retourner contre elle.

« Une heure de plus offerte, je n'allais quand même pas la gâcher en me levant tôt. »

Mercredi, un réveil avant l'aube qu'elle met sur le compte du vent

Le mercredi, Sylvie a repris le chemin du bureau. Elle avait remis son réveil à sept heures, mais elle a ouvert les yeux à cinq heures quarante, sans raison apparente. La maison était silencieuse, le chat dormait au pied du lit, et le vent secouait légèrement le portail. Elle s'est dit que c'était ce bruit qui l'avait tirée du sommeil. Elle est restée allongée, les yeux au plafond, en attendant que la sonnerie arrive enfin. Elle ne s'est pas rendormie.

Dans la journée, elle a ressenti une lourdeur étrange vers onze heures, puis un coup de barre après le déjeuner. Sa collègue Nadia lui a proposé un deuxième café, qu'elle a accepté sans réfléchir. Elle a mis cette fatigue sur le compte de la reprise après deux jours de congé. Le soir, elle tombait de sommeil dès neuf heures et demie devant la télévision. Thierry l'a secouée doucement pour qu'elle monte se coucher. Elle a grommelé qu'elle allait se rattraper cette nuit, et elle s'est endormie aussitôt.

Rien de tout cela ne lui paraissait grave. Une mauvaise nuit, une journée molle, tout le monde traverse ces passages sans y prêter attention. Elle se souvenait vaguement d'avoir eu des réveils précoces l'année précédente, au même moment de l'année, mais elle n'avait pas fait le lien. Elle a simplement pensé que le temps humide de l'Auvergne la rendait paresseuse. Elle n'a pas parlé de ce réveil à Thierry. Elle comptait sur la nuit suivante pour remettre les compteurs à zéro, comme d'habitude.

Jeudi à cinq heures, les yeux grands ouverts dans le noir

Le jeudi, le radio-réveil affichait cinq heures pile quand elle s'est réveillée en sursaut. Cette fois, il n'y avait pas de vent, pas de bruit, seulement le ronronnement du frigo au rez-de-chaussée. Elle se sentait parfaitement éveillée, l'esprit vif, comme en plein après-midi. Elle a essayé de compter ses respirations, de changer de côté, de repousser la couette. Rien n'y faisait. À six heures moins le quart, elle a fini par se lever et descendre dans la cuisine sans allumer.

Assise devant un bol de thé, elle a commencé à s'inquiéter sérieusement. Elle a pensé à un souci de travail, à la clôture des comptes qui approchait, aux disputes de sa fille au téléphone. Elle a même cherché sur internet des explications aux réveils nocturnes, ce qui l'a angoissée davantage. Les articles parlaient de stress, d'hormones, de ménopause, de dépression. Je ne me sentais pas déprimée, juste réveillée trop tôt, dira-t-elle plus tard, et c'est ça qui me déroutait le plus.

Le soir, elle a appelé sa sœur, qui lui a conseillé une tisane de tilleul et un comprimé de mélatonine acheté en pharmacie. Thierry, lui, suggérait de se coucher plus tard pour dormir plus longtemps le matin. Elle a tenté la tisane, puis veillé jusqu'à minuit et demi devant une série. Le vendredi, le réveil intérieur a sonné à cinq heures vingt. Elle était épuisée, irritable, et commençait à redouter le moment d'aller au lit. Elle a décidé d'en parler à quelqu'un qui s'y connaissait vraiment.

« Je ne me sentais pas déprimée, juste réveillée trop tôt, et c'est ça qui me déroutait le plus. »

Ce n'était pas l'angoisse, c'était la lumière qui manquait

Ce quelqu'un, c'était Claire, une amie d'enfance devenue infirmière dans un service du sommeil à Clermont. Elles se sont retrouvées le samedi midi dans une brasserie de la place de Jaude. Claire a écouté le récit de la semaine sans l'interrompre, en tournant sa cuillère dans son café. Puis elle a posé une seule question : à quelle heure Sylvie avait-elle vu la lumière du jour, ces derniers matins. Sylvie a dû réfléchir un moment avant de répondre qu'elle ne savait pas vraiment.

Claire lui a alors expliqué ce qu'elle voyait souvent dans son métier à cette période. Selon elle, notre horloge interne ne tourne pas exactement sur vingt-quatre heures et se recale chaque jour, surtout grâce à la lumière du matin. Ta grasse matinée, les volets fermés, le grenier sous l'ampoule, tu as privé ton horloge de son signal, a-t-elle résumé. Au lieu de s'ajuster à la nouvelle heure, elle est restée calée sur l'ancienne, et a même commencé à dériver.

Sylvie a mis quelques secondes à comprendre. Cinq heures du matin, en heure d'hiver, c'était six heures pour son corps resté sur l'heure d'été. Ajoutés à ses couchers tardifs et à ses siestes devant la télévision, ces matins sans soleil avaient brouillé tous les repères. Ce n'était ni le stress, ni l'âge, ni une maladie cachée. C'était une semaine passée dans la pénombre au mauvais moment. Elle a ri nerveusement, soulagée et un peu vexée d'avoir tant cherché ailleurs. Claire lui a proposé un plan très simple.

Trois jours de volets ouverts pour retrouver ses nuits

Le plan de Claire tenait sur une serviette en papier. Se lever chaque jour à la même heure, week-end compris, quelle que soit la nuit passée. Ouvrir les volets dès le réveil, puis sortir au moins vingt minutes dehors dans la matinée, même sous un ciel gris. Pour elle, la lumière extérieure, même voilée, reste bien plus forte que celle d'une lampe de salon. Éviter les siestes tardives, réduire les écrans le soir, et garder la chambre sombre la nuit.

Dès le dimanche, Sylvie s'est levée à sept heures, a ouvert grand les fenêtres et pris son café sur la terrasse, emmitouflée dans un gilet. Elle a promené Biscotte jusqu'au bout de la rue, ce qui a beaucoup amusé Thierry. Le lundi, elle s'est garée un peu plus loin du bureau pour marcher au jour. Le mardi, elle s'est réveillée à six heures et demie, puis le mercredi à sept heures moins cinq. J'avais l'impression qu'on m'avait rendu mes matinées, a-t-elle confié à Nadia.

Cette semaine compliquée lui aura coûté quelques jours de fatigue, une boîte de mélatonine inutile et beaucoup d'inquiétude pour rien. Elle a retenu la leçon avec humour, en se promettant de ne plus fêter l'heure d'hiver sous la couette. Sur la porte du frigo, elle a collé la serviette de Claire, recopiée au propre. Thierry, qui se lève toujours à six heures et demie, n'a jamais connu ce genre de nuits. Il a simplement dit qu'il fallait écouter les chauffeurs de car. Sylvie lui a laissé ce petit triomphe.

« Ta grasse matinée, les volets fermés, le grenier sous l'ampoule, tu as privé ton horloge de son signal. »

  • Se lever à la même heure chaque jour, y compris le week-end suivant le changement d'heure.
  • Ouvrir les volets dès le réveil plutôt que prolonger la pénombre.
  • Sortir au moins vingt minutes dehors le matin, même par temps gris.
  • Éviter les siestes en fin de journée et les couchers très tardifs.
  • Limiter les écrans le soir et garder la chambre sombre la nuit.
  • Demander conseil à un professionnel de santé si les réveils précoces persistent.

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Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure
Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.

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