Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Il ramasse chaque matin les noix tombées sur sa pelouse : un samedi d'octobre, son voisin frappe au portail et réclame toute la récolte

Il ramasse chaque matin les noix tombées sur sa pelouse : un samedi d’octobre, son voisin frappe au portail et réclame toute la récolte

Il est sept heures et quart, la rosée colle aux semelles et le jardin sent la feuille mouillée. Gérard avance courbé sur la pelouse, un panier en osier au bras, et chaque noix tombe dans l'osier avec un petit bruit sec. Au-dessus de lui, les branches du noyer voisin craquent doucement dans le vent. De l'autre côté de la haie, une fenêtre s'allume.

Elle décroche un mardi midi pour une offre d'électricité moins chère : trois semaines plus tard, un contrat qu'elle n'avait jamais vraiment choisi

Elle décroche un mardi midi pour une offre d’électricité moins chère : trois semaines plus tard, un contrat qu’elle n’avait jamais vraiment choisi

Mardi, midi et quart. Le gratin de courgettes refroidissait dans le plat, la radio parlait de la météo à voix basse. Nadine venait de s'asseoir quand le téléphone fixe a sonné dans l'entrée, trois sonneries sèches. Elle a hésité, la fourchette à la main, puis elle s'est levée en soupirant. Au bout du fil, un jeune homme poli parlait déjà de sa facture d'électricité.

Ils prennent leur café sous le tilleul depuis vingt ans : un matin, une fenêtre neuve s'ouvre à un mètre de leur clôture

Ils prennent leur café sous le tilleul depuis vingt ans : un matin, une fenêtre neuve s’ouvre à un mètre de leur clôture

Il était sept heures et demie, la rosée brillait encore sur les tomates, et Martine posait deux bols sur la table en fer. Derrière la haie, une disqueuse a hurlé, puis s'est tue. Un nuage de poussière blanche est monté au-dessus de la grange voisine. Quand il est retombé, il y avait un trou carré dans le vieux mur de pierre.

Brune depuis toujours, elle passe au blond polaire dans un salon bordelais : trois semaines plus tard, ses longueurs virent nettement à l'orange

Brune depuis toujours, elle passe au blond polaire dans un salon bordelais : trois semaines plus tard, ses longueurs virent nettement à l’orange

Le séchoir soufflait encore sur sa nuque quand la coiffeuse a fait pivoter le fauteuil vers le grand miroir. Il était presque dix-huit heures, un samedi de mars, dans un petit salon du quartier Saint-Michel à Bordeaux. Camille, 34 ans, a porté la main à ses cheveux sans oser les toucher vraiment. Dans la glace, une blonde presque blanche la regardait, et elle ne se reconnaissait pas.

Il rallume sa chaudière à gaz début octobre à Clermont-Ferrand : chaque matin, l'aiguille de pression retombe sous 1 bar sans une goutte au sol

Il rallume sa chaudière à gaz début octobre à Clermont-Ferrand : chaque matin, l’aiguille de pression retombe sous 1 bar sans une goutte au sol

Il était six heures quarante, et la cuisine sentait encore le café de la veille. Dans le cellier, la chaudière ronronnait doucement, une petite flamme bleue derrière la vitre. Bernard, 64 ans, s'est penché vers le cadran, lunettes sur le front. L'aiguille dormait sous 1 bar, comme la veille, comme l'avant-veille. Par terre, le carrelage était parfaitement sec, sans une seule trace d'eau.

Il nettoie chaque novembre les gouttières bouchées par le chêne du voisin : la facture de 180 euros reste sur la table depuis trois ans

Il nettoie chaque novembre les gouttières bouchées par le chêne du voisin : la facture de 180 euros reste sur la table depuis trois ans

Il est sept heures et quart, un samedi de novembre, et l'eau déborde de la gouttière en une nappe grise qui claque sur les dalles de la terrasse. Gérard, 67 ans, tient son bol de café à deux mains derrière la porte-fenêtre. Au-dessus du toit, le grand chêne du voisin agite ses branches dans le vent. Une feuille brune se colle à la vitre.

Elle trouve des poignées de cheveux dans la bonde chaque matin : sa routine n'a pas bougé d'un geste depuis quatre ans

Elle trouve des poignées de cheveux dans la bonde chaque matin : sa routine n’a pas bougé d’un geste depuis quatre ans

Il était sept heures dix, un mardi d'octobre, et l'eau de la douche montait doucement autour de ses chevilles. Claire, 38 ans, s'est penchée, a soulevé la petite grille chromée de la bonde. Dessous, une boule sombre, mouillée, enroulée sur elle-même. Elle l'a tenue un moment entre deux doigts, sans bouger, pendant que la radio de la cuisine annonçait la pluie.

Il démarre sa voiture par un matin à 4 degrés devant sa maison : le voyant des pneus s'allume, et le garagiste ne trouve aucun clou

Il démarre sa voiture par un matin à 4 degrés devant sa maison : le voyant des pneus s’allume, et le garagiste ne trouve aucun clou

Dehors, le pare-brise était couvert d'une fine pellicule blanche, et le thermomètre de la cuisine affichait 4 degrés. Il était 7 h 10, Thierry grattait la vitre avec une vieille carte de fidélité, les doigts engourdis. Le moteur ronronnait déjà dans l'allée. Quand il s'est assis, un petit symbole orange en forme de fer à cheval s'est allumé au milieu du compteur.

Elle ouvre son relevé bancaire un matin de février à Quimperlé : sa pension a perdu quarante euros, et aucun courrier ne dit pourquoi

Elle ouvre son relevé bancaire un matin de février à Quimperlé : sa pension a perdu quarante euros, et aucun courrier ne dit pourquoi

La pluie fine collait aux carreaux de la cuisine, à Quimperlé, et la bouilloire commençait à siffler. Il était huit heures passées, un mardi de février. Annick, 68 ans, avait posé ses lunettes sur le nez et faisait défiler son relevé bancaire sur la tablette, comme chaque début de mois. Elle s'est arrêtée sur une ligne, puis l'a relue en fronçant les sourcils.

Il monte un mur de parpaings de 2,20 m sur sa limite : trois mois plus tard, la mairie lui écrit pour un formulaire oublié

Il monte un mur de parpaings de 2,20 m sur sa limite : trois mois plus tard, la mairie lui écrit pour un formulaire oublié

Samedi, sept heures et demie, le camion de livraison recule dans l'allée en bipant. Gérard, 58 ans, tient son café d'une main et fait signe de l'autre au chauffeur. Sur le plateau, trois palettes de parpaings gris attendent sous une bâche qui claque au vent. Derrière la haie de thuyas fatigués, la radio du voisin grésille déjà, comme tous les matins depuis six ans.

Ils signent pour un canapé à 2 900 euros à la foire de Strasbourg : le lendemain matin, le vendeur leur lit une phrase du bon de commande

Ils signent pour un canapé à 2 900 euros à la foire de Strasbourg : le lendemain matin, le vendeur leur lit une phrase du bon de commande

Le hall 3 sentait le bois neuf et la gaufre chaude, et une annonce grésillait au-dessus des allées. Il était presque dix-huit heures, un samedi de septembre, au parc des expositions de Strasbourg. Sylvie, 58 ans, s'était laissée tomber dans un canapé d'angle gris perle, les mains posées à plat sur le tissu. À côté d'elle, Bernard regardait déjà l'étiquette.

Elle obtient 300 euros d'augmentation en janvier : l'année suivante, un avis des impôts lui réclame 1 100 euros à régler dès septembre

Elle obtient 300 euros d’augmentation en janvier : l’année suivante, un avis des impôts lui réclame 1 100 euros à régler dès septembre

Le café refroidissait dans la tasse ébréchée, posée à côté de l'ordinateur portable. Il était sept heures dix, un mardi de septembre, et la radio de la cuisine annonçait de la pluie sur Clermont-Ferrand. Nadia faisait défiler ses relevés bancaires d'un pouce distrait, comme chaque matin. Puis la ligne est apparue, nette, en rouge : DGFIP, prélèvement à la source, solde d'impôt. Elle a reposé sa tasse.

Ils garent leur camping-car dans une grange du Jura après octobre : en février, le chauffe-eau est fendu et un raccord a éclaté sous l'évier

Ils garent leur camping-car dans une grange du Jura après octobre : en février, le chauffe-eau est fendu et un raccord a éclaté sous l’évier

Le moteur tournait encore au ralenti, et la buée montait des naseaux du diesel dans l'air froid d'octobre. Gérard recula le camping-car sous l'auvent de la grange, centimètre par centimètre, guidé par les gestes de Martine. Il était presque dix-huit heures, les feuilles des frênes craquaient sous les pneus. Dans la cabine, une odeur de café froid et de pommes ramassées l'après-midi.

Elle découvre 32 euros de frais pour un découvert de 14 euros : trois semaines plus tard, la banque lui rend une partie de la somme

Elle découvre 32 euros de frais pour un découvert de 14 euros : trois semaines plus tard, la banque lui rend une partie de la somme

Le relevé est arrivé un mardi soir, vers vingt et une heures, pendant que la machine à laver tournait dans la salle de bains. Nadia, 41 ans, faisait défiler les lignes sur son téléphone, assise au bord du canapé, une tasse de tisane refroidie posée à ses pieds. Elle s'est arrêtée net sur un chiffre. Trente-deux euros de frais, pour un découvert de quatorze euros.

Elle branche son aspirateur balai de quatre ans tous les soirs depuis toujours : un matin, le voyant reste éteint et le devis tombe

Elle branche son aspirateur balai de quatre ans tous les soirs depuis toujours : un matin, le voyant reste éteint et le devis tombe

Il était sept heures moins le quart, et la cuisine sentait encore le café réchauffé. Nadia a décroché l'aspirateur balai de son support mural, comme chaque mardi avant de partir. Elle a appuyé sur la gâchette. Rien, pas même le petit sifflement du moteur. Le voyant bleu, d'habitude clignotant, restait obstinément éteint. Dehors, le bus de la ligne 9 freinait déjà.

Elle repeint ses volets en bleu lavande un week-end de septembre en Dordogne : en octobre, un courrier de la mairie lui demande de tout refaire

Elle repeint ses volets en bleu lavande un week-end de septembre en Dordogne : en octobre, un courrier de la mairie lui demande de tout refaire

Le samedi matin, à neuf heures, le pinceau glissait sur le bois avec un petit bruit mouillé. Hélène, perchée sur l'escabeau, sentait le soleil de septembre chauffer sa nuque pendant que la radio grésillait dans la cuisine. En bas, dans la ruelle pavée de son village de Dordogne, un chat observait la scène. Le premier volet, bleu lavande, brillait déjà contre la pierre blonde.

Il fait installer une pompe à chaleur au fond de son jardin alsacien : un mois plus tard, son voisin frappe avec un relevé de bruit nocturne

Il fait installer une pompe à chaleur au fond de son jardin alsacien : un mois plus tard, son voisin frappe avec un relevé de bruit nocturne

Il était un peu plus de vingt-deux heures, un mardi de novembre, quand la sonnette a retenti dans la petite maison de Bernard, à la sortie de Sélestat. Sur le perron, son voisin Gérard tenait une feuille imprimée, pliée en deux. Derrière la haie de thuyas, un léger ronronnement régulier montait du fond du jardin. Gérard n'a pas dit bonsoir, il a simplement tendu le papier.

Ils dorment mal depuis que le voisin a posé sa pompe à chaleur : trois semaines plus tard, leur fille de huit ans refuse sa chambre

Ils dorment mal depuis que le voisin a posé sa pompe à chaleur : trois semaines plus tard, leur fille de huit ans refuse sa chambre

Il était deux heures dix, et la maison dormait. Dans la chambre du fond, une veilleuse en forme de lune éclairait le papier peint à étoiles. Nathalie, pieds nus sur le parquet froid, s'est arrêtée sur le seuil. Sa fille Inès, assise dans son lit, tenait son oreiller contre ses oreilles. Derrière le mur, quelque chose ronronnait, grave et régulier, comme un moteur qui refuse de s'éteindre.