Catégorie Actualités

L’actualité qui compte, expliquée simplement : société, consommation, argent, maison, santé, culture. Des articles clairs, avec les chiffres, les dates et les sources, publiés chaque jour par la rédaction des Bohémiennes.

Il ramone lui-même son poêle à bois chaque automne en Ardèche : après un feu de cheminée, l'assureur réclame un papier qu'il n'a jamais eu

Il ramone lui-même son poêle à bois chaque automne en Ardèche : après un feu de cheminée, l’assureur réclame un papier qu’il n’a jamais eu

Il était presque sept heures, ce soir de novembre, et la pluie battait contre les volets de la maison de pierre. Dans le poêle en fonte, une bûche de chêne craquait doucement. Bernard, 64 ans, venait de remettre une buche quand un grondement sourd est monté dans le conduit, comme un train lointain. Puis une odeur âcre a envahi le salon.

Il bouche les grilles de ses fenêtres neuves à Rouen pour garder la chaleur : en novembre, une tache noire grandit derrière l'armoire de la chambre

Il bouche les grilles de ses fenêtres neuves à Rouen pour garder la chaleur : en novembre, une tache noire grandit derrière l’armoire de la chambre

Le radiateur cliquetait doucement sous la fenêtre, et dehors la pluie de novembre tambourinait sur le toit de la petite maison de Rouen. Il était sept heures, Didier tirait l'armoire de la chambre pour retrouver une chaussette tombée. Une odeur de cave lui monta au nez. Sur le papier peint beige, une tache noire, large comme une assiette, s'étalait du plinthe jusqu'à mi-hauteur.

Elle accueille son fils de 23 ans dans son appartement de Béziers : deux mois plus tard, la CAF lui réclame 412 euros d'APL

Elle accueille son fils de 23 ans dans son appartement de Béziers : deux mois plus tard, la CAF lui réclame 412 euros d’APL

Sept heures et quart, rue de la Coquille, à Béziers. Nadine pose deux bols sur la toile cirée, la bouilloire siffle, et dans la chambre du fond un réveil sonne pour la troisième fois. Depuis septembre, Théo, vingt-trois ans, est revenu dormir sous son toit. Elle sourit en entendant ses pas traîner dans le couloir. Elle ne se doute pas qu'une enveloppe bleue l'attend déjà.

Il attend trois semaines le Black Friday pour un téléviseur à moins 40 % : le prix affiché le 27 novembre était déjà en rayon début novembre

Il attend trois semaines le Black Friday pour un téléviseur à moins 40 % : le prix affiché le 27 novembre était déjà en rayon début novembre

Il était sept heures moins le quart, le 27 novembre, et la cuisine sentait encore le pain grillé. Gérard, 58 ans, faisait défiler l'application du magasin sur son téléphone, le pouce hésitant au-dessus de l'écran. Dehors, la camionnette des poubelles grinçait dans la rue. Sur l'écran, le téléviseur qu'il guettait depuis un mois s'affichait enfin en rouge : moins 40 %.

Elle rappelle le magasin de Lens pour son lave-linge en panne : on lui donne un numéro de fabricant, puis la ligne coupe presque aussitôt

Elle rappelle le magasin de Lens pour son lave-linge en panne : on lui donne un numéro de fabricant, puis la ligne coupe presque aussitôt

Il était un peu plus de 21 heures, un mardi de novembre, dans la petite cuisine de la rue de Douai, à Lens. Le lave-linge a émis trois bips secs, puis plus rien. Nadia s'est accroupie devant le hublot, une serviette à la main, et a vu l'eau grise immobile derrière la vitre, le linge des enfants collé au tambour.

Il gagne une heure de sommeil à Strasbourg le 25 octobre : trois semaines plus tard, il se réveille encore à 5 heures

Il gagne une heure de sommeil à Strasbourg le 25 octobre : trois semaines plus tard, il se réveille encore à 5 heures

La pièce était encore noire quand Thomas a ouvert les yeux, à Strasbourg, dans son appartement de la Krutenau. Le radiateur cliquetait doucement sous la fenêtre, et le tram de la première heure grinçait au loin sur les rails. Il a tendu la main vers son téléphone posé sur la table de nuit. L'écran indiquait 4 h 52, et il était parfaitement réveillé, sans espoir de se rendormir.

Elle roule un an avec le voyant airbag allumé sur sa Peugeot à Dijon : au contrôle technique, on lui tend une feuille de contre-visite

Elle roule un an avec le voyant airbag allumé sur sa Peugeot à Dijon : au contrôle technique, on lui tend une feuille de contre-visite

Dijon, un mardi de mars, huit heures dix. Sur le parking du centre de contrôle technique, Nadine coupe le moteur de sa Peugeot 208 et entend le cliquetis du métal qui refroidit. Sur le tableau de bord, un petit pictogramme orange reste allumé, comme depuis un an. Elle n'y prête plus attention. Dans vingt minutes, un homme en blouse grise va lui tendre une feuille qu'elle n'attendait pas.

Il laisse sa voiture un mois au parking de Nantes pour voir sa fille : au retour, le tableau de bord reste noir malgré trois tours de clé

Il laisse sa voiture un mois au parking de Nantes pour voir sa fille : au retour, le tableau de bord reste noir malgré trois tours de clé

Le parking du P2 sentait le béton humide et l'essence froide, vers vingt-trois heures. Gérard tirait sa valise à roulettes, encore en chemisette, la peau tannée par quatre semaines de soleil réunionnais. Il a pressé la télécommande. Rien. Pas un clignotant, pas un bip. Il a pressé encore, plus fort, comme si la force du pouce pouvait changer quelque chose.

Elle range chaque année ses reçus de dons au refuge de Pau : à 74 ans, elle découvre que ces papiers ne lui ont jamais rapporté un euro

Elle range chaque année ses reçus de dons au refuge de Pau : à 74 ans, elle découvre que ces papiers ne lui ont jamais rapporté un euro

Il était un peu plus de neuf heures, un mardi de mai, et la pluie tapait doucement sur la véranda. Josiane avait posé la boîte à biscuits en fer sur la toile cirée, à côté de son bol de café. Dedans, six enveloppes kraft, rangées par année. Le chat Pompon dormait sur la chaise d'en face, indifférent au froissement du papier.

Il quitte son poste fin septembre près de Rouen et attend sa retraite : début octobre, le compte reste vide et aucun virement n'apparaît

Il quitte son poste fin septembre près de Rouen et attend sa retraite : début octobre, le compte reste vide et aucun virement n’apparaît

Le 3 octobre, vers huit heures, la bouilloire sifflait dans la cuisine de Gérard, à Déville-lès-Rouen. Il avait posé son téléphone contre le sucrier, l'application de la banque ouverte, le pouce suspendu au-dessus de l'écran. Dehors, un camion de livraison reculait en bipant. Sur le relevé, rien de nouveau depuis le dernier salaire, et la ligne du prélèvement de la maison attendait, intacte.

Il ramone lui-même son poêle à bois depuis douze ans en Ardèche : après un départ de feu, l'assureur réclame un certificat qu'il n'a pas

Il ramone lui-même son poêle à bois depuis douze ans en Ardèche : après un départ de feu, l’assureur réclame un certificat qu’il n’a pas

Le hérisson de ramonage était encore accroché au clou, dans l'appentis, à côté des bûches de chêne. Ce soir de janvier, vers vingt et une heures, Gérard a entendu un grondement sourd monter du conduit, comme un train lointain. Puis une odeur âcre a envahi le salon de la vieille ferme ardéchoise. Sa femme Monique a crié son prénom depuis la cuisine.

Elle pousse son armoire contre le mur nord de sa chambre à Quimper : en novembre, une tache noire grandit derrière, sans aucune fuite

Elle pousse son armoire contre le mur nord de sa chambre à Quimper : en novembre, une tache noire grandit derrière, sans aucune fuite

Il était un peu plus de sept heures, ce samedi de novembre, et la pluie fine tapotait contre la fenêtre de la chambre. Sophie tirait sur la porte de son armoire en chêne, qui grinçait comme toujours. En attrapant un pull au fond, sa main a frôlé le mur derrière. Il était froid, presque mouillé, et une odeur de cave est montée.

À Dijon, son lave-linge s'arrête net à vingt-trois mois d'achat : le magasin lui tend le numéro du fabricant et referme le dossier

À Dijon, son lave-linge s’arrête net à vingt-trois mois d’achat : le magasin lui tend le numéro du fabricant et referme le dossier

Dimanche, vingt et une heures passées, dans une petite cuisine du quartier Montchapet, à Dijon. Le lave-linge entame son essorage, ce grondement familier qui fait vibrer les verres dans le placard voisin. Puis un claquement sec, une odeur de caoutchouc chaud, et plus rien. Nadia, 41 ans, reste debout devant le hublot, une serviette encore à la main, l'eau grise immobile derrière la vitre.

Elle guette un robot cuiseur depuis septembre dans un magasin toulousain : le jour des moins 40 %, le prix final dépasse celui qu'elle avait noté

Elle guette un robot cuiseur depuis septembre dans un magasin toulousain : le jour des moins 40 %, le prix final dépasse celui qu’elle avait noté

Il était sept heures vingt, et la bouilloire sifflait encore dans la petite cuisine de la rue des Filatiers, à Toulouse. Nadia, téléphone posé contre le sucrier, faisait défiler la page du magasin d'électroménager avec le pouce. Le bandeau rouge clignotait enfin : moins 40 % sur le robot cuiseur. Elle a reposé sa tasse, attrapé son carnet à spirale, et s'est figée.

Elle pensait gagner une heure de sommeil fin octobre à Nantes : ses deux enfants sont debout à 5 h 45 et pleurent dès le goûter

Elle pensait gagner une heure de sommeil fin octobre à Nantes : ses deux enfants sont debout à 5 h 45 et pleurent dès le goûter

Le radiateur cliquetait dans le couloir, et dans la cuisine encore noire, une petite voix demandait si c'était l'heure des tartines. Claire a plissé les yeux vers le four : 5 h 45. Ce lundi de fin octobre, à Nantes, la pluie tapotait la verrière et Jules, six ans, était déjà habillé, chaussettes dépareillées, prêt pour une journée qui n'avait pas commencé.

Il trouve sa fille de 16 ans endormie à midi chaque samedi à Metz : trois semaines plus tard, un médecin lui parle de son horloge interne

Il trouve sa fille de 16 ans endormie à midi chaque samedi à Metz : trois semaines plus tard, un médecin lui parle de son horloge interne

Samedi, midi passé de dix minutes, dans un appartement du quartier de Queuleu, à Metz. Dans la cuisine, la bouilloire siffle une deuxième fois sans que personne ne vienne l'éteindre. Thierry, 49 ans, fixe la porte fermée au bout du couloir, les bras croisés. Derrière cette porte, Inès, 16 ans, dort encore, les volets baissés, le téléphone posé à plat sur la couette.

Elle démarre sa Clio un matin à deux degrés à Clermont-Ferrand : le voyant des pneus s'allume et le garagiste ne trouve aucune crevaison

Elle démarre sa Clio un matin à deux degrés à Clermont-Ferrand : le voyant des pneus s’allume et le garagiste ne trouve aucune crevaison

Il était sept heures dix, rue de l'Oradou, et le pare-brise de la Clio était couvert d'un givre fin comme du sucre glace. Sylvie grattait la vitre avec une vieille carte de fidélité, le souffle en buée devant elle. Le moteur ronronnait déjà. Quand elle s'est assise, un petit symbole orange brillait au milieu du tableau de bord, juste sous le compteur.

Ils chargent le camping-car pour la Toussaint en Andalousie : à la frontière, les gendarmes les arrêtent et leur montrent une balance

Ils chargent le camping-car pour la Toussaint en Andalousie : à la frontière, les gendarmes les arrêtent et leur montrent une balance

Il était six heures et quart, la rue de Villefranche dormait encore sous une brume d'octobre. Gérard refermait la soute arrière du camping-car en poussant du genou, et le loquet a claqué comme un petit coup de fusil. Martine, emmitouflée dans sa polaire, comptait les packs d'eau à voix basse. Devant eux, deux mille kilomètres jusqu'à l'Andalousie, et deux semaines de soleil promises.

À 60 ans, il ouvre son relevé de carrière un dimanche à Lorient : trois étés de colonie et son premier contrat ont disparu

À 60 ans, il ouvre son relevé de carrière un dimanche à Lorient : trois étés de colonie et son premier contrat ont disparu

Dimanche, dix heures, la pluie tapait contre la baie vitrée de la cuisine, à Lorient. Le café refroidissait à côté du clavier. Gilles, 60 ans, venait enfin de retrouver son mot de passe et faisait défiler, ligne après ligne, les années de sa vie professionnelle. Il cherchait l'été 1983, celui des Glénan. La ligne était vide, et la suivante aussi.

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