Catégorie Actualités

L’actualité qui compte, expliquée simplement : société, consommation, argent, maison, santé, culture. Des articles clairs, avec les chiffres, les dates et les sources, publiés chaque jour par la rédaction des Bohémiennes.

Il prend sa retraite en septembre dans leur maison près d'Orléans : trois semaines plus tard, elle ne supporte plus le bruit du frigo à midi

Il prend sa retraite en septembre dans leur maison près d’Orléans : trois semaines plus tard, elle ne supporte plus le bruit du frigo à midi

Midi pile, dans la cuisine d'une maison de Saint-Jean-de-Braye, près d'Orléans. La porte du réfrigérateur s'ouvre avec ce petit bruit de joint qui se décolle, puis les bocaux tintent sur la clayette. Dans le salon, Sylvie pose son stylo et ferme les yeux. Son mari est à la retraite depuis trois semaines, et ce bruit-là, elle ne le supporte plus.

Ils sortent leur camping-car d'un hangar près d'Annecy en avril : le chauffe-eau fuit sous le plancher avant même le premier départ

Ils sortent leur camping-car d’un hangar près d’Annecy en avril : le chauffe-eau fuit sous le plancher avant même le premier départ

Le rideau métallique du hangar a grincé en remontant, un matin d'avril, vers neuf heures. Une odeur de poussière et de pneus froids. Gérard a tourné la clé, la cellule s'est allumée, et la pompe a ronronné quelques secondes. Puis Martine a entendu un goutte-à-goutte régulier, quelque part sous le plancher, du côté du lit arrière, là où rien n'aurait dû couler.

Elle ouvre son relevé de carrière à 60 ans près de Clermont-Ferrand : ses deux étés de saisonnière au camping n'y figurent nulle part

Elle ouvre son relevé de carrière à 60 ans près de Clermont-Ferrand : ses deux étés de saisonnière au camping n’y figurent nulle part

Le café refroidissait dans la tasse ébréchée, à côté de la tablette posée contre le sucrier. Dehors, sur la route de Romagnat, un tracteur passait en grondant sous la pluie fine de novembre. Il était à peine neuf heures. Sylvie, 60 ans, fit glisser son doigt sur l'écran, ligne après ligne, et s'arrêta net sur une année vide : 1983.

Il arrache sa vieille haie de laurier-tin près de Nîmes pour une clôture rigide : en novembre, la mairie lui réclame une déclaration jamais déposée

Il arrache sa vieille haie de laurier-tin près de Nîmes pour une clôture rigide : en novembre, la mairie lui réclame une déclaration jamais déposée

Un samedi de juin, vers sept heures, la tronçonneuse de Gilles a réveillé tout le lotissement. Derrière sa maison de Caissargues, à quelques kilomètres de Nîmes, la vieille haie de laurier-tin tombait par pans entiers, dans une odeur de sève et de poussière. Sa femme, Nadine, tenait la brouette. Ils ne savaient pas encore que ce chantier finirait sur le bureau du service urbanisme.

Il retrouve une dizaine de tuiles dans son jardin près de Quimper : l'assureur lui demande d'abord à quelle vitesse soufflait le vent

Il retrouve une dizaine de tuiles dans son jardin près de Quimper : l’assureur lui demande d’abord à quelle vitesse soufflait le vent

Il était un peu plus de six heures, ce mardi d'octobre, quand Yann a ouvert les volets de la cuisine. Le café coulait encore dans la verseuse. Dans l'herbe mouillée, entre la haie de laurier et le cabanon, des morceaux d'ardoise rouge luisaient sous la lumière grise. Il a compté de loin, sans ses lunettes, puis il est sorti en chaussettes dans le froid.

Elle passe trois samedis d'octobre à vider sa gouttière près de Poitiers : le conciliateur lui explique que le chêne du voisin ne lui doit rien

Elle passe trois samedis d’octobre à vider sa gouttière près de Poitiers : le conciliateur lui explique que le chêne du voisin ne lui doit rien

Le samedi matin, vers neuf heures, l'échelle d'aluminium cogne contre le crépi avec un bruit sec. Sylvie remonte ses manches, enfile ses gants de jardin encore humides de la semaine dernière. Au-dessus d'elle, la gouttière déborde d'une pâte brune qui sent la terre mouillée. Derrière la haie, le grand chêne du voisin continue tranquillement de laisser tomber ses feuilles sur le toit.

Il remplace ses vieilles fenêtres en bois par du double vitrage près de Metz : trois semaines plus tard, les vitres des chambres ruissellent chaque matin

Il remplace ses vieilles fenêtres en bois par du double vitrage près de Metz : trois semaines plus tard, les vitres des chambres ruissellent chaque matin

Il est six heures et quart, ce mardi d'octobre, et la chaudière ronronne dans le cellier. Didier pousse la porte de la chambre, allume la lampe de chevet et s'arrête net. Sur la fenêtre neuve, posée il y a trois semaines, des gouttes descendent lentement le long du vitrage. Au pied du cadre blanc, une petite flaque brille sur l'appui.

Elle se promet chaque lundi de marcher le long du Scorff : début novembre, elle n'a toujours jamais tenu sept jours d'affilée

Elle se promet chaque lundi de marcher le long du Scorff : début novembre, elle n’a toujours jamais tenu sept jours d’affilée

Lundi, 7 h 10, le jour se lève à peine sur la rade de Lorient. Sophie lace ses baskets dans l'entrée, le pied calé sur la deuxième marche de l'escalier. Dehors, une mouette crie au-dessus des toits mouillés de Lanester. Elle glisse son téléphone dans la poche de son coupe-vent, ouvre la porte, et se répète la phrase de chaque lundi : cette fois, c'est la bonne.

Elle garde avec son frère la maison de leurs parents en Corrèze : un an plus tard, un avis de taxe d'habitation arrive à leurs deux noms

Elle garde avec son frère la maison de leurs parents en Corrèze : un an plus tard, un avis de taxe d’habitation arrive à leurs deux noms

Le volet de la cuisine grince toujours au même endroit, à mi-course, quand Claire le tire vers elle. Il est un peu plus de dix-sept heures, fin octobre, et la lumière baisse déjà sur les châtaigniers. Dans l'entrée, son frère Alain enroule le tuyau d'arrosage en sifflotant. Demain, ils couperont l'eau, comme leur père le faisait chaque automne depuis quarante ans.

Il plante une haie de thuyas à cinquante centimètres de chez son voisin : huit ans plus tard, une lettre exige qu'elle redescende à deux mètres

Il plante une haie de thuyas à cinquante centimètres de chez son voisin : huit ans plus tard, une lettre exige qu’elle redescende à deux mètres

Un samedi de mai, vers neuf heures, le taille-haie de Gérard s'est tu d'un coup. Debout sur l'escabeau, les avant-bras couverts de brindilles vertes, il a vu une enveloppe blanche glissée sous l'essuie-glace de sa voiture. Au fond du jardin, les thuyas montaient à plus de trois mètres, serrés comme un mur. Il les avait plantés lui-même, huit ans plus tôt, un par un.

Il repeint le mur humide de son salon près de Montauban avec une peinture spéciale : deux mois plus tard, une poudre blanche perce sous la couche neuve

Il repeint le mur humide de son salon près de Montauban avec une peinture spéciale : deux mois plus tard, une poudre blanche perce sous la couche neuve

Le radiateur cliquetait doucement sous la fenêtre, et la lumière d'octobre tombait en biais sur le mur du salon. Gérard passa le plat de la main sur l'enduit, à hauteur de genou, et sentit sous ses doigts une fine poussière blanche. Il était un peu plus de neuf heures, le café refroidissait sur la table basse. Deux mois plus tôt, ce mur était parfaitement lisse et blanc.

Il ignore le voyant AdBlue de sa camionnette pendant deux semaines en Vendée : un matin, l'écran annonce « démarrage impossible dans 800 km »

Il ignore le voyant AdBlue de sa camionnette pendant deux semaines en Vendée : un matin, l’écran annonce « démarrage impossible dans 800 km »

Il était six heures quarante, la cour sentait le gasoil froid et l'herbe mouillée. Didier a claqué la portière, posé son thermos sur le siège passager, tourné la clé. Le moteur a toussé, puis ronronné. Sur le tableau de bord, une petite pastille orange s'est allumée à côté du compteur. Il l'a regardée deux secondes, a haussé les épaules, et il a enclenché la première.

Il prend sa retraite en septembre dans sa maison près de Dijon : début octobre, sa femme lui demande poliment de sortir chaque matin

Il prend sa retraite en septembre dans sa maison près de Dijon : début octobre, sa femme lui demande poliment de sortir chaque matin

Il était neuf heures moins le quart, un mardi d'octobre, et la radio de la cuisine parlait de la météo en Côte-d'Or. Gérard tournait sa cuillère dans un café déjà froid. Annie, debout près de l'évier, a essuyé ses mains sur le torchon, a pris une inspiration, puis elle a dit doucement qu'elle aimerait bien qu'il sorte, le matin.

Ils vident leur camping-car avant l'hiver près de Clermont, comme chaque année : en mars, une flaque tiède s'étale sous le chauffe-eau

Ils vident leur camping-car avant l’hiver près de Clermont, comme chaque année : en mars, une flaque tiède s’étale sous le chauffe-eau

Un samedi de mars, vers dix heures, le soleil tiédissait enfin la cour pavée derrière la maison de Romagnat. Gérard a déverrouillé la porte du camping-car, l'odeur de renfermé lui est montée au visage. Il a ouvert le robinet de la cuisine, la pompe a ronronné. Et sous le marchepied, Martine a vu une tache sombre qui grandissait doucement sur les pavés.

Il ne sort sa voiture que pour le marché de Vannes le samedi : un matin de novembre, la batterie neuve refuse de lancer le moteur

Il ne sort sa voiture que pour le marché de Vannes le samedi : un matin de novembre, la batterie neuve refuse de lancer le moteur

Samedi, sept heures quarante, la rue de la Garenne encore grise de brume. Gérard, 71 ans, pose le cabas en osier sur le siège passager, tourne la clé. Un cliquetis sec, trois fois, puis plus rien. Le tableau de bord clignote faiblement, comme une bougie qui hésite. Dans la cour voisine, un chien aboie, et Gérard reste là, les mains sur le volant froid.

Elle consulte son Livret A un dimanche soir dans sa cuisine : le solde dépasse 23 000 euros alors qu'elle n'y verse plus rien

Elle consulte son Livret A un dimanche soir dans sa cuisine : le solde dépasse 23 000 euros alors qu’elle n’y verse plus rien

Le radiateur de la cuisine cliquetait, comme chaque soir vers vingt et une heures, quand Monique ouvrit l'application de sa banque sur sa tablette. Une tasse de verveine refroidissait à côté de ses lunettes. Elle faisait défiler ses comptes du bout de l'index, distraite, puis son doigt s'arrêta net. Sur la ligne du Livret A, le chiffre affichait 23 184 euros.

Elle paie 140 euros de mutuelle chaque mois depuis sa retraite : à la pharmacie, son amie aux revenus proches tend une carte et ne règle rien

Elle paie 140 euros de mutuelle chaque mois depuis sa retraite : à la pharmacie, son amie aux revenus proches tend une carte et ne règle rien

Il était un peu plus de dix heures, ce mardi de mars, dans la petite pharmacie de la place du marché, à Brignoles. La porte automatique soufflait à chaque client, un ventilateur tournait au-dessus du comptoir. Monique serrait son sac contre elle en attendant son tour. Devant elle, son amie Josiane tendait une carte verte, prenait ses boîtes, et repartait sans sortir un centime.

Il plante une rangée de bambous pour ne plus voir son voisin : deux printemps plus tard, des pousses percent au milieu de la pelouse d'à côté

Il plante une rangée de bambous pour ne plus voir son voisin : deux printemps plus tard, des pousses percent au milieu de la pelouse d’à côté

Un samedi d'avril, vers huit heures, la tondeuse de Gérard toussait de l'autre côté du grillage. Thierry, mug de café à la main, regardait la rangée de bambous qu'il avait plantée deux ans plus tôt, haute désormais de trois mètres. Le feuillage bruissait doucement dans le vent venu de la Garonne. Puis la tondeuse s'est arrêtée net, et Gérard a appelé son nom.

Il dit oui à chaque collègue depuis trois ans pour passer pour fiable : à l'entretien d'octobre, sa responsable lui reproche de ne pas savoir prioriser

Il dit oui à chaque collègue depuis trois ans pour passer pour fiable : à l’entretien d’octobre, sa responsable lui reproche de ne pas savoir prioriser

Mardi, 8 h 47, l'open space sent encore le café de la machine du couloir. Julien pose son badge sur le bureau, allume ses deux écrans, et la messagerie clignote déjà. Trois messages non lus, trois petites demandes. Il tape « pas de souci » trois fois, presque sans lire, et sent ce léger contentement qu'il connaît bien, celui d'être celui qui dit oui.

Elle s'apprête à jeter son lave-linge de sept ans à Grenoble : le réparateur retire une somme de la facture avant même qu'elle la demande

Elle s’apprête à jeter son lave-linge de sept ans à Grenoble : le réparateur retire une somme de la facture avant même qu’elle la demande

Le tambour s'est arrêté net, un mardi soir vers vingt et une heures, au milieu de l'essorage. Dans la petite salle de bains de l'appartement de Claire, à Grenoble, une flaque grise s'étalait lentement sous le hublot. Elle a posé une serviette, puis une deuxième. L'odeur de lessive mouillée montait jusqu'au couloir, et la machine clignotait en silence.

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