Catégorie Actualités

L’actualité qui compte, expliquée simplement : société, consommation, argent, maison, santé, culture. Des articles clairs, avec les chiffres, les dates et les sources, publiés chaque jour par la rédaction des Bohémiennes.

Il range les papiers de son grenier et retrouve un vieux compte grenoblois : chaque année, la même ligne de frais revenait sans qu'il le sache

Il range les papiers de son grenier et retrouve un vieux compte grenoblois : chaque année, la même ligne de frais revenait sans qu’il le sache

Un dimanche de novembre, vers seize heures, la pluie tambourinait sur le velux du grenier. Julien, 44 ans, triait des cartons humides pendant que la radio grésillait dans un coin. Sous une pile de bulletins scolaires, une enveloppe jaunie portait le logo d'une banque de Grenoble. Il l'a ouverte du pouce, distraitement, et il est resté assis sur ses talons, le relevé à la main.

Il taille ses thuyas depuis trente ans sans souci de voisinage : le nouveau voisin exige deux mètres, et tout se joue sur une vieille photo

Il taille ses thuyas depuis trente ans sans souci de voisinage : le nouveau voisin exige deux mètres, et tout se joue sur une vieille photo

Samedi, neuf heures, le taille-haie électrique ronronnait au fond du jardin quand le portillon a grincé. Gérard a coupé le moteur, la sciure verte encore collée aux avant-bras. Un homme en polo bleu marine se tenait de l'autre côté du grillage, une feuille pliée à la main. Il a désigné la haie du menton, sans dire bonjour, et l'odeur résineuse des thuyas coupés flottait entre eux.

Elle hérite avec son frère de la maison familiale près d'Auxerre : il refuse de vendre, et le notaire lui ouvre une autre porte

Elle hérite avec son frère de la maison familiale près d’Auxerre : il refuse de vendre, et le notaire lui ouvre une autre porte

La clé tournait mal dans la serrure, comme toujours, et Claire dut soulever la porte pour qu'elle cède. Il était dix heures, un samedi de novembre, dans un village à quinze kilomètres d'Auxerre. L'odeur de cave et de cire froide lui sauta au visage. Sur la table de la cuisine, le calendrier des pompiers affichait encore le mois où sa mère était partie.

Il part à la retraite après quarante-deux ans en Moselle : fin octobre, son relevé bancaire n'affiche aucun virement de la caisse de retraite

Il part à la retraite après quarante-deux ans en Moselle : fin octobre, son relevé bancaire n’affiche aucun virement de la caisse de retraite

Le moteur du vieux Kangoo tournait encore devant le portail quand Gérard a sorti son téléphone, ce soir de fin octobre à Forbach. Il était dix-neuf heures, la pluie tapait sur le pare-brise, et l'application de la banque mettait du temps à s'ouvrir. Il cherchait une ligne précise, celle qu'il attendait depuis des semaines. Il a fait défiler deux fois l'écran, puis il a coupé le contact.

Il coupe le chauffage de sa maison des Vosges avant Noël : au retour, l'eau coule sous la porte du cellier depuis trois semaines

Il coupe le chauffage de sa maison des Vosges avant Noël : au retour, l’eau coule sous la porte du cellier depuis trois semaines

Le 2 janvier, vers seize heures, la Clio de Gérard a crissé sur le gravier gelé devant la maison de Gérardmer. Il a coupé le moteur, attrapé son sac, cherché la clé dans la poche de son anorak. En poussant la porte, il a entendu un bruit qu'il ne connaissait pas : un ruissellement continu, quelque part sous ses pieds, comme une fontaine oubliée.

Elle remplace les vieilles fenêtres de sa maison près de Saint-Brieuc : trois semaines plus tard, des taches noires envahissent les coins de la chambre

Elle remplace les vieilles fenêtres de sa maison près de Saint-Brieuc : trois semaines plus tard, des taches noires envahissent les coins de la chambre

Le radiateur cliquetait doucement sous la fenêtre neuve, et la pluie de novembre glissait sur le vitrage sans un bruit. Il était sept heures, la chambre sentait le linge humide. Hélène, 58 ans, a tiré le rideau pour laisser entrer le jour gris. Dans l'angle du mur, derrière la commode, une ombre noire s'étalait comme une tache d'encre.

Il prend sa retraite près de Quimper, heureux d'avoir enfin du temps : en octobre, chaque passage au supermarché finit en dispute avec sa femme

Il prend sa retraite près de Quimper, heureux d’avoir enfin du temps : en octobre, chaque passage au supermarché finit en dispute avec sa femme

Le chariot grinçait d'une roue, comme toujours, entre le rayon des yaourts et celui des fromages. Il était dix heures dix, un mardi d'octobre, dans le supermarché d'Ergué-Gabéric, à deux pas de Quimper. Yves tenait un paquet de beurre demi-sel à la main. Derrière lui, Martine soupirait, le regard fixé sur sa liste pliée en quatre.

Il se promet chaque dimanche soir de courir trois fois dans la semaine : mi-octobre, ses baskets neuves n'ont jamais quitté l'entrée

Il se promet chaque dimanche soir de courir trois fois dans la semaine : mi-octobre, ses baskets neuves n’ont jamais quitté l’entrée

Dimanche, vingt et une heures dix, rue Gambetta à Lille. Le lave-vaisselle ronronne, la pluie tapote contre la fenêtre du salon. Thomas, 34 ans, ouvre son carnet à spirale et trace trois croix sous lundi, mercredi et vendredi. À côté de la porte d'entrée, ses baskets neuves attendent, encore lacées comme au magasin, la semelle parfaitement propre.

Il range son camping-car sous un hangar près de Clermont-Ferrand en octobre : au printemps, une flaque tiède grandit sous le plancher arrière

Il range son camping-car sous un hangar près de Clermont-Ferrand en octobre : au printemps, une flaque tiède grandit sous le plancher arrière

Le portail du hangar a grincé sur son rail, un matin d'avril, vers neuf heures. Une lumière grise est tombée sur la carrosserie blanche, couverte d'une fine poussière de foin. Bernard, 64 ans, a posé la main sur le capot froid, comme on salue un vieux chien. Puis il a baissé les yeux. Sous le plancher arrière, une petite flaque brillait sur le béton.

Il fait Annecy-Genève chaque jour en électrique depuis avril : début novembre, la jauge ne suffit plus pour rentrer sans recharger

Il fait Annecy-Genève chaque jour en électrique depuis avril : début novembre, la jauge ne suffit plus pour rentrer sans recharger

Il est 18 h 40, le parking souterrain de Plan-les-Ouates sent le béton mouillé et les pneus froids. Julien pose son sac sur le siège passager, appuie sur le bouton de démarrage, entend le petit carillon familier. Sur l'écran, un chiffre l'arrête net : 31 kilomètres. Annecy en est à 45. Pour la première fois depuis avril, il va devoir s'arrêter.

Il quitte l'usine de Saint-Étienne après quarante-deux ans de service : fin octobre, son compte bancaire n'a pas reçu un seul euro

Il quitte l’usine de Saint-Étienne après quarante-deux ans de service : fin octobre, son compte bancaire n’a pas reçu un seul euro

Le dernier vendredi de septembre, la sirène de seize heures a sonné comme d'habitude sur le parking de l'usine. Gérard a rangé ses gants dans le casier métallique, a refermé le cadenas une dernière fois, puis l'a laissé pendre sans le verrouiller. Dehors, l'air sentait le gasoil et la pluie fine de Saint-Étienne. Ses collègues l'attendaient avec un carton de bouteilles et un gâteau.

Elle dépose 3 000 euros sur son Livret A un 2 octobre : son relevé de janvier affiche quinze jours d'intérêts qu'elle n'a jamais touchés

Elle dépose 3 000 euros sur son Livret A un 2 octobre : son relevé de janvier affiche quinze jours d’intérêts qu’elle n’a jamais touchés

Le 2 octobre, vers midi, Nadia remonte la rue commerçante de Limoges avec son badge d'hôpital encore accroché à la poche. Devant l'agence, la porte vitrée grince, un ventilateur tourne au plafond. Elle tend l'enveloppe kraft où dorment trois mille euros, la prime et les économies d'un été entier. Le guichetier tape, la machine crache un reçu tiède. Elle le plie en quatre, satisfaite.

Elle ferme sa maison bretonne pour passer l'hiver chez sa fille : au retour, l'assureur lui oppose une ligne du contrat qu'elle n'avait jamais lue

Elle ferme sa maison bretonne pour passer l’hiver chez sa fille : au retour, l’assureur lui oppose une ligne du contrat qu’elle n’avait jamais lue

Le volet de la cuisine a grincé quand Monique l'a poussé, un matin de mars, vers dix heures. L'odeur est venue d'abord, lourde, humide, une odeur de cave dans une pièce qui n'en avait jamais eu. Sous ses chaussures, le lino a cédé avec un petit bruit mou. Elle est restée sur le seuil, la clé encore dans la main, sans oser allumer la lumière.

Il remplace les vieilles fenêtres en bois de sa maison près de Metz : au premier hiver, des taches noires couvrent le mur derrière l'armoire

Il remplace les vieilles fenêtres en bois de sa maison près de Metz : au premier hiver, des taches noires couvrent le mur derrière l’armoire

Un samedi de janvier, vers neuf heures, Thierry a tiré l'armoire de la chambre pour récupérer une chaussette tombée derrière. Le meuble a raclé le parquet avec un bruit sourd. Une odeur de cave est montée, froide et terreuse. Sur le papier peint beige, à hauteur de genou, s'étalaient des taches noires, serrées comme une poignée de poivre jetée contre le mur.

Il achète une perceuse dans une grande surface près de Metz : quatre jours plus tard, la caissière refuse de la reprendre au comptoir

Il achète une perceuse dans une grande surface près de Metz : quatre jours plus tard, la caissière refuse de la reprendre au comptoir

Le parking de la grande surface de bricolage, à la sortie de Metz, sentait encore la pluie de la nuit. Il était un peu plus de dix heures, ce mardi, quand Gérard a poussé la porte vitrée, un carton bleu sous le bras. Le ticket était plié dans sa poche de veste. Il pensait en avoir pour cinq minutes, le temps d'un remboursement.

Il prend sa retraite fin septembre dans un village près de Poitiers : trois semaines plus tard, sa femme lui dit qu'il est toujours dans ses pattes

Il prend sa retraite fin septembre dans un village près de Poitiers : trois semaines plus tard, sa femme lui dit qu’il est toujours dans ses pattes

Il était neuf heures et quart, un mardi d'octobre, et la bouilloire sifflait encore sur la cuisinière. Alain, 63 ans, tenait la porte du placard ouverte en cherchant le sucre. Derrière lui, Martine attendait avec sa tasse, le torchon sur l'épaule. Elle a soupiré, assez fort pour qu'il l'entende, puis elle a dit doucement qu'il était toujours dans ses pattes.

Elle fait tourner son lave-linge depuis 22 mois à Lille : le magasin lui demande d'appeler la marque, et deux mois de garantie filent

Elle fait tourner son lave-linge depuis 22 mois à Lille : le magasin lui demande d’appeler la marque, et deux mois de garantie filent

Dans la petite cuisine de la rue Solférino, à Lille, il est 21 h 40 un mardi de novembre. Camille vient de lancer un programme coton, la porte du hublot s'est verrouillée avec son clic habituel. Puis plus rien, sinon un bip aigu et un voyant orange qui clignote. Sous la machine, une fine pellicule d'eau commence à glisser vers le carrelage.

Il range son camping-car dans un hangar du Jura pour l'hiver : en mars, il découvre le chauffe-eau fendu alors que la cuve était vide

Il range son camping-car dans un hangar du Jura pour l’hiver : en mars, il découvre le chauffe-eau fendu alors que la cuve était vide

Le portail du hangar a grincé sur son rail, un matin de mars, vers neuf heures. Une odeur de poussière froide et de gasoil flottait sous la tôle. Bernard, 64 ans, a soulevé la bâche grise de son camping-car, encore humide de condensation. Sous le marchepied, sur le béton, une auréole claire s'étalait, comme une flaque qui aurait séché sans prévenir personne.

Il monte un abri de jardin en kit au fond de son terrain près d'Albi : un an plus tard, la mairie lui écrit, puis les impôts

Il monte un abri de jardin en kit au fond de son terrain près d’Albi : un an plus tard, la mairie lui écrit, puis les impôts

Un samedi de mai, vers neuf heures, la camionnette du magasin de bricolage recule dans l'allée de gravier. Gérard, 64 ans, guide le chauffeur d'un geste de la main, une tasse de café tiède dans l'autre. Les palettes tombent lourdement sur la pelouse encore humide. Au fond du terrain, derrière les cerisiers, quatre piquets et une ficelle délimitent déjà l'emplacement du futur abri.

Elle lave tout à 30 degrés depuis un an à Lille pour économiser : en octobre, son linge propre sort du tambour en sentant le moisi

Elle lave tout à 30 degrés depuis un an à Lille pour économiser : en octobre, son linge propre sort du tambour en sentant le moisi

Il était sept heures et quart, un mardi d'octobre, et la pluie fine de Lille tapait contre la fenêtre de la buanderie. Camille ouvrit le hublot, plongea les bras dans le tambour encore tiède et sortit une brassée de serviettes. Elle les porta machinalement à son visage, comme chaque matin. Elle s'arrêta net, le nez dans le coton humide.

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