Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Elle refuse de vendre la maison de sa mère avec son frère : trois mois plus tard, une lettre du tribunal arrive chez elle

Elle refuse de vendre la maison de sa mère avec son frère : trois mois plus tard, une lettre du tribunal arrive chez elle

La clé tournait mal dans la serrure, comme toujours, et Claire a dû soulever la porte pour l'ouvrir. Il était dix heures, un samedi de mars, et l'odeur de cire flottait encore dans l'entrée. Sur la table de la cuisine, la toile cirée à fleurs, le calendrier des postes arrêté en novembre. Derrière elle, son frère Thierry faisait déjà des photos avec son téléphone.

Il quitte son poste le 30 septembre avec un budget au centime : en octobre, son compte reste vide et aucune pension n'arrive

Il quitte son poste le 30 septembre avec un budget au centime : en octobre, son compte reste vide et aucune pension n’arrive

Le 9 octobre, à sept heures et quart, la bouilloire sifflait dans la cuisine de Bernard, 62 ans, à Saint-Quentin. Il avait posé sa tablette contre le sucrier, ouvert l'application de sa banque, fait glisser son pouce vers le bas pour actualiser. Le cercle a tourné, puis la page est revenue, identique. Toujours aucun virement de sa caisse de retraite, et déjà le loyer prélevé.

Elle cultive le même potager depuis vingt ans au pied du talus : en octobre, un vrai ruisseau traverse ses poireaux depuis la cour du voisin

Elle cultive le même potager depuis vingt ans au pied du talus : en octobre, un vrai ruisseau traverse ses poireaux depuis la cour du voisin

Le premier dimanche d'octobre, vers sept heures, la pluie tambourinait sur le toit de la véranda depuis la veille. Monique, 67 ans, a enfilé ses bottes vertes et traversé le jardin, une lampe de poche à la main. Au fond, près des poireaux, un bruit qu'elle ne connaissait pas : un clapotis continu, presque joyeux, celui d'un ruisseau qui n'avait jamais existé.

Il pose un samedi des panneaux rigides le long de sa rue : trois semaines plus tard, la mairie lui demande un dossier ou le démontage

Il pose un samedi des panneaux rigides le long de sa rue : trois semaines plus tard, la mairie lui demande un dossier ou le démontage

Samedi, huit heures dix, la bétonnière tournait déjà dans l'allée, avec ce bruit sourd de cailloux qui roulent. Thierry, 54 ans, avait posé les piquets la veille au cordeau, le long du trottoir. Un café tiède sur le muret, il soulevait le premier panneau vert, ce grillage rigide qu'on voit partout. Le soleil passait entre les mailles et dessinait des petits carrés sur la pelouse.

Il entend son ballon d'eau chaude se déclencher à 14 heures : l'électricien appelé pour le contacteur repart sans avoir touché un seul fil

Il entend son ballon d’eau chaude se déclencher à 14 heures : l’électricien appelé pour le contacteur repart sans avoir touché un seul fil

Il était un peu plus de quatorze heures, et la cuisine sentait encore le café réchauffé. Gérard rinçait sa tasse quand un clac sec est sorti du cellier, suivi d'un ronronnement sourd. Il a tendu l'oreille, le torchon à la main. Ce bruit-là, il le connaissait par cœur, mais il ne l'avait jamais entendu avant minuit.

Elle enchaîne coloration châtain et lissage brésilien le même mois : trois semaines plus tard, ses longueurs virent au cuivré sous la lumière

Elle enchaîne coloration châtain et lissage brésilien le même mois : trois semaines plus tard, ses longueurs virent au cuivré sous la lumière

Le séchoir ronronnait encore au fond du salon quand Camille a passé la main dans ses cheveux, lisses comme un ruban de soie. Il était presque dix-neuf heures, rue des Tanneurs, et l'odeur chaude du fer flottait au-dessus des bacs. Dans le miroir, son châtain tout neuf brillait. Elle a souri, payé, et elle est sortie sous la pluie sans même ouvrir son parapluie.

Deux frères attendent de vendre la maison de leur mère en Bourgogne : chez le notaire, ils découvrent des pénalités qui courent depuis des mois

Deux frères attendent de vendre la maison de leur mère en Bourgogne : chez le notaire, ils découvrent des pénalités qui courent depuis des mois

Dans la cuisine de la maison de Saint-Gengoux, l'horloge comtoise battait toujours, alors que plus personne ne la remontait depuis l'hiver. Thierry ouvrit les volets un à un, le bois gonflé par l'humidité grinçait contre la pierre. Il était dix heures, un samedi de septembre, et son frère Pascal garait sa voiture dans la cour, les graviers crissant sous les pneus.

Ils ouvrent l'avis de taxe foncière de leur maison neuve près de Nantes : la somme passe de 38 euros à 1 300 euros cet automne

Ils ouvrent l’avis de taxe foncière de leur maison neuve près de Nantes : la somme passe de 38 euros à 1 300 euros cet automne

Un samedi de septembre, vers dix heures, la boîte aux lettres grince comme toujours au bout de l'allée encore gravillonnée. Julien rapporte le courrier sous le bras, le café refroidit sur la table du salon. Il déchire l'enveloppe des impôts sans y penser, puis s'arrête net. Sur la ligne du bas, un chiffre qu'il n'attendait pas : 1 312 euros.

Il corrige chaque dimanche l'anecdote que sa mère de 82 ans répète : le jour où il s'est tu, elle a raconté autre chose

Il corrige chaque dimanche l’anecdote que sa mère de 82 ans répète : le jour où il s’est tu, elle a raconté autre chose

Le poulet tournait encore dans le four quand la voix de Jeannette s'est élevée au-dessus du bruit des couverts. Il était midi et demi, la nappe cirée collait un peu aux avant-bras, et la fenêtre de la cuisine laissait passer l'odeur des tilleuls. Philippe a reposé sa fourchette. Il savait déjà ce qui allait suivre, et il savait aussi comment le repas finirait.

Il rallume son poêle à bois dans sa longère de Mayenne un soir d'octobre : trois semaines plus tard, l'assureur réclame un papier qu'il n'a jamais demandé

Il rallume son poêle à bois dans sa longère de Mayenne un soir d’octobre : trois semaines plus tard, l’assureur réclame un papier qu’il n’a jamais demandé

Le premier soir d'octobre, la longère sentait encore l'été finissant, la pierre fraîche et le foin du hangar voisin. Gérard a froissé deux pages du journal local, posé trois bûchettes de chêne, gratté l'allumette. La flamme a pris tout de suite, avec ce petit claquement sec qu'il aime tant. Dans la cuisine, Monique remuait une soupe de potiron en écoutant la radio.

Il rapporte une perceuse encore emballée le lendemain de l'achat : au comptoir, le vendeur refuse de le rembourser malgré le ticket de caisse

Il rapporte une perceuse encore emballée le lendemain de l’achat : au comptoir, le vendeur refuse de le rembourser malgré le ticket de caisse

Samedi, neuf heures dix, le parking du magasin de bricolage sentait encore la pluie de la nuit. Gérard, 58 ans, a sorti du coffre de sa Clio un carton bleu, le ruban adhésif intact, le ticket plié dans la poche de sa veste. Il avait acheté cette perceuse la veille. Il venait la rendre, tranquille, persuadé d'avoir quatorze jours devant lui.

Elle garde ses petits-enfants chaque mercredi depuis sa retraite à Angers : en octobre, elle compte déjà les jours avant la Toussaint

Elle garde ses petits-enfants chaque mercredi depuis sa retraite à Angers : en octobre, elle compte déjà les jours avant la Toussaint

Le mercredi, à sept heures quarante, la sonnette retentit deux fois, toujours deux fois. Dans l'entrée de sa maison du quartier de la Doutre, à Angers, Sylvie pose sa tasse de thé encore chaude sur le meuble à chaussures. Derrière la porte, elle entend déjà les voix de Jules et de Margot. Elle sourit avant d'ouvrir, et pourtant, ce matin d'octobre, quelque chose se serre dans sa poitrine.

Il achète un lave-linge en promotion et ajoute la garantie proposée : il paie 89 euros pour deux ans qu'il possédait déjà

Il achète un lave-linge en promotion et ajoute la garantie proposée : il paie 89 euros pour deux ans qu’il possédait déjà

Samedi, dix heures et quart, le parking du magasin d'électroménager sent le bitume mouillé. Thierry pousse la porte vitrée, un ticket de promotion plié dans la poche de sa veste. Au fond, les lave-linge sont alignés comme des soldats blancs, étiquettes rouges collées sur le hublot. Un vendeur s'approche, badge épinglé de travers, et tapote déjà le capot de la machine la moins chère.

Il confie la révision de sa voiture neuve au garagiste du village : un an plus tard, le concessionnaire refuse de changer la pompe à eau

Il confie la révision de sa voiture neuve au garagiste du village : un an plus tard, le concessionnaire refuse de changer la pompe à eau

Le moteur cliquetait doucement dans la cour gravillonnée, un mardi d'octobre, vers sept heures et demie. Gérard avait laissé la portière ouverte, le temps de gratter le givre du pare-brise avec une vieille carte de fidélité. Sous le capot, un bruit nouveau, sec, régulier, comme une cuillère contre une tasse. Il a coupé le contact, tendu l'oreille, puis l'a remis en marche.

Elle ouvre sa taxe foncière un matin d'octobre au fond du jardin : une ligne nouvelle mentionne la piscine posée trois ans plus tôt

Elle ouvre sa taxe foncière un matin d’octobre au fond du jardin : une ligne nouvelle mentionne la piscine posée trois ans plus tôt

Le facteur est passé vers dix heures, ce mardi d'octobre, et l'enveloppe à fenêtre attendait sur la table de la cuisine. Dehors, la bâche verte de la piscine claquait doucement sous le vent, couverte de feuilles de bouleau. Sylvie, 54 ans, a glissé le couteau à beurre sous le rabat, comme chaque année, sans même s'asseoir. Puis elle a cessé de bouger.

Il rallume son poêle à bois un soir d'octobre après deux hivers sans ramonage : l'assureur lui demande un seul papier, le certificat qu'il n'a pas

Il rallume son poêle à bois un soir d’octobre après deux hivers sans ramonage : l’assureur lui demande un seul papier, le certificat qu’il n’a pas

Le briquet a claqué deux fois avant que le papier journal ne prenne, un soir de mi-octobre, vers dix-neuf heures. Dans le salon de la longère, Gilles a refermé la porte vitrée du poêle et écouté le tirage ronfler doucement. Dehors, la pluie tapait sur la tôle de l'appentis. Martine a posé deux tasses sur la table basse, rassurée que l'hiver commence enfin.

Elle hérite de l'assurance vie de sa tante Odile, 80 000 euros : elle prépare la lettre de renonciation pour ne pas devoir 60 % au fisc

Elle hérite de l’assurance vie de sa tante Odile, 80 000 euros : elle prépare la lettre de renonciation pour ne pas devoir 60 % au fisc

La lettre de l'assureur attendait sur la toile cirée, à côté du bol de café refroidi. Il était sept heures dix, un mardi de mars, et la pluie tapait contre la fenêtre de la cuisine. Nathalie relisait pour la troisième fois le montant, 80 000 euros, en tournant machinalement sa cuillère. Puis elle a pris un stylo et commencé à calculer ce qu'elle allait perdre.

Il quitte son entrepôt le 31 octobre avec un budget de Noël bouclé : le 30 novembre, son compte n'affiche aucun virement de pension

Il quitte son entrepôt le 31 octobre avec un budget de Noël bouclé : le 30 novembre, son compte n’affiche aucun virement de pension

Le 30 novembre, un peu avant huit heures, la bouilloire sifflait dans la cuisine de Bernard, à Riom. Il avait posé sa tablette contre le sucrier et rafraîchissait la page de sa banque. Sylvie, sa femme, beurrait une tartine sans rien dire. Sur l'écran, la ligne du jour affichait seulement un prélèvement d'assurance, et le solde baissait encore.

Il remplace son vieux grillage par une clôture pleine dans l'Hérault : au printemps, une lettre de la mairie parle d'une déclaration jamais déposée

Il remplace son vieux grillage par une clôture pleine dans l’Hérault : au printemps, une lettre de la mairie parle d’une déclaration jamais déposée

Le samedi matin, à huit heures, la bétonnière tournait déjà au fond du jardin de Gilles, 58 ans. L'odeur du ciment frais se mêlait à celle des pins, et le vieux grillage vert, roulé en boule contre le cabanon, grinçait encore sous le vent. Dans ce village de l'Hérault, entre vignes et garrigue, il construisait enfin le mur qu'il attendait depuis des années.

Il nettoie lui-même son poêle à granulés chaque mois en Corrèze : après le feu de conduit, l'assureur réclame un papier qu'il n'a pas

Il nettoie lui-même son poêle à granulés chaque mois en Corrèze : après le feu de conduit, l’assureur réclame un papier qu’il n’a pas

Il était un peu plus de six heures, ce matin de janvier, et la maison de Gérard sentait encore la sciure tiède. Dans le salon, le poêle ronronnait doucement, sa vis sans fin cliquetait à intervalles réguliers. Dehors, le givre blanchissait les prés autour de Meymac. Gérard a posé sa tasse sur le rebord de la fenêtre, puis il a entendu un grondement sourd monter dans le conduit.

Elle garde son vernis semi-permanent de juin à septembre sans pause : en octobre, ses ongles se fendent au premier choc contre une porte

Elle garde son vernis semi-permanent de juin à septembre sans pause : en octobre, ses ongles se fendent au premier choc contre une porte

Le radiateur du salon venait de se rallumer pour la première fois de l'automne, avec ce petit claquement métallique qu'on avait oublié. Il était sept heures vingt, un mardi d'octobre. Camille a voulu ouvrir le sachet de café d'un geste du pouce, comme d'habitude. Un craquement sec, minuscule, et l'ongle de son index s'est ouvert en deux, comme une feuille de papier mouillé.

Ils remplacent les vieilles fenêtres de leur maison lilloise par du double vitrage : au premier froid d'octobre, l'eau ruisselle sur les vitres de la chambre

Ils remplacent les vieilles fenêtres de leur maison lilloise par du double vitrage : au premier froid d’octobre, l’eau ruisselle sur les vitres de la chambre

Il était sept heures du matin, ce mardi d'octobre, et la radio grésillait dans la cuisine de la rue des Postes. Nathalie a tiré le rideau de la chambre et sa main est revenue mouillée. Sur la vitre neuve, des gouttes descendaient en filets serrés jusqu'au joint gris, où une petite flaque s'était formée pendant la nuit. Dehors, il faisait six degrés.

Elle installe une caméra au-dessus de sa porte pour surveiller son allée : une semaine plus tard, son voisin sonne avec une photo de l'écran

Elle installe une caméra au-dessus de sa porte pour surveiller son allée : une semaine plus tard, son voisin sonne avec une photo de l’écran

Il était sept heures du soir, la lumière baissait sur l'allée de gravier, et la perceuse vibrait encore dans la main de Nadine. Perchée sur l'escabeau, elle serrait la dernière vis du petit boîtier blanc. En bas, le chien tournait autour des pieds de l'échelle. Sur son téléphone, l'image apparut enfin, nette, presque trop nette.

Elle se teint en noir depuis douze ans et rêve de blond miel : son coiffeur marseillais refuse de le faire en un seul rendez-vous

Elle se teint en noir depuis douze ans et rêve de blond miel : son coiffeur marseillais refuse de le faire en un seul rendez-vous

Le séchoir ronronnait au fond du salon, rue Paradis, et l'odeur d'ammoniaque flottait jusqu'à la vitrine. Il était onze heures, un mardi de mars. Nadia, 41 ans, a posé sur le comptoir une photo découpée dans un magazine : une femme aux cheveux couleur miel, lumineux, presque dorés. Karim a regardé la photo, puis ses longueurs d'un noir profond, et il a reposé son peigne sans rien dire.