Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Il change de shampoing antipelliculaire dès que les flocons reviennent sur son col : un mois plus tard, les pellicules sont toujours exactement au même endroit

Il change de shampoing antipelliculaire dès que les flocons reviennent sur son col : un mois plus tard, les pellicules sont toujours exactement au même endroit

Sept heures dix, la vapeur colle encore au miroir de la salle de bains. Julien passe la main sur son épaule gauche, puis sur la droite, et regarde ses doigts. Trois petits flocons blancs tombent dans le lavabo, presque sans bruit. Sur le rebord de la douche, alignés comme des soldats, cinq flacons de shampoing antipelliculaire attendent, tous entamés, aucun terminé.

Elle s'offre un lissage brésilien quinze jours après sa coloration châtain : trois semaines plus tard, ses longueurs tirent franchement sur le cuivre

Elle s’offre un lissage brésilien quinze jours après sa coloration châtain : trois semaines plus tard, ses longueurs tirent franchement sur le cuivre

Mardi, dix-huit heures quarante, la lumière du néon grésillait au-dessus du lavabo. Claire, 38 ans, tenait une mèche entre deux doigts, le visage collé au miroir de la salle de bains. Le châtain qu'elle avait choisi un mois plus tôt brillait encore aux racines. Mais plus bas, sur les longueurs, quelque chose avait glissé vers un orange doux qu'elle ne reconnaissait pas.

Elle accepte la carte du magasin de bricolage pour gagner dix pour cent : trois mois plus tard, un relevé de crédit renouvelable arrive chez elle

Elle accepte la carte du magasin de bricolage pour gagner dix pour cent : trois mois plus tard, un relevé de crédit renouvelable arrive chez elle

Il était un peu plus de dix heures, ce samedi d'avril, et le parking du magasin de bricolage sentait le terreau mouillé. Sylvie poussait un chariot dont une roue grinçait à chaque mètre, chargé de quatre pots de peinture blanc cassé, de rouleaux et d'un bac en plastique. À la caisse, la vendeuse a souri en scannant le premier pot, puis elle a posé une question.

Il commande un lave-linge en promotion et ouvre le carton pour l'essayer : le vendeur refuse son retour à cause d'un emballage déchiré

Il commande un lave-linge en promotion et ouvre le carton pour l’essayer : le vendeur refuse son retour à cause d’un emballage déchiré

Le hayon du camion claqua dans la rue, un mardi vers neuf heures, et le livreur fit rouler le carton jusqu'au garage. Julien, 41 ans, signa sur l'écran du terminal sans même lire. Le carton sentait le plastique neuf et la colle chaude. À peine le camion reparti, il attrapait déjà son cutter dans la boîte à outils.

Elle hérite de la maison de sa tante Odette à Saint-Pourçain : chez le notaire, 94 600 euros de droits sur un bien estimé à 180 000

Elle hérite de la maison de sa tante Odette à Saint-Pourçain : chez le notaire, 94 600 euros de droits sur un bien estimé à 180 000

Le radiateur du cabinet cliquetait sous la fenêtre, et la pluie de novembre glissait sur la vitre en longues traînées grises. Il était un peu plus de dix heures. Claire tenait sur ses genoux le trousseau de sa tante, trois clés usées attachées par un ruban vert. En face, le notaire tournait lentement les pages d'un dossier, puis il posa son stylo à plat sur le bureau.

Il monte un abri en kit de 15 m² au fond de son jardin : un an plus tard, un avis de taxe d'aménagement arrive dans sa boîte

Il monte un abri en kit de 15 m² au fond de son jardin : un an plus tard, un avis de taxe d’aménagement arrive dans sa boîte

Un samedi de mars, vers neuf heures, la visseuse de Bruno grince au fond du jardin, derrière le potager encore nu. Les planches de sapin sentent la résine, alignées sur l'herbe humide comme des pièces de puzzle. Sa femme, Sylvie, lui apporte un café qu'il pose sur un parpaing. Le plan plié en quatre bat au vent, retenu par un tournevis.

Il fait construire une véranda chauffée derrière sa maison vendéenne : deux ans plus tard, la taxe foncière d'octobre arrive avec un rappel

Il fait construire une véranda chauffée derrière sa maison vendéenne : deux ans plus tard, la taxe foncière d’octobre arrive avec un rappel

Sous la verrière, le radiateur électrique cliquetait doucement en refroidissant. Il était un peu plus de huit heures, ce matin d'octobre, et la pluie de Vendée tambourinait sur les vitres. Gérard posa sa tasse sur la table en rotin, ouvrit l'enveloppe à bandeau bleu, et sentit son pouce se figer sur la ligne du montant à payer.

Il quitte l'usine après quarante-deux ans de chaîne et de nuits : fin octobre, son compte en banque n'a toujours rien reçu

Il quitte l’usine après quarante-deux ans de chaîne et de nuits : fin octobre, son compte en banque n’a toujours rien reçu

La sirène de six heures a sonné, comme tous les matins depuis quarante-deux ans, mais Gérard n'était pas sur le parking. Il était dans sa cuisine, en pantoufles, la radio en sourdine, une tasse de café qui refroidissait près du pain. Le 1er octobre, il avait le droit de rester. Il regardait la pluie sur le portail et souriait sans raison.

Il installe lui-même un poêle à bois dans sa longère bretonne : en janvier, l'assureur lui réclame une facture de pose et un certificat de ramonage

Il installe lui-même un poêle à bois dans sa longère bretonne : en janvier, l’assureur lui réclame une facture de pose et un certificat de ramonage

Il était un peu plus de vingt et une heures, ce mardi de janvier, quand le conduit s'est mis à ronfler. Un grondement sourd, comme un train lointain qui traverserait la longère. Yannick a posé sa tasse sur la table en chêne et levé les yeux vers le plafond. Sur la vitre du poêle, les flammes aspirées vers le haut avaient pris une couleur presque blanche.

Il fixe une caméra au-dessus de sa porte pour protéger sa maison : quinze jours plus tard, le voisin d'en face lui envoie un recommandé

Il fixe une caméra au-dessus de sa porte pour protéger sa maison : quinze jours plus tard, le voisin d’en face lui envoie un recommandé

Samedi, dix heures et quart, l'escabeau grince sur les dalles de l'entrée. Thierry, 58 ans, serre la dernière vis du boîtier blanc, juste au-dessus de la porte. Dans sa poche, le téléphone vibre : l'application vient de détecter la caméra. Sur l'écran apparaissent l'allée, le portail, la rue mouillée et, de l'autre côté, la façade crème des voisins.

Elle change de salon pour sa couleur de toujours : la coiffeuse pose les ciseaux et lui demande de revenir dans quarante-huit heures

Elle change de salon pour sa couleur de toujours : la coiffeuse pose les ciseaux et lui demande de revenir dans quarante-huit heures

Samedi, neuf heures et quart, rue des Tanneurs. Le carillon de la porte tinte, une odeur de shampooing à l'amande flotte dans le salon encore à moitié vide. Nathalie pose son sac sur le comptoir et sourit à la jeune femme en blouse noire. Elle vient pour sa couleur, châtain cuivré, comme toutes les cinq semaines depuis quinze ans.

Il commande un lave-linge neuf pour une vidange en panne : le réparateur retire 50 euros de sa facture avant même de sortir ses outils

Il commande un lave-linge neuf pour une vidange en panne : le réparateur retire 50 euros de sa facture avant même de sortir ses outils

Il était presque vingt-deux heures, et le tambour restait plein d'une eau grise immobile. Julien, accroupi devant le hublot, entendait le moteur ronronner à vide, puis plus rien. Sur le carrelage de la buanderie, une serviette éponge buvait déjà les premières gouttes. Il a soupiré, sorti son téléphone, et ouvert le site d'un grand vendeur d'électroménager avant même de chercher la panne.

Ils chargent le camping-car pour trois semaines en Andalousie : à la frontière espagnole, la balance affiche 3,8 tonnes pour un permis B

Ils chargent le camping-car pour trois semaines en Andalousie : à la frontière espagnole, la balance affiche 3,8 tonnes pour un permis B

Il était six heures et quart, rue des Tilleuls, et le moteur du camping-car tournait déjà au ralenti devant le garage. Gérard serrait une dernière sangle sur le porte-vélos, le cliquetis du métal résonnant dans la rue endormie. Martine portait une glacière contre sa hanche, une thermos de café coincée sous le bras. Trois semaines d'Andalousie les attendaient, et rien ne semblait pouvoir les retenir.

Elle prête 15 000 euros à son fils sans signer un seul papier : dix ans plus tard, chez le notaire, sa fille demande où est passé l'argent

Elle prête 15 000 euros à son fils sans signer un seul papier : dix ans plus tard, chez le notaire, sa fille demande où est passé l’argent

La pendule du cabinet notarial marquait dix heures dix, et le radiateur claquait par à-coups sous la fenêtre. Julien tournait son stylo entre ses doigts, sa sœur Claire feuilletait le dossier posé devant elle. Le notaire venait de lire la liste des comptes de leur mère. Claire a levé les yeux, a posé la main à plat sur la table, et a demandé où étaient passés les quinze mille euros.

Elle repasse chaque nuit ses mails de bureau dans sa tête : sa collègue lui tend un papier avec seulement trois lignes à écrire

Elle repasse chaque nuit ses mails de bureau dans sa tête : sa collègue lui tend un papier avec seulement trois lignes à écrire

Il est 23 h 40, le radiateur claque doucement dans la chambre, et Claire fixe le plafond. À côté, Julien respire lentement, déjà loin. Elle, elle rédige mentalement une réponse à un fournisseur, efface une phrase, la reformule. Le téléphone est posé face contre la table de nuit, mais elle sait exactement combien de mails attendent : onze, dont trois marqués d'un petit drapeau rouge.

Elle renvoie un aspirateur balai acheté en promotion sur un site marchand : le remboursement arrive, avec 19 euros en moins qu'elle n'attendait pas

Elle renvoie un aspirateur balai acheté en promotion sur un site marchand : le remboursement arrive, avec 19 euros en moins qu’elle n’attendait pas

Sept heures et quart, un mardi de février, dans la petite cuisine de Nadine à Clermont-Ferrand. Le carton de l'aspirateur balai attend contre le radiateur, scotché la veille au soir avec soin. La bouilloire siffle, le chat gratte la porte du cellier. Nadine pose son téléphone sur la table, ouvre l'application de sa banque, et fronce les sourcils devant un chiffre qui ne colle pas.

Ils quittent Nantes pour une longère en Mayenne : dès la première semaine, un coq chante à 5 heures sous leur fenêtre

Ils quittent Nantes pour une longère en Mayenne : dès la première semaine, un coq chante à 5 heures sous leur fenêtre

Il est 4 h 58 quand Julien ouvre les yeux, le cœur battant, sans comprendre pourquoi. La longère est silencieuse, la chaudière ronronne au fond du cellier, les cartons attendent encore dans le couloir. Puis le cri déchire la nuit, puissant, régulier, presque fier. De l'autre côté de la haie, chez le voisin, un coq vient de saluer leur première semaine en Mayenne.

Il appelle la mairie un dimanche matin contre le souffleur du voisin : la réponse de l'agent tient en une phrase et un arrêté

Il appelle la mairie un dimanche matin contre le souffleur du voisin : la réponse de l’agent tient en une phrase et un arrêté

Dimanche, dix heures pile, à Saint-Herblain. Bernard tenait sa tasse de café sur la terrasse humide, le journal plié sur les genoux. Un hurlement mécanique a déchiré le silence de la rue des Tilleuls. De l'autre côté de la haie de lauriers, une pluie de feuilles rousses s'envolait, poussée par un souffleur thermique que tenait son voisin, casque orange vissé sur les oreilles.

Elle envoie la facture du couvreur à la mairie de Toulouse : trois semaines plus tard, la réponse tient en une seule phrase

Elle envoie la facture du couvreur à la mairie de Toulouse : trois semaines plus tard, la réponse tient en une seule phrase

Il était sept heures du soir, fin novembre, et la pluie tambourinait sur la véranda depuis le déjeuner. Claire a entendu le bruit avant de le voir : un ruissellement épais, continu, juste au-dessus de la porte d'entrée. Elle a ouvert, une lampe torche à la main. L'eau débordait de la gouttière en rideau, charriant des feuilles brunes, larges comme des mains.

Il veut abattre le vieux tilleul qui assombrit son jardin à Dijon : l'élagueur range sa tronçonneuse et refuse de toucher au tronc

Il veut abattre le vieux tilleul qui assombrit son jardin à Dijon : l’élagueur range sa tronçonneuse et refuse de toucher au tronc

Il était sept heures et demie, un samedi de mars, et la rosée collait encore aux bottes de Gérard. Au fond du jardin, le tilleul dressait ses branches nues contre un ciel pâle. Le camion de l'élagueur venait de se garer dans la rue, moteur coupé, portière claquée. Gérard tenait deux cafés fumants, persuadé que l'arbre serait couché avant midi.

Elle recoupe sa frange elle-même un dimanche soir dans sa salle de bains : une fois sèche, la mèche s'arrête deux centimètres trop haut

Elle recoupe sa frange elle-même un dimanche soir dans sa salle de bains : une fois sèche, la mèche s’arrête deux centimètres trop haut

Il est vingt et une heures, un dimanche, et la ventilation de la salle de bains ronronne au-dessus du lavabo. Claire, 34 ans, a encore les cheveux trempés de la douche, une serviette nouée sur les épaules. Elle pince une mèche de frange entre deux doigts, la tire vers le bas jusqu'au sourcil, et approche les ciseaux. Le premier clac résonne sur le carrelage.

Elle s'offre un lissage brésilien à 180 euros dans un salon de Marseille : un mois plus tard, ses cheveux ondulent après chaque shampoing

Elle s’offre un lissage brésilien à 180 euros dans un salon de Marseille : un mois plus tard, ses cheveux ondulent après chaque shampoing

Le séchoir ronronnait encore quand Inès a passé la main dans ses cheveux, un samedi vers dix-sept heures, dans un petit salon du quartier de la Plaine, à Marseille. Sous ses doigts, une matière inconnue, souple et glissante comme de la soie. Dans le miroir, une autre femme la regardait. Elle a tendu sa carte bancaire sans trembler : cent quatre-vingts euros, pour enfin oublier ses frisottis.

Il achète le même paquet de café au même prix à Rouen : quatre jours plus tôt que prévu, la boîte en fer sonne déjà creux

Il achète le même paquet de café au même prix à Rouen : quatre jours plus tôt que prévu, la boîte en fer sonne déjà creux

Il était six heures quarante, rue Saint-Romain, et la cafetière italienne commençait à siffler sur la plaque. Gérard, 67 ans, a plongé la cuillère dans la boîte en fer et a entendu le métal racler le fond. Il a secoué la boîte, incrédule, en regardant le calendrier punaisé près du frigo. On était mardi. D'habitude, le paquet tenait jusqu'au samedi suivant.