Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Elle renvoie son aspirateur robot dans les quatorze jours prévus par la loi : le site la rembourse de tout, sauf dix-huit euros qu'elle n'attendait pas

Elle renvoie son aspirateur robot dans les quatorze jours prévus par la loi : le site la rembourse de tout, sauf dix-huit euros qu’elle n’attendait pas

Le salon sentait encore le carton neuf, et le petit disque noir tournait au milieu du tapis avec un bourdonnement de frigo fatigué. Il était neuf heures, un mardi d'octobre. Nadine, son café à la main, le regardait buter pour la troisième fois contre le pied du canapé. Elle a posé la tasse, s'est accroupie, et l'a soulevé comme on ramasse un chat récalcitrant.

Il garde ses congés pour plus tard pour prouver qu'il est indispensable : en juin, son compteur affiche zéro et trente-deux jours ont disparu

Il garde ses congés pour plus tard pour prouver qu’il est indispensable : en juin, son compteur affiche zéro et trente-deux jours ont disparu

Il est sept heures moins le quart, et le parking de l'entrepôt de Lesquin sent encore le gasoil froid. Julien gare sa Clio grise à sa place habituelle, sous le lampadaire qui grésille. Il attrape son thermos, son badge, et jette un œil à son téléphone. Une notification du logiciel RH vient de tomber : solde de congés, zéro jour.

Elle fait réviser sa voiture neuve dans un centre auto d'Avignon : le concessionnaire lui annonce que sa garantie constructeur a disparu

Elle fait réviser sa voiture neuve dans un centre auto d’Avignon : le concessionnaire lui annonce que sa garantie constructeur a disparu

Un samedi de mars, huit heures dix, sur le parking d'un centre auto de la zone commerciale, au sud d'Avignon. Claire coupe le moteur de sa citadine grise, quinze mois, à peine vingt mille kilomètres. Le rideau métallique de l'atelier remonte dans un grincement. Elle tend ses clés et son carnet d'entretien au comptoir, un gobelet de café tiède à la main.

Il monte au chalet familial du Jura en pneus d'été : au premier rond-point, les gendarmes lui demandent ce qu'il a dans le coffre

Il monte au chalet familial du Jura en pneus d’été : au premier rond-point, les gendarmes lui demandent ce qu’il a dans le coffre

Il était sept heures quarante, le 2 novembre, et la buée remontait lentement sur le pare-brise de la Peugeot. Thomas tenait un gobelet de café tiède entre ses genoux, la radio grésillait entre deux virages. Derrière, sa fille Jeanne dormait contre la vitre. Au premier rond-point après Morez, deux silhouettes en gilet jaune ont levé la main.

Il fait tondre sa pelouse tout l'été par le fils du voisin : au printemps, sa déclaration d'impôts ne lui rend pas un seul euro

Il fait tondre sa pelouse tout l’été par le fils du voisin : au printemps, sa déclaration d’impôts ne lui rend pas un seul euro

Le moteur toussa deux fois, puis la tondeuse partit dans un grondement régulier, juste derrière la haie de thuyas. Il était huit heures et demie, un samedi de juin, à Saint-Hilaire, dans le bocage vendéen. Gérard, une tasse de café tiède à la main, regardait depuis la porte-fenêtre les bandes d'herbe claire qui se dessinaient sur son terrain, une à une, sans qu'il ait à bouger.

Il vide les papiers de sa mère à Brest et retrouve un livret A : à la banque, on lui répond que l'argent n'est plus là

Il vide les papiers de sa mère à Brest et retrouve un livret A : à la banque, on lui répond que l’argent n’est plus là

La pluie tapait contre le velux du grenier, rue de Siam, à Brest. Il était un peu plus de dix-sept heures, ce samedi de novembre, et Yann, 54 ans, soulevait le couvercle d'une boîte à chaussures gonflée d'humidité. Sous des cartes postales jaunies, un petit carnet bleu glissa entre ses doigts. Un livret A au nom de sa mère, Monique.

Il remplace le vieux grillage de son jardin par une palissade neuve : en novembre, la mairie lui réclame un dossier qu'il n'a jamais déposé

Il remplace le vieux grillage de son jardin par une palissade neuve : en novembre, la mairie lui réclame un dossier qu’il n’a jamais déposé

Samedi, sept heures et demie, le brouillard couvrait encore le fond du jardin. Gérard enfonçait le premier poteau à coups de masse, le bruit sourd rebondissait contre le mur du garage. Sur la remorque, quarante mètres de lames de pin traité attendaient, encore humides de la nuit. Derrière lui, le vieux grillage vert gisait roulé dans l'herbe, tordu comme un ressort fatigué.

Elle reprend un mi-temps à 61 ans près de Poitiers pour sortir de chez elle : trois semaines plus tard, la caisse lui écrit que sa réversion baisse

Elle reprend un mi-temps à 61 ans près de Poitiers pour sortir de chez elle : trois semaines plus tard, la caisse lui écrit que sa réversion baisse

Il était sept heures moins le quart, la bouilloire sifflait doucement dans la cuisine de Ligugé. Françoise enfilait son manteau bleu, celui qu'elle n'avait pas porté depuis deux hivers. Sur la table, à côté du bol vide, une enveloppe blanche attendait, ouverte la veille au soir. Elle l'avait relue trois fois avant de dormir, sans parvenir à comprendre ce chiffre-là.

Il signe sur tablette pour une pompe à chaleur presque gratuite près de Tarbes : le lendemain matin, un détail du contrat l'empêche de dormir

Il signe sur tablette pour une pompe à chaleur presque gratuite près de Tarbes : le lendemain matin, un détail du contrat l’empêche de dormir

Mardi, dix-huit heures passées, la soupe frémissait sur la gazinière et le chien grattait à la porte du cellier. Dans la cuisine de Séméac, à deux pas de Tarbes, le téléphone fixe a sonné trois fois avant que Bernard décroche, la cuillère encore à la main. Une voix jeune, très polie, parlait de chaudière au fioul et d'aides qui allaient bientôt disparaître.

Elle ressort en octobre le mascara acheté pour les mariages de juin : deux jours plus tard, ses paupières rougissent et ses yeux piquent

Elle ressort en octobre le mascara acheté pour les mariages de juin : deux jours plus tard, ses paupières rougissent et ses yeux piquent

Il était sept heures dix, un mardi d'octobre, et la pluie tapait contre la petite fenêtre de la salle de bains. Claire, 41 ans, fouillait la trousse argentée des grandes occasions, celle qui n'avait pas servi depuis l'été. Ses doigts ont rencontré le tube noir, encore brillant. Elle l'a dévissé avec un petit bruit de succion, satisfaite de ne pas devoir en racheter un.

Il purge tous les radiateurs de sa maison de Limoges avant l'hiver : le lendemain matin, la chaudière affiche un voyant rouge et la maison reste glacée

Il purge tous les radiateurs de sa maison de Limoges avant l’hiver : le lendemain matin, la chaudière affiche un voyant rouge et la maison reste glacée

Le petit carré de chiffon était encore posé sur le rebord de la fenêtre, à côté de la clé de purge en laiton. Il était 6 h 40, un mardi d'octobre, à Limoges. Gérard a posé la main sur le radiateur du couloir et l'a retirée aussitôt, surpris par le froid du métal. Au sous-sol, la chaudière ne ronronnait plus du tout.

Elle veut quitter sa salle de sport nantaise souscrite en ligne : à l'accueil, on lui réclame une lettre recommandée avec accusé de réception

Elle veut quitter sa salle de sport nantaise souscrite en ligne : à l’accueil, on lui réclame une lettre recommandée avec accusé de réception

Mardi, 18 h 40, quartier Malakoff à Nantes. Le tourniquet de la salle de sport cliquette, une enceinte crache une musique trop forte, l'odeur de caoutchouc chaud flotte près des tapis. Claire pose son badge sur le comptoir et annonce qu'elle veut arrêter. Le jeune homme de l'accueil sourit à peine, sort un papier et lui dit qu'il faudra envoyer un recommandé.

Il s'endort chaque soir à 21 heures devant le journal télévisé : depuis le changement d'heure, ses yeux s'ouvrent à 5 heures dans le noir

Il s’endort chaque soir à 21 heures devant le journal télévisé : depuis le changement d’heure, ses yeux s’ouvrent à 5 heures dans le noir

Il est 5 heures, un mardi de novembre, à Brest. Dans la cuisine de sa maison du quartier de Saint-Marc, Yves tourne la cuillère dans son bol, le radiateur cliquette, la pluie tapote le velux. Dehors, rien ne bouge encore sur la rue. La veille, il s'est endormi à 21 heures dans son fauteuil, la télécommande posée sur la cuisse, comme chaque soir depuis le changement d'heure.

Elle marche trente minutes chaque matin depuis le 1er octobre : le vingt-deuxième jour, elle reste assise sur son canapé, baskets aux pieds

Elle marche trente minutes chaque matin depuis le 1er octobre : le vingt-deuxième jour, elle reste assise sur son canapé, baskets aux pieds

Il est sept heures dix, ce 1er octobre, et la bouilloire siffle encore dans la cuisine de Claire. Elle lace ses baskets blanches sur la dernière marche de l'escalier, le téléphone coincé sous le menton. Dehors, la rue sent la feuille mouillée et le pain chaud de la boulangerie d'en face. Sur le frigo, un calendrier neuf attend sa première croix rouge.

Ils quittent Lille pour Perpignan en plein mois de juillet : trois mois plus tard, un gendarme garde leur carte grise entre ses mains

Ils quittent Lille pour Perpignan en plein mois de juillet : trois mois plus tard, un gendarme garde leur carte grise entre ses mains

Le gyrophare bleu tournait sans bruit sur le bas-côté de la départementale, un mardi d'octobre, vers dix heures. Thierry a baissé sa vitre, l'air sentait le fenouil sec et le goudron tiède. Le gendarme a pris les papiers, a hoché la tête, puis il s'est arrêté sur la carte grise. Il l'a regardée longtemps, très longtemps, sans rien dire.

Il part dans le Jura le 1er novembre avec quatre pneus neufs : au péage, une affiche jaune lui apprend qu'ils ne suffisent pas

Il part dans le Jura le 1er novembre avec quatre pneus neufs : au péage, une affiche jaune lui apprend qu’ils ne suffisent pas

Le ticket sortait de la borne avec un petit sifflement, et la barrière du péage hésitait encore à se lever. Il était 8 h 40, le 1er novembre, et la buée remontait sur le pare-brise. À l'arrière, Inès dormait contre son oreiller. Julien tendait la main vers le ticket quand ses yeux sont tombés sur une grande affiche jaune, collée contre la vitre de la cabine.

À Vichy, une veuve attend depuis avril la pension de son mari : en octobre, son relevé bancaire n'affiche toujours aucun virement de la caisse

À Vichy, une veuve attend depuis avril la pension de son mari : en octobre, son relevé bancaire n’affiche toujours aucun virement de la caisse

Le facteur est passé à dix heures, comme chaque mardi, et la boîte aux lettres a claqué dans le couloir de l'immeuble. Dans la cuisine de son appartement de Vichy, Monique a posé sa tasse de chicorée et déplié le relevé de la banque. Elle a suivi les lignes du doigt, une par une. Octobre, et toujours rien au nom de la caisse de retraite.

Elle perce et ponce chez elle un dimanche d'octobre à Montauban : à 15 heures, le voisin sonne et parle d'un arrêté qu'elle n'a jamais lu

Elle perce et ponce chez elle un dimanche d’octobre à Montauban : à 15 heures, le voisin sonne et parle d’un arrêté qu’elle n’a jamais lu

La poussière de plâtre flottait dans le rai de soleil qui traversait le salon, et la ponceuse grondait contre le mur. Il était presque 15 heures, ce dimanche d'octobre, à Montauban. Nadia, 41 ans, avait relevé ses lunettes de protection sur son front. Puis la sonnette a retenti deux fois, longue et sèche, par-dessus le vacarme de la machine.

Elle rallume la chaudière de son appartement à Limoges un matin d'octobre : le propriétaire refuse de payer la réparation sans un papier précis

Elle rallume la chaudière de son appartement à Limoges un matin d’octobre : le propriétaire refuse de payer la réparation sans un papier précis

Le radiateur de la salle de bains était froid sous la paume, un mardi de la mi-octobre, vers sept heures. Dans le placard de la cuisine, la chaudière cliquetait, s'allumait une seconde, puis se taisait dans un souffle sec. Camille, 34 ans, a tapé deux fois sur le capot blanc, comme on tape sur une télécommande fatiguée. Dehors, Limoges sortait d'une nuit à quatre degrés.

Il monte sur son échelle chaque automne pour vider sa gouttière près de Périgueux : le chêne du voisin restera debout, mais pas ses branches

Il monte sur son échelle chaque automne pour vider sa gouttière près de Périgueux : le chêne du voisin restera debout, mais pas ses branches

Sept heures et demie, un matin de novembre, près de Périgueux. L'eau déborde de la gouttière en une nappe grise qui claque sur les dalles de la terrasse. Gérard, 67 ans, enfile ses bottes, tire l'échelle d'aluminium du garage et la cale contre le mur. Là-haut, il le sait déjà, l'attend une bouillie brune de feuilles de chêne.

Elle refait son vernis semi-permanent toutes les deux semaines à Toulon : en octobre, ses ongles se dédoublent et plient au moindre geste

Elle refait son vernis semi-permanent toutes les deux semaines à Toulon : en octobre, ses ongles se dédoublent et plient au moindre geste

Le petit salon de la rue d'Alger sentait l'acétone et le café froid. Il était dix-huit heures, la ponceuse grésillait sous la lampe UV, et Camille tendait ses mains comme on tend un ticket de métro, sans y penser. Dehors, un scooter pétaradait vers le port. Ce soir d'octobre, pourtant, la lime a accroché quelque chose sous son pouce.

Elle découvre une auréole brune au plafond de sa cuisine à Grenoble : c'est son propre assureur qui doit payer la fuite du voisin

Elle découvre une auréole brune au plafond de sa cuisine à Grenoble : c’est son propre assureur qui doit payer la fuite du voisin

Un dimanche de novembre, vers sept heures, la bouilloire sifflait dans la cuisine de Claire, au troisième étage d'un immeuble du quartier de l'Île Verte, à Grenoble. Elle a levé les yeux en attendant l'eau chaude. Au-dessus de l'évier, une tache brune, grande comme une assiette, gonflait doucement la peinture. Une goutte est tombée sur le carrelage, puis une autre.

Elle couvre ses cheveux blancs au henné depuis deux ans à Rennes : cet automne, trois coiffeurs refusent ses mèches sans test préalable

Elle couvre ses cheveux blancs au henné depuis deux ans à Rennes : cet automne, trois coiffeurs refusent ses mèches sans test préalable

Rue Saint-Malo, à Rennes, un mardi d'octobre vers dix heures, la pluie fine collait aux vitrines. Claire, 54 ans, a poussé la porte du salon en secouant son parapluie. Le sèche-cheveux ronronnait au fond, une odeur de laque flottait. Elle a ôté son bonnet, montré ses longueurs cuivrées et demandé des mèches blondes. La coiffeuse a touché une mèche, puis reposé doucement ses ciseaux.

Il achète toujours le format familial au supermarché de Montauban : un samedi, la petite ligne sous le prix lui dit exactement l'inverse

Il achète toujours le format familial au supermarché de Montauban : un samedi, la petite ligne sous le prix lui dit exactement l’inverse

Samedi, neuf heures et quart, parking du supermarché de Montauban. Gérard pousse son chariot dont une roue grince toujours du même côté, la liste pliée dans la poche de sa veste. Il connaît les rayons par cœur, sait où se cachent les grands formats. Ce matin-là, ses lunettes de lecture sur le nez, il se penche sur une étiquette qu'il n'avait jamais vraiment lue.