Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Il hérite de l'assurance-vie de son oncle vendéen : l'assureur bloque tout et lui réclame un papier du centre des impôts

Il hérite de l’assurance-vie de son oncle vendéen : l’assureur bloque tout et lui réclame un papier du centre des impôts

Il était sept heures moins le quart, et la camionnette de Julien chauffait encore devant le portail, moteur ronronnant dans le froid d'Angers. Sur le siège passager, une enveloppe kraft cornée, tamponnée d'un logo d'assureur, attendait depuis la veille. Il l'avait ouverte une fois, relue deux fois. Dedans, une phrase sèche : aucun versement possible sans un certificat délivré par le service des impôts.

Elle monte un abri de jardin de 12 m² au fond de son terrain varois : deux ans plus tard, une lettre des impôts arrive dans sa boîte

Elle monte un abri de jardin de 12 m² au fond de son terrain varois : deux ans plus tard, une lettre des impôts arrive dans sa boîte

Un samedi de mai, vers neuf heures, la visseuse grésillait au fond du jardin de Sylvie, près de Brignoles. Les planches de pin sentaient encore la scierie, empilées contre le muret de pierres sèches. Son fils Thomas tenait le montant pendant qu'elle serrait la dernière vis du toit. Dans le pin parasol, les cigales commençaient déjà leur vacarme, et personne ne pensait à la mairie.

Elle calfeutre toutes les fenêtres de sa maison de Roubaix avant l'hiver : en décembre, des taches noires couvrent le mur derrière l'armoire

Elle calfeutre toutes les fenêtres de sa maison de Roubaix avant l’hiver : en décembre, des taches noires couvrent le mur derrière l’armoire

Le rouleau de joint mousse crissait sous les ciseaux, posé sur le rebord de la fenêtre de la cuisine. Dehors, un samedi d'octobre à Roubaix, la pluie fine tapait contre les briques rouges de la rue. Monique, 67 ans, passait le doigt le long du cadre pour sentir le moindre filet d'air. Elle souriait déjà en pensant à la facture de gaz de l'hiver.

Elle lisse ses cheveux chaque matin à 230 degrés avant Lille : en octobre, ses pointes cassent et blanchissent au bout de chaque mèche

Elle lisse ses cheveux chaque matin à 230 degrés avant Lille : en octobre, ses pointes cassent et blanchissent au bout de chaque mèche

Il est six heures quarante, rue de Gand, à Lille. Dans la petite salle de bains, le lisseur posé sur le rebord du lavabo émet un bip discret : 230 degrés, prêt. Camille attrape une première mèche encore un peu humide, serre les plaques, et un léger chuintement monte, avec cette odeur tiède qu'elle ne remarque même plus depuis des années.

Elle choisit une coloration douce pour cacher ses premiers cheveux blancs : deux shampoings plus tard, les racines claires brillent déjà sous la lampe

Elle choisit une coloration douce pour cacher ses premiers cheveux blancs : deux shampoings plus tard, les racines claires brillent déjà sous la lampe

Il était un peu plus de vingt et une heures, et la salle de bains sentait encore le gel douche à la vanille. Claire avait posé la boîte sur le rebord du lavabo, à côté de la brosse à dents électrique qui ronronnait dans son socle. Elle a enfilé les gants en plastique trop grands, qui crissaient à chaque mouvement de doigts.

Il confie la vidange de sa voiture neuve au garage du village : à la première panne, la concession parle de garantie perdue

Il confie la vidange de sa voiture neuve au garage du village : à la première panne, la concession parle de garantie perdue

Il était sept heures et demie, un mardi de mars, et la rue principale de Saint-Avit sentait encore le pain chaud. Thierry a garé sa compacte grise devant le rideau métallique à moitié levé. À l'intérieur, une radio grésillait, un pistolet pneumatique a claqué deux fois. Daniel, le garagiste, s'est essuyé les mains sur un chiffon avant de tendre son avant-bras pour saluer.

Il achète une perceuse affichée à moins 40 % un samedi matin : trois semaines plus tôt, elle coûtait exactement le même prix

Il achète une perceuse affichée à moins 40 % un samedi matin : trois semaines plus tôt, elle coûtait exactement le même prix

Samedi, neuf heures et quart, le parking du magasin de bricolage sentait encore la pluie de la nuit. Didier poussait un chariot dont une roue grinçait à chaque mètre. Au bout de l'allée 14, sous une lumière blanche, une étiquette rouge barrait une perceuse : 149 euros, rayés d'un trait, et en dessous, en gros chiffres, 89 euros. Il s'est arrêté net.

Elle lance sa machine un dimanche soir et l'eau ne s'évacue plus : le vendeur lui tend le numéro du fabricant et lui souhaite bonne chance

Elle lance sa machine un dimanche soir et l’eau ne s’évacue plus : le vendeur lui tend le numéro du fabricant et lui souhaite bonne chance

Le tambour s'est arrêté net, un dimanche vers vingt et une heures, dans un claquement sec qui a fait sursauter le chat. Sandrine s'est agenouillée sur le carrelage froid de la buanderie, la main sur le hublot encore tiède. Derrière la vitre, les draps baignaient dans une eau grise qui ne voulait plus partir. Sur l'écran, un code clignotait, orange, obstiné.

Elle laisse son hybride trois semaines au parking de l'aéroport de Marignane : au retour, le tableau de bord reste noir malgré la grosse batterie

Elle laisse son hybride trois semaines au parking de l’aéroport de Marignane : au retour, le tableau de bord reste noir malgré la grosse batterie

Il est vingt-trois heures passées sur le parking P4 de l'aéroport de Marseille, et la navette vient de repartir dans un souffle de freins. Sylvie traîne sa valise sur le bitume encore tiède, cherche sa voiture grise sous la lumière orange des lampadaires. Elle appuie sur la clé. Aucun clignotant, aucun bip. Juste le bruit lointain d'un avion qui décolle.

Elle se promet chaque lundi de marcher trente minutes par jour : chaque jeudi, les baskets restent alignées sous le banc de l'entrée

Elle se promet chaque lundi de marcher trente minutes par jour : chaque jeudi, les baskets restent alignées sous le banc de l’entrée

Lundi, six heures quarante. La bouilloire siffle dans la cuisine encore bleue, et Claire noue ses lacets sur la deuxième marche de l'escalier. Dehors, le lampadaire de la rue grésille, un chien aboie deux maisons plus loin. Elle glisse son téléphone dans la poche de sa veste, respire l'air froid sur le seuil et se répète la phrase de chaque début de semaine : cette fois, je tiens.

Elle loue une chambre de sa maison de Besançon à un étudiant : au printemps, elle s'apprête à déclarer 4 560 euros qu'elle ne doit pas

Elle loue une chambre de sa maison de Besançon à un étudiant : au printemps, elle s’apprête à déclarer 4 560 euros qu’elle ne doit pas

Un mardi d'avril, vers neuf heures, la pluie tapait sur la verrière de la cuisine, rue des Chaprais, à Besançon. Mireille avait étalé ses relevés bancaires à côté du bol de café refroidi. Au-dessus, le plancher craquait sous les pas de Théo, qui cherchait ses chaussures avant son cours. Elle a ouvert l'ordinateur, tapé son mot de passe, et cherché la case des loyers.

Il reprend un mi-temps chez son ancien patron quatre mois après sa retraite : sa caisse lui annonce que sa pension est suspendue

Il reprend un mi-temps chez son ancien patron quatre mois après sa retraite : sa caisse lui annonce que sa pension est suspendue

Le portail de l'entreprise grinçait toujours de la même façon, un peu avant sept heures. Gérard a garé sa vieille Clio à sa place habituelle, sous le tilleul, comme si rien n'avait changé. L'odeur d'huile de coupe flottait déjà dans la cour. Quatre mois plus tôt, on lui avait offert un pot de départ et une canne à pêche. Ce lundi de mars, il revenait travailler.

Il monte seul un abri de jardin en kit de 12 m² au printemps : six mois plus tard, un avis de taxe de 780 euros arrive

Il monte seul un abri de jardin en kit de 12 m² au printemps : six mois plus tard, un avis de taxe de 780 euros arrive

Un samedi d'avril, vers neuf heures, la visseuse de Gérard ronronnait déjà au fond du jardin. Les planches de sapin, encore emballées sous film plastique, sentaient la résine tiède. Sa femme Monique posait deux tasses de café sur le muret, à côté de la notice pliée en quatre. Le merle du voisin chantait sur la haie, indifférent aux vis qui roulaient dans l'herbe humide.

Il nettoie chaque automne sa gouttière bouchée par le chêne du voisin : il réclame 380 euros et découvre que la loi ne lui doit presque rien

Il nettoie chaque automne sa gouttière bouchée par le chêne du voisin : il réclame 380 euros et découvre que la loi ne lui doit presque rien

Dehors, la pluie de novembre tambourinait sur le toit de tuiles, et un filet d'eau débordait au-dessus de la porte d'entrée. Il était sept heures du matin. Gérard, 67 ans, a posé sa tasse sur le rebord de la fenêtre et a regardé l'eau couler en rideau sur le perron. Au fond du jardin, le grand chêne du voisin perdait encore ses feuilles, une à une, sans bruit.

Elle colore ses cheveux blancs avec la même boîte châtain depuis cinq ans : ses pointes sont devenues presque noires et ne brillent plus du tout

Elle colore ses cheveux blancs avec la même boîte châtain depuis cinq ans : ses pointes sont devenues presque noires et ne brillent plus du tout

Il est sept heures et quart, un dimanche de février, et la buée couvre encore le miroir de la salle de bains. Sylvie enfile les gants en plastique fins qui crissent sur ses doigts. Sur le rebord du lavabo, la boîte châtain clair, toujours la même, attend à côté d'une vieille serviette tachée. Elle secoue le flacon applicateur, comme chaque mois depuis cinq ans.

Il bouche les grilles d'aération de sa cuisine pour garder la chaleur : à la visite d'entretien, le technicien refuse de rallumer sa chaudière

Il bouche les grilles d’aération de sa cuisine pour garder la chaleur : à la visite d’entretien, le technicien refuse de rallumer sa chaudière

Il était huit heures et quart, un mardi de janvier, et la cuisine sentait encore le café réchauffé. Gérard tenait la porte au technicien, un jeune homme en polaire bleue qui posait déjà sa caisse à outils sur le carrelage. Au-dessus de l'évier, la chaudière ronronnait doucement. Le technicien a levé les yeux vers la grille d'aération, puis il a cessé de sourire.

Elle achète une perceuse un samedi dans une grande surface de bricolage : le mardi suivant, l'accueil refuse de la reprendre malgré le ticket

Elle achète une perceuse un samedi dans une grande surface de bricolage : le mardi suivant, l’accueil refuse de la reprendre malgré le ticket

Le carton posé sur la table de la cuisine sentait encore le plastique neuf. Il était un peu plus de dix-neuf heures, ce samedi, et la pluie tapait doucement contre la fenêtre. Claire a soulevé la perceuse d'une main, l'a tenue à bout de bras, puis l'a reposée avec un petit bruit sourd. Son poignet droit, lui, avait déjà donné son avis.

Il vide ses réservoirs avec soin chaque automne près de Grenoble : au printemps, le robinet d'eau chaude de son camping-car reste sec

Il vide ses réservoirs avec soin chaque automne près de Grenoble : au printemps, le robinet d’eau chaude de son camping-car reste sec

Le hangar de Vif sentait la paille et le gasoil froid, ce samedi de mars vers neuf heures. Gérard a tiré la bâche d'un coup sec, la poussière a dansé dans la lumière de la porte. Il a déverrouillé la cellule, posé le pied sur le marchepied qui a grincé. Puis il s'est arrêté, la main sur la poignée, le nez levé.

Il roule un mois avec le voyant moteur orange allumé et la voiture tourne parfaitement : au contrôle technique d'octobre, le contrôleur lui tend une contre-visite

Il roule un mois avec le voyant moteur orange allumé et la voiture tourne parfaitement : au contrôle technique d’octobre, le contrôleur lui tend une contre-visite

Le hangar sentait l'huile froide et le caoutchouc, ce mardi d'octobre, un peu avant neuf heures. Thierry avait laissé les clés sur le contact, comme on le lui avait demandé, et regardait sa Clio monter lentement sur le pont. Le contrôleur, tablette à la main, tapotait l'écran sans rien dire. Puis il s'est penché vers le tableau de bord, et son doigt s'est arrêté sur une petite lumière orange.

Il part à la retraite après trente-cinq ans de bureau : en octobre, sa femme remarque qu'il la suit d'une pièce à l'autre

Il part à la retraite après trente-cinq ans de bureau : en octobre, sa femme remarque qu’il la suit d’une pièce à l’autre

Il est dix heures du matin, un mardi d'octobre, et la machine à laver entame son essorage dans la buanderie. Martine plie des torchons sur la table de la cuisine. Elle sent une présence derrière elle, se retourne. Bernard est là, une tasse vide à la main, appuyé au chambranle. Il était déjà là dans le salon, puis dans l'entrée, puis au jardin.

Elle range les papiers de sa mère dans une boîte à chaussures : sa banque lui écrit qu'un livret ouvert il y a vingt ans doit fermer

Elle range les papiers de sa mère dans une boîte à chaussures : sa banque lui écrit qu’un livret ouvert il y a vingt ans doit fermer

Le carton sentait le papier humide et la naphtaline, posé sur la table de la cuisine à côté d'un bol de café refroidi. Il était dix heures, un dimanche de février, et la pluie tapotait contre la fenêtre. Martine soulevait les enveloppes une à une, les relevés jaunis glissant entre ses doigts. Puis elle s'arrêta sur un petit carnet bleu.

Il remplace son vieux grillage par une clôture rigide près de Dijon : un mois plus tard, la mairie lui réclame un dossier jamais déposé

Il remplace son vieux grillage par une clôture rigide près de Dijon : un mois plus tard, la mairie lui réclame un dossier jamais déposé

Samedi, neuf heures, la perceuse de Gérard résonne déjà au fond du lotissement. Les panneaux verts, rigides, attendent contre le mur du garage, encore emballés dans leur film plastique qui claque au vent. Le vieux grillage, roulé en boule, rouille sur la pelouse. Gérard essuie ses mains sur son pantalon et regarde le premier poteau, bien droit, planté dans son sabot de béton frais.

Elle lisse ses cheveux chaque matin depuis dix ans, fer au maximum : sa coiffeuse coupe huit centimètres et lui montre l'intérieur d'une pointe

Elle lisse ses cheveux chaque matin depuis dix ans, fer au maximum : sa coiffeuse coupe huit centimètres et lui montre l’intérieur d’une pointe

Il est sept heures dix, la salle de bains sent encore le gel douche à la vanille. Claire branche son fer sur la prise près du miroir, tourne la molette jusqu'au bout, attend le petit bip. Une mèche encore humide grésille entre les plaques, une fine vapeur monte. Elle ne l'entend même plus, ce bruit-là : dix ans qu'il accompagne ses matins.

Elle passe du châtain au blond dans sa salle de bains à Lille : ses racines sortent jaune clair, ses longueurs virent au carotte

Elle passe du châtain au blond dans sa salle de bains à Lille : ses racines sortent jaune clair, ses longueurs virent au carotte

Il était presque vingt et une heures, un dimanche de février, et la salle de bains sentait l'ammoniaque. Camille, 34 ans, avait étalé une vieille serviette sur le rebord de la baignoire, posé son téléphone contre le miroir pour lancer le minuteur. Les gants en plastique collaient à ses doigts. Dans le flacon applicateur, la crème blanche venait de virer au gris.