Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Elle paie sa femme de ménage depuis six ans à Perpignan : trois semaines plus tard, une voisine lui montre la case oubliée

Elle paie sa femme de ménage depuis six ans à Perpignan : trois semaines plus tard, une voisine lui montre la case oubliée

Le mardi, à neuf heures pile, la sonnette grésille dans l'appartement de la rue Foch. Monique, 74 ans, entend d'abord le seau qui cogne contre la porte, puis la voix de Samira dans l'escalier. L'odeur du café flotte encore dans la cuisine. Sur la toile cirée, une enveloppe attend, avec quarante-huit euros pliés dedans, comme chaque semaine depuis six ans.

Elle prête 4 000 euros à son fils pour sa voiture sans rien signer : deux ans plus tard, il lui répond « c'était un cadeau, maman »

Elle prête 4 000 euros à son fils pour sa voiture sans rien signer : deux ans plus tard, il lui répond « c’était un cadeau, maman »

Le moteur de la Clio d'occasion tournait encore dans la cour, une petite fumée blanche montait dans l'air froid de février. Martine tenait son téléphone d'une main, la tasse de café de l'autre, et regardait son fils Julien tourner autour de la voiture comme un gamin. Il était neuf heures du matin. Elle venait de valider le virement de 4 000 euros.

Veuve à 58 ans à Toulouse, elle range le dossier de réversion dans un tiroir : trois mois plus tard, un virement arrive de sa caisse complémentaire

Veuve à 58 ans à Toulouse, elle range le dossier de réversion dans un tiroir : trois mois plus tard, un virement arrive de sa caisse complémentaire

Le facteur est passé à dix heures, comme chaque mardi, et l'enveloppe blanche a glissé sous la porte avec un bruit sec. Dans la cuisine de la maison de Saint-Cyprien, Martine, 58 ans, tenait encore sa tasse de café tiède entre les mains. Sur la table, le relevé de compte attendait depuis la veille. Une ligne, en bas, portait un nom qu'elle ne connaissait pas.

Elle découvre une auréole brune au plafond de son salon lillois : c'est son propre assureur qui doit payer, pas celui du voisin du dessus

Elle découvre une auréole brune au plafond de son salon lillois : c’est son propre assureur qui doit payer, pas celui du voisin du dessus

Il était un peu plus de sept heures, un mardi de novembre, et la pluie battait les vitres de l'appartement. Nadia posait sa tasse sur la table basse quand une goutte est tombée juste à côté, avec un petit bruit sec. Elle a levé les yeux. Au-dessus du canapé, une auréole brunâtre dessinait au plafond une carte de pays inconnu.

Elle coupe elle-même les branches du chêne voisin au-dessus de sa piscine : une semaine plus tard, une lettre réclame des dommages

Elle coupe elle-même les branches du chêne voisin au-dessus de sa piscine : une semaine plus tard, une lettre réclame des dommages

Il était sept heures, un samedi de juin, et l'eau de la piscine brillait déjà sous une fine pellicule de feuilles brunes. Sylvie, 58 ans, tenait l'épuisette d'une main et son café de l'autre. Au-dessus d'elle, les grosses branches du chêne voisin craquaient doucement dans le vent. Ce matin-là, elle décida qu'elle en avait assez.

Elle coupe ses pointes aux ciseaux de cuisine depuis six ans à Nantes : ses fourches reviennent désormais en trois semaines au lieu de deux mois

Elle coupe ses pointes aux ciseaux de cuisine depuis six ans à Nantes : ses fourches reviennent désormais en trois semaines au lieu de deux mois

Le dimanche soir, vers vingt et une heures, la salle de bains de Claire sent encore la vapeur de la douche. Sur le rebord du lavabo, une serviette pliée, un peigne à dents larges et les ciseaux à manche orange de la cuisine. Elle se penche vers le miroir, attrape une mèche entre deux doigts, et le petit crissement des lames résonne contre le carrelage.

Elle se teint les cheveux au henné du commerce depuis un an : au salon, la coloriste repose le pinceau et refuse net les mèches

Elle se teint les cheveux au henné du commerce depuis un an : au salon, la coloriste repose le pinceau et refuse net les mèches

Le séchoir ronflait au fond du salon, un samedi vers dix heures, et l'odeur d'ammoniaque flottait près des bacs. Claire, 38 ans, s'était assise dans le fauteuil en cuir craquelé, une photo de balayage blond sur son téléphone. Sophie, la coloriste, a passé les doigts dans ses longueurs cuivrées, les a frottées entre deux doigts, puis a reposé doucement son pinceau sur le chariot.

Il décroche à l'heure du café pour une isolation subventionnée : le soir même, il signe un contrat de 7 800 euros dans sa cuisine

Il décroche à l’heure du café pour une isolation subventionnée : le soir même, il signe un contrat de 7 800 euros dans sa cuisine

Il était un peu plus de dix heures, et le soleil tapait déjà sur la terrasse carrelée. Gérard rinçait sa tasse dans l'évier quand le téléphone fixe a sonné dans le couloir, deux fois, puis une troisième. Monique arrosait les tomates au fond du jardin. Il s'est essuyé les mains sur son pantalon, a décroché, et une voix jeune et souriante a prononcé son nom.

À 63 ans, elle remplit son agenda de retraitée à Angers : en décembre, les quatre activités de septembre sont abandonnées une par une

À 63 ans, elle remplit son agenda de retraitée à Angers : en décembre, les quatre activités de septembre sont abandonnées une par une

Le mardi matin, à Angers, la sonnerie du téléphone posé sur le buffet résonne dans la cuisine. Françoise, 63 ans, ne bouge pas. Sa tasse de thé refroidit près de la fenêtre, où la pluie de décembre glisse lentement sur les vitres. C'est sûrement Monique, de la chorale, qui s'inquiète encore. Françoise remonte le plaid sur ses genoux et regarde l'écran s'éteindre.

Il installe son sèche-linge neuf dans le garage pour gagner de la place : en janvier, le cycle dure quatre heures et les draps restent humides

Il installe son sèche-linge neuf dans le garage pour gagner de la place : en janvier, le cycle dure quatre heures et les draps restent humides

Il était sept heures du soir, un mardi de janvier, et la porte du garage grinçait comme toujours. Dans la lumière jaune du néon, Thierry a posé la main sur le hublot du sèche-linge. Le tambour tournait encore, avec ce ronronnement sourd qu'il connaissait par cœur. L'écran affichait trente minutes restantes. Il l'avait lancé à quinze heures, et les draps, sous ses doigts, étaient froids et lourds.

Il range son camping-car près d'Épinal fin octobre sans rien vider : en mars, la pompe tourne dans le vide et un raccord fendu goutte

Il range son camping-car près d’Épinal fin octobre sans rien vider : en mars, la pompe tourne dans le vide et un raccord fendu goutte

Un samedi de mars, vers dix heures, le hangar sentait la poussière froide et le caoutchouc. Gérard a tourné la clé, le tableau de bord s'est allumé, puis il a appuyé sur l'interrupteur de la pompe. Un bourdonnement sec, régulier, et rien d'autre. Aucun filet d'eau dans l'évier, juste ce bruit obstiné qui tournait à vide sous le plancher.

Il part en Auvergne pour la Toussaint avec ses pneus été habituels : à l'entrée du col, un panneau rond change tout son trajet

Il part en Auvergne pour la Toussaint avec ses pneus été habituels : à l’entrée du col, un panneau rond change tout son trajet

Le moteur ronronnait doucement, la buée s'effaçait par bandes sur le pare-brise, et le thermos de café cognait contre la portière à chaque virage. Il était un peu plus de neuf heures, ce 1er novembre, quand Julien a vu le panneau rond au bord de la route. Derrière lui, sa fille dormait contre la vitre, et la montagne commençait à peine.

Elle retrouve en rangeant un tiroir le chèque de sa marraine : la banque refuse les 150 euros, et ce n'est pas une erreur

Elle retrouve en rangeant un tiroir le chèque de sa marraine : la banque refuse les 150 euros, et ce n’est pas une erreur

Le tiroir du bas grinçait toujours un peu quand on le tirait trop fort. Ce samedi matin, vers dix heures, Camille avait vidé sur le parquet des notices, des piles mortes et des élastiques. Entre deux garanties périmées, une enveloppe crème glissa sur ses genoux. Elle reconnut tout de suite l'écriture ronde de sa marraine, et sentit ses joues chauffer.

Il exige chaque novembre que son voisin ramasse les feuilles du chêne : ce qu'il a appris sur les branches qui dépassent chez lui

Il exige chaque novembre que son voisin ramasse les feuilles du chêne : ce qu’il a appris sur les branches qui dépassent chez lui

Un samedi de novembre, vers neuf heures, l'eau débordait de la gouttière en un rideau régulier qui claquait sur les dalles de la terrasse. Gérard, 64 ans, observait la scène depuis la cuisine, une tasse de café refroidi dans la main. Au-dessus du toit, les branches du grand chêne voisin oscillaient lentement, encore chargées de feuilles brunes qui tombaient une à une.

Elle attend que l'assurance du voisin du dessus la rappelle pour sa cuisine : trois semaines plus tard, c'est son propre contrat qu'on lui demande

Elle attend que l’assurance du voisin du dessus la rappelle pour sa cuisine : trois semaines plus tard, c’est son propre contrat qu’on lui demande

Mardi, sept heures dix, la bouilloire commençait à siffler dans la petite cuisine de la rue Solférino, à Lille. Claire, 44 ans, a levé les yeux pour attraper une tasse sur l'étagère. Au-dessus de la hotte, une auréole jaunâtre dessinait une carte inconnue sur la peinture blanche. Elle a passé le doigt dessus, c'était à peine humide, et elle a pensé au voisin.

Il purge tous ses radiateurs un dimanche d'octobre à Limoges : le lendemain matin, la chaudière affiche un code rouge et la maison est glacée

Il purge tous ses radiateurs un dimanche d’octobre à Limoges : le lendemain matin, la chaudière affiche un code rouge et la maison est glacée

Le dimanche après-midi sentait la soupe de potiron et la feuille morte mouillée. Dans le salon de sa maison de Limoges, Bernard, 58 ans, était à genoux devant le radiateur, une clé carrée entre les doigts. Un sifflement aigu, puis un crachotement d'eau tiède dans le verre à moutarde. Il était quinze heures, et il se sentait parfaitement maître de sa maison.

Elle garde le même mascara dans sa trousse depuis l'automne à Caen : chaque soir, ses yeux piquent et le petit pot imprimé passe inaperçu

Elle garde le même mascara dans sa trousse depuis l’automne à Caen : chaque soir, ses yeux piquent et le petit pot imprimé passe inaperçu

Il est sept heures dix, rue Saint-Pierre à Caen, et la bouilloire siffle dans la cuisine. Claire, 41 ans, se penche vers le miroir de la salle de bains, la brosse noire à la main. Elle passe le mascara d'un geste rapide, appris depuis vingt ans. Le soir même, ses yeux piqueront encore, comme la veille.

Il remplace sa vieille chaudière fioul par une pompe à chaleur en Creuse : en janvier, ses radiateurs en fonte restent tièdes du matin au soir

Il remplace sa vieille chaudière fioul par une pompe à chaleur en Creuse : en janvier, ses radiateurs en fonte restent tièdes du matin au soir

Il était sept heures, ce matin de janvier, et le givre couvrait encore les vitres de la cuisine. Bernard, 64 ans, a posé la main à plat sur le radiateur en fonte, sous la fenêtre. Tiède, à peine. Dehors, le ventilateur de la pompe à chaleur ronronnait sans s'arrêter, et le thermomètre du salon affichait dix-sept degrés.

Elle demande des mèches blondes après trois ans de henné à Toulouse : la coloriste range ses pinceaux et refuse de toucher à ses cheveux

Elle demande des mèches blondes après trois ans de henné à Toulouse : la coloriste range ses pinceaux et refuse de toucher à ses cheveux

Il était un peu plus de dix heures, rue Pargaminières, et le sèche-cheveux du fond ronronnait sans s'arrêter. Nathalie s'est assise dans le fauteuil, a retiré sa pince en écaille et a secoué ses cheveux cuivrés devant le miroir. Elle avait apporté une photo sur son téléphone, des mèches couleur miel. La coloriste a passé les doigts dans ses longueurs, puis s'est arrêtée net.

Il rapporte son radiateur d'appoint le lendemain, ticket en main, à Saint-Étienne : le vendeur refuse, et la loi ne l'oblige à rien

Il rapporte son radiateur d’appoint le lendemain, ticket en main, à Saint-Étienne : le vendeur refuse, et la loi ne l’oblige à rien

Le carton tenait mal sous le bras de Gérard, coincé entre son coude et la portière de la voiture. Il était neuf heures dix, un samedi de novembre, sur le parking d'une zone commerciale de Saint-Étienne. Le vent descendait du Pilat et faisait claquer les chariots abandonnés. Dans sa poche, le ticket de la veille, plié en quatre, encore tiède de sa main.

Elle charge un baril de lessive géant en promo à Nancy : à la maison, le ticket montre que le petit flacon coûtait moins cher au litre

Elle charge un baril de lessive géant en promo à Nancy : à la maison, le ticket montre que le petit flacon coûtait moins cher au litre

Samedi, dix heures et quart, l'hypermarché de la périphérie de Nancy résonne du grincement des chariots. Nadine pousse le sien vers l'allée de l'entretien, la liste froissée dans la main gauche. En tête de gondole, sous une affiche jaune qui claque, un baril de lessive énorme trône sur une palette. Elle le soulève à deux mains, sent le plastique tiède, et le pose dans le chariot sans réfléchir.

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin depuis trente ans : cette année, un agent municipal sonne au portail avec un carnet d'amendes

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin depuis trente ans : cette année, un agent municipal sonne au portail avec un carnet d’amendes

Le râteau grattait la pelouse gelée, un samedi de début novembre, vers neuf heures. Au fond du jardin, près du vieux cerisier, le tas de feuilles montait jusqu'aux genoux de Gérard. Il a craqué une allumette, abrité la flamme de sa main, et la fumée blanche s'est enroulée vers la haie des voisins. Une demi-heure plus tard, quelqu'un sonnait au portail.

Il prend sa retraite en septembre et reste enfin à la maison : un mois plus tard, sa femme part marcher seule chaque matin

Il prend sa retraite en septembre et reste enfin à la maison : un mois plus tard, sa femme part marcher seule chaque matin

Il était neuf heures et quart, un mardi d'octobre, et la radio grésillait sur le rebord de la fenêtre. Dans la cuisine de la maison d'Angoulême, Gérard rangeait les tasses dans un ordre nouveau, les anses tournées vers la droite. Martine, debout près de la porte, enfilait déjà son anorak bleu. Elle a dit qu'elle allait marcher un peu, seule, et la porte a claqué doucement.

Il vend sa vieille Clio à son voisin de Montauban avec un contrôle récent : deux jours plus tard, le jeune acheteur sonne, la carte grise refusée

Il vend sa vieille Clio à son voisin de Montauban avec un contrôle récent : deux jours plus tard, le jeune acheteur sonne, la carte grise refusée

Le moteur de la Clio tournait au ralenti devant le portail, un bruit rond et un peu fatigué. Il était sept heures et demie, ce samedi de septembre, à Montauban, et l'odeur des platanes humides montait de la rue. Gérard essuyait le pare-brise avec un vieux torchon. Dans sa poche, il sentait la chemise cartonnée où dormaient tous les papiers de la voiture.