Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Il emprunte le même chemin dans le pré voisin depuis quarante ans : un matin d'octobre, un portail cadenassé lui barre la route

Il emprunte le même chemin dans le pré voisin depuis quarante ans : un matin d’octobre, un portail cadenassé lui barre la route

Il était sept heures dix, le moteur du vieux Berlingo tournait déjà dans la cour, et la buée commençait à peine à se retirer du pare-brise. Gérard a enclenché la première, roulé jusqu'au bout de l'allée, tourné à gauche dans le pré comme chaque matin depuis quarante ans. Puis il a pilé. Devant lui, un portail galvanisé tout neuf, et un cadenas qui brillait sous la rosée.

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin, comme son père : deux jours plus tard, un policier municipal sonne avec un avis d'amende

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin, comme son père : deux jours plus tard, un policier municipal sonne avec un avis d’amende

Le dimanche, vers onze heures, l'odeur arrive avant la fumée. Au fond du jardin, Gérard pousse du râteau les dernières feuilles du tilleul vers le tas qui crépite déjà. Le feu siffle doucement, une branche humide claque, un merle s'enfuit de la haie. Il tient le manche à deux mains, le visage chauffé, et pense à son père qui faisait exactement ce geste-là.

Il confie la vidange de sa voiture neuve au garage du coin : quand la boîte lâche, le concessionnaire ferme le dossier de garantie

Il confie la vidange de sa voiture neuve au garage du coin : quand la boîte lâche, le concessionnaire ferme le dossier de garantie

Il était sept heures dix, un mardi de novembre, et la rue des Tilleuls sentait encore la pluie de la nuit. Karim a tourné la clé, le moteur a démarré comme d'habitude. Puis, au moment de passer la deuxième, un claquement sec a traversé l'habitacle, suivi d'un à-coup qui a projeté le café de son gobelet sur le tableau de bord.

Elle signe un devis d'isolation dans sa cuisine un samedi matin : le lundi, son chèque d'acompte de 2 400 euros est déjà encaissé

Elle signe un devis d’isolation dans sa cuisine un samedi matin : le lundi, son chèque d’acompte de 2 400 euros est déjà encaissé

Samedi, dix heures et quart, la bouilloire venait de claquer quand on a sonné. Monique a essuyé ses mains sur son tablier et ouvert la porte à un jeune homme en polo bleu, une tablette sous le bras. Dehors, la pluie fine tapait sur le toit de sa Clio. Une heure plus tard, un devis et un chèque reposaient sur la toile cirée de sa cuisine.

Il part trois semaines au soleil en janvier, chauffage sur hors-gel : au retour, l'assureur lui lit une ligne de son contrat

Il part trois semaines au soleil en janvier, chauffage sur hors-gel : au retour, l’assureur lui lit une ligne de son contrat

Il était presque vingt-trois heures quand la clé a tourné dans la serrure, et le bruit l'a frappé avant l'odeur. Un goutte-à-goutte régulier, quelque part au-dessus de l'entrée. Bernard a posé sa valise à roulettes sur le carrelage, et ses chaussures ont fait un bruit mouillé. Il revenait de trois semaines à Tenerife, la peau encore chaude, et l'eau ruisselait le long du mur.

Elle ouvre une facture d'eau de 940 euros pour un trimestre ordinaire : le plombier creuse au fond du jardin et trouve la fuite

Elle ouvre une facture d’eau de 940 euros pour un trimestre ordinaire : le plombier creuse au fond du jardin et trouve la fuite

Le facteur était passé vers onze heures, et l'enveloppe blanche attendait sur la console de l'entrée, sous les clés de la voiture. Claire l'a ouverte debout, son café encore tiède dans l'autre main. Dehors, le tourniquet du voisin cliquetait sur sa pelouse. Elle a lu le chiffre une première fois, puis une deuxième, en approchant la feuille de la fenêtre : 940 euros.

Elle refuse depuis trois ans l'aide qu'on lui propose : à 81 ans, Odette ne voulait laisser aucune dette à ses deux enfants

Elle refuse depuis trois ans l’aide qu’on lui propose : à 81 ans, Odette ne voulait laisser aucune dette à ses deux enfants

Dans la cuisine d'Odette, à Montluçon, la pendule de la Poste avance toujours de quatre minutes. Il est dix heures, un mardi de février, et le radiateur claque doucement sous la fenêtre. Sa fille Sylvie pose une enveloppe kraft sur la toile cirée à carreaux. Odette la regarde sans la toucher, comme on regarde une facture qu'on n'a pas commandée.

Il fait poser sa pompe à chaleur contre le mur mitoyen : en juillet, le voisin sonne avec un sonomètre ouvert sur son téléphone

Il fait poser sa pompe à chaleur contre le mur mitoyen : en juillet, le voisin sonne avec un sonomètre ouvert sur son téléphone

Il était un peu plus de vingt-deux heures, ce soir de juillet, et la terrasse gardait encore la chaleur de la journée. Gérard rinçait les verres de l'apéritif quand la sonnette a retenti, deux coups brefs. Sur le seuil, son voisin Patrick tenait son téléphone à bout de bras, l'écran tourné vers lui, une aiguille verte qui tremblait au-dessus d'un chiffre.

À 76 ans, elle paie sa taxe foncière sans y penser depuis trente ans : sa voisine du même âge lui tend un avis à zéro euro

À 76 ans, elle paie sa taxe foncière sans y penser depuis trente ans : sa voisine du même âge lui tend un avis à zéro euro

Le café refroidissait dans la tasse à fleurs, et la pendule de la cuisine sonnait dix heures. Sur la toile cirée, Monique avait posé l'enveloppe des impôts, ouverte au couteau à beurre, comme chaque année en septembre. Elle cherchait ses lunettes quand on frappa trois petits coups à la porte vitrée. C'était Josette, sa voisine, un papier plié à la main.

Il fait réviser sa voiture neuve dans un centre auto pour économiser 140 euros : à la première panne, le concessionnaire parle de garantie

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Sept heures et quart, un mardi de février, sur le parking d'un centre auto de la zone commerciale. Julien, 41 ans, coupe le moteur de sa compacte grise achetée neuve quatorze mois plus tôt. Le rideau métallique de l'atelier remonte dans un grincement, une odeur d'huile chaude et de pneus neufs s'échappe. Il tend ses clés au mécanicien, avec le carnet d'entretien coincé sous le bras.

Il fait poser une véranda de 18 m² au fond de son jardin : deux ans plus tard, la mairie lui demande de la démonter

Il fait poser une véranda de 18 m² au fond de son jardin : deux ans plus tard, la mairie lui demande de la démonter

Ce mardi-là, vers dix heures, la pluie tambourinait sur le toit en polycarbonate de la véranda. Patrick, 61 ans, venait de poser sa tasse de café sur la table en teck, celle qu'il avait achetée exprès pour cette pièce. Dans la boîte aux lettres, une enveloppe à en-tête bleu l'attendait depuis le passage du facteur. Il l'a ouverte debout, les lunettes remontées sur le front.

Elle ne répond pas à un message de son manager un dimanche soir : toute la semaine, elle s'excuse d'une faute qui n'en était pas une

Elle ne répond pas à un message de son manager un dimanche soir : toute la semaine, elle s’excuse d’une faute qui n’en était pas une

Dimanche, 21 h 47. Dans la cuisine de l'appartement, à Nantes, le lave-vaisselle ronronnait et une odeur de soupe au potiron flottait encore au-dessus de la plaque. Claire, 38 ans, essuyait la table pendant que sa fille récitait une poésie depuis le canapé. Sur le buffet, le téléphone a vibré une fois, brièvement, contre le bois. Elle ne l'a pas regardé.

Elle arrive au salon après deux ans de henné : la coloriste refuse de poser la couleur avant d'avoir testé une seule mèche

Elle arrive au salon après deux ans de henné : la coloriste refuse de poser la couleur avant d’avoir testé une seule mèche

Il était dix heures passées, un mardi de novembre, et le séchoir du fond ronronnait déjà. Claire, 38 ans, avait posé son manteau humide sur le dossier du fauteuil, les yeux fixés sur ses longueurs cuivrées dans le miroir. Elle avait apporté une photo sur son téléphone, un châtain froid et lumineux. La coloriste a pris une mèche entre ses doigts, l'a frottée, puis a reposé le peigne.

Elle change la batterie de sa citadine en octobre, comme conseillé au garage : en décembre, la voiture refuse encore de démarrer devant chez elle

Elle change la batterie de sa citadine en octobre, comme conseillé au garage : en décembre, la voiture refuse encore de démarrer devant chez elle

Le givre couvrait encore le pare-brise quand Monique a tourné la clé, ce mardi de décembre, un peu avant neuf heures. Le tableau de bord s'est allumé faiblement, puis un cliquetis sec, presque timide, est monté du capot. Elle a réessayé, les doigts engourdis dans ses gants de laine. Rien. Exactement comme l'hiver dernier, alors que la batterie avait été changée deux mois plus tôt.

Il remonte vers Gérardmer avec ses pneus M+S en novembre : au contrôle, le gendarme lui explique que ces pneus ne suffisent plus

Il remonte vers Gérardmer avec ses pneus M+S en novembre : au contrôle, le gendarme lui explique que ces pneus ne suffisent plus

Il était six heures quarante, un samedi de novembre, et le moteur du Scénic ronronnait déjà dans la cour gelée. Didier grattait le pare-brise avec une vieille carte de fidélité, le souffle blanc devant la bouche. Sur la banquette arrière, deux sacs de courses, une couverture et le thermos de café. Direction Gérardmer, le chalet familial, comme chaque automne depuis vingt ans.

Il décroche trois fois par jour pour des panneaux solaires qu'il ne veut pas : en octobre, il découvre que ces appels sont interdits depuis août

Il décroche trois fois par jour pour des panneaux solaires qu’il ne veut pas : en octobre, il découvre que ces appels sont interdits depuis août

Il est midi dix, la soupe frémit sur la plaque, et le téléphone fixe sonne dans l'entrée. Gérard essuie ses mains sur son tablier, soupire, traverse le couloir carrelé. Au bout du fil, une voix enjouée lui parle d'autoconsommation et d'aides de l'État. C'est le troisième appel de la journée, et il n'est même pas l'heure du café.

Elle reçoit un refus pour la pension de réversion de son mari : trois semaines plus tard, un second courrier annonce un versement mensuel

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Il était un peu plus de dix heures, ce mardi de novembre, quand la boîte aux lettres a grincé au bout du chemin de Plonévez-du-Faou. Monique a traversé la cour en sabots, le vent d'ouest lui plaquant le gilet contre les côtes. Dans sa main, une seule enveloppe blanche, à fenêtre, avec le logo bleu qu'elle connaissait déjà. Elle l'a ouverte debout, contre le portail mouillé.

Elle achète un aspirateur affiché moins 40 % un samedi matin : trois semaines plus tôt, une capture d'écran montrait déjà le même prix

Elle achète un aspirateur affiché moins 40 % un samedi matin : trois semaines plus tôt, une capture d’écran montrait déjà le même prix

Le carton tenait à peine dans le coffre de la Clio, coincé entre un sac de croquettes et un parapluie. Il était onze heures, un samedi de mars, et la pluie tapait sur le toit du parking. Nadine refermait le hayon en souriant. Sur l'étiquette orange collée au flanc du carton, un chiffre rouge disait moins 40 %.

Il coupe lui-même les branches du chêne qui dépasse chez lui : le lendemain matin, son voisin frappe avec une lettre de plainte

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Le râteau grattait la pelouse encore humide, sept heures du matin, un dimanche de novembre. Gérard soufflait dans ses mains, le dos un peu raide, devant le quatrième sac de feuilles de la semaine. Au-dessus de lui, les grosses branches du chêne voisin s'étiraient jusqu'au milieu de son jardin. Ce matin-là, il a posé le râteau contre le mur et il est allé chercher l'escabeau.

Il paie sa femme de ménage depuis six ans sans rien déclarer : un matin, son voisin lui tend un avis d'impôt avec 1 200 euros remboursés

Il paie sa femme de ménage depuis six ans sans rien déclarer : un matin, son voisin lui tend un avis d’impôt avec 1 200 euros remboursés

Il était un peu plus de dix heures, ce mardi de mai, et le sécateur de Gérard claquait contre la haie de troènes. De l'autre côté du grillage, Bernard agitait une feuille blanche pliée en trois. Le café refroidissait sur la table de jardin, une guêpe tournait autour du sucrier. Gérard posa ses gants, intrigué par le sourire de son voisin.