Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Il quitte son chantier à 62 ans pour sa retraite à Perpignan : en octobre, sa pension subit le même taux qu'à l'époque de son salaire

Il quitte son chantier à 62 ans pour sa retraite à Perpignan : en octobre, sa pension subit le même taux qu’à l’époque de son salaire

Il était un peu plus de huit heures, ce mardi d'octobre, et la tramontane faisait claquer le volet de la cuisine. Alain, 62 ans, avait posé ses lunettes sur la toile cirée, à côté du bol de café encore fumant. Sur l'écran de la tablette, le relevé de sa pension venait de s'afficher. Il a relu deux fois la ligne du bas, puis il a appelé Josiane.

Il remplace sa vieille chaudière fioul par une pompe à chaleur près de Colmar : au premier froid, ses radiateurs en fonte restent à peine tièdes

Il remplace sa vieille chaudière fioul par une pompe à chaleur près de Colmar : au premier froid, ses radiateurs en fonte restent à peine tièdes

Il était sept heures, un matin de fin novembre, et le givre dessinait des fougères sur la vitre de la cuisine. Bernard a posé sa main à plat sur le radiateur en fonte, sous la fenêtre, comme il le faisait depuis trente ans. Dehors, le groupe extérieur de la pompe à chaleur ronronnait doucement. Sous sa paume, la fonte était à peine tiède.

Il fait monter des pneus quatre saisons sur sa Golf pour Gap : au contrôle de novembre, le gendarme cherche trois pics sur le flanc

Il fait monter des pneus quatre saisons sur sa Golf pour Gap : au contrôle de novembre, le gendarme cherche trois pics sur le flanc

Il était sept heures dix, un samedi de novembre, et le chauffage de la Golf soufflait encore froid sur les vitres. Sur la nationale qui monte vers Gap, un gyrophare bleu tournait en silence au bord d'un parking de gravier. Julien a ralenti, baissé la vitre, senti l'air sec de la montagne lui piquer les joues. Le gendarme, lui, regardait déjà ses roues.

Elle renvoie un aspirateur acheté en ligne depuis Nancy au dixième jour : le remboursement arrive avec 24 euros de moins sur son compte

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Il était un peu plus de sept heures, un mardi de mars, et la pluie tapait contre la fenêtre de la cuisine, rue de la Hache, à Nancy. Claire tenait son téléphone d'une main, sa tasse de l'autre, et faisait défiler ses relevés bancaires. Le virement était là, enfin. Elle a reposé la tasse un peu trop fort sur la table.

Elle verse 250 euros par mois à sa fille étudiante à Toulouse : deux ans plus tard, sa déclaration de revenus n'en garde aucune trace

Elle verse 250 euros par mois à sa fille étudiante à Toulouse : deux ans plus tard, sa déclaration de revenus n’en garde aucune trace

Le virement part toujours le 3 du mois, vers sept heures, pendant que la bouilloire siffle dans la cuisine de Nathalie. Elle tape le code sur son téléphone, entend le petit son de validation, puis repose l'appareil près du pot de miel. Deux cent cinquante euros pour Camille, à Toulouse. Depuis deux ans, ce geste ne lui a jamais coûté une seconde de réflexion.

Elle ouvre à un artisan venu pour un diagnostic d'isolation gratuit : le soir même, un devis de 14 800 euros attend sur la table

Elle ouvre à un artisan venu pour un diagnostic d’isolation gratuit : le soir même, un devis de 14 800 euros attend sur la table

Il était un peu plus de dix-huit heures, rue Michelet, et la pluie fine collait aux vitres de la cuisine. Monique venait de poser la casserole de soupe sur le feu quand la sonnette a retenti deux fois, sèche et insistante. Sur le palier, un homme en polaire grise tenait une tablette contre sa poitrine. Il souriait, et il parlait déjà d'isolation gratuite.

Il installe une caméra au-dessus de son portail à Montpellier : trois semaines plus tard, une lettre recommandée du voisin arrive

Il installe une caméra au-dessus de son portail à Montpellier : trois semaines plus tard, une lettre recommandée du voisin arrive

Il était sept heures, un samedi de mars, et l'escabeau grinçait sur les graviers de l'allée. Thierry, 58 ans, tenait la perceuse d'une main et la petite caméra blanche de l'autre. Au-dessus du portail, la mèche a mordu le crépi dans un nuage de poussière ocre. En bas, le chien observait la scène sans bouger, la tête penchée.

Elle réserve sa coloration habituelle à Lille pour le samedi : la coiffeuse lui demande de revenir le jeudi pour une seule touche

Elle réserve sa coloration habituelle à Lille pour le samedi : la coiffeuse lui demande de revenir le jeudi pour une seule touche

Jeudi, dix-huit heures passées, rue de Gand à Lille. La pluie fine colle aux vitrines, la porte du salon tinte quand Claire la pousse, son parapluie encore ruisselant. Une odeur de shampoing à la pomme, le souffle d'un séchoir au fond. Nadia l'attend avec un petit pot, un coton-tige et un sourire un peu désolé. Il n'y en a que pour deux minutes.

Il achète une maison à Nîmes et veut réparer le mur fissuré : le voisin refuse de payer et lève le doigt vers le haut du mur

Il achète une maison à Nîmes et veut réparer le mur fissuré : le voisin refuse de payer et lève le doigt vers le haut du mur

Il était sept heures et quart, un samedi de septembre, et l'arrosage automatique crachotait encore contre les lauriers. Julien, une tasse de café tiède à la main, longeait le fond du jardin en pantoufles. Sous ses doigts, le crépi s'effritait comme du sucre sec. La fissure, qu'il avait remarquée à la visite, faisait maintenant la largeur d'un pouce et descendait jusqu'au sol.

Il nettoie ses gouttières chaque novembre près de Limoges : l'avocat consulté lui annonce que les feuilles du chêne voisin resteront son problème

Il nettoie ses gouttières chaque novembre près de Limoges : l’avocat consulté lui annonce que les feuilles du chêne voisin resteront son problème

Il était sept heures et demie, un dimanche de novembre, et l'eau débordait de la gouttière en un rideau régulier. Gérard, en bottes, regardait la flaque grossir contre le mur du garage. Au-dessus de lui, le grand chêne du voisin se balançait doucement dans le vent humide. Il a soupiré, posé sa tasse sur le rebord de la fenêtre et sorti l'échelle, comme chaque année.

Elle découvre une auréole brune au plafond de son salon lillois : son assureur lui demande d'ouvrir elle-même le dossier, pas au voisin

Elle découvre une auréole brune au plafond de son salon lillois : son assureur lui demande d’ouvrir elle-même le dossier, pas au voisin

Il était sept heures dix, un mardi de novembre, et la bouilloire commençait à siffler dans la petite cuisine de la rue Solférino. Claire, 41 ans, a levé les yeux en passant dans le salon. Au-dessus du canapé, une auréole jaunâtre, large comme une assiette, s'était dessinée pendant la nuit. Elle a posé sa tasse, touché le plâtre du bout des doigts : il était tiède et légèrement humide.

Il remplace sa vieille chaudière fioul par une pompe à chaleur près d'Angers : chaque nuit, son compteur s'emballe entre 2 et 6 heures

Il remplace sa vieille chaudière fioul par une pompe à chaleur près d’Angers : chaque nuit, son compteur s’emballe entre 2 et 6 heures

Il était 3 h 10 quand Bernard a posé ses pieds nus sur le carrelage froid du couloir. Dans le garage, un ronronnement sourd montait du tableau électrique. Il a soulevé le capot gris du compteur, la lampe frontale de travers sur le front. Les chiffres défilaient comme jamais, dans une maison endormie où personne ne lavait, ne cuisinait, ne regardait la télévision.

Elle lance chaque soir son lave-vaisselle neuf en programme éco à Caen : les boîtes en plastique sortent encore trempées, trois semaines plus tard

Elle lance chaque soir son lave-vaisselle neuf en programme éco à Caen : les boîtes en plastique sortent encore trempées, trois semaines plus tard

Il est vingt-deux heures passées dans la cuisine de Claire, à Caen, et le lave-vaisselle émet son petit bip de fin de cycle. Elle ouvre la porte, une bouffée de vapeur tiède lui monte au visage. Dans le panier du haut, les gobelets des enfants sont retournés, remplis d'une flaque d'eau. Elle soupire, attrape un torchon, et recommence le même geste que la veille.

Elle quitte son bureau de Nantes avec un mail inachevé : à 23 heures, couchée, elle le réécrit encore phrase par phrase

Elle quitte son bureau de Nantes avec un mail inachevé : à 23 heures, couchée, elle le réécrit encore phrase par phrase

Il est 23 h 10, rue de la Bastille à Nantes. Le radiateur cliquette dans la chambre, la lampe de chevet est éteinte depuis vingt minutes. Claire, 38 ans, a les yeux ouverts dans le noir. Dans sa tête, une phrase revient, toujours la même : « Suite à notre échange de ce matin, je vous propose de… ». Le mail est resté en brouillon, au bureau.

Elle donne 15 000 euros à son petit-fils pour un appartement à Tours : chez le notaire, une seule question bloque la signature du compromis

Elle donne 15 000 euros à son petit-fils pour un appartement à Tours : chez le notaire, une seule question bloque la signature du compromis

La bouilloire sifflait dans la cuisine de Monique, à Saint-Avertin, un mardi de mars vers dix heures. Sur la toile cirée à fleurs, le chéquier attendait à côté d'une tasse ébréchée. Son petit-fils Hugo venait d'appeler, la voix un peu trop aiguë, pour dire qu'il avait trouvé le studio. Elle a reposé le combiné, souri seule, puis ouvert l'application de sa banque d'un doigt prudent.

Ils montent dans le Jura pour la Toussaint avec leurs pneus d'été : au premier col, un gendarme leur fait signe de se garer

Ils montent dans le Jura pour la Toussaint avec leurs pneus d’été : au premier col, un gendarme leur fait signe de se garer

Le thermos de café cliquetait contre la portière, coincé entre le siège et le frein à main. Il était un peu plus de neuf heures, ce samedi de Toussaint, et la route grimpait doucement au-dessus de la vallée, entre les sapins encore humides de rosée. Sur la banquette arrière, les deux enfants comptaient les vaches. Personne, dans la voiture, n'avait pensé une seconde à la neige.

Il quitte son poste de technicien près de Nancy en juillet : en octobre, sa pension subit encore le taux d'impôt de son ancien salaire

Il quitte son poste de technicien près de Nancy en juillet : en octobre, sa pension subit encore le taux d’impôt de son ancien salaire

Il était un peu plus de huit heures, ce mardi d'octobre, et la radio grésillait sur le rebord de la fenêtre. Gérard, 62 ans, venait de rentrer de la boulangerie de Laxou, la baguette encore tiède sous le bras. Sur la table, Martine avait posé l'ordinateur ouvert sur son relevé de pension. Il a reposé le pain, chaussé ses lunettes, et il a froncé les sourcils.

Il achète à La Rochelle un camping-car de 3,8 tonnes pour sa retraite : au contrôle technique, on le renvoie vers un centre poids lourds

Il achète à La Rochelle un camping-car de 3,8 tonnes pour sa retraite : au contrôle technique, on le renvoie vers un centre poids lourds

Sept heures et quart, un mardi de mars, sur le parking d'un centre de contrôle technique à La Rochelle. Le moteur diesel tourne encore au ralenti, une odeur de café froid flotte dans la cabine. Thierry tend sa carte grise par la vitre, fier de son grand camping-car blanc. Le contrôleur la lit, relève la tête, puis secoue doucement la sienne.

Elle découvre une auréole brune au plafond de son salon lyonnais : trois semaines plus tard, le dossier n'a toujours pas bougé d'un centimètre

Elle découvre une auréole brune au plafond de son salon lyonnais : trois semaines plus tard, le dossier n’a toujours pas bougé d’un centimètre

Il était un peu plus de sept heures, ce mardi de novembre, et la bouilloire commençait à siffler dans la petite cuisine. Claire a levé les yeux vers le plafond du salon en tirant les rideaux. Au-dessus de la bibliothèque, une auréole jaunâtre dessinait une sorte de carte inconnue. Une goutte, puis une autre, tombaient sur la tranche d'un vieux dictionnaire avec un bruit sourd.

Il confie la révision de sa voiture de deux ans à un garage de Perpignan : la concession lui annonce qu'il a perdu sa garantie constructeur

Il confie la révision de sa voiture de deux ans à un garage de Perpignan : la concession lui annonce qu’il a perdu sa garantie constructeur

Il était sept heures et quart, rue du Maréchal-Foch, à Perpignan, et le rideau métallique du garage remontait dans un long grincement. Thierry, 54 ans, tenait ses clés dans une main et un gobelet de café tiède dans l'autre. Sa berline grise, deux ans à peine, attendait sur le trottoir, moteur encore chaud. Il ne se doutait pas que cette révision banale allait lui valoir une lettre recommandée.

Il prend sa douche à six heures depuis vingt ans à Mulhouse : cet automne, l'eau sort tiède alors que rien n'a bougé chez lui

Il prend sa douche à six heures depuis vingt ans à Mulhouse : cet automne, l’eau sort tiède alors que rien n’a bougé chez lui

Six heures dix, la salle de bains encore froide, le carrelage qui mord les pieds nus. Gérard tourne le mitigeur vers la gauche, comme chaque matin depuis vingt ans, et attend la vapeur. Elle ne vient pas. L'eau coule, propre, régulière, mais tiède, à peine plus chaude que la main. Dehors, dans la rue de Mulhouse, un camion poubelle recule en bipant.