Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Il laisse sa voiture un mois au parking de Nantes pour voir sa fille : au retour, le tableau de bord reste noir malgré trois tours de clé

Il laisse sa voiture un mois au parking de Nantes pour voir sa fille : au retour, le tableau de bord reste noir malgré trois tours de clé

Le parking du P2 sentait le béton humide et l'essence froide, vers vingt-trois heures. Gérard tirait sa valise à roulettes, encore en chemisette, la peau tannée par quatre semaines de soleil réunionnais. Il a pressé la télécommande. Rien. Pas un clignotant, pas un bip. Il a pressé encore, plus fort, comme si la force du pouce pouvait changer quelque chose.

Elle range chaque année ses reçus de dons au refuge de Pau : à 74 ans, elle découvre que ces papiers ne lui ont jamais rapporté un euro

Elle range chaque année ses reçus de dons au refuge de Pau : à 74 ans, elle découvre que ces papiers ne lui ont jamais rapporté un euro

Il était un peu plus de neuf heures, un mardi de mai, et la pluie tapait doucement sur la véranda. Josiane avait posé la boîte à biscuits en fer sur la toile cirée, à côté de son bol de café. Dedans, six enveloppes kraft, rangées par année. Le chat Pompon dormait sur la chaise d'en face, indifférent au froissement du papier.

Il quitte son poste fin septembre près de Rouen et attend sa retraite : début octobre, le compte reste vide et aucun virement n'apparaît

Il quitte son poste fin septembre près de Rouen et attend sa retraite : début octobre, le compte reste vide et aucun virement n’apparaît

Le 3 octobre, vers huit heures, la bouilloire sifflait dans la cuisine de Gérard, à Déville-lès-Rouen. Il avait posé son téléphone contre le sucrier, l'application de la banque ouverte, le pouce suspendu au-dessus de l'écran. Dehors, un camion de livraison reculait en bipant. Sur le relevé, rien de nouveau depuis le dernier salaire, et la ligne du prélèvement de la maison attendait, intacte.

Il ramone lui-même son poêle à bois depuis douze ans en Ardèche : après un départ de feu, l'assureur réclame un certificat qu'il n'a pas

Il ramone lui-même son poêle à bois depuis douze ans en Ardèche : après un départ de feu, l’assureur réclame un certificat qu’il n’a pas

Le hérisson de ramonage était encore accroché au clou, dans l'appentis, à côté des bûches de chêne. Ce soir de janvier, vers vingt et une heures, Gérard a entendu un grondement sourd monter du conduit, comme un train lointain. Puis une odeur âcre a envahi le salon de la vieille ferme ardéchoise. Sa femme Monique a crié son prénom depuis la cuisine.

Elle pousse son armoire contre le mur nord de sa chambre à Quimper : en novembre, une tache noire grandit derrière, sans aucune fuite

Elle pousse son armoire contre le mur nord de sa chambre à Quimper : en novembre, une tache noire grandit derrière, sans aucune fuite

Il était un peu plus de sept heures, ce samedi de novembre, et la pluie fine tapotait contre la fenêtre de la chambre. Sophie tirait sur la porte de son armoire en chêne, qui grinçait comme toujours. En attrapant un pull au fond, sa main a frôlé le mur derrière. Il était froid, presque mouillé, et une odeur de cave est montée.

Elle applique sa coloration châtain chaque mois dans sa salle de bains à Rennes : ses pointes virent au presque noir, ses racines restent claires

Elle applique sa coloration châtain chaque mois dans sa salle de bains à Rennes : ses pointes virent au presque noir, ses racines restent claires

Le séchoir ronronnait encore dans la salle de bains, et la buée glissait lentement sur le miroir. Il était presque vingt et une heures, un dimanche de février, à Rennes. Claire a passé la main dans ses cheveux humides, puis elle s'est penchée vers la lumière. Au sommet du crâne, un châtain doux. Sur les épaules, une couleur sombre, presque noire, qu'elle ne reconnaissait pas.

Elle retire des poignées de cheveux de sa brosse chaque matin à Grenoble : sa coiffeuse lui conseille de ne rien changer du tout

Elle retire des poignées de cheveux de sa brosse chaque matin à Grenoble : sa coiffeuse lui conseille de ne rien changer du tout

Il est sept heures dix, la lumière d'octobre traîne encore derrière le Vercors. Dans la petite salle de bains de son appartement de l'Île Verte, à Grenoble, Claire passe la brosse dans ses cheveux mouillés. Le bruit est familier, un frottement doux sur les poils de sanglier. Puis elle baisse les yeux vers le lavabo blanc, et elle s'arrête net, la brosse suspendue en l'air.

À Dijon, son lave-linge s'arrête net à vingt-trois mois d'achat : le magasin lui tend le numéro du fabricant et referme le dossier

À Dijon, son lave-linge s’arrête net à vingt-trois mois d’achat : le magasin lui tend le numéro du fabricant et referme le dossier

Dimanche, vingt et une heures passées, dans une petite cuisine du quartier Montchapet, à Dijon. Le lave-linge entame son essorage, ce grondement familier qui fait vibrer les verres dans le placard voisin. Puis un claquement sec, une odeur de caoutchouc chaud, et plus rien. Nadia, 41 ans, reste debout devant le hublot, une serviette encore à la main, l'eau grise immobile derrière la vitre.

Elle guette un robot cuiseur depuis septembre dans un magasin toulousain : le jour des moins 40 %, le prix final dépasse celui qu'elle avait noté

Elle guette un robot cuiseur depuis septembre dans un magasin toulousain : le jour des moins 40 %, le prix final dépasse celui qu’elle avait noté

Il était sept heures vingt, et la bouilloire sifflait encore dans la petite cuisine de la rue des Filatiers, à Toulouse. Nadia, téléphone posé contre le sucrier, faisait défiler la page du magasin d'électroménager avec le pouce. Le bandeau rouge clignotait enfin : moins 40 % sur le robot cuiseur. Elle a reposé sa tasse, attrapé son carnet à spirale, et s'est figée.

Elle pensait gagner une heure de sommeil fin octobre à Nantes : ses deux enfants sont debout à 5 h 45 et pleurent dès le goûter

Elle pensait gagner une heure de sommeil fin octobre à Nantes : ses deux enfants sont debout à 5 h 45 et pleurent dès le goûter

Le radiateur cliquetait dans le couloir, et dans la cuisine encore noire, une petite voix demandait si c'était l'heure des tartines. Claire a plissé les yeux vers le four : 5 h 45. Ce lundi de fin octobre, à Nantes, la pluie tapotait la verrière et Jules, six ans, était déjà habillé, chaussettes dépareillées, prêt pour une journée qui n'avait pas commencé.

Il trouve sa fille de 16 ans endormie à midi chaque samedi à Metz : trois semaines plus tard, un médecin lui parle de son horloge interne

Il trouve sa fille de 16 ans endormie à midi chaque samedi à Metz : trois semaines plus tard, un médecin lui parle de son horloge interne

Samedi, midi passé de dix minutes, dans un appartement du quartier de Queuleu, à Metz. Dans la cuisine, la bouilloire siffle une deuxième fois sans que personne ne vienne l'éteindre. Thierry, 49 ans, fixe la porte fermée au bout du couloir, les bras croisés. Derrière cette porte, Inès, 16 ans, dort encore, les volets baissés, le téléphone posé à plat sur la couette.

Elle démarre sa Clio un matin à deux degrés à Clermont-Ferrand : le voyant des pneus s'allume et le garagiste ne trouve aucune crevaison

Elle démarre sa Clio un matin à deux degrés à Clermont-Ferrand : le voyant des pneus s’allume et le garagiste ne trouve aucune crevaison

Il était sept heures dix, rue de l'Oradou, et le pare-brise de la Clio était couvert d'un givre fin comme du sucre glace. Sylvie grattait la vitre avec une vieille carte de fidélité, le souffle en buée devant elle. Le moteur ronronnait déjà. Quand elle s'est assise, un petit symbole orange brillait au milieu du tableau de bord, juste sous le compteur.

Ils chargent le camping-car pour la Toussaint en Andalousie : à la frontière, les gendarmes les arrêtent et leur montrent une balance

Ils chargent le camping-car pour la Toussaint en Andalousie : à la frontière, les gendarmes les arrêtent et leur montrent une balance

Il était six heures et quart, la rue de Villefranche dormait encore sous une brume d'octobre. Gérard refermait la soute arrière du camping-car en poussant du genou, et le loquet a claqué comme un petit coup de fusil. Martine, emmitouflée dans sa polaire, comptait les packs d'eau à voix basse. Devant eux, deux mille kilomètres jusqu'à l'Andalousie, et deux semaines de soleil promises.

À 60 ans, il ouvre son relevé de carrière un dimanche à Lorient : trois étés de colonie et son premier contrat ont disparu

À 60 ans, il ouvre son relevé de carrière un dimanche à Lorient : trois étés de colonie et son premier contrat ont disparu

Dimanche, dix heures, la pluie tapait contre la baie vitrée de la cuisine, à Lorient. Le café refroidissait à côté du clavier. Gilles, 60 ans, venait enfin de retrouver son mot de passe et faisait défiler, ligne après ligne, les années de sa vie professionnelle. Il cherchait l'été 1983, celui des Glénan. La ligne était vide, et la suivante aussi.

À 74 ans, Monique vire 20 000 euros à sa petite-fille pour Lyon : chez le notaire, une seule question sur ce virement bloque la signature

À 74 ans, Monique vire 20 000 euros à sa petite-fille pour Lyon : chez le notaire, une seule question sur ce virement bloque la signature

Le radiateur cliquetait dans la cuisine de Roanne, et la radio parlait de pluie sur le Rhône. Monique, 74 ans, a posé ses lunettes sur le relevé bancaire, puis a tapé les chiffres un par un sur l'écran de sa tablette. Vingt mille euros. Elle a relu le nom de Camille deux fois, a appuyé sur valider, et a entendu le petit son de confirmation.

À 61 ans, elle ouvre une facture d'eau de 1 100 euros à Montpellier : trois semaines plus tard, le plombier creuse sous la haie de lauriers

À 61 ans, elle ouvre une facture d’eau de 1 100 euros à Montpellier : trois semaines plus tard, le plombier creuse sous la haie de lauriers

Il était un peu plus de dix heures, un mardi de mars, et le facteur venait de claquer la boîte aux lettres. Martine a posé son sécateur sur le muret, essuyé ses mains sur son tablier de jardin. L'enveloppe du service des eaux était plus épaisse que d'habitude. Elle l'a ouverte debout, au milieu de l'allée, et elle a lu le montant deux fois.

Il laisse sa piscine hors-sol de quatre mètres montée toute l'année près d'Agen : à l'automne, la mairie lui réclame une déclaration oubliée

Il laisse sa piscine hors-sol de quatre mètres montée toute l’année près d’Agen : à l’automne, la mairie lui réclame une déclaration oubliée

Ce matin d'octobre, la bâche bleue claquait doucement sous le vent, tendue sur l'eau verdie de la piscine ronde. Didier, 61 ans, ramassait les feuilles du noyer avec une épuisette, le café refroidissant sur le muret. Vers dix heures, le moteur de la voiture jaune s'est arrêté devant le portail. Dans la boîte, entre deux publicités, une enveloppe à l'en-tête de la mairie l'attendait.

Elle pose un portail fermé à clé au bout de son chemin en Dordogne : le lendemain, l'agriculteur voisin sonne avec un acte notarié et son tracteur

Elle pose un portail fermé à clé au bout de son chemin en Dordogne : le lendemain, l’agriculteur voisin sonne avec un acte notarié et son tracteur

Il était sept heures et quart, la brume collait encore aux noyers, et le moteur du tracteur faisait trembler les vitres de la cuisine. Claire posa son bol de café sur la toile cirée. Par la fenêtre, elle vit Bernard descendre de sa cabine, une chemise cartonnée sous le bras. Il s'arrêta devant le portail neuf, posa la main sur le cadenas, puis sonna.

Elle remplace ses vieilles fenêtres par du double vitrage à Rouen : dès novembre, une tache noire grandit derrière l'armoire de sa chambre

Elle remplace ses vieilles fenêtres par du double vitrage à Rouen : dès novembre, une tache noire grandit derrière l’armoire de sa chambre

Il était sept heures moins le quart, et la bouilloire sifflait déjà dans la cuisine de la petite maison de briques. Claire a tiré le rideau de la chambre et sa main est restée suspendue. Sur la vitre neuve, de grosses gouttes descendaient lentement, traçant des sillons jusqu'au joint blanc, où une flaque minuscule s'était formée pendant la nuit.

Il rallume son poêle à bois le premier soir froid près de Besançon : trois semaines plus tard, l'assureur lui réclame un papier qu'il n'a pas

Il rallume son poêle à bois le premier soir froid près de Besançon : trois semaines plus tard, l’assureur lui réclame un papier qu’il n’a pas

Le thermomètre de la terrasse affichait trois degrés, un mardi d'octobre vers dix-neuf heures, dans un village au nord de Besançon. Gérard a froissé deux pages du journal local, posé trois bûches de charme, gratté l'allumette. La flamme a pris d'un coup, avec ce petit souffle familier. Dans la cuisine, Martine a souri en entendant le premier craquement du bois.

Il baisse son plancher chauffant à 15 °C chaque matin près de Nancy : la facture ne bouge pas et le salon reste froid jusqu'à minuit

Il baisse son plancher chauffant à 15 °C chaque matin près de Nancy : la facture ne bouge pas et le salon reste froid jusqu’à minuit

Il est sept heures moins le quart, à Laxou, et la porte du garage grince en remontant. Thomas, 41 ans, attrape ses clés, puis revient sur ses pas, comme chaque matin. Dans l'entrée, il appuie trois fois sur le petit écran du thermostat. Le chiffre descend : 15 °C. Le carrelage est encore tiède sous ses chaussettes, la maison sent le café.

Elle range sa crème solaire dans un tiroir à Marseille fin septembre : en novembre, les taches de ses pommettes sont plus sombres qu'en août

Elle range sa crème solaire dans un tiroir à Marseille fin septembre : en novembre, les taches de ses pommettes sont plus sombres qu’en août

Dans la salle de bains de l'appartement du boulevard Chave, la lumière de novembre tombe à plat sur le miroir. Il est sept heures dix, le chauffe-eau ronronne derrière la cloison. Nadia, 47 ans, approche son visage de la glace, frotte du pouce sa pommette gauche, puis la droite. Les petites taches brunes sont là, plus nettes qu'en août, comme dessinées au crayon.

Elle applique une coloration châtain clair sur ses cheveux bruns à Bordeaux : quarante minutes plus tard, le miroir lui renvoie exactement la même couleur

Elle applique une coloration châtain clair sur ses cheveux bruns à Bordeaux : quarante minutes plus tard, le miroir lui renvoie exactement la même couleur

Le néon de la salle de bains grésillait au-dessus du lavabo, un dimanche de mars, vers dix-sept heures. Camille avait étalé une vieille serviette sur ses épaules et posé la minuterie de son téléphone contre le flacon de shampooing. Sur le rebord de la baignoire, la boîte promettait un châtain clair lumineux. Elle a enfilé les gants trop grands, et elle a commencé.