Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Elle se colore les cheveux depuis vingt ans à Bordeaux : la nouvelle coiffeuse refuse de commencer sans une touche derrière l'oreille

Elle se colore les cheveux depuis vingt ans à Bordeaux : la nouvelle coiffeuse refuse de commencer sans une touche derrière l’oreille

Le sèche-cheveux ronronnait au fond du salon, rue Notre-Dame, et l'odeur de laque flottait au-dessus des fauteuils noirs. Il était dix heures passées de quelques minutes, un mardi de mars. Sylvie avait posé son sac sur ses genoux et attendait sa couleur. La jeune coiffeuse, elle, tenait un simple coton-tige à la main et lui demandait de dégager son oreille.

Elle achète un lave-linge à 549 euros dans un magasin d'Amiens : vingt mois plus tard, le fabricant lui réclame 240 euros de réparation

Elle achète un lave-linge à 549 euros dans un magasin d’Amiens : vingt mois plus tard, le fabricant lui réclame 240 euros de réparation

Il était un peu plus de six heures, un mardi de février, et la cuisine sentait encore le café réchauffé. Nadia avait lancé une machine de blouses avant de partir. Le tambour tournait, puis un claquement sec, un bip long, et plus rien. Sur l'écran, trois lettres clignotaient en rouge. L'eau grise stagnait derrière le hublot, immobile, comme une flaque oubliée.

Elle donne 15 000 euros à sa petite-fille partie étudier à Lyon : son notaire lui tend un formulaire qu'elle n'avait jamais vu

Elle donne 15 000 euros à sa petite-fille partie étudier à Lyon : son notaire lui tend un formulaire qu’elle n’avait jamais vu

Il était un peu plus de sept heures, ce dimanche de fin août, et la bouilloire sifflait dans la cuisine de Monique, à Roanne. Sur la toile cirée, une enveloppe kraft attendait, gonflée, fermée avec un trombone. Dehors, la portière d'une petite Clio claqua. Chloé, dix-neuf ans, venait dire au revoir avant de prendre la route de Lyon.

Elle fait sa vidange dans un centre auto de Clermont pour économiser : au rendez-vous suivant, le concessionnaire lui annonce que sa garantie est perdue

Elle fait sa vidange dans un centre auto de Clermont pour économiser : au rendez-vous suivant, le concessionnaire lui annonce que sa garantie est perdue

Il était huit heures moins le quart, un mardi de février, sur le parking d'un centre auto de la zone du Brézet, à Clermont-Ferrand. Le pare-brise de la petite citadine grise était encore couvert de givre. Nadia, 41 ans, grattait la glace avec une carte de fidélité tordue, les doigts engourdis, pendant qu'un rideau métallique se levait dans un grincement.

Ils chargent leur camping-car pour un hiver entier en Espagne : avant la frontière, la balance des gendarmes affiche 340 kilos de trop

Ils chargent leur camping-car pour un hiver entier en Espagne : avant la frontière, la balance des gendarmes affiche 340 kilos de trop

Il était six heures et demie, la rue encore noire, et le moteur du camping-car ronronnait devant le portail. Gérard, 66 ans, serrait une dernière sangle sur le porte-vélos arrière, les doigts engourdis par le froid. Dans la cuisine, Martine refermait le dernier carton de conserves. Le gravier crissait sous les roues quand ils sont partis, direction l'Espagne, pour quatre mois.

Il quitte son atelier messin le 31 août, sûr de sa pension : le premier virement de la retraite arrive le 9 octobre

Il quitte son atelier messin le 31 août, sûr de sa pension : le premier virement de la retraite arrive le 9 octobre

Le 30 septembre, à sept heures du matin, la cuisine sentait le café brûlé. Gérard, 62 ans, tapotait l'écran de son téléphone posé contre le sucrier, pendant que la radio parlait de la circulation sur l'A31. Il a rafraîchi l'application de sa banque une fois, puis deux. La ligne du solde n'avait pas bougé depuis la veille, et la pension non plus.

Elle se réveille chaque nuit à Poitiers à cause d'un ronronnement sourd : le bruit venait d'une machine posée à deux mètres de sa fenêtre

Elle se réveille chaque nuit à Poitiers à cause d’un ronronnement sourd : le bruit venait d’une machine posée à deux mètres de sa fenêtre

Il était deux heures dix, et le réveil projetait ses chiffres rouges au plafond de la chambre. Sylvie, 54 ans, gardait les yeux ouverts dans le noir, la couette remontée jusqu'au menton. Derrière la fenêtre fermée, quelque chose tournait. Un ronronnement grave, régulier, presque imperceptible, qui semblait passer à travers les murs et venir se loger directement dans sa poitrine.

Il allume son poêle à bois chaque soir depuis trois hivers près de Besançon : après le feu de conduit, l'assureur lui réclame un papier précis

Il allume son poêle à bois chaque soir depuis trois hivers près de Besançon : après le feu de conduit, l’assureur lui réclame un papier précis

Il était un peu plus de vingt heures, ce mardi de janvier, dans la longère de Thierry, à quelques kilomètres de Besançon. La fonte du poêle cliquetait doucement en chauffant, une bûche de hêtre venait de s'effondrer sur les braises. Thierry, en chaussettes, posait sa tasse de tisane sur le rebord de la fenêtre. Puis il y a eu ce bruit, un grondement sourd, comme un train dans le mur.

Elle achète une longère dans le Morbihan, le voisin traverse sa cour : il dit que trente ans de passage lui ont donné un droit

Elle achète une longère dans le Morbihan, le voisin traverse sa cour : il dit que trente ans de passage lui ont donné un droit

Il était sept heures dix, un mardi d'octobre, et le café fumait encore sur le rebord de la fenêtre. Claire entendit d'abord le moteur, un vieux diesel qui toussait derrière le pignon. Puis le tracteur rouge apparut, passa entre le puits et la porte de la grange, et disparut vers le champ. Le voisin leva la main pour saluer.

Il bouche les entrées d'air de ses fenêtres neuves à Rouen : en novembre, des taches noires couvrent le mur derrière l'armoire de la chambre

Il bouche les entrées d’air de ses fenêtres neuves à Rouen : en novembre, des taches noires couvrent le mur derrière l’armoire de la chambre

Il était sept heures moins le quart, un mardi de novembre, et la pluie de Rouen tapait doucement contre les vitres neuves. Thierry, 58 ans, tirait l'armoire de la chambre pour récupérer une chaussette tombée derrière. Le meuble a raclé le parquet avec un bruit sourd. Puis il s'est arrêté net, la main encore sur le bois : le mur était couvert de taches noires.

Elle remplace un shampoing sur deux par une bombe de poudre : en octobre, son cuir chevelu gratte et ses racines graissent dès le matin

Elle remplace un shampoing sur deux par une bombe de poudre : en octobre, son cuir chevelu gratte et ses racines graissent dès le matin

Sept heures dix, cours Berriat, à Grenoble. Dans la petite salle de bains, la bombe chuinte deux fois au-dessus de la tête de Claire, et un nuage blanc retombe sur le lavabo. Elle masse ses racines du bout des doigts, secoue sa frange, attrape son vélo dans le couloir. Dehors, le Vercors est encore gris, et elle a gagné vingt minutes.

Elle guette un robot cuiseur à moins 40 % depuis un mois à Toulon : le jour J, le prix affiché est celui de fin septembre

Elle guette un robot cuiseur à moins 40 % depuis un mois à Toulon : le jour J, le prix affiché est celui de fin septembre

Il était huit heures cinq, ce mardi d'octobre, et le rideau métallique du magasin de Toulon remontait dans un grincement fatigué. Sylvie, 58 ans, attendait sur le trottoir, son téléphone à la main, la capture d'écran déjà ouverte. Elle sentait encore le café trop chaud au fond de sa gorge. Sur l'affiche rouge de la vitrine, en gros chiffres, on promettait moins 40 % sur les robots cuiseurs.

À 76 ans, elle paie toujours sa taxe foncière dans le Gers : sa voisine du même âge n'a plus reçu d'avis depuis l'an dernier

À 76 ans, elle paie toujours sa taxe foncière dans le Gers : sa voisine du même âge n’a plus reçu d’avis depuis l’an dernier

Dans la cuisine d'Odette, à Mauvezin, la pendule venait de sonner dix heures et le facteur repartait déjà vers la place. Sur la toile cirée, une enveloppe blanche, le logo de la République, le chiffre en gras. Mille cent quarante euros, comme chaque année. Odette, 76 ans, a posé ses lunettes, soupiré, puis rangé l'avis dans la boîte à biscuits où dorment tous les papiers.

Il quitte Rennes pour Vannes sans toucher à sa carte grise : six mois plus tard, une lettre de 180 euros l'attend dans sa boîte

Il quitte Rennes pour Vannes sans toucher à sa carte grise : six mois plus tard, une lettre de 180 euros l’attend dans sa boîte

Un samedi de septembre, vers dix heures, Julien pliait les derniers cartons dans le salon vide de l'appartement rennais. Le ruban adhésif crissait, la camionnette de location attendait en double file, warnings allumés. Il a refermé la porte, rendu les clés à l'agence et pris la quatre-voies vers Vannes, le cœur léger, persuadé que tout ce qui comptait suivait déjà avec lui.

À 78 ans, elle offre 30 000 euros à sa petite-fille pour Lyon : le notaire de famille relit le relevé bancaire et repose ses lunettes

À 78 ans, elle offre 30 000 euros à sa petite-fille pour Lyon : le notaire de famille relit le relevé bancaire et repose ses lunettes

Le café refroidissait dans la tasse à fleurs, posée sur la toile cirée jaune de la cuisine. Il était à peine neuf heures, ce mardi d'octobre, à Villefranche-sur-Saône. Jeanne, 78 ans, tenait son téléphone à bout de bras, les lunettes sur le bout du nez. D'un doigt prudent, elle a validé le virement, puis elle a entendu la petite vibration de confirmation.

Elle laisse la porte de son bureau ouverte à Lille pour aider ses collègues : le soir, son dossier principal n'a pas avancé d'une seule ligne

Elle laisse la porte de son bureau ouverte à Lille pour aider ses collègues : le soir, son dossier principal n’a pas avancé d’une seule ligne

Il est 8 h 40, rue Nationale, à Lille. Claire pose son gobelet de café sur le bureau, allume l'écran et, d'un geste machinal, cale la porte avec le petit butoir en caoutchouc. Dans le couloir, une imprimante crache ses premières feuilles. Elle ouvre le fichier du rapport annuel, relit le titre, pose les doigts sur le clavier. Quelqu'un frappe déjà au chambranle.

Elle garde ses trois petits-enfants chaque mercredi à Clermont-Ferrand : à la Toussaint, elle n'ose plus dire qu'elle n'en peut plus

Elle garde ses trois petits-enfants chaque mercredi à Clermont-Ferrand : à la Toussaint, elle n’ose plus dire qu’elle n’en peut plus

Le mercredi à sept heures quarante, la sonnette retentit deux fois, toujours deux. Monique pose sa tasse sur le rebord de l'évier, essuie ses mains sur son tablier et descend le couloir de sa maison de Chamalières, sur les hauteurs de Clermont-Ferrand. Derrière la porte, trois cartables, un doudou qui traîne par terre, et sa fille déjà repartie vers la voiture.

Elle achète une longère dans le Morbihan et découvre un tracteur dans son pré : le voisin affirme avoir un droit de passage depuis vingt ans

Elle achète une longère dans le Morbihan et découvre un tracteur dans son pré : le voisin affirme avoir un droit de passage depuis vingt ans

Il était sept heures dix, le café fumait sur le rebord de la fenêtre et la brume collait encore aux talus. Hélène a d'abord entendu le moteur, un ronflement sourd qui faisait vibrer les vitres anciennes. Puis elle l'a vu : un tracteur rouge, une remorque de fourrage, qui coupait tranquillement son pré en diagonale, comme on traverse sa propre cour.

Il fait poser sa pompe à chaleur contre le mur mitoyen près de Bordeaux : un mois plus tard, son voisin sonne avec un relevé de bruit nocturne

Il fait poser sa pompe à chaleur contre le mur mitoyen près de Bordeaux : un mois plus tard, son voisin sonne avec un relevé de bruit nocturne

Il était un peu plus de sept heures, un mardi de novembre, et la rosée collait encore aux feuilles du laurier. Thierry tenait sa tasse de café sur le seuil quand la sonnette a retenti, deux coups secs. Derrière le portillon, Gérard, son voisin depuis douze ans, serrait une pochette plastique contre sa veste, les yeux cernés, sans dire bonjour.

À 64 ans, il ouvre une facture d'eau de 1 400 euros à Dijon : le service des eaux ne lui réclame qu'une attestation de plombier

À 64 ans, il ouvre une facture d’eau de 1 400 euros à Dijon : le service des eaux ne lui réclame qu’une attestation de plombier

La boîte aux lettres grince toujours un peu quand Gérard la referme, ce mardi matin de février, vers dix heures. Il trie le courrier debout dans l'allée, une publicité, un relevé de banque, l'enveloppe du service des eaux. Il l'ouvre sans y penser, le pouce glissé sous le rabat. Puis il s'arrête net, les lunettes remontées sur le front, et relit le chiffre.

Il ramone lui-même sa cheminée de Haute-Loire avec un hérisson acheté en magasin : trois semaines plus tard, l'assureur lui réclame un certificat

Il ramone lui-même sa cheminée de Haute-Loire avec un hérisson acheté en magasin : trois semaines plus tard, l’assureur lui réclame un certificat

Le hérisson racle encore les parois du conduit quand Gérard redescend l'échelle, les mains noires jusqu'aux poignets. Il est dix heures, un samedi d'octobre, près d'Yssingeaux. Une odeur de suie froide flotte dans le salon, et Monique a étalé de vieux draps sur le tapis. Dans le seau, une poussière grise s'accumule, et Gérard, satisfait, se dit que l'hiver peut venir.

Elle retire chaque matin une poignée de cheveux de sa douche à Nîmes : ce qu'elle a compris en comptant ce qui restait dans la bonde

Elle retire chaque matin une poignée de cheveux de sa douche à Nîmes : ce qu’elle a compris en comptant ce qui restait dans la bonde

Il est six heures quarante, rue de la Madeleine, à Nîmes. L'eau de la douche s'arrête dans un gargouillis paresseux, et Claire se penche, une serviette sur les épaules. Dans la grille chromée de la bonde, une petite boule sombre et mouillée retient l'eau. Elle la pince entre deux doigts, la regarde longuement, puis la jette dans la poubelle sans rien dire.

Elle refait sa couleur châtain dans sa salle de bain de Besançon : au séchage, ses racines sortent cuivrées et plus claires que ses longueurs

Elle refait sa couleur châtain dans sa salle de bain de Besançon : au séchage, ses racines sortent cuivrées et plus claires que ses longueurs

Le radiateur de la salle de bain cliquetait, la buée glissait lentement sur le miroir au-dessus du lavabo. Il était un peu plus de vingt et une heures, ce dimanche de novembre, à Besançon. Claire, une serviette noire sur les épaules, débranchait le sèche-cheveux en se penchant vers la glace. Sous la lumière blanche du plafonnier, une bande claire, presque orangée, courait le long de sa raie.

Elle fait réparer son lave-vaisselle sous garantie à vingt-deux mois à Tours : cinq mois plus tard, le vendeur lui réclame un devis de 89 euros

Elle fait réparer son lave-vaisselle sous garantie à vingt-deux mois à Tours : cinq mois plus tard, le vendeur lui réclame un devis de 89 euros

Il était un peu plus de vingt-deux heures, un mardi de février, dans la cuisine d'une maison du quartier des Prébendes, à Tours. Nathalie a ouvert la porte du lave-vaisselle et une odeur tiède d'eau croupie lui est montée au visage. Au fond de la cuve, un centimètre de liquide grisâtre clapotait autour des verres. Elle a reconnu tout de suite ce bruit-là.