Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Il fait changer toutes ses fenêtres en septembre pour économiser : un mois plus tard, une tache noire grandit dans l'angle de la chambre

Il fait changer toutes ses fenêtres en septembre pour économiser : un mois plus tard, une tache noire grandit dans l’angle de la chambre

Le radio-réveil s'est allumé à six heures quarante, sur un bulletin météo qui annonçait deux degrés. Thierry a posé les pieds sur le parquet froid, tiré le rideau d'un geste machinal, puis il s'est arrêté. La vitre neuve était couverte de gouttes serrées, qui glissaient lentement vers le joint gris. Sur le rebord, une petite flaque attendait, tiède et brillante sous la lampe.

Elle veut revenir à sa coloration après deux ans de henné à Montpellier : la coiffeuse pose son pinceau et refuse de toucher à ses cheveux

Elle veut revenir à sa coloration après deux ans de henné à Montpellier : la coiffeuse pose son pinceau et refuse de toucher à ses cheveux

Il était neuf heures et quart, rue de l'Aiguillerie, et le séchoir du fond ronronnait déjà. Claire, 44 ans, s'est assise dans le fauteuil près de la vitrine, son manteau encore sur les genoux. Sophie a passé les doigts dans ses longueurs cuivrées, lentement, comme on tâte un tissu. Puis elle a reposé le pinceau sur le chariot, sans ouvrir le tube de couleur.

Il rapporte sa perceuse morte au bout de quatorze mois : au comptoir, on lui tend un numéro de fabricant installé en Allemagne

Il rapporte sa perceuse morte au bout de quatorze mois : au comptoir, on lui tend un numéro de fabricant installé en Allemagne

Samedi, dix heures moins le quart, la poussière de plâtre flottait encore dans la lumière de la cuisine. Thierry, 54 ans, appuyait sur la gâchette de sa perceuse, la mèche plantée dans le mur, quand le moteur a toussé. Une odeur de chaud, un petit claquement sec, puis plus rien. Le crépi gardait un trou à moitié creusé, et l'outil pendait, inerte, au bout de son bras.

Elle repère un lave-linge affiché à moins 40 % avant le Black Friday : le prix barré n'avait jamais existé dans ce magasin

Elle repère un lave-linge affiché à moins 40 % avant le Black Friday : le prix barré n’avait jamais existé dans ce magasin

Il était un peu plus de sept heures, un mardi de novembre, et la machine tournait encore dans la buanderie avec ce cognement sourd que Sandrine ne supportait plus. Elle tenait sa tasse à deux mains, le téléphone posé contre le sucrier. Sur l'écran, une bannière rouge clignotait : lave-linge huit kilos, 649 euros barrés, 389 euros. Elle a reposé sa tasse sans boire.

Il gagne une heure de sommeil au changement d'heure d'octobre : toute la semaine suivante, il s'endort au bureau et s'emporte contre ses collègues

Il gagne une heure de sommeil au changement d’heure d’octobre : toute la semaine suivante, il s’endort au bureau et s’emporte contre ses collègues

Dimanche matin, 7 h 10, la lumière grise filtrait déjà entre les lattes du store. Julien, 41 ans, a ouvert un œil, puis regardé son téléphone avec un sourire. Il était en réalité 6 h 10 pour son corps, et il venait de gagner une heure. Dans la cuisine, la bouilloire a sifflé. Il s'est dit que la semaine commençait bien.

Elle présente sa petite citadine de 2008 au contrôle technique sans la moindre inquiétude : elle repart avec une défaillance critique sur un airbag jamais touché

Elle présente sa petite citadine de 2008 au contrôle technique sans la moindre inquiétude : elle repart avec une défaillance critique sur un airbag jamais touché

Il était huit heures dix, et le néon du centre de contrôle grésillait au-dessus de la fosse. Nadine a tendu ses clés au comptoir, posé sa carte grise sur le plastique rayé, puis s'est assise près de la machine à café. Dehors, sa petite citadine grise attendait, le pare-brise encore embué. Elle avait prévu quarante minutes, un café, et aucune mauvaise surprise.

Il vend sa berline pour un camping-car intégré d'occasion : le jour de la livraison, le vendeur lui demande s'il a le permis C1

Il vend sa berline pour un camping-car intégré d’occasion : le jour de la livraison, le vendeur lui demande s’il a le permis C1

Il était neuf heures et quart, et le parking du concessionnaire sentait encore le goudron mouillé de la nuit. Gérard, 63 ans, tenait ses clés de berline dans une main, un thermos de café dans l'autre. Devant lui, le camping-car blanc brillait sous un ciel pâle. Le vendeur a tourné la carte grise vers lui, puis il a posé une question que personne n'attendait.

À 71 ans, Monique ouvre son avis de taxe foncière à Bourges : sa maison inchangée depuis vingt ans compte soudain une deuxième salle de bains

À 71 ans, Monique ouvre son avis de taxe foncière à Bourges : sa maison inchangée depuis vingt ans compte soudain une deuxième salle de bains

Le facteur est passé vers onze heures, comme chaque mardi, et la boîte aux lettres a claqué au bout de l'allée. Monique a posé son sécateur sur le muret, essuyé ses mains sur son tablier, puis glissé l'enveloppe blanche sous son bras. Dans la cuisine, le poêle à bois ronronnait doucement. Elle a déplié l'avis de taxe foncière, ajusté ses lunettes, et relu deux fois le dernier chiffre.

Ils quittent Paris pour une longère de l'Orne et le silence des champs : le tracteur du voisin démarre chaque matin à six heures précises

Ils quittent Paris pour une longère de l’Orne et le silence des champs : le tracteur du voisin démarre chaque matin à six heures précises

Il était six heures et deux minutes quand le moteur a toussé derrière la haie. Claire s'est redressée dans le lit, les yeux encore collés, pendant que les vitres anciennes de la longère vibraient doucement. Dehors, une lumière grise montait sur les prés humides de l'Orne. Julien, à côté d'elle, a soupiré sans ouvrir les yeux : encore lui, a-t-il murmuré.

Il quitte l'atelier après quarante ans de carrière, dernier salaire en poche : le 31 octobre, son compte affiche toujours aucune pension de base

Il quitte l’atelier après quarante ans de carrière, dernier salaire en poche : le 31 octobre, son compte affiche toujours aucune pension de base

Le bip de la pointeuse a résonné une dernière fois, un mardi de fin septembre, vers seize heures trente. Gérard a posé sa blouse grise sur le crochet, celui qu'il occupait depuis vingt-deux ans. Dans le vestiaire, ça sentait l'huile de coupe et le café tiède. Ses collègues avaient accroché une banderole un peu de travers au-dessus des casiers.

Ils changent toutes les fenêtres de leur vieille maison pour du double vitrage : un an plus tard, des taches noires couvrent les angles de la chambre

Ils changent toutes les fenêtres de leur vieille maison pour du double vitrage : un an plus tard, des taches noires couvrent les angles de la chambre

Le radiateur cliquetait doucement sous la fenêtre neuve, et dehors la pluie d'octobre glissait sans bruit sur le vitrage. Il était sept heures, Martine tirait le rideau de la chambre nord quand elle l'a vu. Dans l'angle, près du plafond, une ombre grise en forme de nuage. Elle a passé le doigt dessus, et le doigt est revenu noir.

Elle achète un lave-linge en promotion pour son petit appartement : au vingt-troisième mois, le magasin lui propose une extension de garantie payante

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Le tambour s'est arrêté d'un coup, un dimanche à 21 heures, au milieu de l'essorage. Dans la petite salle de bains de Camille, à Tours, il y a eu un claquement sec, puis plus rien. L'eau grise stagnait derrière le hublot, sur deux jeans et les maillots de foot de son fils. Elle a appuyé trois fois sur le bouton, sans aucune réaction.

Il prend sa retraite en juin après quarante ans d'atelier : en octobre, il se dispute avec sa femme pour l'heure du déjeuner

Il prend sa retraite en juin après quarante ans d’atelier : en octobre, il se dispute avec sa femme pour l’heure du déjeuner

Midi douze, un mardi d'octobre, dans la cuisine d'une maison de Saumur. La casserole de pâtes déborde sur la plaque, une odeur d'amidon brûlé monte vers la hotte. Gérard, 63 ans, regarde l'horloge au-dessus du frigo et soupire assez fort pour être entendu. Dans l'entrée, Martine pose son sac de piscine, les cheveux encore mouillés, et comprend qu'il l'attend depuis une heure.

Elle gagne une heure de sommeil le dimanche du changement d'heure : toute la semaine suivante, elle s'endort à son bureau à seize heures

Elle gagne une heure de sommeil le dimanche du changement d’heure : toute la semaine suivante, elle s’endort à son bureau à seize heures

Le dimanche 25 octobre, à sept heures et quart, le radio-réveil de Claire affichait encore huit heures et quart. Elle a ri toute seule dans la chambre tiède, a tiré la couette sur ses épaules et s'est rendormie. Dehors, la rue de Tours était grise et silencieuse. Une heure de gagnée, pensait-elle, comme un cadeau glissé sous l'oreiller.

Elle part dans le Jura avec ses pneus M+S de cinq ans : au premier contrôle après la Toussaint, le gendarme lui montre un petit sapin manquant

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Le coffre de la Clio claquait deux fois, parce que la serrure accroche depuis l'hiver dernier. Il était sept heures, ce jeudi de fin octobre, et la rue de Villeurbanne sentait encore la pluie de la nuit. Claire a posé le sac de croquettes à côté de la glacière, puis elle a tapoté le pneu avant du bout de sa chaussure, comme son père le faisait toujours.

Elle quitte son poste après 42 ans de travail au 1er septembre : début octobre, son compte bancaire n'affiche toujours aucun versement de pension

Elle quitte son poste après 42 ans de travail au 1er septembre : début octobre, son compte bancaire n’affiche toujours aucun versement de pension

Le 2 octobre, vers huit heures, la bouilloire sifflait dans la petite cuisine de Martine, à Bourges. Elle a ouvert l'application de sa banque sur son téléphone, posé contre la boîte à sucre. Elle a fait défiler les lignes avec le pouce, une fois, puis une deuxième. Prélèvement de l'électricité, abonnement téléphonique, courses du samedi. Aucun virement de la caisse de retraite. Rien.

Il installe une pompe à chaleur au fond de son jardin : en novembre, le voisin sonne avec un sonomètre et une lettre recommandée

Il installe une pompe à chaleur au fond de son jardin : en novembre, le voisin sonne avec un sonomètre et une lettre recommandée

Il était vingt-deux heures passées, un mardi de novembre, et la pluie tapotait doucement la véranda. Thierry, 58 ans, rinçait deux tasses quand la sonnette a retenti. Sur le perron, Gérard, le voisin de toujours, tenait un petit appareil gris dans une main et une enveloppe dans l'autre. Derrière la haie, au fond du jardin, la pompe à chaleur ronronnait tranquillement dans le noir.

Il donne 60 000 euros à sa fille pour une maison ancienne : chez le notaire, l'exonération qu'il attendait ne s'applique pas

Il donne 60 000 euros à sa fille pour une maison ancienne : chez le notaire, l’exonération qu’il attendait ne s’applique pas

Le café refroidissait dans la tasse ébréchée, sur la toile cirée à carreaux jaunes de la cuisine. Il était sept heures et quart, un mardi de mars, et la radio parlait doucement de la nouvelle mesure sur les dons familiaux. Gérard a reposé sa cuillère, tourné le bouton du volume et souri. Il venait d'entendre exactement ce qu'il voulait entendre.

Il demande l'abattage du grand chêne qui bouche sa gouttière chaque automne : le voisin sourit et lui parle d'un arbre de quarante ans

Il demande l’abattage du grand chêne qui bouche sa gouttière chaque automne : le voisin sourit et lui parle d’un arbre de quarante ans

Un dimanche de novembre, vers dix heures, l'échelle d'aluminium grinçait contre le mur de la maison. Gérard, 64 ans, remontait pour la troisième fois de la saison, un seau accroché au bras. Dans la gouttière, une pâte brune de feuilles de chêne débordait, lourde d'eau. De l'autre côté de la haie, le grand arbre du voisin se balançait doucement, presque nu.

Il allume son poêle à bois installé l'an dernier dans le salon : l'assureur lui réclame un papier qu'il n'a jamais eu entre les mains

Il allume son poêle à bois installé l’an dernier dans le salon : l’assureur lui réclame un papier qu’il n’a jamais eu entre les mains

Il était un peu plus de dix-neuf heures, ce mardi de novembre, et la pluie tapait contre la baie vitrée. Thierry, 54 ans, a craqué l'allumette, glissé le petit bois sous deux bûches de chêne, puis refermé la porte vitrée du poêle avec ce clic métallique qu'il aimait tant. Dans la cuisine, sa femme coupait des poireaux. Le tirage a ronflé doucement, comme chaque soir.

Elle décroche, le numéro de son agence bancaire s'affiche : trois minutes plus tard, 3 000 euros quittent son compte à son insu

Elle décroche, le numéro de son agence bancaire s’affiche : trois minutes plus tard, 3 000 euros quittent son compte à son insu

Mardi, 18 h 40, la soupe de potiron frémissait sur la plaque et la radio parlait de la météo du week-end. Nadine essuyait ses mains sur un torchon quand son portable a vibré contre la toile cirée. Sur l'écran, le nom qu'elle avait enregistré six ans plus tôt : Agence Crédit Valence Centre. Elle a décroché sans réfléchir, la cuillère en bois encore à la main.

À 76 ans, il paie sa taxe foncière depuis quarante ans : au café, son voisin du même âge lui annonce qu'il ne paie plus rien

À 76 ans, il paie sa taxe foncière depuis quarante ans : au café, son voisin du même âge lui annonce qu’il ne paie plus rien

Le percolateur sifflait derrière le comptoir du Balto, place de l'Église, un peu après neuf heures. Gérard, 76 ans, a posé son avis de taxe foncière à côté de sa tasse, plié en quatre, comme chaque automne. En face, Roland a jeté un œil sur la feuille, puis a reposé son croissant. Il a dit, presque gêné, qu'il ne payait plus rien depuis trois ans.

Il commande cinq stères de bois pour l'hiver dans le Cher : le tas livré tient contre un seul mur du garage, et il appelle le vendeur

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Le camion benne a reculé dans la cour à huit heures dix, en grinçant sur le gravier encore mouillé. Gérard tenait son café d'une main, la porte du garage de l'autre. Il y a eu un grondement sourd, puis une odeur de chêne fraîchement coupé. Quand la poussière est retombée, il a regardé le tas longtemps, sans rien dire, la tasse refroidissant entre ses doigts.

Il quitte son atelier le 31 décembre avec un budget prêt pour janvier : le premier virement de sa retraite arrive seulement le 9 février

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Le dernier jour, la porte de l'atelier a claqué un peu plus fort que d'habitude. Il était dix-sept heures, l'odeur d'huile de coupe flottait encore dans le vestiaire. Gérard a rangé son bleu plié dans un sac de sport, serré quelques mains, accepté une bouteille de crémant. Dehors, la nuit tombait déjà sur le parking presque vide de la zone industrielle.