Catégorie Coiffure & beauté

Coupes, couleurs, soins des cheveux et de la peau, tendances de saison et gestes de pro : le regard d’un salon sur ce qui se fait vraiment, testé en cabine et expliqué pas à pas.

Elle s'installe à Tours et réclame sa coloration de toujours : la nouvelle coiffeuse pose un coton derrière son oreille et la renvoie chez elle

Elle s’installe à Tours et réclame sa coloration de toujours : la nouvelle coiffeuse pose un coton derrière son oreille et la renvoie chez elle

Le carton marqué « salle de bains » trônait encore au milieu du couloir, ouvert sur une pile de serviettes. Il était neuf heures, un mardi d'octobre, et la pluie fine de Tours tapotait contre la fenêtre du deux-pièces. Claire, 47 ans, s'est penchée vers le miroir, a écarté une mèche du bout des doigts. Trois centimètres de racines grises la regardaient.

Elle vaporise du shampoing sec chaque matin depuis deux ans pour gagner du temps : en novembre, des plaques blanches tapissent la raie de ses cheveux

Elle vaporise du shampoing sec chaque matin depuis deux ans pour gagner du temps : en novembre, des plaques blanches tapissent la raie de ses cheveux

La bombe a sifflé deux fois, puis une troisième, dans la petite salle de bains encore froide. Il était six heures quarante, la buée n'avait pas eu le temps de se former sur le miroir. Camille a frotté ses racines du bout des doigts, a secoué la tête, et une fine poussière blanche est retombée sur le rebord du lavabo, comme chaque matin depuis deux ans.

Elle sort d'un salon bordelais avec un blond polaire impeccable : trois semaines plus tard, ses longueurs ont viré au jaune paille sans raison apparente

Elle sort d’un salon bordelais avec un blond polaire impeccable : trois semaines plus tard, ses longueurs ont viré au jaune paille sans raison apparente

Il était un peu plus de dix-huit heures, cours de l'Intendance, et la porte vitrée du salon tinta derrière elle. Camille s'arrêta sur le trottoir, attrapa une mèche entre deux doigts et la tourna vers la lumière d'octobre. Un blanc froid, presque argenté, sans la moindre trace de jaune. Dans la vitrine d'en face, son reflet lui renvoya un sourire qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps.

Elle remplace ses flacons par un pain de shampoing à Avignon : trois semaines plus tard, ses cheveux collent encore sous les doigts après le lavage

Elle remplace ses flacons par un pain de shampoing à Avignon : trois semaines plus tard, ses cheveux collent encore sous les doigts après le lavage

Il est sept heures dix, rue des Teinturiers, et l'eau de la douche cogne contre le carreau beige. Claire passe les doigts dans ses cheveux mouillés, s'arrête, recommence. Sous la pulpe, une texture étrange, cireuse, comme une bougie tiède. Sur le rebord de la baignoire, le petit pain vert à l'olive sèche dans sa boîte en fer, celui qu'elle a acheté trois semaines plus tôt.

Elle passe au shampoing sans sulfate pour protéger ses longueurs à Perpignan : un mois plus tard, ses cheveux graissent dès le lendemain matin

Elle passe au shampoing sans sulfate pour protéger ses longueurs à Perpignan : un mois plus tard, ses cheveux graissent dès le lendemain matin

Il est sept heures dix, rue de l'Ange, à Perpignan. Par la fenêtre de la salle de bains, la tramontane fait claquer un volet mal fermé. Camille passe la main dans ses longueurs encore tièdes du séchoir et sent, sous ses doigts, une texture qu'elle ne reconnaît pas : collante, comme cirée. Elle les a pourtant lavés la veille au soir.

Elle emménage dans une maison près d'Épernay avec son shampoing de toujours : trois semaines plus tard, ses cheveux craquent sous la brosse

Elle emménage dans une maison près d’Épernay avec son shampoing de toujours : trois semaines plus tard, ses cheveux craquent sous la brosse

Il était sept heures, et la buée couvrait encore le miroir de la petite salle de bains. Claire passa la brosse dans ses cheveux mouillés, et la brosse accrocha, comme sur de la paille. Dehors, un tracteur remontait le chemin des vignes, au-dessus d'Épernay. Elle tira une mèche devant ses yeux, la frotta entre deux doigts, et sentit sous la pulpe un grain sec qu'elle ne connaissait pas.

Elle arrive dans un salon lyonnais avec deux ans de henné sur la tête : la coiffeuse repose le bol de coloration sans l'ouvrir

Elle arrive dans un salon lyonnais avec deux ans de henné sur la tête : la coiffeuse repose le bol de coloration sans l’ouvrir

Il était neuf heures et quart, un mardi de février, et la porte vitrée du salon de la Croix-Rousse tintait encore derrière elle. Camille, 34 ans, a posé son écharpe sur le portemanteau, senti l'odeur de shampoing à l'amande et de café tiède. Dans le fond, un sèche-cheveux ronronnait. Sur la tablette, Inès venait de verser le mélange de coloration dans un bol noir.

Elle quitte Brest pour Montpellier avec son shampoing habituel dans la valise : un mois plus tard, sa brosse reste coincée dans des cheveux rêches

Elle quitte Brest pour Montpellier avec son shampoing habituel dans la valise : un mois plus tard, sa brosse reste coincée dans des cheveux rêches

Il est sept heures dix, la salle de bains du petit appartement de Montpellier sent encore le carton neuf. Camille tire sa brosse vers le bas, et la brosse refuse d'avancer. Un craquement sec, quelques cheveux restent accrochés entre les picots. Dans le miroir embué, ses longueurs ressemblent à de la paille, alors qu'elle n'a changé ni de shampoing ni de geste.

Elle se couche chaque soir les cheveux mouillés pour gagner dix minutes : en novembre, ses longueurs cassent et l'oreiller sent la cave

Elle se couche chaque soir les cheveux mouillés pour gagner dix minutes : en novembre, ses longueurs cassent et l’oreiller sent la cave

Il est vingt-deux heures quarante, rue de Saint-Malo, et la buée colle encore au miroir de la salle de bains. Claire enroule ses longueurs dans une serviette, la dénoue aussitôt, secoue la tête. Dehors, la pluie de novembre tapote contre la fenêtre du deuxième étage. Elle éteint la lumière, se glisse sous la couette, la nuque froide contre l'oreiller.

Elle passe au shampoing solide pour bannir le plastique de sa salle de bains : trois semaines plus tard, ses cheveux collent sous les doigts

Elle passe au shampoing solide pour bannir le plastique de sa salle de bains : trois semaines plus tard, ses cheveux collent sous les doigts

Sept heures dix, rue des Filatiers, à Toulouse. L'eau de la douche cogne contre le carrelage beige, la vapeur brouille le miroir. Camille, 34 ans, frotte entre ses paumes un petit pain rose qui sent la rose et l'argile. Elle sourit en pensant aux trois flacons vides qu'elle a jetés la veille. Sous ses doigts, pourtant, quelque chose accroche déjà.

Elle réserve sa coloration habituelle à Lille pour le samedi : la coiffeuse lui demande de revenir le jeudi pour une seule touche

Elle réserve sa coloration habituelle à Lille pour le samedi : la coiffeuse lui demande de revenir le jeudi pour une seule touche

Jeudi, dix-huit heures passées, rue de Gand à Lille. La pluie fine colle aux vitrines, la porte du salon tinte quand Claire la pousse, son parapluie encore ruisselant. Une odeur de shampoing à la pomme, le souffle d'un séchoir au fond. Nadia l'attend avec un petit pot, un coton-tige et un sourire un peu désolé. Il n'y en a que pour deux minutes.

Elle coupe sa frange cheveux mouillés un dimanche soir à Bordeaux : le lendemain matin, une fois sèche, elle s'arrête au milieu du front

Elle coupe sa frange cheveux mouillés un dimanche soir à Bordeaux : le lendemain matin, une fois sèche, elle s’arrête au milieu du front

Dimanche, vingt et une heures passées, à Bordeaux. Dans la petite salle de bains d'un appartement des Chartrons, la buée colle encore au miroir. Camille, une serviette sur les épaules, essuie la glace du revers de la main. Sur le rebord du lavabo, une paire de ciseaux de cuisine attend, posée à côté d'un peigne fin. L'eau goutte de ses mèches sur le carrelage.

Elle se fait colorer en roux cuivré chez sa coiffeuse de Besançon : trois semaines plus tard, la couleur a viré terne sur toute la longueur

Elle se fait colorer en roux cuivré chez sa coiffeuse de Besançon : trois semaines plus tard, la couleur a viré terne sur toute la longueur

Il était presque vingt et une heures, et la buée avait déjà avalé le miroir de la petite salle de bains. Dehors, sur les quais du Doubs, le premier vrai froid de novembre mordait les doigts. Camille, 34 ans, tournait le mitigeur à fond vers la gauche, comme chaque soir. L'eau tambourinait sur le carrelage, et une fine traînée orangée filait doucement vers la bonde.

Elle refait ses racines dans sa salle de bains à Orléans : six mois plus tard, ses longueurs ont pris deux tons de plus que la boîte

Elle refait ses racines dans sa salle de bains à Orléans : six mois plus tard, ses longueurs ont pris deux tons de plus que la boîte

Le dimanche soir, vers vingt et une heures, la salle de bains de Sandrine sent l'ammoniaque et le café froid. Le pinceau en plastique racle le fond du bol, les gants trop grands crissent à chaque mouvement. Dans le miroir embué de sa maison d'Orléans, elle sépare une raie avec le manche du peigne et regarde les deux centimètres de gris revenus depuis le dernier salon.

Elle vaporise un shampoing sec chaque matin avant le tram à Metz : en octobre, son cuir chevelu gratte et ses racines refusent de se relever

Elle vaporise un shampoing sec chaque matin avant le tram à Metz : en octobre, son cuir chevelu gratte et ses racines refusent de se relever

Sept heures dix, rue Mazelle, à Metz. Dans la petite salle de bains, Claire secoue la bombe argentée, le bille métallique claque contre la paroi. Un nuage blanc monte vers le miroir embué, une odeur de coton et de vanille envahit la pièce. Elle frotte ses racines du bout des doigts, attrape son sac, et le tram passe déjà au bout de la rue.

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