Catégorie Actualités

L’actualité qui compte, expliquée simplement : société, consommation, argent, maison, santé, culture. Des articles clairs, avec les chiffres, les dates et les sources, publiés chaque jour par la rédaction des Bohémiennes.

Elle découvre une auréole brune au plafond de sa cuisine à Nantes : son assureur lui répond que le dossier est à elle, pas au voisin

Elle découvre une auréole brune au plafond de sa cuisine à Nantes : son assureur lui répond que le dossier est à elle, pas au voisin

Il était sept heures dix, un mardi de février, et la bouilloire commençait tout juste à siffler dans la petite cuisine du quartier Zola. Claire a levé les yeux en attrapant sa tasse. Au-dessus de la hotte, une auréole brune, large comme une assiette, s'était dessinée pendant la nuit. Une goutte s'est détachée du plâtre et a claqué sur la plaque.

Il taille le laurier du voisin qui envahit son potager près de Périgueux : le lendemain matin, une lettre parle de plainte au tribunal

Il taille le laurier du voisin qui envahit son potager près de Périgueux : le lendemain matin, une lettre parle de plainte au tribunal

Sept heures et demie, un samedi de juin, à la sortie de Trélissac. La rosée colle encore aux feuilles de courgette, et Gérard, bottes en caoutchouc aux pieds, pose son seau d'arrosage contre le grillage. Au-dessus de ses plants de tomates, les branches du laurier voisin forment une voûte sombre. Il tend la main, en tire une vers lui, et soupire longuement.

Il dépose 15 000 euros en liquide à sa banque de Limoges : le conseiller lui demande l'origine de chaque billet glissé dans l'enveloppe

Il dépose 15 000 euros en liquide à sa banque de Limoges : le conseiller lui demande l’origine de chaque billet glissé dans l’enveloppe

La boîte à chaussures était posée sur la toile cirée, entre le pot de café et la radio qui grésillait. Il était sept heures, un mardi de novembre, à Limoges. Gérard, 67 ans, comptait les billets à voix basse, en mouillant son pouce. Quinze mille euros, en coupures de vingt et de cinquante, rangés par liasses avec des élastiques de bocaux à confiture.

Elle s'enferme dans sa voiture garée devant chez elle pour téléphoner : un mois après la retraite de son mari, à Chambéry

Elle s’enferme dans sa voiture garée devant chez elle pour téléphoner : un mois après la retraite de son mari, à Chambéry

Il est dix heures et quart, un mardi d'octobre, sur le parking de la résidence à Chambéry. Le ciel pèse sur le Nivolet, un voisin rentre ses poubelles. Dans une Clio grise, une femme verrouille les portières d'un geste sec, pose son téléphone sur sa cuisse et souffle longuement. Elle habite au troisième étage, juste au-dessus. Elle vient appeler sa sœur.

Il achète une perceuse affichée moins 40 % dans une grande enseigne de bricolage : un mois plus tôt, elle coûtait exactement le même prix

Il achète une perceuse affichée moins 40 % dans une grande enseigne de bricolage : un mois plus tôt, elle coûtait exactement le même prix

Le parking de l'enseigne de bricolage sentait le bitume chaud, ce samedi de mai, vers dix heures. Gérard poussait un chariot dont une roue grinçait à chaque mètre. Devant l'entrée, une palette de cartons orange portait une étiquette jaune, énorme, impossible à rater. Moins 40 %. Il s'est arrêté net, a posé la main sur la boîte, et a souri comme un homme qui vient de gagner quelque chose.

Elle fait réparer son lave-linge sous garantie à vingt mois : cinq mois plus tard, le magasin lui dit que tout est terminé

Elle fait réparer son lave-linge sous garantie à vingt mois : cinq mois plus tard, le magasin lui dit que tout est terminé

Il était un peu plus de sept heures, un mardi de février, et la buanderie sentait encore la lessive à la lavande. Nadine a appuyé sur le bouton de départ, entendu le petit bip habituel, puis plus rien. Le tambour est resté immobile, plein de draps mouillés. Sur l'écran, un code d'erreur clignotait, le même que celui d'il y a cinq mois.

Il s'offre chaque après-midi une sieste d'une heure et demie depuis sa retraite : trois mois plus tard, il compte encore les heures à deux heures du matin

Il s’offre chaque après-midi une sieste d’une heure et demie depuis sa retraite : trois mois plus tard, il compte encore les heures à deux heures du matin

Le volet roulant descendait à moitié dans un grincement familier, il était quinze heures dix. Gérard posait ses lunettes sur la table de nuit, tirait le plaid à carreaux jusqu'aux épaules et écoutait la tondeuse du voisin s'éloigner. Dans la cuisine, le réfrigérateur ronronnait. Depuis sa retraite, ce moment était devenu sacré, une heure et demie rien qu'à lui, sans réveil.

Il achète un camping-car d'occasion de 3,5 tonnes pour sa retraite : sur la balance d'une aire de pesée, l'aiguille affiche 300 kilos de trop

Il achète un camping-car d’occasion de 3,5 tonnes pour sa retraite : sur la balance d’une aire de pesée, l’aiguille affiche 300 kilos de trop

Le jerrican gargouillait encore quand Gérard a refermé la trappe du réservoir, un matin de juin, à sept heures, dans l'allée de sa maison de Saumur. Les deux vélos électriques cliquetaient sur leur support arrière. Martine pliait le dernier torchon dans le placard du haut. Le camping-car, acheté d'occasion au printemps, semblait prêt, lourd et rassurant comme une petite maison posée sur quatre roues.

Elle relit ses mails de travail chaque dimanche soir pour être tranquille : depuis la rentrée, c'est la seule nuit où elle ne dort plus

Elle relit ses mails de travail chaque dimanche soir pour être tranquille : depuis la rentrée, c’est la seule nuit où elle ne dort plus

Le lave-vaisselle ronronnait dans la cuisine, la lampe du salon jetait un rond jaune sur le canapé. Il était 21 h 10, un dimanche de septembre. Claire a tiré son ordinateur portable sur ses genoux, comme chaque semaine, et le petit son de connexion a retenti. Quarante-trois messages non lus. Elle a soupiré, presque soulagée de s'y mettre.

Il prête sa vieille Peugeot à son petit-fils pour un week-end à Annecy : trois semaines plus tard, un avis de radar arrive à son nom

Il prête sa vieille Peugeot à son petit-fils pour un week-end à Annecy : trois semaines plus tard, un avis de radar arrive à son nom

Le café refroidissait dans la tasse ébréchée, et la radio de la cuisine parlait de la météo en Savoie. Il était dix heures passées quand Gérard a entendu le clapet de la boîte aux lettres claquer contre le portail. Il a enfilé ses chaussons, traversé l'allée de gravier. Entre une publicité de supermarché et la facture d'eau, une enveloppe blanche à fenêtre portait un tampon qu'il ne connaissait pas.

Il quitte l'usine après quarante-deux ans de travail : début novembre, son compte bancaire n'a toujours pas reçu un seul euro de pension

Il quitte l’usine après quarante-deux ans de travail : début novembre, son compte bancaire n’a toujours pas reçu un seul euro de pension

Le lundi 3 novembre, vers sept heures, la cafetière crachotait sur le plan de travail et la pluie tapait contre la fenêtre de la cuisine. Alain, 63 ans, tenait son téléphone à deux mains, les lunettes remontées sur le front. Il fit défiler l'application de sa banque une fois, puis une deuxième. Entre le prélèvement de l'assurance et celui de l'électricité, aucune pension n'était arrivée.

Il donne 20 000 euros à sa petite-fille pour son premier appartement : le notaire lui parle aussitôt de déclaration et de droits de donation

Il donne 20 000 euros à sa petite-fille pour son premier appartement : le notaire lui parle aussitôt de déclaration et de droits de donation

Le stylo a crissé sur le papier, un peu trop fort dans le silence de la cuisine. Henri, 81 ans, a soufflé sur l'encre comme on le faisait autrefois, puis il a détaché le chèque d'un geste lent. Dehors, la pluie de novembre tapait contre la véranda. Sur la toile cirée, la tasse de café refroidissait. Vingt mille euros, pour Camille, pour son premier appartement.

Il installe une caméra sur sa façade après le cambriolage de sa rue : quinze jours plus tard, son voisin lui envoie une lettre recommandée

Il installe une caméra sur sa façade après le cambriolage de sa rue : quinze jours plus tard, son voisin lui envoie une lettre recommandée

Il était sept heures moins le quart, un samedi d'octobre, et l'escabeau grinçait sur les pavés humides de l'allée. Didier tenait la perceuse d'une main, la petite caméra blanche de l'autre, le café refroidissant sur le muret. Dans la rue, une voiture démarrait au ralenti. Trois maisons plus loin, la porte des Ferrand portait encore la trace des pieds-de-biche.

Elle achète une longère en Mayenne avec deux hectares de pré : chaque matin à sept heures, le tracteur du voisin traverse son herbe

Elle achète une longère en Mayenne avec deux hectares de pré : chaque matin à sept heures, le tracteur du voisin traverse son herbe

Il était sept heures dix, la bouilloire commençait à siffler sur la vieille cuisinière. Claire tenait sa tasse à deux mains, pieds nus sur les tomettes froides de la longère. Par la fenêtre, la brume collait encore au pré. Puis un grondement sourd a fait trembler les carreaux, et un tracteur vert est apparu, roulant tranquillement au milieu de son herbe.

Il fait chauffer son ballon d'eau chaude la nuit depuis vingt ans : cet automne, sa facture grimpe sans qu'il ait touché à rien

Il fait chauffer son ballon d’eau chaude la nuit depuis vingt ans : cet automne, sa facture grimpe sans qu’il ait touché à rien

Il est six heures et quart, et la cuisine sent encore le café de la veille. Gérard, 64 ans, pose la main sur le tuyau qui sort du placard du cellier, comme chaque matin depuis vingt ans. Le cuivre est tiède, rassurant. Dehors, la pluie d'octobre tapote sur le toit de la véranda, et sur la table attend une enveloppe qu'il n'a pas encore ouverte.

Il ferme sa terrasse en véranda pour passer l'hiver au chaud : en septembre, sa taxe foncière grimpe de 280 euros d'un coup

Il ferme sa terrasse en véranda pour passer l’hiver au chaud : en septembre, sa taxe foncière grimpe de 280 euros d’un coup

Le soleil de février tapait sur les dalles de la terrasse, et Gérard tenait son café à deux mains pour se réchauffer les doigts. Derrière la porte-fenêtre, Annie pliait du linge en écoutant la radio. Il était dix heures, le vent d'ouest faisait claquer la toile du store replié. C'est ce matin-là, en grelottant dehors, qu'il a dit pour la première fois le mot véranda.

Elle reçoit à Annecy une lampe qu'elle n'a jamais commandée : huit jours plus tard, un SMS lui réclame 39 euros pour l'envoi

Elle reçoit à Annecy une lampe qu’elle n’a jamais commandée : huit jours plus tard, un SMS lui réclame 39 euros pour l’envoi

Un mardi de novembre, vers onze heures, la sonnette a retenti deux fois dans l'escalier de l'immeuble, rue Sommeiller, à Annecy. Hélène, 67 ans, a reposé sa tasse de thé, enfilé ses chaussons et descendu les marches en se tenant à la rampe. Sur le paillasson du hall l'attendait un carton brun, scotché serré, avec son nom écrit sans la moindre faute.

Il achète un lave-linge à moins 40 % un samedi à Rennes : un mois plus tard, le même modèle coûte moins cher sans promotion

Il achète un lave-linge à moins 40 % un samedi à Rennes : un mois plus tard, le même modèle coûte moins cher sans promotion

Un samedi de mars, vers dix heures, le parking de la zone commerciale de Rennes est déjà plein. Dans l'allée de l'électroménager, des affiches jaunes claquent sous la soufflerie du chauffage. Thomas, 41 ans, pose la main sur le hublot d'un lave-linge blanc. Sur l'étiquette, un prix barré à 749 euros, et en dessous, en gros chiffres rouges, 449 euros.

Ils gardent leurs trois petits-enfants chaque mercredi à Besançon : à la Toussaint, ils n'osent plus dire à leur fille qu'ils sont épuisés

Ils gardent leurs trois petits-enfants chaque mercredi à Besançon : à la Toussaint, ils n’osent plus dire à leur fille qu’ils sont épuisés

Il est sept heures quarante, un mercredi d'octobre, et la bouilloire siffle dans la cuisine de Martine et Gérard, à Besançon. Dehors, la portière d'une voiture claque, puis trois paires de baskets martèlent l'escalier. Martine essuie ses mains sur son tablier et sent, avant même d'ouvrir, cette lourdeur dans les épaules qu'elle ne s'avoue pas encore.

Elle ne roule plus que 3 000 kilomètres par an à Nîmes : à la révision, le garagiste lui annonce une batterie et des disques à changer

Elle ne roule plus que 3 000 kilomètres par an à Nîmes : à la révision, le garagiste lui annonce une batterie et des disques à changer

Le rideau métallique du garage remontait dans un grincement, il était à peine huit heures et demie. Monique tenait sa clé dans la main, le porte-clés en forme de cigale tapait contre ses doigts. Dans l'atelier, une radio jouait doucement, une clé à choc claquait au fond. Elle venait pour une révision ordinaire, persuadée que sa voiture, qui roulait si peu, n'avait besoin de rien.

Bohémiennes Actualités est un média édité par Lead Lagoon · Nos autres sites : Alternatiba news
Directeur de la publication : Stéphane Dubart, CEO de Lead Lagoon