Emilie Morlaes, les bohémiennes coiffure

Emilie Morlaes

Ancienne gérante du salon Les Bohémiennes Coiffure, Émilie partage son expérience de la coiffure, des soins capillaires et de la beauté. Elle décrypte les tendances et propose des conseils pratiques issus de son expérience du terrain.
Elle reprend l'aquagym deux fois par semaine près de Montauban : mi-octobre, son blond cendré prend des reflets verts sous la lampe

Elle reprend l’aquagym deux fois par semaine près de Montauban : mi-octobre, son blond cendré prend des reflets verts sous la lampe

Il était un peu plus de sept heures, un jeudi de la mi-octobre, et la ventilation de la salle de bains ronronnait au-dessus du lavabo. Sylvie, 58 ans, a tourné la tête pour attraper sa brosse. Sous le néon blanc, une mèche au-dessus de son oreille gauche a renvoyé un reflet étrange, presque olive. Elle a reposé la brosse sans bruit, et s'est approchée du miroir.

Il loue son camping-car à un couple trouvé par petite annonce en Vendée : un rétroviseur arraché, et l'assureur refuse de payer la facture

Il loue son camping-car à un couple trouvé par petite annonce en Vendée : un rétroviseur arraché, et l’assureur refuse de payer la facture

Il était sept heures, et la rosée perlait encore sur la carrosserie blanche garée au fond de la cour, à La Roche-sur-Yon. Bernard, 61 ans, passait une éponge sur le pare-brise en écoutant la radio grésiller dans la cabine. Le couple devait arriver à neuf heures. Il avait vidé les placards, rempli le réservoir d'eau, posé un mot sur la table.

Ils rangent leur camping-car sous un hangar près de Clermont-Ferrand : en avril, une flaque froide s'étale sous le chauffe-eau du placard

Ils rangent leur camping-car sous un hangar près de Clermont-Ferrand : en avril, une flaque froide s’étale sous le chauffe-eau du placard

Le hangar sentait la paille sèche et le gasoil, ce matin d'avril à Gerzat. Bernard a tiré la grande porte coulissante, qui a grincé sur son rail comme chaque année. Dans la lumière grise, il a vu la tache sombre sur le béton, juste sous la porte du placard du chauffe-eau. Il a posé deux doigts dessus. C'était froid, et ça ne sentait rien.

Il remplace son vieux grillage par des panneaux gris un samedi en Moselle : le lundi, un agent municipal sonne et réclame une déclaration préalable

Il remplace son vieux grillage par des panneaux gris un samedi en Moselle : le lundi, un agent municipal sonne et réclame une déclaration préalable

Samedi, huit heures et demie, la brume traînait encore sur les jardins du lotissement. Thierry, 58 ans, a posé la première planche de son nouveau mur gris contre le poteau scellé la veille. La visseuse a grincé, un merle s'est envolé du prunier. Au bout de l'allée, le vieux grillage vert, roulé en boule, attendait la déchetterie.

Elle remplace un shampoing sur deux par du shampoing sec pour gagner du temps : en octobre, son cuir chevelu se met à la démanger

Elle remplace un shampoing sur deux par du shampoing sec pour gagner du temps : en octobre, son cuir chevelu se met à la démanger

Il est 6 h 52, la bouilloire siffle dans la cuisine et Claire, 34 ans, secoue la bombe devant le miroir de la salle de bains. Le petit cliquetis de la bille résonne contre le carrelage. Un nuage blanc, une odeur de vanille, trois coups de brosse. À 6 h 55, elle est coiffée, et ce matin d'octobre, elle se gratte déjà la nuque.

Il garde sa vieille Twingo après un contrôle technique raté à Dijon : trois mois plus tard, le garage lui fait repayer le contrôle complet

Il garde sa vieille Twingo après un contrôle technique raté à Dijon : trois mois plus tard, le garage lui fait repayer le contrôle complet

Le moteur toussait un peu à froid, comme chaque matin depuis douze ans. Sous l'auvent du centre de contrôle, rue de Longvic à Dijon, Gérard tenait ses clés entre deux doigts et regardait le contrôleur tourner autour de sa Twingo verte. Il était neuf heures dix. Une feuille sortait lentement de l'imprimante, avec un mot en gras qu'il n'attendait pas.

Ils rangent leur camping-car sous une bâche au fond du jardin en Auvergne : en mars, le chauffe-eau est fendu et les coussins sentent le moisi

Ils rangent leur camping-car sous une bâche au fond du jardin en Auvergne : en mars, le chauffe-eau est fendu et les coussins sentent le moisi

Le moteur s'est tu dans l'allée, un dimanche de fin octobre, vers quatre heures. Gérard a tiré le frein à main, Monique a ouvert la portière et l'odeur des feuilles mouillées est entrée dans la cabine. Au fond du jardin, près du noyer, la grande bâche bleue attendait, pliée sur la brouette. Ils ont soufflé, contents : la saison était finie, le camping-car allait dormir.

Il nettoie ses gouttières chaque novembre sous le chêne du voisin : la mairie lui répond que le voisin n'y est pour rien

Il nettoie ses gouttières chaque novembre sous le chêne du voisin : la mairie lui répond que le voisin n’y est pour rien

Le jour se levait à peine sur la Sologne, une brume basse collée aux fossés. Bernard, 67 ans, tenait l'échelle d'une main et un seau de l'autre, les doigts déjà gourds. Au-dessus de lui, la gouttière débordait en un filet régulier, ce petit clapotis qui l'avait réveillé à six heures. Dans le zinc, une pâte brune de feuilles de chêne, tassée comme du terreau.

Il range son camping-car dans une grange du Jura fin octobre : au printemps, la batterie cellule refuse de reprendre la moindre charge

Il range son camping-car dans une grange du Jura fin octobre : au printemps, la batterie cellule refuse de reprendre la moindre charge

Dans la grange de son beau-frère, près de Champagnole, Gérard a coupé le moteur un soir de fin octobre. Il était presque dix-huit heures, la lumière tombait déjà derrière les sapins. Le camping-car a encore cliqueté quelques secondes en refroidissant, puis plus rien. Il a tiré la porte en bois, posé une bâche sur le pare-brise, et il est rentré à pied, tranquille.

Elle grimpe chaque automne sur l'échelle pour vider ses gouttières : le voisin répond que son chêne centenaire n'est pas son problème

Elle grimpe chaque automne sur l’échelle pour vider ses gouttières : le voisin répond que son chêne centenaire n’est pas son problème

Le crépitement de la pluie sur le toit avait changé de son vers six heures du soir. Monique, 71 ans, l'a reconnu tout de suite, ce glouglou étouffé, puis le ruissellement direct contre la façade. Elle a posé son tricot, enfilé son ciré jaune et ouvert la porte du garage. Au-dessus d'elle, la gouttière débordait comme une fontaine, gorgée de feuilles brunes.

Elle passe son shampoing violet à chaque lavage pour garder son blond polaire : un mois plus tard, ses mèches tirent sur le gris lilas

Elle passe son shampoing violet à chaque lavage pour garder son blond polaire : un mois plus tard, ses mèches tirent sur le gris lilas

Sept heures et quart, la buée couvre encore le miroir de la petite salle de bains. Camille essuie la vitre du plat de la main et se penche, une serviette enroulée sur la tête. Elle la défait lentement. Sous la lumière froide du néon, ses mèches ne sont plus blanches, ni dorées. Elles ont pris une teinte grise, un peu mauve, comme une vieille photo.

Elle rapporte son aspirateur balai en panne au magasin : on lui répond que la garantie du fabricant s'est arrêtée huit mois plus tôt

Elle rapporte son aspirateur balai en panne au magasin : on lui répond que la garantie du fabricant s’est arrêtée huit mois plus tôt

Dimanche, dix heures et demie, le soleil tombait en biais sur le carrelage de la cuisine. Nadia passait l'aspirateur balai sous la table, entre les miettes du petit-déjeuner et les graviers rapportés du jardin. Il y a eu un claquement sec, une odeur de plastique chaud, puis plus rien. Le voyant bleu clignotait trois fois, s'éteignait, recommençait, comme un appareil qui hésite avant d'abandonner.

Il range son camping-car pour l'hiver sous un hangar près de Clermont : trois jours plus tard, une flaque claire s'étale sous le plancher

Il range son camping-car pour l’hiver sous un hangar près de Clermont : trois jours plus tard, une flaque claire s’étale sous le plancher

Sept heures et demie, un matin de novembre, sous le hangar agricole de Romagnat. La porte coulissante grince sur son rail, l'air sent le foin humide et le gasoil froid. Gérard allume sa lampe frontale, fait deux pas vers son camping-car bâché à moitié, et s'arrête net. Sous le marchepied, une flaque luisante s'étale sur le béton gris.

Elle trouve une mutuelle moins chère pour sa retraite : sa voisine résilie la sienne en octobre, sans attendre mars ni payer un centime

Elle trouve une mutuelle moins chère pour sa retraite : sa voisine résilie la sienne en octobre, sans attendre mars ni payer un centime

Il était un peu plus de dix heures, un mardi d'octobre, et la bouilloire sifflait dans la petite cuisine de Monique. Sur la toile cirée, une enveloppe ouverte, un relevé de cotisations, un stylo bille sans capuchon. Elle a reposé ses lunettes, soufflé longuement, puis entouré au feutre rouge un chiffre : soixante-quatorze euros par mois. Dehors, on entendait le portail de la voisine grincer.

Elle rallume le chauffage de sa maison près de Besançon en octobre : le radiateur de la chambre reste froid en haut, brûlant en bas

Elle rallume le chauffage de sa maison près de Besançon en octobre : le radiateur de la chambre reste froid en haut, brûlant en bas

Il était six heures et demie, un mardi d'octobre, et le carrelage de la cuisine mordait les pieds nus. Dans le cellier, la chaudière s'est réveillée avec un souffle sourd, puis un cliquetis métallique. Hélène a resserré son gilet, posé la main sur le tuyau de cuivre qui tiédissait déjà. Pour la première fois depuis avril, la maison allait enfin se réchauffer.

Il remplace les vieilles fenêtres de sa maison de Saint-Étienne : dès les premiers matins d'octobre, une tache noire grandit dans l'angle de la chambre

Il remplace les vieilles fenêtres de sa maison de Saint-Étienne : dès les premiers matins d’octobre, une tache noire grandit dans l’angle de la chambre

Il était sept heures moins le quart, un mardi d'octobre, et la maison de Saint-Étienne sentait encore le café de la veille. Gérard a tiré le rideau de la chambre d'un geste machinal. Sous ses doigts, le tissu était humide, presque froid. Sur la vitre neuve, des gouttes glissaient lentement et formaient une petite flaque sur l'appui blanc.

Il laisse sa voiture récente trois semaines au parking de Marignane : au retour, la batterie d'un an refuse de lancer le moteur

Il laisse sa voiture récente trois semaines au parking de Marignane : au retour, la batterie d’un an refuse de lancer le moteur

Il était presque minuit quand la navette déposa Julien devant le parking P4 de l'aéroport de Marseille. L'air sentait le kérosène et le pin chauffé, les valises roulaient en claquant sur les joints du bitume. Il appuya sur la clé, la voiture répondit d'un clignement timide. Puis, au démarrage, rien d'autre qu'un petit cliquetis sec sous le capot.

Il ne sort sa voiture que pour le marché de Cahors : un matin de novembre, le démarreur ne fait plus qu'un petit clic sec

Il ne sort sa voiture que pour le marché de Cahors : un matin de novembre, le démarreur ne fait plus qu’un petit clic sec

Le jeudi matin, à sept heures et quart, la porte du garage grince toujours au même endroit. Bernard pose son cabas en osier sur le siège passager, ajuste le rétroviseur d'un geste machinal et tourne la clé. Dehors, un brouillard froid colle aux vignes de la vallée du Lot. Sous le capot, rien ne répond, sinon un petit clic sec, presque poli.

Elle rallume son chauffage début octobre à Metz, le haut des radiateurs reste froid : deux jours plus tard, la chaudière se coupe en pleine nuit

Elle rallume son chauffage début octobre à Metz, le haut des radiateurs reste froid : deux jours plus tard, la chaudière se coupe en pleine nuit

Le premier matin froid est arrivé un mardi d'octobre, avec une brume grise accrochée aux toits de Metz. Dans la cuisine, Nadine, 58 ans, a tourné le petit bouton de la chaudière murale et entendu le déclic familier, puis le souffle sourd du brûleur. Elle a posé la main sur le radiateur du couloir, comme chaque année. En bas, il chauffait déjà. En haut, le métal restait glacé.

Il remplace les vieilles fenêtres en bois de sa maison près de Besançon : au premier froid, des points noirs couvrent le mur de la chambre

Il remplace les vieilles fenêtres en bois de sa maison près de Besançon : au premier froid, des points noirs couvrent le mur de la chambre

Le radiateur cliquetait doucement, et dehors la gelée blanchissait les toits de Saône, à quelques kilomètres de Besançon. Il était sept heures, un mardi de novembre. Thierry, 58 ans, tira le rideau de la chambre et sentit sous ses doigts le tissu froid, presque mouillé. Dans l'angle, derrière l'armoire, une constellation de petits points noirs dessinait une ombre qu'il n'avait jamais vue.

Ils découvrent des fissures en escalier sur leur façade du Gers : leur assureur refuse d'ouvrir le dossier, faute d'un papier de la mairie

Ils découvrent des fissures en escalier sur leur façade du Gers : leur assureur refuse d’ouvrir le dossier, faute d’un papier de la mairie

Sept heures et demie, un matin de septembre, et la cour sentait encore la poussière chaude de l'été. Gérard poussait la brouette vers le potager quand le soleil bas a frappé le crépi de biais. Il s'est arrêté net, la main sur le manche. Sur la façade ouest, une ligne sombre descendait de la fenêtre de la chambre, marche après marche, comme un petit escalier dessiné au crayon.

Il achète une perceuse affichée à moins 40 % un samedi matin : sur son téléphone, une semaine plus tôt, elle coûtait déjà exactement le même prix

Il achète une perceuse affichée à moins 40 % un samedi matin : sur son téléphone, une semaine plus tôt, elle coûtait déjà exactement le même prix

Samedi, neuf heures et quart, le parking de la grande surface de bricolage sentait encore la pluie de la nuit. Gérard poussait un chariot dont une roue grinçait à chaque mètre. Au bout de l'allée 14, sous les néons, une étiquette jaune criait moins 40 %. Il a posé la main sur le carton de la perceuse, et il a souri comme on sourit quand on croit avoir de la chance.

Elle prend un dernier café à 16 heures pour tenir au bureau : à minuit, Claire fixe encore le plafond de sa chambre, les yeux grands ouverts

Elle prend un dernier café à 16 heures pour tenir au bureau : à minuit, Claire fixe encore le plafond de sa chambre, les yeux grands ouverts

La machine du troisième étage a toussé deux fois avant de lâcher son filet noir dans le gobelet en carton. Il était 16 h 05, la lumière de mars tombait de biais sur la moquette grise. Claire a soufflé sur la mousse, a regardé la pile de dossiers qui l'attendait, et s'est dit qu'avec ça, elle tiendrait jusqu'à 19 heures.

À Montauban, Monique signe un devis d'isolation sur le pas de sa porte : le lendemain matin, deux ouvriers déroulent déjà la laine dans ses combles

À Montauban, Monique signe un devis d’isolation sur le pas de sa porte : le lendemain matin, deux ouvriers déroulent déjà la laine dans ses combles

Le carillon a sonné à 10 h 40, pendant que la radio parlait de la météo sur le Tarn-et-Garonne. Monique, 71 ans, a essuyé ses mains sur son tablier, posé la cafetière encore tiède et ouvert la porte de sa maison de briques, dans le quartier de Villebourbon. Sur le seuil, un jeune homme souriant tenait une tablette contre sa poitrine et une fiche plastifiée à la main.